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Nasser Zefzafi (en tamazight : ⵏⴰⵚⵕ ⵣⴼⵣⴰⴼⵉ; en arabe : ناصر الزفزافي), né le à Al Hoceima (Maroc) , est un militant politique Rifain,
Il participe depuis au mouvement de contestation, le mouvement populaire du Rif, réclamant l'amélioration de la situation socio-économique de la région du Rif. En , il fait annoncer, alors qu'il est incarcéré à la prison de Tanger, ne plus vouloir être un leader du Hirak rifain.
Nasser Zefzafi est né à Al Hoceima dans la région du Rif, dans le nord du Maroc. Sa mère a grandi à Al Hoceima et appartient à la tribu des Aït Ouriaghel. Son père est originaire d’Izefzafen, un petit village des Aït Ouariaghel, tribu à laquelle appartenait aussi Abdelkrim el-Khattabi.
Il effectue ses études secondaires à Al Hoceïma, avant d'enchaîner divers petits emplois et de gérer un magasin de vente et de réparation de téléphones portables. Après la fermeture de son commerce, il se retrouve au chômage, une situation partagée par de nombreux jeunes de sa région natale.
Zefzafi descend d'une famille de militants. Son grand-père fut ministre de l’Intérieur de la République du Rif tandis que son oncle, assassiné en 1978 près de Larache, était le directeur de cabinet d'Abdelkrim el-Khattabi.
Son père, Ahmed Zefzafi, fut aussi un militant de première heure de l’Union nationale des forces populaires, puis de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) de laquelle il a démissionné lorsque le parti entra au gouvernement. Devenu par la suite une figure publique majeure en tant que président de l'Association Tafra pour la solidarité avec les détenus du Hirak, il meurt des suites d'un cancer le à Al Hoceïma. Zefzafi fut aussi membre du mouvement du 20 Février à Al Hoceima lors des contestations de 2011.
Nasser Zefzafi participe aux manifestations suivant la mort de Mohcine Fikri, un vendeur de poissons de 31 ans mortellement écrasé dans une benne à ordures le . Dans une interview donnée au site d'actualité El Español en , il déclare : « Ce qui est arrivé à Fikri nous affecte également : si nous restons silencieux aujourd'hui, cela continuera. C'est pourquoi nous devons sortir pour arrêter cela ». Depuis , le mouvement n'a pas faibli et continua de sortir dans les rues d'Al Hoceima et son agglomération mais aussi, Nador et Berkane.
Cette contestation prend une tournure politique et identitaire à partir d', Rabat ayant dans un premier temps accusé la mouvance rifaine de velléités indépendantistes et d'être piloté secrètement depuis l'étranger, alors que Zefzafi nie ces accusations en bloc avant de faire marche arrière et de reconnaître les revendications du mouvement légitime.
Le , lors de la prière du vendredi à la mosquée Mohammed-V d'Al Hoceima, Nasser Zefzafi interrompt le prédicateur après que ce dernier ait accusé le mouvement du Hirak de semer la Fitna (la discorde). S'adressant à la foule, il prononce un discours improvisé où il s'exclame notamment « Les mosquées sont-elles faites pour Dieu ou pour le Makhzen ? », accusant l'imam d'instrumentaliser la religion à des fins politiques pour le compte du makhzen. Le jour même, le procureur de la cour d’appel d’Al Hoceima ouvre une enquête et lance un mandat d’arrêt contre Nasser Zefzafi.

Nasser Zefzafi est arrêté par la police le matin du pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État », et est transféré le même jour à Casablanca au siège du bureau national de la police judiciaire. Il est également accusé de « perturber la prière du vendredi et de porter atteinte à l'exercice du culte ». Il est notamment accusé « d'atteinte à la sécurité intérieure de l'État » et « pour trahison ».
Le , Nasser Zefzafi est condamné à 20 ans de prison avec 41 autres opposants politiques. Durant son incarcération à la prison de Tanger 2, il obtient ponctuellement des autorisations de sortie humanitaires pour se rendre au chevet de son père malade à Al Hoceïma, notamment en 2021 et en mai 2025. Le , à la suite du décès de ce dernier, il bénéficie d'une autorisation exceptionnelle pour quitter temporairement son centre pénitencier afin d'assister à ses funérailles au cimetière des Moujahidine à Ajdir.
Le , une vidéo dans laquelle Nasser Zefzafi apparaît dans sa cellule à moitié-nu avec des ecchymoses le long de son corps circule sur internet avant d'être supprimée. Il aurait été torturé dans le centre de détention d'Oukacha, à Casablanca. Pendant sa détention, Nasser Zefzafi a subi plusieurs formes de tortures et humiliations. Notamment, des viols, humiliations sexuelles et des tabassages.
En 2018, alors qu'il est incarcéré, Nasser Zefzafi est nommé parmi les trois finalistes du Prix Sakharov pour la liberté de pensée, décerné par le Parlement européen, pour son engagement en faveur des droits socio-économiques dans le Rif. Sa mère, Zoulikha Ziach, se déplace à Strasbourg pour le représenter lors de la cérémonie de remise du prix, qui est finalement attribué au cinéaste ukrainien Oleg Sentsov.