Rudolf Noureev

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Rudolf Noureev
Description de cette image, également commentée ci-après
Rudolf Noureev en 1973.
Nom de naissance Roudolf Khametovitch Noureïev
Naissance
Irkoutsk (URSS)
Décès (à 54 ans)
Levallois-Perret (France)
Nationalité Soviétique (1938-1961)
Apatride (1961-1982)
Autrichienne (1982-1993)
Activité principale Danseur étoile du Ballet de l'Opéra national de Paris
Maître de ballet de l'Opéra de Paris
Chorégraphe de l'Opéra de Paris
Style Danse classique
Danse néo-classique
Danse contemporaine
Lieux d'activité Paris, Vienne, Londres, Léningrad
Années d'activité 1958-1992
Collaborations Gilbert Mayer
Patrice Bart
Formation Institut chorégraphique d'État de Léningrad
Maîtres Alexandre Pouchkine, Anna Oudeltsova, Elena Konstantinova Vaïtovitch, Sulamith Messerer, Vera Volkova
Élèves Roberto Baiocchi
Patrice Bart
Patrick Dupond
Isabelle Guérin
Sylvie Guillem
Laurent Hilaire
Charles Jude
Manuel Legris
Nicolas Le Riche
Élisabeth Maurin
Élisabeth Platel
Distinctions honorifiques Commandeur des Arts et des Lettres
Chevalier de la Légion d'honneur
Site internet www.noureev.org

Scènes principales

Opéra national de Paris

Rudolf Khametovitch Noureev (en russe : Рудольф Хаметович Нуреев, Roudolf Khametovitch Noureïev ; en tatar : Рудольф Хәмит улы Нуриев ; en bachkir : Рудольф Хәмит улы Нуриев) est un danseur classique, chorégraphe et directeur de ballet russe d'origine tatare, né le à Irkoutsk (Sibérie, Union soviétique) et mort le à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine, France).

Doué d'une technique exemplaire, Rudolf Noureev, surnommé le « seigneur de la danse », est considéré comme l'un des plus grands danseurs classiques,,, et l'un des plus grands chorégraphes de son temps.

Il fut l'un des meilleurs interprètes du répertoire classique, mais exprima aussi son talent dans la danse contemporaine et fut l'un des premiers danseurs à s'intéresser de nouveau au répertoire baroque,. Sa notoriété, due non seulement à son talent, mais aussi au déroulement extraordinaire de sa vie, dépasse le monde de la danse.

Il marqua l'histoire du ballet en formant deux couples mythiques :

Rudolf Noureev fut directeur du Ballet de l'Opéra de Paris de 1983 à 1989, également maître de ballet et chorégraphe en chef jusqu'en 1992. En tant que chorégraphe, il revisita tous les grands ballets classiques, donnant une place très importante aux hommes jusqu'alors souvent cantonnés à n'être que les faire-valoir des ballerines, en introduisant des variations pour hommes, notamment dans sa version du Lac des cygnes.

Noureev a ainsi renouvelé tout le répertoire de Marius Petipa qui n'apparaissait pas à Paris jusque-là,. Les années de Rudolf Noureev à l'Opéra de Paris sont considérées comme un « âge d'or » pour le ballet,, et ses chorégraphies y sont régulièrement reprises,.

Période soviétique (1938-1961)

Origines familiales et première enfance (1938-1945)

La famille paternelle du danseur, originaire d'Oufa (république de Bachkirie), est issue d'un milieu paysan bachkir et tatar de culture musulmane. Le grand-père de Rudolf Noureev avait pour nom de famille Fasli (Fazliev). Mais une erreur d'enregistrement à la mairie fit du patronyme « Noureev » le nom de famille. Khamet Noureev signifie littéralement « Khamet fils de Nour » signifiant « la lumière » en arabe.

Rudolf Noureev est le fils de Khamet Fazlievitch Noureev (1903-1985), né près d'Oufa, et de Farida Agliullovna Agliullova (1907–1987), née à Kazan, au Tatarstan. Il est le benjamin d'une fratrie, venant après trois sœurs : Rosa, née en 1928 ; Lilia (1933), est sourde ; Razida (1935).

Dans son autobiographie, Rudolf Noureev raconte que sa naissance a eu lieu entre le lac Baïkal et Irkoutsk, en Sibérie, dans une voiture de troisième classe au cours d'un voyage en train vers Vladivostok, Farida rejoignant son époux par le Transsibérien. Khamet Noureev venait en effet d'obtenir un logement de fonction à Vladivostok où il avait été affecté en tant que « politrouk » (instructeur politique) dans l'Armée rouge. Par la suite, la famille gagne Moscou.

Rudolf Noureev indique qu'il n'a aucun souvenir de son père dans son enfance. En effet, ce dernier est mobilisé en 1941 au moment de l'invasion de l'URSS par l'Allemagne, alors que Noureev n'a que trois ans, et ne le revoit qu'en 1946. Cela explique en partie une relation père-fils assez conflictuelle.

En 1941, la famille est évacuée de Moscou et se réfugie à Oufa, où Rudolf Noureev passe son enfance. Les conditions de vie sont précaires : la famille partage une isba avec trois autres familles. Cette habitation est sans eau ni électricité. Le climat y est très rude en hiver. La nourriture consiste essentiellement en pommes de terre bouillies.

À l'école, les autres enfants se moquent de Rudolf Noureev car il n'a pas de chaussures et porte le manteau de l'une de ses sœurs.

Débuts dans la danse à Oufa (1945-1955)

Cependant, Oufa a un théâtre de bon niveau. Dès son plus jeune âge, Rudolf Noureev est passionné de musique. Il a une révélation le soir du Nouvel An 1945, lorsqu'il assiste à un ballet patriotique intitulé Le Chant des cigognes, avec la danseuse étoile Zaïtouna Nazretdinova. Il a trouvé sa vocation et commence la danse cette même année, à l'âge de sept ans.

Il commence à danser des danses folkloriques à l'école dans des groupes amateurs et avec les Pionniers. Puis on le recommande à Anna Oudeltsova qui, au bout de dix-huit mois, l'oriente vers Elena Vaïtovitch. Toutes deux lui font comprendre que la danse n'est pas seulement une affaire de technique. Voyant son potentiel, elles lui suggèrent de continuer sa formation à l'Institut chorégraphique d'État de Léningrad, considérée par elles comme la meilleure école au monde.

En 1953, à l'âge de 15 ans, Rudolf Noureev commence à faire de la figuration dans les spectacles du théâtre de la ville. Il est un peu payé, ce qui lui permet de faire ses classes avec la compagnie. Progressant assez vite, il intègre la troupe de ballet. La compagnie est invitée pour une tournée de dix jours à Moscou. Noureev peut faire partie du voyage, remplaçant au pied levé un danseur blessé dans un solo de danse de caractère. Il n’en connaissait pas les pas, n’eut pas le temps de répéter et ce fut pour lui la première occasion de puiser dans sa mémoire où tout ce qu’il voyait était enregistré instantanément. Il se blesse durant une représentation.

Rudolf Noureev se remet et passe une audition à l'école de danse du Bolchoï de Moscou où il est accepté, mais il n'y entre pas, refusant aussi d'intégrer la troupe d'Oufa qui lui offre un contrat à plein temps.

Léningrad (1955-1961)

Rudolf Noureev passe l'audition pour intégrer l'Institut chorégraphique d'État de Léningrad. Après avoir suivi onze ans de cours de danse, notamment en danse folklorique, il y entre dans la sixième des huit divisions, à l'âge de 17 ans. Il y est reçu avec le commentaire suivant : « Soit vous serez un danseur extraordinaire, soit le modèle des ratés, et plus probablement le modèle des ratés ».

Il passe trois années à l'Académie liée au ballet du Kirov de Léningrad. En deuxième année, il est promu en huitième division, la classe terminale. En troisième année, Rudolf Noureev redouble la classe terminale. Il garde sa spontanéité et son acharnement au travail.

Diplômé de l'Académie, Rudolf Noureev intègre le ballet du Kirov en 1958 ; il y passe 3 ans. Il en devient vite soliste et interprète les premiers rôles dans Le Corsaire, Don Quichotte, Le Lac des cygnes et La Belle au bois dormant.

