Le Megafon ou Centre Megafon (hongrois : Megafon Központ) est une organisation hongroise de communication politique active de 2020 à 2026. Présenté comme un incubateur numérique formant des créateurs de contenu et influenceurs actifs sur les réseaux sociaux, il est décrit par plusieurs observateurs comme un acteur central de la communication numérique du parti Fidesz et du gouvernement de Viktor Orbán.
Selon l'OCCRP, le Megafon était la principale plateforme de communication politique et médiatique populiste hongroise en ligne, d'obédience « illibérale ». Il a formé de nombreux influenceurs Web, chargés de diffuser et d'amplifier les messages favorables au gouvernement sur Facebook, YouTube, Instagram et TikTok. Financé par des fonds privés et publics représentant plusieurs milliards de forints.
Bien que se disant indépendant du gouvernement et de son parti (le Fidesz), le Megafon faisait partie de la société Megafon Digital Incubator Center Nonprofit Ltd., financièrement opaque, qui s'avèrera être alimentée par fonds privés et publics, à hauteur de plusieurs milliards de forints. Ces fonds lui ont permis, en moins de 5 ans, de devenir « l'une des agences de publicité politique les plus influentes de Hongrie, principalement en menant des campagnes sur les réseaux sociaux en soutien au parti au pouvoir et à son chef, Viktor Orbán ». Diverses enquêtes ont montré que le système permettait au Fidesz de contourner les plafonds de dépenses de campagne. »
Dans les mois qui ont suivi la chute du gouvernement Orbán (en 2026), après avoir formé plus de 430 personnes, l'organisation a cessé ses activités publiques de formation, a fermé son site Internet, et ses bureaux (sans toutefois se déclarer en faillite), tandis que quelques-uns de ses influenceurs, étaient encore aussi actifs sur les réseaux sociaux (voir plus) que quand ils publiaient dans le cadre de campagne électorale 2026).
Le mot megafon, et le logo évoquent la fonction de l'organisme : le logo représente un porte-voix, sous le quel est écrit (A TE HANGOD · FELERÖSITVE, soit : MEGAFON · Ta voix Amplifiée).
Autres dénominations utilisées :
Le Megafon était installé 8 rue Perc à Budapest (Perc utca 8) dans le IIIᵉ arrondissement, dans un groupe de bâtiments industriels partiellement rénové (friche industrielle de l'ancienne usine textile Goldberger, devenus le "Complexe du Digitális Szuverenitás Központ ou « Centre pour la souveraineté numérique » ou Digital Sovereignty Center, décrit par la presse hongroise comme un « hub de communication politique ».
L'entreprise, selon les données archivées par le ministère hongrois de la justice, a été créé sous le nom « Megafon Digital Incubator Center Nonprofit Ltd. » en tant que Société de responsabilité (équivalent de la SARL française), à l'adresse « 1036 Budapest, Perc utca 8 », enregistrée sous le no 01-09-357802, et avec comme n° de TVA et d'impôt : 27933714-2-41, avec un capital initial de 3 000 000 HUF et comme activité principale déclarée, la rubrique 9499'25 intitulée "Autres activités communautaires et sociales".
Plus tard (en 2025) d'autres rubriques seront ajoutées :
S'y ajoutent enfin deux catégories (qui sont génériques et peuvent en Hongrie couvrir la vente de produits dérivés, textiles ou objets promotionnels, même si l'activité principale de l'entreprise n'est pas commerciale)
Les locaux du Megafon — lors de son inauguration le 5 mai 2020 — ont été bénis et « sanctifiés » par un prêtre catholique Bese Gergő. Ce geste symbolique a été relayé par les médias pro‑gouvernementaux (Bese Gergő, connu pour être proche du Fidesz, a aussi béni le bureau de Viktor Orbán, et il sera plus tard impliqué dans un scandale homosexuel ont noté plusieurs médias hongrois indépendants du pouvoir.
Le Megafon a vu sa masse salariale croitre, jusqu'à 64 salariés déclarés en février 2026, puis 72 en avril, ce chiffre tombant à sept en août 2026, après la chute du Gouvernement Orban.
La mission officielle — ouvertement et proactivement assumée — du Megafon, était — comme le montre la page du site présentant le programme de formation du Megafon Központ — de recruter et former des « jobboldali digitális szabadságharcosok » — des "combattants de la liberté numérique de droite", capables de produire des contenus en ligne viraux.
Le rôle des influenceurs politiques autodidactes est un sujet émergent de Recherche en sciences politiques ; c'est aussi le cas pour le Megafon dont l'étude éclaire leur rôle — devenu stratégiques — des influenceurs spécialement formés pour servir les objectifs d'un parti, sujet encore en grande partie inexplorées en 2025. Des chercheurs ont (en 2025) quantifié les activités (sur Facebook uniquement) de 10 influenceurs du Megafon dans la campagne de 2022, et les ont comparé à celles d'autres acteurs électoraux (celle des chefs de parti, et celles de leurs candidats à l'élection). Ils ont montré que :
Il a été montré (par exemple par Farkas en 2026) que si ces influenceurs n'étaient pas officiellement associés aux campagne électorales ou de propagande politicienne, ils y étaient néanmoins bien intégrés, de manière informelle, en arrière plan où ils peuvent jouer, selon les chercheurs, un rôle crucial en amplifiant la voix de la campagne, et en assumant d'importantes tâches de communication qui leur ont été externalisées (en particulier les attaques narratives, le narratif négatif, accusateur, clivant agressif, intimidant, hostile, menaçant voire violent),,.
La campagne électorale parlementaire de 2022, en Hongrie, a été la première à utiliser ces méthodes à grande échelle, 2 ans après la création du Megafon deux ans plus tôt pour former et soutenir les influenceurs pro-gouvernementaux qui deviennent alors des acteurs clés de la campagne.

Le Megafon a été créé par et pour le gouvernement Orbán et son parti, le Fidesz, un régime qui se présentait comme « illibéral populiste », c'est‑à‑dire selon Vidra et al. (2023) citant Pappas (2014, 2020), Enyedi (2016), Bátory (2016), Dawson & Hanley (2016) et Krastev (2007) ;
Invitée par le Gouvernent hongrois à observer le processus des élections législatives de 2022, une Mission OSCE d'observation a été mise en place pour les élections et le référendum de 2022. Selon son rapport final (avril 2022), ces processus ont été :
L'OFCE, en 2022 dénonce :
Un autre rapport (OCCRP, 2026) note que Megafon est apparu en Hongrie alors que les médias de service public étaient de plus en plus fermement contrôlés par des lois restrictives, et par un Conseil des médias (Médiatanács, entièrement nommé par le parti Fidesz). Ce document précise aussi que dans le même temps, des dizaines de médias privés hongrois avaient peu à peu été rachetés par l'oligarque milliardaire Lőrinc Mészáros, lequel - à la manière de V. Bolloré en France - a restructuré le paysage médiatique autour d'un pôle idéologique et des valeurs de droite conservatrices. Mészáros est devenu le plus grand propriétaire de médias en Hongrie, en les rachetant ou en les restructurant via des acquisitions agressives, une concentration verticale, en exigeant un alignement politique et une fidélité au pouvoir.
À partir de 2010, le Gouvernement Orbán a systématiquement cherché à démanteler l'indépendance des médias en contrôlant et redistribuant leurs ressources, leurs licences, les organes de décision et de contrôle, ainsi que la propriété des médias — jusqu'à fusionner près de 500 titres en 2018 — une stratégie documentée par les principaux indicateurs internationaux (Freedom House, RSF, Media Pluralism Monitor, Democracy Index) qui confirment une dégradation continue de la liberté de la presse en Hongrie ; le gouvernement Orbán s'est notamment doté de pouvoirs spéciaux et de plusieurs lois permettant de fortement contraindre ,, les quelques médias et journalistes indépendants, et de facilement les mettre à l'amende ou menacer de prison les journalistes indépendants encore actifs, lesquels étaient aussi victimes de cyberharcèlement, et espionnés (dont via le système Pegasus).
Lőrinc Mészáros, le milliardaire largement le plus riche du pays - selon le DailyNewsHungary (mai 2026) - est l'exemple archétypique de la « nouvelle élite d'affaires étroitement associée au système politique, souvent appelée le NER (Nemzeti Együttműködés Rendszere, Système de coopération nationale), un cadre politico-économique construit sous les gouvernements d'Orbán ».
Le Megafon s'est dévelopopé dans ce paysage médiatique très segmenté, entre des marchés entièrement capturés par le KESMA (fusion des radios nationales et locales et des quotidiens régionaux dans une seule "fondation", imposée en 2018 par le Gouvernement Orbán), et des secteurs où quelques autres média restent dominants ou compétitifs (télévision et presse en ligne), tandis que d'autres segments — presse nationale, tabloïds, hebdomadaires — sont très hétérogènes (allant de titres pro‑gouvernementaux puissants à quelques survivances indépendantes à diffusion plus limitée commeTelex, 444, Átlátszó, HVG, Magyar Hang…).

Dès sa création en mai 2020, István Kovács Gergely a été choisi pour diriger le Megafon (et sa société mère Digitális Inkubátor Központ Nonprofit Kft.).
Kovács est selon sa biographie un « ancien boursier du Parlement européen, et du gouvernement américain », juriste spécialisé en droit de l'Union européenne (ayant fait des recherches académiques sur les institutions de l'UE et le droit constitutionnel européen). Après une entrée en politique dans le Fidelitas, il est entré au Fifdesz, et devenu le stratège qui a fondé en 2013 le think tank conservateur hongrois Alapjogokért Központ (« Centre pour les Droits Fondamentaux », étroitement aligné sur le gouvernement de Viktor Orbán, spécialisé dans la production de contenus idéologiques, juridiques et médiatiques soutenant les positions du Fidesz, avec comme but affiché de former un contre-pouvoir à ce que cet organisme qualifie de fondamentalisme des droits de l'homme et de politiquement correct') ; Kovács est aussi commentateur invité sur des plateaux de médias pro‑gouvernementaux (Echo TV, Magyar Hírlap, Demokrata), puis comme - à partir de 2021 - responsable d'une chaîne YouTube baptisée Patrióta, créée avec le soutien du Megafon et devenue l'un des vecteurs centraux de la propagande numérique du camp Orbán, en particulier lors des campagnes électorales de 2022 et 2024.
Fin 2022 environ 610 mille forints sont dépensée par le Megafon pour faire connaitre sur les réseaux sociaux l'expansion de son équipe. Et la « Batthyány Lajos Alapítvány » (ou BLA, qui est une fondation hongroise créée en 1991 pour soutenir la vie publique, la recherche, la formation et la diffusion de valeurs nationales et conservatrices, devenue en 2021 une fondation de gestion d’actifs d’intérêt public, ou KEKVA) ainsi que l'« Alapjogokért Központ » (« Centre pour les droits fondamentaux », think-tank conservateur fondé par István Kovács), qui lui ont apporté des financements massifs en complément de dons d'entreprises liées à l'oligarque Lőrinc Mészáros, (des documents internes, révélés en 2026, montrent que des entreprises appartenant à l'oligarque Lőrinc Mészáros, notamment V‑Híd Zrt., R‑Kord Kft. et Kontúr Csoport Kft., ont versé à Megafon au moins 4,5 milliards de forints entre 2022 et 2024).
Bien que se présentant comme une initiative citoyenne visant à « contrebalancer la domination des contenus ballibéraux » sur les plateformes, Megafon a été décrit par des médias d'investigation et des ONG de transparence comme un « outil externalisé de campagne » du Fidesz, bénéficiant de ressources publicitaires supérieures à celles du parti et du gouvernement eux‑mêmes, sans jamais détailler publiquement l'origine de ses fonds ; les documents internes révélés en 2026 par Direkt36 et l'ICIJ montrent que les versements de V‑Híd représentaient environ un tiers des revenus de Megafon sur la période 2022‑2024, et plus de la moitié en 2024, confirmant la dépendance structurelle de l'organisation à des capitaux issus des marchés publics. Après la défaite du Fidesz aux élections législatives d'avril 2026, le centre a rapidement été démantelé : son site internet a été mis hors ligne durant l'été, ses effectifs sont passés de plusieurs dizaines de salariés à une poignée de personnes, et les activités de production de contenus ont cessé, ce que la presse hongroise décrit comme une fermeture de facto du Megafon Központ, même si aucune annonce officielle détaillant la liquidation de la structure ou le sort de ses archives n'a été publiée à ce jour ; en l'absence de communication institutionnelle ou de travaux scientifiques spécifiques sur ce point, le devenir exact des archives numériques (vidéos, bases de données, campagnes) reste donc incertain, certaines traces demeurant accessibles via les plateformes (YouTube, Facebook) et des copies conservées par des services d'archivage en ligne, mais sans garantie d'intégrité ni de conservation systématique.
Selon le média indépendant 24hu le Megafon offrait notamment des formations aux méthodes d'influence politique en ligne, ainsi qu'un coaching gratuits concernant l'animation de réseaux sociaux.
Plusieurs études ont montré que les méthodes enseignées relevaient principalement de l'astroturfing, et notamment de ce que Kovic et al. définissent comme « Astroturfing digital », largement utilisé par le centre et ses influenceurs,.
Les formations principales duraient quatre jours, associées à un mentorat et gratuites. Le Megafon finançait parallèlement — lui-même —, la promotion des contenus de ses partenaires (ex. : de 2019 et à fin 2023, 1,3 milliard de forints (environ 3,3 millions d'euros) auraient été dépensés pour cette promotion).
La page du site intitulée « Je postule pour la formation Megafon ; Comment devenir un combattant de la liberté numérique de droite ? » précisait que l'on y apprendra, :
« Envoyez-nous votre curriculum vitae et votre lettre de motivation et nous vous contacterons! ».
Ces formations étaient ouvertes à toute personne candidate, après examen d'un dossier (formulaire, CV et lettre de motivation). Au moins 430 personnes ont bénéficié de ces formations, et cette page introduisait aussi une notion de professionnalisation : « Après le baccalauréat, vous pouvez poursuivre vos études, même devenir un leader d'opinion professionnel Megafon ».
Officiellement,le Megafon était indépendant du Gouvernement, mais selon G. Ismailov (2025), sans être une Agence gouvernementale officielle, il travaillait bien pour le compte du Fidesz et de son chef (Viktor Orbán).
Les valeurs et l'orientation politique du Megafon Központ coïncidaient en grande partie avec celles du Fidesz et avec les idées portées par V. Orbán. Le Centre était le « porte-voix » du premier ministre et de son parti : il a toujours soutenu (et amplifié) le narratif gouvernemental. Il a formé et aidé les influenceurs présentés comme « leaders d'opinion de droite professionnels » (comme Bohár Dániel, Apáti Bence, Rákay Philip ou Trombitás Kristóf) et des leaders d'opinion hongrois qui le souhaitaient à promouvoir les messages politiques du Fidesz.
Il a renforcé les compétences d'influenceurs de droite déjà connus en Hongrie, et il cherchait aussi à recruter des citoyens aux convictions conservatrices, pour en faire des « guerriers professionnels au service du Fidesz sur Facebook. Les moyens financiers dédiés au recrutement et aux campagnes publicitaires de recrutement étaient massifs (jusqu'à 15 millions de forints dépensés pour une campagne de publicité d'un un mois sur Facebook, rien que pour recruter des influenceurs, selon le journal Telex,. Fin 2024, selon lakmusz, « il est devenu de plus en plus difficile de faire défiler le fil d'actualité de Facebook sans qu'au moins une vidéo de recrutement du Centre Megafon, qui amplifie les messages pro-gouvernementaux sur les médias sociaux, ne nous saute aux yeux ». Le Mefafon, « avec l'aide de ses visages les plus connus, a lancé une campagne coordonnée début décembre, dans laquelle ils sont à la recherche des « leaders d'opinion de droite professionnels et des « combattants de la liberté numérique » de l'avenir » ".
Orbán lui-même ne semblait pas avoir de contacts publics ou directs avec le Centre, et n’apparaissait pas ou peu aux événements Megafon. Mais, 46 jours avant les élections, il a participé à un événement du Megafon Klub (le réseau structuré d'influenceurs et de militants numériques rassemblés autour du centre Megafon) le 25 février 2026. Il y a été invité et interviewé, sur la chaine Patriot, par l'influenceur Bohár Dániel, et le texte entier de l'émission a été publié et mis en exergue deux jours après sur le site internet du Cabinet du Premier ministre. La vidéo de l'évènement a été vue 66 712 fois en 10 mois (entre le 25 février et le 24 octobre 2026).
De son côté, le Centre Megafon a toujours prétendu, officiellement, ne pas être une organisation du Fidesz ou du gouvernement, mais ses activités ont toujours été très alignées à bien des égards sur les communication et les objectifs politiques du Fidesz. Le Centre a fourni gratuitement à au moins 430 influenceurs de droite ou candidats pour le devenir tous les outils et les formations nécessaires (y compris les frais de mentorat et de production) pour leur permettre de diffuser efficacement des messages populiste et d'extrême droite, notamment sur les réseaux sociaux.
Les enquêtes sur son financement, par exemple faite par la Cour des comptes, OCCRP, Direkt36 ou l'ICIJ n'ont jamais abouti à l'identification précise des donateurs, mais elles ont généralement conclu que cette quasi-agence gouvernementale était — largement — financée par le gouvernement et des oligarques ou autres sources proches du gouvernement Orbán et du Fidesz. <brf>En janvier 2022, un tribunal a jugé qu'il était raisonnable d'arriver à cette conclusion.
Dans ce lieu, les acteurs soutenant les politiques gouvernementales et les leaders d'opinion pouvaient accéder à des formations et à des outils de communication en ligne les plus efficaces.
Et le contenu et les messages qu'ils véhiculaient étaient souvent parfaitement conformes à la politique gouvernementale, contribuant à renforcer la stratégie politique du Fidesz, et celle de Viktor Orbán, co-créateur de ce parti.
En 2021, le Megafon a créé une nouvelle chaîne vidéo : Patrióta, présentée par Philip Rákay comme étant destinée à contrebalancer la désapprobation les politiques du Fidesz par d'autres médias, présentés comme partisans, de gauche et d'un « nihilisme intellectuel glaçant ». Outre les influenceurs masculins du Megafon, présentant de nombreuses vidéos longues généralement de 5, 10 et 20 minutes, (Philip Rákay, Bence Apáti, Kristóf Trombitás, Dániel Bohár et Dániel Deák), Patrióta a soutenu trois influenceuses, également présentes sur Facebook, ici chargées de créer des contenus courts, dans une rubrique d'une minute : Stefi Déri (ayant travaillé plus de dix ans à Hír TV, développant le narratif anti-immigration et anti-européen, mais sans hostilité contre les sujets genre/transgenre, le wokisme ou le féminisme, à la différence de ses deux autres collègues influenceuses : Csenge Ibolya, et Janka Sebestyén, toutes deux diplômée en 2015 du Centre Corvinus). Le média Telex notait en 2023 qu'il n'y avait aucune information sur ces personnes dans les vidéos sur le site Patriot, pas même pas leurs noms.
Le Megafon avait comme objectif d'encourager des citoyens et internautes volontaires à contrecarrer les contenus dits "ballibéraux" (Mot-valise, se voulant disqualifiant, évoquant en Hongrie le libéralisme politique et culturel).
Selon le HDMO, le Megafon délivrait, dans ce but, des formations en communication numérique à des influenceurs, mais aussi à des candidats engagés ou potentiels du parti politique de Viktor Orbán, en vue d'élections, et pour contribuer au marketing politique du Fidesz, notamment basé sur des techniques numériques inspirées des méthodes américaines, et de plus en plus sophistiquées, incluant le micro‑ciblage, des campagnes d'influence politique coordonnées sur les réseaux sociaux, l'exploitation du big data et d'outils d'analyse et de diffusion algorithmique de messages, de mèmes, d'images et de fausses informations ou de messages clivants, de plus en plus générées par IA, afin d'amplifier leurs messages politiques.
Bognár et Szakács, en 2025 dans la revue scientifique American Behavioral Scientist ont testé l'hypothèse que des influenceurs pratiquant l'Astroturfing, sans jamais être officiellement associés à la campagne mais y étant en réalité informellement intégrés peuvent jouer un rôle crucial dans les campagnes électorales en amplifiant la voix de la campagne et "en assumant d'importantes tâches de communication qui leur ont été externalisées". Sachant que le rôle des influenceurs politiques autodidactes est un sujet émergent, et que les fonctions stratégiques des influenceurs créées spécifiquement pour servir les objectifs de la campagne était également encore inexploré, ces chercheurs ont comparé les activités officieuses sur Facebook des influenceurs du Megafon à celles des acteurs officiels de la campagne (V. Orbán, le parti et ses candidats). L'étude montre que :
Lors de la campagne 2022 (rétrospectivement étudiée à l'université d'Umeå en suède, par X Farkas, en 2026), les influenceurs politiques pratiquant l'astroturfing et liés au Megafon ont systématiquement utilisé une désinformation visuelle et/ou textuelle — surtout des images sorties de leur contexte — pour lancer et mener des campagnes négatives, et ainsi poussé les électeurs hongrois à adopter certaines idées. De plus, ces influenceurs ont dissimulé leurs conflits d'intérêts et leurs liens le parti de V Orbán, transformant Facebook en un espace de manipulation coordonnée de l'information politique. Selon X Farkas, cette stratégie a brouillé la frontière entre libre expression, expression citoyenne et propagande politicienne, au détriment de la qualité du débat démocratique.
La campagne 2024 a été l'une des plus intenses en termes de dépenses et d'implication du réseau d'influenceurs Megafon. Selon Horvath et al., elle a encor intensifié l'usage de récits populistes et de techniques de désinformation, dont en diffusant massivement des vidéos émotionnellement angoissantes, fondées sur la peur et la diabolisation, afin de polariser plus encore l'opinion, d'influencer les électeurs et de saturer l'espace informationnel (avec d'autant plus d'efficacité que la majorité des utilisateurs ignoraient avoir à faire à une publicité politique payée, une pratique interdite en France en période électorale).
La première plateforme ciblée dans le Web, car à l'époque la plus utilisée en Hongrie, a été Facebook (puis sont venus You Tube, Instagram et TikTok..., toujours avec l'objectif de contrer une supposée domination du web par des idées "libérales-de-gauche" et dites « wokes ».
Német Szilvi publié par Lakmusz le 3 janvier 2024 présente une analyse de la bibliothèque publicitaire de Meta qui conclut que - pour ce qui concerne la propagande et les publicités diffusées via Meta par le Megafon, le public cible était toutes les femme et homme vivant en Hongrie âgés de 18 à 45 ans (parfois 40) ayant un compte Facebook et / ou Instagram (sans microciblage plus détaillé à ce stade).
Mais, on sait que plusieurs formations avaient été spécifiquement prévues pour cibler des régions, des villes ou des arrondissements de Budapest, a priori pour créer une « communauté d'action politique » chargée de diffuser la propagande du parti. Depuis 2024, on observe aussi en Hongrie « une stratégie de diffusion qui organise les partisans en groupes en ligne coordonnés pour semer, faire circuler et défendre les messages pro-gouvernementaux ».
Dans ce contexte, le mécanisme clé est souvent la saturation des réseaux sociaux( en ciblant grossièrement les personnes plus âgées sur Facebook, et les plus jeunes sur YouTube puis TikTok)... plutôt qu'effectuer un ciblage à grain fin. Lakmusz parle de « szőnyegbombázás » (bombardement publicitaire en tapis) : rien que pour la seule campagne de recrutement d'influenceurs par le Megafon, pour le seul mois de décembre 2023, les annonces ont généré entre 8 et 10 millions de vues dans les fils d'actualité des hongrois ciblés sur Facebook (soit environ 1,4 million d'utilisateurs touchés ; utilisateurs qui selon Meta, étaient plus précisément surtout des hommes de Budapest âgés de 25 à 34 ans et de 35 à 44 ans.
Aucun chiffre officiel ne semble disponible pour les six années d'activité, mais Lakmusz a publié une estimation minimale (à partir des photos prises dans le Megafon entre février 2022 et mars 2024 et rendues accessibles au public par le Megafon sur sa page Facebook officielle) que pour les deux premières années d'activité de cet incubateur (2022 à 2024), le Megafon a formé un peu plus de 430 personnes, dans ses ateliers et dans ses formations en communication politique.
Il aurait organisé environ 50 formations en deux ans, ce qui suggère — via une extrapolation prudente — que plusieurs centaines de participants au total y ont reçu une formation aux techniques de propagande politique ; "Il ne se passe pas une semaine sans qu'une autre équipe conservatrice termine l'entraînement à Megafon" affichait en 2024 page Facebook du Centre Megafon.
et selon xxx, au vu des photos, les participants "ne sont en rien exclusivement des « citoyens ordinaires ». Un nombre significatif de participants étaient déjà des personnalités politiques actives au moment de suivre ces formations, ou ont entamé une carrière politique par la suite" (Près de 70 d'entre eux se sont présenté aux élections municipales suivante, "soit en tant que candidats de l'alliance Fidesz-KDNP, soit en tant qu'indépendants").
Selon Ismaïlov (2025), le Megafon fonctionne à la manière des « centres de propagande numérique » de communication populiste créés aux Etats-Unis par les mouvements MAGA/TPUSA. Ces centres visent à faire promouvoir les idéologie de la droite libertarienne et de l'extrême droite étatsunienne sur les réseaux sociaux. Ce sont par exemple :
Tout comme le Megafon, ces activistes centralisent des formations, des productions visuelle (mèmes notamment) et ils diffusent, de manière coordonnée, des contenus « politiques » configurés pour être adaptés à la gestion algorithmique des contenus par les opérateurs des réseaux sociaux (GAFAM).
À la différence des tiers lieux ou des « incubateurs » classiques, le Megafon ne reposait pas sur une logique de marché ; il est nativement « à but non lucratif » et ne semble pas avoir de modèle économique autonome, délivrant la plupart de ses prestations de manière gratuite.
Mais doper la notoriété politique d'un parti, et celle de Viktor Orbán à l'échelle d'un pays et de plusieurs années, dont en attaquant ou décrédibilisant les opposants, a un coût.
Selon HDMO, le Megafon a pour cela dépensé des sommes exceptionnellement élevées — même à l'échelle internationale — pour créer et entretenir son réseau d'influenceurs politiques, et pour accroître la visibilité des contenus produits par les créateurs formés in situ et/ou accompagnés : de 2019 à fin 2023, ce sont 1,3 milliard de forints qui ont été investis dans la promotion de ces contenus, et pour la mise en valeur de leurs producteurs. Par ailleurs, durant la campagne des élections législatives hongroises de 2022, environ 470 millions de forints ont été dépensés en un peu plus de quatre mois.
Selon le HDMO, depuis 2020, l'entité juridique située derrière le Megafon a reçu plus de 5 milliards de forints ; sans que les documents officiels ne précisent les sources exactes de cet argent — l'organisation s'est contentée d'indiquer par le passé que les fonds provenaient d'entrepreneurs de droite. Mais plusieurs articles de presse suggèrent que des fonds publics ont pu financer le Megafon, via des circuits opaques, en passant par diverses fondations ou provenant en grande partie de sources proches du Fidesz et du gouvernement.
En Hongrie, la loi stipule qu'un parti politique ne peut dépenser plus de 6 millions de HUF par candidat en marketing politique durant une campagne électorale (50 jours).
En février 2022, la Cour des comptes hongroise — chargée de surveiller le financement de cette campagnes et des partis politiques — a infligé des amendes totalisant 522 millions de forints à six partis d'opposition. Cette sanction a été imposée parce que le mouvement « La Hongrie pour tous » (Mindenki Magyarországa Mozgalom), dirigé par Péter Márki-Zay, avait soutenu sa campagne pour les élections législatives de 2022 par divers moyens, notamment des panneaux publicitaires et l'organisation d'événements, mais le Megafon ne semble pas avoir été inquiété. Et en juillet, le BIDDH de l'OSCE rapporte que le registre sur la transparence publicitaire de Facebook, montre qu'en un mois « entre le 5 mars et le 3 avril, les entités liées au parti au pouvoir avaient dépensé environ 716 millions de forints (environ 1,9 million d'euros) en publicité sur Facebook, contre 606 millions de forints (environ 1,6 million d'euros) pour le total des entités associées à l'opposition. À titre de comparaison, l'ensemble des partis politiques participant à l'élection ont déclaré des dépenses cumulées d'environ 380 millions de forints (environ 1 million d'euros) sur cette même plateforme ». Un autre rapport indépendant, montrera que cette dissymétrie s'est ensuite encore aggravée.
Selon l'OCCRP des chercheurs du « Rule of Law Lab » de l'université de New York ont montré comment Orbán et le Fidesz ont établi leur emprise sur les médias hongrois, pour se maintenir au pouvoir et comment les médias publics sont devenus des porte-voix du gouvernement, pendant que des oligarques alliés du pouvoir achetaient et contrôlaient la plupart des médias privés. Un rapport, début 2026, a montré qu'ainsi, avec l'aide du parti Fidesz, Mészáros « est devenu le plus grand propriétaire de médias de Hongrie ».
Le megafon a reçu au moins environ 12 millions de dollars par V‑Híd Zrt., une entreprise appartenant à l'homme d'affaires, milliardaire, Lőrinc Mészáros. Ce dernier, ami d'enfance et proche de Viktor Orbán, a bénéficié d'environ 7 % de tous les contrats de marchés publics passés sous les gouvernements Orbán-Fidesz (par exemple,Mészáros a reçu bénéficié deux milliards de dollars de contrats remportés en 2 ans, entre 2018 et 2020, selon une évaluation faite par Transparency International), ce qui lui a permis de multiplier sa fortune par presque 3 000 durant la période Orbán, c'est à dire en 15 ans, selon le journal Daily News Hungary.
En 2024, les dons venus des entreprise de Mészáros ont représenté jusqu'à 50% des revenus de Megafon (et de 2022 à 2024, ils ont constitué environ un tiers des revenus de Megafon). Ces "dons" ont permis de diffuser massivement des messages pro‑gouvernementaux sur les réseaux sociaux (messages qui n'ont cependant pas pu empêcher la défaite électorale d'avril 2026).
Fin 2023, selon Hanula Zsolt, du média Telex, durant 4 ans, l'analyse de la base (publique) de donnée des revenus publicitaires de Meta (anciennement Facebook) prouve que fin 2023, les annonceurs politiques et publics hongrois avaient déjà dépensé environ 10 milliards de HUF, pour injecter dans la plateforme "près d'un demi-million de publications" (soit 26,5 millions d'euros, bien plus que ce qu'ont dépensé dans le même temps les autres pays d'Europe centrale et orientale ; l'Autriche par exemple n'a dépensé "que" 18,8 millions, les Polonais 22,5, les Roumains 15,7 millions et les Tchèques moins de 10 millions. La Croatie (2,9 millions) ou à la Slovénie (1,1 million) sont très loin derrière ces pays ; et le journal Telex note que dans cette somme, environ 3 milliards ont été dépensés au cours du mois et demi de la campagne électorale de 2022. Rien que sur Facebook, environ la somme légalement autorisée par la loi lors pour 50 jours de campagne électorale était dépensée chaque jour. Telex relève que le premier acheteur unique de publicité politique était le gouvernement lui même, mais que la moitié de la liste était occupée par le Megafon et des médias favorables au gouvernement : le total des dépenses pour le goupe Megafon était 1 358 000 000 Ft (soit plus que le gouvernement lui-même : 973 000 000 Ft ; et plus que le Fidesz (973 000 000 Ft). De plus, « un nombre spectaculaire des comptes facebook (comme Ezalényeg ou Amplifier) qui ont propulsé ces publicités (présentées au public comme des messages provenant de ces comptes) ont été supprimées ou sont restées inactifs depuis l'élection (de 2022) ». Le Megafon et Aktuell Média (également très proche du parti Fidesz et de V Orbán) ont — à eux seuls — ont dépensé en publicités politiques sur Facebook plus que le Portugal (pays dont la démographie, le poids économique et le niveau de développement sont comparables à ceux de la Hongrie).
Si l'on ne tient pas compte des dépenses du gouvernement, du parti et des personnages ou candidats politiques, le plus grand annonceur dans Facebook de 2019 à novembre 2023, concernant la propagande politique hongroise, a été Dániel Deák, influenceur formé et soutenu par le Megafon, il est l'un des visages les plus connus de la communication et des campagnes. Il est aussi analyste politique dans le think tank de Schmidt Mária (XXI. Század Intézet).
En 2026, après avoir quitté le Megafon et l'institut, il se présente comme politologue indépendant et critique publiquement la machine médiatique pro‑Fidesz, dont il a fait partie ; il révèle, dans une interview accordée à Tamás Boros en juillet 2026, quelque détails sur le fonctionnement interne du Megafon, dont l'existence d'une coordination centralisée des messages politique envoyés par le centre et/ou les influenceurs, [vidéo] « A STOP ÖNKÉNY tüntetés kritikus elemzése Deák Dániellel (Analyse critique de la manifestation « Stop à l'arbitraire ! », organisée et soutenue par le Fidesz le 9 juillet 2026 devant le Sándor-palota à Budapest, officiellement pour défendre le président de la république Tamás Sulyok et dénoncer ce que ses organisateurs présentaient comme les dérives « autoritaires » du gouvernement de Magyar Péter) | 7HÍRE másolata », , 66:50 min (consulté le ).
Telex précise en 2022 qu'on ignore quelles sommes ont aussi été dépensées sur Tiktok ou d'autres plateformes (qui ne publient pas ce type de données) (Meta s'était engagé à être plus transparent à la suite des révélations du scandale Facebook-Cambridge Analytica / AggregateIQ, mais sans interdire les publicités politiques, qui sont une source importante de revenus pour le GAFAM.
Un travail d'enquêtes journalistiques, notamment mené par Direkt36,, et par l'International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), a ensuite prouvé que plusieurs grandes entreprises du groupe Mészáros (propriété de l'oligarque et homme politique hongrois proche de V. Orbán Lőrinc Mészáros) ont régulièrement financé — à hauteur de plusieurs milliards de forints — le Megafon Center.
Ce travail s'est poursuivi, avec l'identification en quatre ans et demi, de 10 milliards de HUF dépensés en propagande politique, rien que sur Facebook. Sur cette somme, environ 3 milliards de forints ont été versés lors de seule la campagne électorale de 2024, selon le média Telex qui cite par exemple un document de janvier 2024 dans lequel le PDG de V-Híd, István Sárváry, présentait au Conseil de surveillance de l'entreprise, une proposition de diverses subventions prévoyant notamment de verser au Megafon « 500 millions de HUF par mois de janvier à mars 2024 », soit un total de 1,5 milliard de HUF et plusieurs documents interne datés de 2025, attestent qu'un total de 3 milliards de HUF a été indiqué comme soutien accordé à Megafon en 2024.
Concernant la manière de se présenter : Le Mégafon cherchait d'une part à recruter des personnes qui étaient déjà des influenceurs(-ceuses) de droite déjà expérimenté(e)s, pour les former s'en faire des alliés plus efficaces, organisés en réseau dans un Megafon Klub, et équipés des meilleurs outils de propagande politique, afin de démultiplier leurs capacités de communication et de conviction ; et d'autre part - d'après István Kovács, fondateur du Megafon Center, dans un entretien accordé au média hongrois Mandiner au printemps 2022 - recruter et former de simples citoyens ayant une sensibilité de droite, qui pourraient devenir des « combattants de la liberté numérique », guerriers sur facebook ou apôtres du parti sur les réseaux sociaux (l'un des influenceurs formé se faisait appeler "l'apôtre de la politique") au profit d'Orbán et de ses idées
selon le HDMO, former ces « combattants » destinés à lutter contre les idées de gauche dans le cyberespace a été le premier objectif du programme de formation de Megafon " (lancé en septembre 2020, dans les anciens locaux du média Index, dans les bureaux Flórián-udvar, à Óbuda, qui sont ainsi devenus le « premier studio communautaire de droite en Hongrie », doté de toute l'infrastructure nécessaire à la production de contenus visuels professionnels. Le Mefafon démultipliait la portée des plus talentueux de ces « combattants » via des campagnes publicitaires les mettant en avant dans les réseaux sociaux, campagnes chiffrées en millions.
Les narratifs enseignés et diffusés par le Megafon sont surtout des récits hostiles ou polarisants, fondés sur la démonisation de l'opposition à V. Orbán, créant un sentiment de menace, présentés comme anti-gauche et anti-« woke », appuyé sur diverses formes de désinformation ou d'informations présentées de manière biaisée ou trompeuse visant à renforcer le soutien au gouvernement hongrois en maintenant une forte polarisation politique.
Selon un consortium étudiant la désinformation électorale en Hongrie, dirigé par Political Capital et comprenant Lakmusz et Mérték Médiaelemző Műhely,
« Le Fidesz et ses organisations satellites sont les principaux et presque seuls fournisseurs de récits de désinformation hostiles en Hongrie, responsables de 98,6 % du total de € 2,0 millions dépensés pour promouvoir de tels récits, tandis que tous les partis d’opposition et leurs médias partisans n’étaient responsables que des 1,4 % restants. »
Des thèmes récurrents sont notamment :
Orbán a affirme régulièrement avoir mis fin à l'immigration illégale en Hongrie, en dépit des politiques qu'il juge trop « libérales » de l'UE.
Ce narratif pousse à résister à une supposée théorie du genre, un concept qui n'a pas de sens scientifique, à la différence des Les études sur le genre, mais qui depuis les années 2010 est souvent utilisée, aux Etats-Unis notamment, dans le débat public comme une formule polémique désignant ou caricaturant l'ensemble des études de genre, pour, notamment (par exemple selon V. Julliard) de « soustraire la différence entre les sexes des objets du débat public ». Orbán parle souvent d'une « idéologie du genre », contre laquelle il faut selon lui lutter, au nom de la protection des enfants hongrois contre ce qu'il qualifie aussi de propagande LGBTQ+, une rhétorique et un phénomène sociopolitique que certains chercheurs classent parmi les « paniques morales ».
Par exemple, juste avant les élections européennes de 2024, le Megafon a largement diffusé dans la population hongroise — via les médias sociaux — « des récits hostiles et manipulateurs » visant à influencer les décisions d'électeurs et renforcer la polarisation sociale. Une analyse qualitative du contenu de 105 vidéos Megafon (qui ont été les plus coûteuses en terme d'achat d'espace publicitaires sur les réseaux lors de la campagne 2024) a identifié les publics ciblés, les messages clés, les mots-clé et les stratégies et outils discursifs et visuels utilisés par les influenceurs. Elle a conclu que la plupart de ces vidéos reposaient sur la diabolisation et la peur, suscitées par des informations souvent déformées. Les commentaires révèlent quant à eux des perceptions du contenu très polarisées selon des lignes politiques. En 2024, tous les internautes hongrois utilisant Facebook étaient régulièrement exposés aux contenus du Megafon, mais, des sondages représentatifs ont montré qu'ils « reconnaissait peu la marque Megafon » et connaissaient peu l'appartenance de ces influenceurs au Megafon ; alors que ces derniers étaient très visibles sur les réseaux. De plus, la plupart des électeurs « ignoraient que ces contenus étaient une propagande politique payée ». Les répondants jugeaient souvent les vidéos de Megafon peu crédibles, mais selon l'étude, « leur présence persistante contribuait à la polarisation sociale et influençait le discours politique », au détriment du processus démocratique.
Plusieurs analyses indépendantes montrent que le Megafon Központ et ses influenceurs ont repris, adapté et instrumentalisé des mèmes et narratifs issus de l'extrême droite internationale. Ils l'ont intégré dans leur communication politique, tout comme le régime hongrois le faisait sous Victor Orban, mais souvent de manière plus agressive, dans un esprit de « guerre culturelle », qui évoque ce qu'on a observé aux USA avec le concept de wokisme tel qu'utilisé dans les milieux conservateurs américains.
En mai 2023, lors du CPAC Hungary, Viktor Orbán a dénoncé le « woke movement » et la « gender ideology », comme étant comparables au communisme et au marxisme.
Eszter Kováts présente le gouvernement Orbán comme combattant ce qu'il appelle le « virus woke », expression utilisée dans sa stratégie de communication internationale et relayée notamment par le Mathias Corvinus Collegium (MCC).
Une enquête de POLITICO décrit aussi la stratégie d'influence déployée à Bruxelles par des médias, think tanks et organisations proches d'Orbán comme une « guerre contre le wokisme » (« war on woke », expression évoquant le concept de guerres culturelles développé par les conservateurs étatsuniens)
Le mot Woke « un outil purement rhétorique, une arme de disqualification massive utilisée contre le discours de gauche ». Il a été importé en Hongrie et souvent repris, dès 2021‑2022, dont par les influenceurs du Megafon, comme catégorie polémique et arme discursive, présenté comme associé aux élites supposées libérales de gauche, à Bruxelles, ainsi qu'aux ONG à la gauche et à l'opposition au Fidesz, reproduisant les mêmes cadrages culturels de la droite américaine ; les enquêtes de Lakmusz, Political Capital et les données de la Meta Content Library montrent que cette rhétorique, bien que secondaire par rapport aux thèmes centraux (migration, discours anti-Soros, UE, guerre russo-ukrainienne), a circulé de manière récurrente dans les vidéos et publicités financées par Megafon.
À partir de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, le Megafon a diffusé de fausses informations et des récits alignés sur le narratif du Kremlin,.
En 2023, le Megafon a financé et produit sur YouTube la campagne d'influence politique qui a été, selon Telex, « la plus chère d'Europe », accusant la gauche soutenant l'Ukraine envahie d'être "pro-guerre". Il y avait en Europe d'autres campagnes, pour les élections tchèque, finlandaise, slovène, italienne, suédoise, autrichienne et danoise, mais aucune n'a dépensé autant d'argent en publicité YouTube que la seule campagne du Megafon, avec ses plus de 10 millions de vues achetées environ 20 millions de forints, qui en font la campagne politique sur YouTube « la plus chère de toute l'Europe » depuis mai 2022, et l'une des 10 plus chères du monde selon Telex.
Lors de la campagne 2024 des élections européennes, Viktor Orbán et son parti ont structuré leur communication autour d'une opposition manichéenne entre un « camp de la paix » et un « camp de la guerre ». Ils ont présenté l'UE, une partie de ses dirigeants, un réseau supposément créé par George Soros, ainsi que l'opposition hongroise comme un bloc « pro-guerre » cherchant à entraîner la Hongrie dans le conflit russo-ukrainien, tandis que le Fidesz se présentait comme unique et vrai défenseur de la paix.
