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Michael Langlois, né en 1976 en France, est historien et philologue, professeur des universités spécialiste de la Bible hébraïque et de l’histoire des religions.
Il a pris position sur plusieurs sujets controversés, notamment les faux manuscrits de la mer Morte, l’historicité de Jésus, la mention du roi David sur les stèles de Mésha et de Tel Dan, l’ossuaire de Jacques, le Covid-19 et les violences sexistes.
Issu d’une famille protestante, Michael Langlois est le petit-neveu du pasteur réformé suisse William Berruex, l’un des pionniers de la Communauté de Taizé. Fils d’un père franco-suisse et d’une mère française, d’origine catholique et convertie au pentecôtisme, il grandit à Voisins-le-Bretonneux, dans les Yvelines. Son père est ingénieur en télécommunications et il a un frère aîné, Jean-Philippe. À quatorze ans, par rébellion, ils fondent tous deux un groupe de rock, style musical déplaisant à leur milieu. Enfant, il se pose de nombreuses questions sur la Bible durant les cours d'étude de la foi à l'église, gênant ses enseignants.
Après un baccalauréat S, Michael Langlois est licencié de mathématiques et de sciences à l'université Paris-Sud, en vue d'être professeur de mathématiques ou informaticien. Adulte, il reste intrigué par la foi et s'inscrit au Séminaire théologique continental, en Belgique, y apprenant le grec, l'hébreu et l'histoire du Moyen-Orient. Durant ses études au séminaire, sa foi chrétienne évolue et il considère que toutes les Églises se valent, aucune d'elles n'ayant le monopole de la vérité chrétienne.
Il étudie ensuite à l’École des langues et civilisations de l’Orient ancien, à l’Institut catholique de Paris, où il suit par exemple les cours d’éthiopien ancien (ou guèze) prodigués par le pasteur et théologien luthérien Jacques-Noël Pérès. Il y apprend d’autres langues sémitiques anciennes, comme l’araméen avec Ursula Schattner-Rieser, qui l’invite à rejoindre un groupe préparant une nouvelle traduction des manuscrits de la mer Morte. Michael Langlois se voit notamment confier le livre d'Hénoch, dont des fragments araméens ont été découverts à Qumrân et qui n’a survécu en intégralité qu’en guèze. Il donne une traduction nouvelle et améliorée par une reconstitution longue et minutieuse[réf. souhaitée]. Il étudie également à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem et soutient en 2007 une thèse à la Sorbonne sur ces manuscrits, publiée en 2008.
Après l’obtention de sa thèse de doctorat à la Sorbonne, Michael Langlois devient enseignant à l’École des langues et civilisations de l’Orient Ancien, au Collège de France et à l'université de Strasbourg,.
En 2010, il est conseiller scientifique de l’exposition à la Bibliothèque nationale de France consacrée aux manuscrits de la mer Morte. Dans la suite de ses recherches, à partir de fragments du livre de Josué, il conclut qu'il existe une version perdue, jusque-là inconnue, conservée dans les manuscrits de la mer Morte. Il obtient sa thèse d’habilitation à diriger des recherches en 2010 et la publie en 2011.
En 2012, il devient éditeur scientifique de la revue Semitica au Collège de France, sous la direction de Thomas Römer.
En 2013, il est nommé auxiliaire de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, associé au projet de Corpus Inscriptionum Semiticarum, et membre de l’Institut universitaire de France avec trois thématiques : (1) l’écriture de la Bible ; (2) les civilisations du Proche-Orient antique ; et (3) le judaïsme ancien et le christianisme naissant.
Outre les volumes annuels Semitica, il publie plusieurs livres consacrés aux manuscrits de la mer Morte, au Pentateuque samaritain, et au rôle des scribes dans le monde de la Bible. Il écrit également des articles sur le canon biblique, les ostraca, les targoums araméens , l’épigraphie paléo-hébraïque, l’histoire des royaumes d’Israël et de Juda, les textes araméens divinatoires et l’histoire du judaïsme.
En 2008, Michael Langlois exprime des doutes quant à l’authenticité d’un manuscrit de la mer Morte du livre d’Hénoch apparu sur le marché des Antiquités. Quelques années plus tard, il rejoint une équipe internationale qui étudie une collection privée de manuscrits de la mer Morte en Norvège, dont fait partie ce fragment ; après analyse, l’équipe conclut que ce manuscrit et d’autres sont des faux.
Cette affirmation crée la controverse, car de grands spécialistes comme Emanuel Tov ou Ada Yardeni estiment que ces manuscrits sont authentiques et ont contribué à leur publication. En 2023, Craig Evans maintient que ces manuscrits sont authentiques.
En 2019, Michael Langlois publie dans Semitica un article sur la stèle de Mésha, roi de Moab. En utilisant des techniques d’imagerie numérique, notamment RTI, sur la stèle conservée au musée du Louvre et sur les estampages conservés au Louvre et à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, il parvient à reconstituer la lecture « Maison de David », confirmant ainsi une hypothèse émise en 1994 par André Lemaire.
Sa lecture est néanmoins contestée par Israël Finkelstein, Nadav Naaman et Thomas Römer, qui proposent de lire le nom du roi Balak de Moab, mentionné dans la Bible hébraïque à l’époque de Moïse. Selon Michael Langlois, Israël Finkelstein, Nadav Naaman et Thomas Römer ont pris pour ancienne une partie de la stèle qui est en fait le fruit d’une restauration moderne faite au Louvre ; par ailleurs, si cette stèle confirme l’existence du roi David, elle ne prouve en rien que le récit biblique le concernant soit authentique.
En 2024, Michael Langlois publie un article sur une autre stèle mentionnant le roi David : la stèle de Tel Dan. Il affirme que les trois morceaux qui la composent ont été écrits par deux personnes différentes, ce qui rend impossible la restauration qui en a été faite par les archéologues israéliens. En particulier, les deux fragments découverts en 1994 et qui s’emboîtent, ne peuvent être joints au premier fragment découvert un an plus tôt en 1993. Si cela ne change en rien la lecture de la « maison de David », intacte sur le premier fragment, cet article relance néanmoins la polémique sur cette stèle dont certains doutent de l’authenticité.
Dans plusieurs documentaires télévisés, Michael Langlois remet en question l’historicité des reliques du Christ, notamment la Sainte-Lance, le Saint-Graal, ou le Saint-Suaire.
En 2024, il est interviewé à propos du livre de Michel Onfray, Théorie de Jésus, dans lequel ce dernier nie l’historicité de Jésus. Michael Langlois reconnaît l’absence de preuve archéologique de l’existence de Jésus mais estime que les sources antiques, notamment Flavius Josèphe, confortent l’hypothèse selon laquelle Jésus aurait bien existé.
En 2025, Michael Langlois est interviewé dans un documentaire sur Jésus et ses enfants. André Lemaire y est également interviewé et maintient que l’ossuaire de Jacques est authentique, alors que plusieurs spécialistes estiment que c’est un faux. En revanche, selon André Lemaire et Michael Langlois, la mention « frère de Jésus » ne se rapporterait pas à Jacques, mais à Joseph, si bien que cet ossuaire viendrait d’une autre famille.
En 2020, pendant la pandémie de Covid-19, Michael Langlois est interrogé sur les raisons théologiques de cette pandémie qui est, selon certains, une punition de Dieu. Cette doctrine est notamment populaire dans les milieux pentecôtistes, que Michael Langlois connaît bien puisqu’il y a grandi.
En janvier 2021, au moment où le débat fait rage sur la vaccination contre le Covid-19, Michael Langlois signe, dans un numéro de l’hebdomadaire protestant Réforme consacré aux vaccins, un éditorial intitulé « Je n’ai pas foi en la science » dans lequel il explique que foi et science doivent rester distinctes : la vaccination ne doit pas être une question de croyance mais de science médicale.
En 2018, Michael Langlois évoque la question des violences sexistes en lien avec la Bible : selon lui, la Bible a été utilisée pour justifier la soumission de la femme à l’homme.
Dans une autre interview, il évoque également la place controversée de la sexualité dans la Bible, entre mariage forcé, lapidation, adultère, abstinence, célibat, et érotisme.
En 2023, au cours d’une conférence à deux voix organisée par le rabbin Ariel Rebibo du consistoire israélite à Strasbourg, Michael Langlois évoque à nouveau la façon dont la Bible, et notamment le récit de la tentation du serpent dans la Genèse, au chapitre 3, a été utilisé pour justifier la soumission de la femme à l’homme et des violences sexistes. Selon Langlois, il s’agirait d’un récit étiologique qui explique et condamne la domination de l’homme sur la femme, cette domination n’étant pas le projet de Dieu pour l’humanité mais le résultat de la chute. Or, toujours selon Langlois, ce récit a été repris par des épîtres de Paul dans le Nouveau Testament, notamment la première Épître aux Corinthiens, chapitres 11 et 14, et la Première épître à Timothée, chapitre 2, qui se fondent sur la Genèse pour légitimer la domination de l’homme sur la femme. Mais Langlois leur oppose l’Épître aux Galates chapitre 3, qui énonce qu’il n’y a plus ni homme ni femme, et qui, selon l’historien, correspond au projet de Dieu pour l’humanité, à l’opposé de toute discrimination ou violence sexiste
En 2021, alors qu’il est en instance de divorce avec une ancienne étudiante, qu’il avait épousée et avec laquelle il avait eu un enfant, celle-ci l’accuse de violences conjugales et de viol. Elle monte un dossier avec treize témoignages, dont le sien et celui de ses anciennes camarades, et contacte le CLASCHES (Collectif de Lutte Anti-Sexiste Contre le Harcèlement dans l’Enseignement Supérieur). Elle contacte également Mediapart, qui publie avec Rue89 Strasbourg un article le . L’université de Strasbourg y est mise en cause pour sa lenteur et ouvre une section disciplinaire. En , Langlois est suspendu pendant trois ans, après un an et demi d'enquête interne qui conclut qu’elle ne retient pas les accusations « de viol, de harcèlement sexuel, de proposition à caractère sexuel et d’emprise psychologique », mais des pratiques pédagogiques « hors nécessité liée à l’enseignement et hors du strict cadre académique ». Il fait appel de cette décision,, et obtient que la sanction soit réduite à « interdiction d’exercer toutes fonctions d’enseignement dans l’établissement pendant une durée d’un an, assortie de la privation de la moitié du traitement »; il devrait faire son retour à la rentrée 2026. Au nom de deux anciennes compagnes et étudiantes de Michael Langlois, la justice ouvre également une première enquête pour viol et une seconde pour violences conjugales, psychologiques, diffamation et harcèlement moral. Il conteste les faits,.
En , le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche le réintègre en raison de vices de procédure, amenant une pétition contre sa réintégration. Malgré l'enquête d'un média impliqué dans les violences faites aux femmes, contre lequel Langlois a porté plainte à deux reprises, il n'est ni innocenté ni condamné. Sa réintégration embarrasse les étudiants en théologie et l'administration de l'université, au sein de laquelle des étudiants continuent de manifester leur opposition,. En , des élèves et professeurs de Strasbourg, d'autres facultés et des personnalités protestantes publient une tribune dans le journal protestant Réforme pour protester contre les violences sexuelles et abus spirituels. L'Église protestante unie de France apporte son soutien, tout comme Michael Langlois, lui-même victime de violences conjugales par son ex-femme qui a été arrêtée avec interdiction de le contacter. Dans la même interview, il se défend également de pratiques pédagogiques hors du strict cadre académique retenues par la section disciplinaire de l’université de Strasbourg, expliquant qu’il rencontre ses étudiants hors de l’université pour prendre des cafés avec eux ou les retrouver à l’église. Il affirme que son ex-femme cherche à se venger après avoir été condamnée pour violences contre lui. La plainte de celle-ci est classée sans suite par le parquet de Pau, et celle de son ex-compagne est transférée au parquet de Strasbourg au printemps 2024 ; en , suite à un pourvoi en cassation, le Conseil d’État confirme la réintégration du professeur à l’Université de Strasbourg.
Michael Langlois est interviewé dans plusieurs films documentaires ou émissions télévisées portant sur la religion :
Michael Langlois a étudié ou collaboré auprès de plusieurs spécialistes, parmi lesquels :
Michael Langlois est membre de plusieurs sociétés savantes et a reçu plusieurs distinctions scientifiques :
Outre des articles scientifiques, Michael Langlois a écrit ou dirigé plusieurs ouvrages, parmi lesquels :