Le passage à l'ouest (16 juin 1961)

Rudolf Noureïev en 1961, année où il demande l'asile politique.

L’Europe découvre Noureev en lors d'une tournée du Kirov à Paris.

Mais Noureev irrite les autorités soviétiques par ses frasques, les heures passées au Louvre, à Montmartre et à écumer les nuits parisiennes après les représentations en compagnie de ses collègues de l’Opéra de Paris, notamment Claire Motte, Claude Bessy, Jean-Pierre Bonnefous et le chorégraphe Pierre Lacotte, ainsi que Clara Saint, amie commune d’origine chilienne, belle-fille d'André Malraux. Noureev est sommé de rentrer à Moscou, alors que le ballet doit partir pour Londres.

Le , à l'aéroport du Bourget, Noureev fausse compagnie aux agents du KGB avec l’aide de Clara Saint. Elle alerte les inspecteurs en service présents en leur disant : « Il y a un danseur russe en bas qui veut rester en France »,,. Lorsqu'ils arrivent, Noureev se précipite vers eux en demandant l'asile politique.

Le , il danse à Deauville, à l’occasion d’un dîner de gala du Figaro. Il interprète un Pas de deux aux côtés de Rosella Hightower, étoile du Ballet du Marquis de Cuevas.

Après la défection (1961-1982)

Rudolf Noureev (le prince) dans La Belle au bois dormant musique de Tchaïkovski et chorégraphie de Rudolf Noureev d’après Marius Petipa. Théâtre des Champs-Élysées, juin 1961.

Londres, Copenhague, Chicago (1961-1962)

À la suite de sa défection, Noureev est engagé pour jouer avec Nina Vyroubova dans La Belle au bois dormant. Ils se brouillent durant cinq ans après qu'il a ajouté quelques mesures au dernier solo de Vyroubova.

Rudolf Noureev accompagne ensuite Maria Tallchief à Copenhague où il fait la connaissance du danseur danois Erik Bruhn, qu'il admire beaucoup pour l'avoir vu dans un film d'amateur. Ils entament une relation amoureuse qui ne cessera qu'à la mort de Bruhn en 1986.

Noureev, parlant peu anglais, rencontre à Copenhague une compatriote, Vera Volkova, qui lui donne ses premières leçons de danse à l'extérieur de l'URSS. Ils resteront amis toute leur vie.

Noureev fait ses débuts américains avec Sonia Arova en collaboration avec le Chicago Opera Ballet de Ruth Page en 1962. Ensemble, ils interprètent le grand pas de deux de Don Quichotte à New York,,,. Plus tôt en 1962, Noureev a fait ses débuts à la télévision en Amérique en dansant le pas de deux de "Flower Festival in Genzano" d'Auguste Bournonville avec Maria Tallchief pour le spectacle Bell Telephone Hour,,.

Le Royal Ballet de Londres (1962)

À partir de 1962, Rudolf Noureev danse pendant plusieurs années au Royal Ballet (Covent Garden), à Londres.

Étoile du Royal Ballet, Margot Fonteyn, alors âgée de 42 ans, devient sa partenaire. Tous les deux forment le couple le plus célèbre de l'univers de la danse classique. Ils entretiennent des relations amicales étroites pendant les trente années qui suivent.

Margot Fonteyn et Rudolf Noureev interprètent pour la première fois ensemble Giselle le . Lorsque le rideau tombe ce soir-là, le public est tellement stupéfait qu’il y a un silence de quelques instants avant que les applaudissements retentissent, suivis de 23 rappels.

Le Lac des cygnes à l'Opéra de Vienne (1964)

En 1964, Rudolf Noureev crée sa première chorégraphie du Lac des cygnes pour l'Opéra d'État de Vienne.

Dans ce ballet, il interprète le rôle du prince aux côtés de Margot Fonteyn qui interprète Odette et Odile.

À la fin d'une représentation, on compte 89 levées de rideau, événement unique dans l'histoire du ballet.

Une superstar du ballet

Rudolf Noureev en 1968.

Rudolf Noureev se produit sur la scène de toutes les grandes compagnies internationales. Il touche 7,9 millions de dollars par an, le plus gros cachet qu'un danseur ait jamais reçu.

Le , après une représentation au Royal Ballet de San Francisco, Margot Fonteyn et Rudolf Noureev sont invités par de jeunes « hippies » à se joindre à eux pour fêter le Summer of Love, avec son lot de LSD et de marijuana. Arrêtés dans le quartier « hippie » de Haight-Ashbury par la police qui les soupçonne de consommation de drogues, ils ne sont pas poursuivis en justice.

Il apparaît en 1977 sous la direction de Ken Russell dans le rôle principal dans Valentino, qui reçoit un accueil mitigé de la critique et du public malgré quelques scènes remarquables, notamment celle du tango de Valentino et Nijinski joué par Anthony Dowell.

Dernières années (1982-1993)

En 1982, Rudolf Noureev devient citoyen autrichien et est nommé membre honoraire de l’Opéra de Vienne.

Directeur du ballet de l'Opéra de Paris (1983-1989)

En 1977, on lui propose le poste de directeur du Royal Ballet. Rudolf Noureev refuse, préférant poursuivre sa carrière de danseur étoile. Il accepte toutefois sa nomination comme directeur du ballet de l'Opéra national de Paris à compter du par Jack Lang, ministre de la Culture.

Les premières années de Noureev en tant que directeur soulèvent des critiques jusqu'au sein de l'Opéra, mais il le rend incontestablement plus attractif et reconnu internationalement. Il fait entrer un grand nombre de chorégraphes à l'Opéra de Paris, comme William Forsythe et Maguy Marin. Patrice Bart devient le bras droit de Rudolf Noureev, qui garde la direction du ballet jusqu'en 1989.

Rétrospectivement, après sa mort, dans un entretien entre Sylvie Guillem et David Lister, journaliste et cofondateur du journal The Independent, : « Ah oui », répond-elle, « l'enterrement où tous les gens qui ont cherché à le congédier pendant des années disaient à quel point c'était un grand homme ».

La maladie (1984-1993)

En 1984, perdant beaucoup de poids et victime d'une fièvre persistante, il effectue des examens médicaux qui révèlent qu'il est atteint du Sida.

En 1988, lors de la représentation de La Sylphide de Bournonville Flemming Flindt à La Scala, les premières voix critiques, les doutes et les ragots autour de la forme de plus en plus décevante du danseur se font entendre.

Pendant de nombreuses années, il nie le fait ; lorsque, vers 1990, sa maladie devient impossible à cacher, il décide de la combattre sans cesser de danser. Il essaie plusieurs traitements expérimentaux qui ne ralentissent pas la dégénérescence inéluctable de son corps. Il apparaît amaigri et a de plus en plus de mal à se déplacer.

Il doit cependant affronter la réalité. À cette époque, son courage suscite l'admiration de beaucoup de ses détracteurs. Sa déchéance physique le fait souffrir, mais il continue à se montrer en public. Au cours de sa dernière apparition publique, le , pour la création de La Bayadère au Palais Garnier, d'après Marius Petipa, le public lui accorde une ovation debout.

Bref retour en URSS (1989)

Après de nombreuses demandes, il obtient de Mikhaïl Gorbatchev, à la fin de 1989, un visa de quarante-huit heures pour venir à Léningrad voir sa mère mourante. Il revient pour la première fois à Saint-Pétersbourg, en citant les vers de Ossip Mandelstam : « Revenu dans ma ville connue jusqu'aux larmes... ». Il rapporte de ce voyage la photocopie de la partition complète de La Bayadère de Minkus avec l'intention de le remonter avec les notes originales de Petipa.

Luttant contre la maladie, Rudolf Noureev remonte l'intégralité du ballet La Bayadère dans sa version de 1877 en .

Mort et funérailles

Le tombeau de Noureev créé par Ezio Frigerio.
Plaque au 23 quai Voltaire (7e arrondissement de Paris).

