Sabre japonais

Sabres japonais de l'époque d'Edo.

La dénomination nihontō (日本刀 : 日本, Nihon, Japon + 刀, tō, lame, litt. « lame japonaise », par extension sabre japonais), désigne l'ensemble des armes blanches fabriquées au Japon.

Dans la culture japonaise, plus que de simples armes, les nihontō sont considérés à la fois comme des œuvres d'art et comme un symbole religieux. Aussi, ils prennent une part importante dans l'histoire et la culture japonaise. Actuellement, 122 sabres japonais allant de la période Kofun à la période Muromachi possèdent le statut de Trésor national,.

Les épées japonaises (tsurugi) apparaissent au début de la période Yayoi, elles sont droites, à double tranchant et forgées d'une seule pièce. Les premières sont en bronze, mais sont remplacées peu à peu par l'acier pendant les périodes Yayoi et Kofun. Il faut attendre le milieu de l'ère Heian pour voir les premiers sabres courbes à simple tranchant dénommés wantō. L'uniformisation des techniques de forge à base de tamahagane est généralement situé fin Heian, aboutissant finalement au sabre tel que nous le connaissons.

Actuellement, le terme nihontō regroupe toutes sortes d'armes telles que le katana, le tachi, le wakizashi, le naginata, la yari et bien d'autres.

La classification des nihontō est organisée selon l'utilisation, les formes, les périodes et les écoles.

Histoire

Article détaillé : Histoire du sabre japonais.

Bien que le sabre japonais ait été créé pour une utilisation guerrière, il est actuellement reconnu comme une œuvre d'art à part entière. Habituellement, on considère que l'histoire du sabre japonais est divisée en cinq grandes périodes historiques : les sabres jōkotō (avant 900), les sabres kotō (sabres anciens 900-1596), les sabres shintō (nouveaux sabres 1596-1780), les sabres shin-shintō (nouveaux nouveaux sabres 1781-1876) et les gendaitō (sabres modernes 1876-présent). Chacune de ces périodes représente un courant de forge particulier.

Classement par formes

De gauche à droite :Naginata, Tsurugi, Tantō, Uchigatana et Tachi

Les sabres et dagues :

Les lances :

Fabrication

Leur technique de fabrication, unique aux forgerons japonais, confère aux lames un équilibre certain entre leurs propriétés de souplesse et leur capacité de coupe. De plus, cette méthode de fabrication donne aux lames un aspect esthétique particulièrement développé. On décompte 8 étapes principales : le choix des minerais, la réduction du minerai, la forge, la trempe, le polissage et finalement, la finition et le montage.

La lame

Les caractéristiques des lames de sabres japonais sont groupées en quatre grandes catégories : la partie visible (courbure, arêtes…), la soie (nakago), sa structure (type de grain, activité de la trempe…) et les défauts (bulles d'air, cassures, rayures…). Les lames sont le résultat d'un travail de forge long et méticuleux. La technique utilisée par le forgeron est le pliage répété de la pièce de fonderie, qui après cette étape, est prête à être allongée de sorte que la forme caractéristique du sabre japonais émerge.

Observation de la lame

Photo détaillée du ""nioi"

Observer une lame demande beaucoup d'attention et de technique pour un amateur. Regarder une lame n'est pas seulement regarder sa ligne de trempe (hamon), mais un ensemble de caractéristiques telles que la forme générale, le grain de l'acier et ses couleurs, la trempe.

Pour une bonne observation, deux conditions sont à remplir :

  • L'amateur se doit de travailler dans des conditions idéales de lumière, selon des angles et des distances différentes selon le détail observé.
  • La lame observée doit être lisible, ce qui implique qu'elle est polie. Pour cela, il est parfois nécessaire de faire appel à un artisan polisseur spécialisé dans les sabres (togishi).

En général, l'amateur doit commencer par observer l'apparence générale de la lame (forme générale, ligne de trempe, régularité des surfaces…). Une fois la première impression passée, il affine son analyse des détails (forme du dos, de la pointe, des arêtes, continuité des surfaces, etc.). Dans un deuxième temps, l'amateur observe le grain de l'acier, ainsi que sa couleur. Pour cela, il doit disposer d'une lampe à lumière blanche de 60 watts. La lampe doit être disposée environ à 40 cm de la lame.

Pour finir, l'amateur observe la ligne de trempe dans ses moindres détails. Cela représente une difficulté majeure, car certains détails sont particulièrement difficiles à percevoir. Pour une bonne vision, il doit faire jouer l'angle de réfraction de la lumière (autrefois, les polisseurs, n'ayant pas de lampe électrique, avaient inventé un système de cloison trouée du côté soleil couchant).

Le temps d'une telle analyse complète varie en fonction du degré de compétence de l'amateur, mais peut aller jusqu'à 4 ou 5 heures selon la précision que l'on veut atteindre.

Après un tel travail, un amateur peut créer un oshigata, forme de reproduction graphique de la lame qui constitue une véritable carte d'identité.