En 2024, un rapport produit à l'université Corvinus, sur le populisme en Hongrie, observe qu'au fur et à mesure de l'avancée de cette campagne, ce thème « pas de guerre » a même éclipsé les images et slogans habituels du parti qui dominaient en début de campagne (l'immigration et la théorie du genre) ; des influenceurs du Megafon affirmant qu'il y avait une psychose de guerre au parlement européen, allant jusqu'à évoquer les conséquences d'une éventuelle bombe nucléaire sur Budapest et l'Occident.
Tamás Menczer, responsable de la communication du parti Fidesz, a par exemple affirmé : « Nous ne devrons jamais oublier que la gauche hongroise détruirait la paix et la sécurité de la Hongrie. Elle nous entraînerait dans la guerre, laisserait entrer les migrants et donnerait libre cours à la propagande sur le genre » (Fidesz, 6 avril 2024). Dans ce récit populiste et nationaliste, les partis d'opposition et les ennemis d'Orbán situés hors de Hongrie étaient décrits comme dépendants de financeurs situés à Bruxelles et à Washington et agissant contre les intérêts nationaux. La campagne, largement relayée sur les réseaux sociaux et par le réseau d'influenceurs Megafon, mettait l'accent sur la peur de la guerre, en présentant le scrutin comme un choix entre « guerre ou paix », « vie ou mort » « en posant la question de savoir si chacun était prêt à envoyer ses fils ou ses petits-enfants au front ».
Ce rapport met en avant que sur TikTok, « la campagne n'a jamais désigné la Russie comme responsable de la guerre en Ukraine ; elle a, au contraire, imputé l'escalade du conflit aux acteurs européens et à l'OTAN, accusés de soutenir l'Ukraine par des fonds et des armes », et qu'elle n'a jamais défini ce qu'Orbán et son parti entendaient précisément par « paix », ni comment ils comptaient y parvenir une fois leurs candidats élus au Parlement européen. Parmi les membres du parti Fidesz particulièrement actifs pour relayer les messages du parti auprès de la population, principalement au sujet de la guerre, figurent Tamás Deutsch et un autre eurodéputé, András László qui a été présenté comme le premier homme politique du Fidesz ayant rejoint le groupe des influenceurs du Megafon). Les partis au pouvoir, ainsi que le groupe d'influenceurs favorables au gouvernement, « Megafon », ont consacré des sommes considérables à des campagnes sur les réseaux sociaux — davantage que toute autre force politique en Europe (Portfolio, 2024).
Le Megafon, disposait aussi d'une bibliothèque de mèmes Internet (dénommée KonVerzió), produisant des images, des slogans et des caricatures présentés en formats nativement conçus pour devenir viraux, adaptés à Facebook, Instagram ou TikTok ou Discord, et pouvant ensuite être relayés par les internautes appréciant les mèmes. Cet outil était présenté comme mis gratuitement à disposition des candidats qui en ont marre de la « propagande woke et de gauche » et feraient mieux de toute façon.
Cette production évoque les usines à mèmes (“meme factories”) et les “meme war rooms” des groupes libertariens de droite complotistes (QAnon notamment) ou de l'extrême droite (alt‑right) étatsunienne, utilisés selon Atar (2025) dans un « nouveau front de la guerre épistémologique », dans une « dynamiques de radicalisation numérique » fondées sur l'humour. Ces sites produisent à la chaine, maintenant à l'aide de l'IA générative, de grandes quantité de templates et de mèmes (pro‑Trump, anti‑libéraux, anti‑“woke”...), utilisés de manière souvent coordonnés organisés en escadrons (“meme squads”), par exemple par des Influenceurs pro‑MAGA (comme Jack Posobiec, Benny Johnson, DC_Draino, etc.), notamment étudiés par M. Defaure dans sa thèse de doctorat.
Selon M.C Atar, les mèmes peuvent aisément détourner l'humour noir, l'ironie, la satire et la culture visuelle pour produire un pseudo-humour (parfois dit post-ironique et/ou méta-ironique), pour se transformer en "arme épistémologique" capable de brouiller la frontière entre la vérité et la fiction, et ainsi faciliter et amplifier la normalisation de discours extrémistes, souvent violents. Et "Les plateformes cryptées telles que Telegram permettent la reproduction des chambres d'écho, renforçant l'isolement idéologique et favorisant des coordinations, dont transnationales, sans autorité centralisée. Les algorithmes des médias sociaux intensifient ce processus en favorisant les contenus viraux à forte charge émotionnelle, renforçant ainsi les bulles idéologiques.". Il est démontré que les mèmes politiques sont dans les années 2020 devenus un mode important de circulation de l'information et de source d'engagement en ligne chez les jeunes qui les préfèrent souvent aux formats journalistiques. Selon Pietro Saccomanno, ils forment un nouveau marché médiatique émergent — plus efficace pour toucher les publics que pour les instruire — et ils devraient être étudiés comme un outil hybride, à la fois informatif et ludique, mais peu structurant pour le débat démocratique.
Tout comme le Mathias Corvinus Collegium (autre centre de formation idéologique du régime de Orban), et plusieurs think-tanks du réseau illibéral d'extrême droite et pro-gouvernemental développé en Hongrie sous Viktor Orbán, le Megafon — après le changement de gouvernement de 2026 — se trouve sans financements. Il a fermé son site internet, ne publie plus de contenus, n'organise plus de formations, n'apparaît plus dans les campagnes numériques et semble inactif, mais mi-octobre 2026, le site du ministère de la justice ne mentionne à son propos ni faillite, ni radiation du registre des sociétés hongroises (cégjegyzék),.
Selon Horváth et al. (août 2025 dans la revue Media and Communication), la fin du gouvernement Orbán s'est néanmoins traduite par un affaiblissement net et visible de la communication politique du Fidesz dans les villes et le paysage hongrois (disparition des affiches de propagande, la réorientation de la télévision publique et la fermeture de nombreux médias KESMA), mais la propagande numérique se poursuit, bien qu'ayant évolué, dans le réseau des influenceurs en ligne.
une analyse faite en 2026 de 60 influenceurs politiques les plus prolifiques en contenu et en interactions montre que — contrairement à ce qu'on aurait pu supposer —, plusieurs anciens membres de Megafon restent parmi les acteurs les plus performants en termes d'interactions comptabilisées sur leur site. Ainsi, depuis l'effondrement électoral de Victor Orbán, certains influenceurs antérieurement emblématiques (comme Rákay Philip) ou des personnalités politiques autrefois soutenues par le Megafon ont brutalement cessé de publier en ligne, mais plusieurs autre continuent de publier, et intensément (plusieurs centaines de contenus par mois, à un rythme aussi intense, voire plus, qu'à l'époque des grandes campagnes du Megafon).
Selon l'OCCPR, la défaite d'Orbán en 2026 a entraîné la fermeture des bâtiments du Megafon, et d'importants licenciements (les effectifs du Mégafon seraient passés de 72 salariés en avril à trois en août). Au même moment, d'autres médias et organes de presse proches du parti ou liés à Lőrinc Mészáros ont aussi disparu (mais, le travail d'une partie des influenceurs formés au Megafon persiste en ligne, avec une intensité qui chez certains, atteint les niveaux de publication d'avant les élections de 2026).
Les internautes hongrois ont été confrontés en 2020 à une explosion du nombre de publicités politiques en ligne, et du nombre d'influenceurs politiques qui ont créé un environnement médiatique parallèle. Ces créateurs pro‑gouvernementaux — structurés autour du Megafon et du "Fight Club" lancé par Orbán — ont massivement diffusé un flux constant de contenus émotionnels, clivants, pusquablicitaires ou non, financés par l'État. ef bis.
Ces contenus ont eux-même suscité une certaine réaction, notamment portée par des influenceurs plus indépendants, comme Partizán, Pottyondy ou Puzsér, dont les messages critiques circulent de manière plus 'spontanée', dans un cyberespace de plus en plus polarisé où une propagande institutionnelle massive était confrontée à des contre‑discours citoyen La loi LXXVIII/2024, entrée en vigueur le 1er janvier 2025, criminalise : " la publication de contenus en ligne incitant à des actes violents ", mais cette loi ne semble jamais avoir été utilisée contre des contenus agressifs pro‑gouvernementaux ou émanant d'influenceurs Megafon.
Une étude (2026) conclut qu'alors que de nombreux partis politiques, dans le monde, tendent à utiliser les réseaux sociaux pour les campagnes électorales — avec plus de personnalisation, des ciblages basés sur les données personnelles, la centralité des plateformes — la Hongrie (et la Serbie) se distingue des autres pays européens par des spécificités liées à leurs régimes hybrides : faiblesse institutionnelle, capture des médias, leadership populiste et trajectoires de démocratisation contestée, qui donnent à leur évolution numérique une forme particulière, avec pour la Hongrie des réseaux de communication alignés sur les partis et les réseaux d'influenceurs proxy, dont ceux du Megafon. Une autre étude montre que le ciblage utilisé en Hongrie était large plutôt que "à grain fin", avec un mécanisme clé qui était souvent la saturation des réseaux sociaux en visant les hongrois d'âge moyen, sans ciblage à grain fin.
Selon le rapport EurOMo 2025 Fin 2025, la coexistence de deux systèmes médiatiques antagonistes en Hongrie — l'un pro‑gouvernemental, l'autre indépendant — A produit trois problèmes majeurs :
En 2025, une étude de l'« Institute of Data Analytics and Information Systems » financiée par l'Observatoire européen des médias numériques (EDMO) a alerté sur le fait que « le modèle Megafon, facilement adaptable, pose un risque important pour le discours public démocratique, car il fausse efficacement l'environnement informationnel pour les électeurs sur les médias sociaux ».
Selon The Howl le (journal étudiant de l'UISG) la défaite de V. Orbán, laisse penser que la stratégie populiste a fini par s'éroder alors que la confiance du public s'érodait, malgré le soutien massif de la droite radicale internationale e V. Orbán. .. et ce, en dépit des campagnes des influenceurs formés par le Megafon Center ; la propagande — y compris via l'usage intensif de contenus manipulés ou générés par IA — ne suffit plus à compenser la lassitude face à la dégradation démocratique et médiatique (la vaste campagne de contenus générés par l'IA sur TikTok, lancée par le Fidesz pour attaquer Magyar en l'accusant de wokisme n'a pas fonctionné). Selon The Howl les partis populistes de droite semblent gagner quand ils sont en situation d'opposition, mais décliner une fois au pouvoir, comme l'illustrent les revers récents en Finlande, aux Pays-Bas, au Brésil ou en Australie. Enfin, l'élection de Péter Magyar montre que, même dans des systèmes profondément gerrymandés, une mobilisation démocratique peut renverser un régime illibéral et rouvrir la possibilité d'un retour à l'État de droit, malgré les difficultés à défaire les structures populistes installées.
Selon Reporters sans frontières, alors que début 2026, le Fidesz contrôlait environ 80 % des médias du pays(notamment par le biais du rachat de titres par des alliés du parti), les hongrois ne sont plus dupes du degré de manipulation de l'information ; « Sans surprise, le niveau de confiance des Hongrois envers les médias et le journalisme figure parmi les plus bas d'Europe ». Selon le Digital News Report du Reuters Institute, seuls 22 % des répondants hongrois déclarent faire confiance à « la plupart des informations, la plupart du temps » ".
La Cour européenne des droits de l'homme a condamné à plusieurs reprises la Hongrie pour l'absence de contrôle judiciaire effectif sur les surveillances de la presse, jugeant que ces pratiques violaient les articles 8 et 10 de la Convention et créaient un effet dissuasif sur la liberté de la presse.
Et Les révélations de Direkt36 sur l'espionnage des journalistes par le logiciel espion (spyware) Pegasus contre des journalistes, avocats et opposants au régime ont confirmé la gravité de ces dérives, tandis que l'enquête officielle de l'autorité hongroise de protection des données n'a apporté aucune réponse substantielle et a classé l'affaire sans suites.
En 2025, des chercheurs ont mis au point des LLM (y compris open-source) pouvant détecter la propagande en ligne (en identifiant à la fois sa présence, et les segments précis où des techniques de Manipulation mentale sont employées, grâce à des stratégies de type “role‑playing” (le LLM est placé dans un rôle d'expert en détection de propagande) ; “reduced context windowing” (consistant à découper le texte en segments courts pour une détection plus précise) ; “few‑shot learning” (on fournit au modèle quelques exemples annotés pour stabiliser son comportement) ; et “chain‑of‑thought reasoning” (le LLM doit expliciter son raisonnement étape par étape pour améliorer sa capacité à détecter les techniques de propagande). Un LLM a été testé sur les articles du SemEval‑2020 Task 11, montrant des performances supérieures aux méthodes de pointe jusqu'alors disponibles(en) Angelo Gaeta, Vincenzo Loia, Angelo Lorusso et Francesco Orciuoli, « Towards a LLM-based intelligent system for detecting propaganda within textual content », Computers and Electrical Engineering, vol. 128, , p. 110765 (DOI 10.1016/j.compeleceng.2025.110765, lire en ligne, consulté le ).
À titre d'exemple, parmi les influenceurs hongrois les plus connus qui en 2025 ont été formés au Megafon figurent, :
En plus des influenceurs médiatiques de première ligne, il existe aussi des propagandistes moins médiatisés, qui ont suivi la formation du Centre, tels que, par exemple ! Öreg Rocker, Nyerges Csenge ou NikTok.
Cette expression (« mini-Megafon ») a été utilisée, par des journalistes indépendant hongrois, à propos d'une entité baptisée Aktuális Média, créée par Dávid Filep, l'un des influenceurs du Megafon. Ce dernier — considéré en Hongrie comme l'un des acteur majeur de la sphère d'influence pro-gouvernementale (pro-Orban et pro-Fidesz) — a créé sa propre structure, gérée de manière indépendante, mais politiquement parfaitement alignée, comme son propre réseau d'influence numérique. Cette structure, qui distribue aussi des vidéos, a reçu, en février 2022, un soutien de 220 millions de HUF en 2022, en période pré-élections parlementaires ; et bien qu'il n'ait, selon le média Telex aucun salarié déclaré, il a injecté, entre 2021 et 2023, des centaines de millions de forints (plus de 600 millions de HUF reçus sous forme de subventions opaques) dans des campagnes publicitaire agressives, sur Facebook et YouTube, pour discréditer l'opposition hongroise.