Rudolf Noureev meurt trois mois plus tard dans une clinique de Levallois-Perret, le , à l'âge de 54 ans. Pierre Bergé, directeur de l'Opéra national de Paris à l'époque, déclare : « Il en est des danseurs comme des autres. C'est formidable d'avoir 19 sur 20. C'est très rare d'avoir 20 sur 20. Mais, d'avoir 21 sur 20, c'est encore beaucoup plus rare. Et ça, c'était le cas de Noureev. »

Il est enterré au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l'Essonne. Entièrement revêtu de mosaïque, son tombeau se présente sous la forme d'un kilim (somptueux tapis qui retombe de chaque côté de la pierre en plis chatoyants) recouvrant les malles de l'errance. Il est l'œuvre d'Ezio Frigerio, décorateur qui a souvent collaboré avec Noureev,. Il s'agit d'une des rares tombes non orthodoxes du cimetière russe.

Les biens et la collection d'art de l'appartement de Noureev, 23 quai Voltaire à Paris (où une plaque lui rend hommage), sont dispersés lors d'une vente aux enchères historique. Sa villa de Capri est léguée à sa sœur après un long procès.

Caractéristiques professionnelles et personnelles

Le danseur

« Noureev avait un travail de pieds inégalable », explique Mathias Heymann, danseur étoile à l’Opéra de Paris. Sur scène, Rudolf Noureev jaillit, comme monté sur ressorts.

Pour Brigitte Lefèvre, directrice du ballet de l'Opéra national de Paris de 1995 à 2014, Noureev avait

« une façon de faire ça, la beauté des lignes, l'exigence, cette façon de faire des grandes difficultés, une technique, cette foule, cette connaissance et cette curiosité. »

Le chorégraphe

Rudolf Noureev en 1991.

Également chorégraphe, admirateur de l'école française et inconditionnel de Bournonville et de Petipa, Rudolf Noureev remonte en Europe de nombreux ballets d'après Petipa.

Ces grands ballets étaient pour la plupart alors inconnus des Occidentaux.

Il fait découvrir au public parisien l'acte III de La Bayadère en 1961, puis remonte ses propres versions d'après Petipa.

C'est à Vienne que Rudolf Noureev monte son premier Lac des cygnes (1964) et son premier Don Quichotte.

Plus tard, il y revient pour monter La Belle au bois dormant (1966), Casse-Noisette et Raymonda.

L'acteur de cinéma

Outre le ballet, il fut également engagé comme acteur. En 1969-1970, le projet « Nijinski » a été lancé sur un scénario d'Edward Albee. Noureev devait jouer Vaslav Nijinsky, Claude Jade sa femme Romola de Pulszky et Paul Scofield Serge de Diaghilev. Le réalisateur était Tony Richardson, mais le producteur Albert Broccoli a ensuite mis en veilleuse le projet, qui portait principalement sur l'homosexualité de Nijinski,. En 1976, il joue Rudolph Valentino dans le film de Ken Russell Valentino, et en 1982, il partage l'affiche avec Nastassja Kinski dans le thriller Surexposé.

Influences artistiques

Vidéo externe
Icône décorative. Vous pouvez voir Noureev danser :
Petrouchka (Fokine)
Le Spectre de la Rose (Fokine)
L'Après-midi d'un Faune (Nijinsky) avec le Joffrey Ballet en 1981 Ici(en).

Rudolf Noureev fait se rencontrer l'école russe très technique et le style français à l'élégance racée.

Il a avant tout respecté l'école française de danse et su y apporter de la théâtralité.

Au surplus, Rudolf Noureev a bouleversé la perception de la danse classique masculine, attachant beaucoup d'importance à la chorégraphie des danseurs,.

Vie personnelle

Noureev était bisexuel,. Il s'est rendu volontaire auprès du Het Nationale Ballet pour interpréter Monument for a Dead Boy de Rudi van Dantzig, un ballet psychodramatique dépeignant un adolescent essayant d'accepter ses attirances homosexuelles.

Dans la Russie du XXIe siècle, la bisexualité de Rudolf Noureev est encore difficilement acceptée par le grand public.

L'esprit de Noureev

« Le désir de "jusqu’au-boutisme" de Rudolf, appliqué à sa propre personne, jusqu’aux limites les plus dangereuses, valait aussi pour les danseurs qu’il faisait travailler. » Patrice Bart.

Manuel Legris, qui est nommé étoile du ballet de l'Opéra de Paris par Rudolf Noureev, le décrit ainsi : « Rudolf Noureev était un TGV. Après s'être fait huer, il a enfoncé son béret et retravaillé. »

« Il attendait toujours beaucoup d'un danseur et de sa vie artistique. Rudolf Noureev travaillait tous les jours. Il était là, à l'Opéra, de dix heures du matin à sept heures du soir. [...] Il laisse derrière lui l'image d'un danseur d'exception, exigeant et charismatique. »

Ses nombreuses chorégraphies de ballets classiques sont aujourd'hui largement reconnues. L'Opéra national de Paris organise chaque année plusieurs représentations de ses ballets.

Les successeurs de Rudolf Noureev à la direction du Ballet de l'Opéra de Paris, Patrick Dupond et Brigitte Lefèvre, ont souvent témoigné de l'héritage et de l'empreinte indélébile laissée par Rudolf Noureev à l'Opéra de Paris,.

Alors qu'il est directeur du Ballet de l'Opéra de Paris, Rudolf Noureev nomme cinq danseuses et danseurs étoiles :

En 2013, inspiré par Rudoph Noureev, Pascal Crantelle, directeur artistique et metteur et scène de la compagnie Alexander Thaliway, écrit et crée Comment j'ai croisé Rudolf Noureev dans l'ascenseur ?, un spectacle théâtral et chorégraphique au théâtre du Marais à Paris.

Caractère

Rudolf Noureev dit de lui-même, qu'il est direct et franc,. Il a une vigilance extrême. Cela a pour conséquence qu'il est critique envers lui-même jusqu'au bout ce qui ressort de son commentaire sur la vidéo « Rudolf Noureev au travail à la barre » : « On dit que je suis le plus grand danseur du monde. - C'est vrai... C'est pas vrai. C'est vrai et c'est pas vrai. Je m'entraîne, ça, c'est vrai. Je m'entraîne chaque jour. Je suis un élève comme les autres. Exact, discipliné, obéissant, ni blanc ni noir. »

Manuel Legris décrit Rudolf Noureev comme « très généreux avec des yeux qui brillaient ».

Symbole du ballet

Rudolf Noureev devient une figure mythique. Brigitte Lefèvre, directrice du ballet de l'Opéra de Paris de 1995 à 2014, décrit cet aspect de Noureev de la façon suivante : « Lorsque le ballet s'est produit dans les années 1980 aux États-Unis, cela s'est fait sur la notoriété de Rudolf. Les gens ne connaissaient pas ou mal notre troupe. Je trouve formidable que Rudolf Noureev ait pu avoir ce côté mythique. Les gens sont persuadés de l'avoir vu danser... même si ce n'est pas le cas. »

Rudolf Noureev demeure synonyme de grands ballets aux difficultés techniques redoutables pour les étoiles.

L'ère de Noureev

Rudolf Noureev a laissé au Ballet de l'Opéra de Paris un répertoire classique exceptionnel.


« Rudolf Noureev a fait exploser en moi l’amour de la danse, il m’a donné le ballet pour passion ».

Intransigeant et passionné, il contribue à redonner son prestige au Ballet de Paris, en organisant, après plus de trente ans d’absence, trois tournées consécutives aux États-Unis. Sous son impulsion, la Compagnie retrouve son plus haut niveau artistique. Attentif aux jeunes danseurs, il n’hésite pas à bousculer les traditions et, parfois, à s’affranchir de la hiérarchie des échelons pour faire émerger les talents les plus prometteurs. Il marque toute une génération de danseurs, exigeant de chacun un engagement sans réserve et les poussant constamment à dépasser leurs limites.

« C’était la découverte absolument magique d’un nouveau monde. Mais en même temps, si nous faisions mal notre travail de danseur, les oreilles nous sifflaient ! Noureev avait sacrifié sa vie à la danse, et il réclamait de nous la même chose. Mais nous étions prêts à nous donner à fond pour ne pas le décevoir. C’était un très grand Monsieur ».

Culture de ballet

Pour Rudolf Noureev, l'essentiel dans une compagnie est le corps de ballet.

Présence lors des répétitions

Rudolf Noureev repousse sans cesse les limites du possible. Il est toujours très exigeant, y compris et d'abord envers lui-même,.

Manuel Legris éprouve cette exigence avec sa partenaire Élisabeth Maurin. Le couple interprète Roméo et Juliette à l'Opéra de Paris à l'âge de 17 ans. L'impression de Rudolf Noureev est très forte. Les deux jeunes danseurs interprètent les rôles de Roméo et Juliette pour la première fois. Manuel Legris se souvient de Rudolf Noureev, décrivant les circonstances de ces répétitions.

« Pour la scène du balcon, il était pratiquement avec nous, avec moi et Élisabeth sur scène. J'avais été très impressionné qu'il voulut être là, participer, car il était souvent présent en coulisse, mais du fait de ce théâtre, de son ouverture sur la scène et la conception du décor, j'ai eu la sensation qu'il était là avec nous sur scène. C'était très impressionnant ».

Héritage

En 1990, Patrice Bart devient maître de ballet associé à la direction du ballet de l'Opéra de Paris et exerce sa fonction jusqu'à sa retraite, le .

Inspiré par Rudolf Noureev, Manuel Legris fait une grande carrière de danseur étoile et dirige le ballet de l'Opéra de Vienne depuis le .

Rudolf Noureev déclenche la carrière de Sylvie Guillem en la nommant étoile alors qu'elle a seulement 19 ans, ce qui fut un évènement sans précédent. Il préférait lui éviter cette phase, dans laquelle une grande danseuse est considérée comme étoile sans être nommée étoile, si bien que la danseuse doit attendre et souffrir parce qu'elle veut danser maintenant au moment où ses ailes sont grandes.

Hommages et distinctions

Plaque de la rue Rudolf Noureev, dans le 17e arrondissement de Paris.

Rudolf Noureev est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1988.

Le , le ministre de la Culture de l'époque, Jack Lang, lui remet la plus haute récompense culturelle, le faisant commandeur des Arts et des Lettres.

L'école nationale chorégraphique d'Oufa (Bachkirie) porte son nom depuis 1997. Son nom est également donné au festival annuel de ballet classique de l'opéra d'Oufa, ainsi que celui de Kazan. Une salle de répétition de l'académie Vaganova est baptisée de son nom.

En 2003, à l'occasion des dix ans de sa disparition, une voie du 17e arrondissement de Paris prend le nom de rue Rudolf-Noureev.

À l'Opéra national de Paris, une soirée de danse « Hommage à Rudolf Noureev » a lieu tous les dix ans. Elles se sont déroulées les et . L'hommage de 2003 a débuté par le défilé du Ballet de l'Opéra de Paris, puis par un film présenté par la Cinémathèque de la danse en collaboration avec l'Institut national de l'audiovisuel.

À la suite de l'exposition qui lui avait été consacrée en 2009 au CNCS, une exposition permanente de son œuvre est organisée au rez de chaussée du Quartier Villars grâce à la donation de sa fondation dans le cadre du Centre national du costume de scène à Moulin où sont présentés outres ses costumes, de nombreux objets personnels et des documents, dont un film retraçant sa carrière .

En 2024, l'astéroïde (20013) Nureyev est nommé en son honneur.

Chronologie

Chorégraphies

Filmographie

Notes et références

Notes

  1. ↑ [rʊˈdolʲf xɐˈmʲetəvʲɪt͡ɕ nʊˈrʲe(j)ɪf] ; parfois transcrit Noureïev en français.
  2. ↑ Avec l'International Ballet of the Marquis de Cuevas et selon les dates du site de Rudolf Noureev et celui de la (BNF 41363065).
  3. ↑ En 1986, il entre d'ailleurs violemment en conflit avec Maurice Béjart, alors chorégraphe invité : le 24 mars, à l'issue de la création de son ballet Arépo, Maurice Béjart nomme Manuel Legris et Éric Vu-An danseurs étoiles. Rudolf Noureev contraint Maurice Béjart à faire marche arrière (voir « La Guerre des étoiles », Le Nouvel Observateur, mars 1986).
  4. ↑ Dans l'émission Rencontre avec le danseur étoile : Manuel Legris du 12 juillet 2013 sur France Inter, un bref enregistrement d'archives de Rudolf Noureev parlant de sa formation à Saint-Pétersbourg en français est diffusé.

Références

  1. ↑ Noureev extrait de l'émission « Le soir » du 6 janvier 1993 sur France 3 à l'occasion de la mort de Rudolf Noureev, site de l'Institut national de l'audiovisuel.
  2. 1 2 3 4 Noureev à la pointe, émission Entrée libre du 19 février 2016, avec Claire Chazal, Ariane Dollfus, Nicolas Le Riche, Brigitte Lefèvre , France 5.
  3. 1 2 « Rudolf Noureev au travail à la barre »], 21 décembre 1970, sur le site de l'INA.
  4. 1 2 3 4 5 6 Philippe Noisette, « Que reste-t-il de Noureev ? », Les Échos, 1er mars 2013.
  5. ↑ (en) Lord of the dance - Rudolf Nureyev at the National Film Theatre, London, 1-31 January 2003, , The Independent, 26 décembre 2002.
  6. ↑ Influence chorégraphique de Rudolf Noureev sur le site de la fondation Noureev.
  7. ↑ Tancrède ballet chorégraphié par Noureev sur le site de la fondation Noureev.
  8. ↑ « Rudolf Noureev, les images d'une vie » sur le site de la fondation Noureev.
  9. ↑ « Rudolf Noureev et Margot Fonteyn, un accord parfait » sur le site de la fondation Noureev.
  10. 1 2 [vidéo] POB 1999 Roméo et Juliette par Manuel Legris et Elisabeth Maurin sur YouTube.
  11. ↑ Biographie de Rudolf Noureev.
  12. 1 2 (en) « Sylvie Guillem:Force of Nature », The Culture Show (en), BBC Two, 9 octobre 2013.
  13. ↑ (en) Judith Mackrell, « You had to respect his passion », theguardian.com, 3 avril 2003.
  14. 1 2 3 4 5 6 7 « Rencontre avec le danseur étoile : Manuel Legris », France Inter, 12 juillet 2013.
  15. 1 2 3 Ariane Dollfus: « Noureev l'insoumis ».
  16. 1 2 3 "La Bayadère" à Bastille : un concentré de l'art de Rudolf Noureev , article de Véronique Dalmaz du 2 décembre 2016 sur le site culturebox, France Info.
  17. ↑ « Valentine Colasante Étoile », sur operadeparis.fr (consulté le ).
  18. ↑ (en) Julie Kavanagh, Nureyev : The Life, Knopf Doubleday Publishing Group, , p. 64.
  19. 1 2 3 4 5 « Jeunesse en Russie de Rudolf Noureev » sur le site de la fondation Noureev.
  20. ↑ Philippe Grimbert, Rudik, l'autre Noureev, Plon, , p. 27.
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  72. 1 2 Rudolf Noureev au travail à la barre, éclairage du film Rudolf Noureev : un danseur, écrit par René Sirvin, site fresques.ina.fr.
  73. ↑ Le film « Un danseur : Rudolf Noureev » est tourné par le réalisateur français Pierre Jourdan en français déjà en 1970. Voir l'article Philippe Théaudière, qui était le cameramann sur ce film.en 1972 le EMI a acheté, modifié (bréf, mutilé) et distribué ce film en anglais sous le titre « I am a dancer ». Selon René Sirvin les scènes les plus belles, vues au Rudolf Noureev au travail à la barre, furent définitivement supprimées. Ce qu'il y a de drôle (pour ne pas dire fou), c'est qu'on a doublé et redistribué le film anglais mutilé en France en DVD en 2013 sous le titre « Un danseur : Rudolf Noureev » se rapportant au film « I am a dancer » comme l'original.
  74. ↑ I'm a dancer, fiche du film, site IMDB.
  75. ↑ (en) « Rudolf Nureyev Biography » sur le site de la fondation Noureev.
  76. ↑ (en) Susan King, « Patricia Foy: Keeping Step with Nureyev », Los Angeles Times, 2 mai 1993.

Voir aussi

Bibliographie

Autres

Articles connexes

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