Saya (fourreau)

Saya de tachi, période Edo

Le mot saya (鞘?) désigne les différents types d'étuis d'une lame, la protégeant des chocs et principalement de l'humidité. Fabriqué traditionnellement par un sayashi (鞘師?) à partir du magnolia blanc, le bois doit être d'excellente qualité, sans défauts et sans nœuds.

Il doit épouser très précisément la forme de la lame, c'est pourquoi c'est la lame elle-même qui sert de gabarit, pour minimiser le jeu dans le fourreau. Le saya est généralement recouvert de laque de couleur pouvant varier selon la mode de la période et l'artisan.

Tsuba (garde)

La tsuba (ou garde) est certainement la deuxième chose que l'on remarque après la lame.

C'est une plaque de métal situé à la base de la lame dont la forme, l'épaisseur, les dimensions et le motif dépendent de l'école et de la demande du client.

La tsuba n'avait à l'origine qu'un but défensif : protéger les mains du pratiquant, ainsi qu'éviter que les mains puissent glisser de la poignée (tsuka) vers la lame. Elles n'étaient donc, au départ, qu'un simple cercle de métal nu.

Cependant, avec le temps, la garde est devenue un symbole montrant son niveau social. On commença donc à forger des tsuba à l'esthétique bien plus travaillées. On distingue les tsuba en fonction de leur forme générale, ronde, carrée, hexagonale, rectangulaire, etc. On a également fabriqué des tsuba en bois ou en ivoire finement travaillés, qui n'étaient montés sur le sabre que pour des évènements publics.

On distingue plusieurs particularités sur le tsuba ayant toutes une fonction précise :

Etymologie

Le mot nihontō (日本, Nihon, /ɲihoꜜɴ/ signifiant Japon + 刀, tō, /toː/ signifiant sabre) apparait pour la première fois dans le poème Le chant du Sabre, par le poète Ouyang Xiu de la dynastie Song. Il devient plus usité vers la fin du shogunat Tokugawa afin de différencier les sabres japonais des importations occidentales appelées yōtō (洋刀, yō : étranger + tō : sabre ).

Coutumes liées au sabre

Il existe de nombreuses coutumes liées au sabre japonais. Cela peut s'expliquer selon différents points de vue. D'une part, le sabre représente un symbole religieux et social et d'autre part, le sabre est une œuvre à la fois dangereuse et relativement fragile.

Le sabre dans les arts martiaux

Comme dans la majorité des cultures, les techniques de combat aux armes blanches ont laissé place à des arts ou techniques martiales. Toutefois, pour des raisons de sécurité évidentes, des représentations en bois ou en bambou du sabre, moins dangereuses, sont utilisées.

En général, ces instruments tentent de reproduire les caractéristiques générales du katana (courbure, taille, poids).

On retrouve :

Notes et références

  1. ↑ (en) « Art and Attraction »
  2. ↑ (en) « tsurugi-sword »
  3. 1 2 3 4 5 6 (en) « sword-characteristics », sur nbthk.
  4. ↑ (en) « List of National Treasures of Japan (crafts: swords) » (consulté le )
  5. ↑ (en) « Swords »
  6. ↑ (en) « Date of the Formation of the Yayoi Bronze Implements »
  7. ↑ (ja) « Tokyo National Museum »
  8. ↑ (ja) « Fukuoka City Museum »
  9. ↑ (en) Kazuhiko Inada, Encyclopedia of the Japanese Swords, (ISBN 978-4651200408), p. 30
  10. ↑ (en) Nagayama, Kokan, The Connoisseur's Book of Japanese Swords, Kodansha USA, (ISBN 4-7700-2071-6), p. 49
  11. ↑ (en) Kanzan Satō, The Japanese Sword, Éd. John Rosenfield,
  12. ↑ (en) Kokan Nagayama, The Connoisseur's Book of Japanese Sword, Kodansha International, (ISBN 9781568365817)
  13. ↑ (en) « Nagoya Japanese Sword Museum Touken World »
  14. ↑ (en) Nagayama, Kōkan, The Connoisseur's Book of Japanese Swords, Kodansha International, (ISBN 978-4-7700-2071-0), p. 48
  15. ↑ (en) Kazuhiko Inada, Encyclopedia of the Japanese Swords, (ISBN 978-4651200408), p. 35
  16. ↑ (en) Kōkan Nagayama, The Connoisseur's Book of Japanese Swords, Kodansha International, (ISBN 978-4-7700-2071-0), p. 23
  17. ↑ (en) « Thoughts about a work of art »
  18. ↑ (en) Tamio Tsuchiko, Kenji Mishina, The New Generation of Japanese Swordsmiths, Kodansha International, (ISBN 978-4-7700-2854-9), p. 191
  19. ↑ voir Wikisource : https://zh.wikisource.org/wiki/%E6%97%A5%E6%9C%AC%E5%88%80%E6%AD%8C


Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes