Mixtur

Mixtur est une composition pour orchestre, quatre générateurs d'ondes sinusoïdales et quatre modulateurs en anneau de Karlheinz Stockhausen. Composée en 1964, elle est créée le à Hambourg sous la direction de Michael Gielen.

Analyse de l'œuvre

Mixtur est un exemple de la « forme momentanée », composée d'unités formelles qui sont « reconnaissable par un caractère personnel et unique ».

L'orchestre est divisé en cinq groupes : percussions, bois, cuivres, cordes jouant avec l'archet et cordes en pizzicato. Les sons de chaque groupe (sauf les percussions) sont captés par micros, reliés à des modulateurs en anneau et modulés avec d'ondes sinusoïdales, produisant transformations spectaculaires des timbres, inflexions microtonales des hauteurs, et – lorsque la fréquence des sons sinusoïdaux tombent en dessous de 16 Hz – transformations rythmiques aussi.

L'œuvre est divisée en vingt moments, chacun avec un titre reflétant les caractéristiques musicales, comme "points", "percussions", "vertical", "blocs", "translation", "pizzicato", "cuivres", "strates", ou "do aiguë". Ces moments sont exécutées dans l'ordre donné dans la partition, ou dans l'ordre inverse.

En outre, chaque moment a un « ton central » (dans certains moments, il existe deux « tons centraux »), un « hauteur manquant » (ou parfois deux « hauteurs manquant »), une durée totale, une proportion de silence, une «  densité » (nombre de groupes d'orchestre participants), et une mixture de timbres (en allemand, un « Mixtur » – par conséquent le titre de l'œuvre). La division de l'orchestre en cinq groupes – H = Holz (bois), B = Blech (cuivres), P = pizzicato, Sch = Schlagzeug (percussions) – est déterminante pour la forme globale de la composition :

Les moments de Mixtur
nom son(s) central(centraux) hauteur(s) manquante(s) durée silence (proportion) densité timbres
1Mixtur
[mixture]
do6fadièse1204H/B/P/S
2Schlagzeug
[percussions]
——30⅕1Sch
3Blöcke
[blocs]
si4fa78½3H/P/S
4Richtung
[direction]
dodièse5sol48⅓2Sch/P
5Wechsel
[changement]
ladièse5mi18⅛4H/B/P/S
6Ruhe
[calme]
ré4soldièse7802B/S
7Vertikal
[vertical]
la3rédièse12⅛3Sch/P/S
8Streicher
[cordes]
rédièse3la18⅕1S
9Punkte
[points]
soldièse4 – mi2ré – ladièse30⅓3H/B/S
10Holz
[bois]
sol2 – fa1dodièse – si48½1H
11Spiegel
[miroir]
fadièse3do4804H/B/P/S
12Translationfa1 – sol2fadièse – fa30½2H/P
13Tuttimi2 – soldièse4sol, mi78⅛5Sch/ H/B/P/S
14Blech
[cuivres]
rédièse3soldièse12⅕1B
15Kammerton
[diapason]
la3rédièse18⅓3H/P/S
16Stufen
[niveaux]
ladièse5ré3004H/B/P/S
17Dialogré4la18½2Sch/B
18Schichten
[strates]
dodièse5ladièse48⅛3B/P/S
19Pizzicatosi4dodièse78⅕1P
20Hohes C
[do aigu]
do6si12⅓2H/S

Quand les vingt moments sont exécutés dans l'ordre numérique ascendant, c'est appelé « en avant »; quand descendent, « en arrière ». Toutefois, la séquence des événements au sein de chaque moment est le même dans aucune des versions. Certains moments peuvent aussi s'échanger. Par exemple, le moment nº 1 avec le nº5, le moment nº 11 avec le nº 16 et le nº 15 avec soit le nº 3 ou nº 20. Les moments 14 et 15 peuvent être joués simultanément à la place du nº 5. Dans ce cas, les cuivres du moment 5 remplacent le tout de moment 14 et les autres instruments prennent la place de moment 15. Quand l'ordre est inversé ou lorsque les échanges ont eu lieu, certains détails dans les moments voisins sont modifiés. Par exemple, le ton central de moment 11 (« Spiegel »), le fadièse3, doit être poursuivi par n'importe quel moment il suit (c'est peut-être moment 12, 10, 17, 15, 5, 3, ou 20, en fonction de la permutation des instants choisis et la direction de la version).

Discographie

Notes et références

  1. ↑ Stockhausen 1963, 200
  2. ↑ Stockhausen 1971, 52.
  3. ↑ Rigoni 1998, 220.
  4. ↑ Kohl 1981, 52–62.
  5. ↑ Kohl 1981, 64.

Bibliographie

Liens externes