De même que le terme de «musique légère» a pris pour une partie du public une connotation négative, celui d'«opérette» est souvent employé de nos jours - à tort - de façon générique. En effet, contrairement à une idée reçue, la plupart des œuvres les plus connues de Jacques Offenbach, comme La Belle Hélène, La Vie parisienne ou La Périchole ne sont pas des opérettes, mais des opéras bouffes (voire des opéras-comiques).
Origines et définitions: Opéra-comique, opérette, opéra-bouffe et comédie musicale
L'opérette comme forme théâtrale et musicale existait bien avant que le terme soit créé. Le premier ouvrage répertorié (et reconstitué) à y être assimilé est Le Jeu de Robin et Marion, attribué à Adam de la Halle et écrit à la fin du XIIIesiècle. Bon nombre d’opéras-comiques du XVIIIesiècle, en particulier ceux créés sur les foires Saint-Germain et Saint-Laurent à Paris, et du début du XIXesiècle (tels certains ouvrages de François Adrien Boieldieu, Daniel-François-Esprit Auber ou Adolphe Adam), ont inspiré le genre.
Caricature d'"Hervé", le créateur de l'opéra-bouffe, par André Gill, en 1868.
Les quatre dénominations désignent toutes un spectacle alliant musique, chant et généralement danse. Les scènes sont souvent alertes et joyeuses, cependant l'issue peut être tragique et le caractère comique des situations ou du sujet n'est pas toujours présent.
L'opéra-comique est né de la reprise et l'adaptation de la commedia dell'arte par les forains français du XVIIe siècle, parodiant les opéras. C'est en 1714 qu'apparaît le terme «opéra-comique», lorsqu'une troupe de la foire Saint-Germain obtient pour son spectacle un privilège de Louis XIV, le , jouant désormais dans le théâtre de l'Opéra-Comique. Les spectacles autorisés sont des «représentations composées de musique, de danse, de machines, et de décorations.». Il verra son apogée au début du XIXe siècle. Contrairement à ce que son nom laisse présumer, il traite plutôt de sujets sérieux, historiques ou mythologiques.
L'opérette, quant à elle, se démarque de l'opéra-comique par l'emploi de musique plus légère. Elle n'est pas un petit opéra. Sa vocation est de faire rire en proposant un spectacle où débordent joie et satires. Les scènes parlées et chantées alternent. Camille Saint-Saëns la définissait comme «une fille de l’opéra-comique ayant mal tourné, mais les filles qui tournent mal ne sont pas toujours sans agrément».
L'opéra-bouffe est la déclinaison comique, voire burlesque de l'opéra. Il traite toujours d'un sujet comique ou léger. Alors que l'opéra-comique peut traiter de sujets «sérieux» comme Les noces de Figaro de Mozart ou Carmen de Bizet, la nature profonde de l'opéra bouffe est d'être véritablement «bouffon».
Enfin, la comédie musicale est une expression avant tout théâtrale, mêlant comédie, chant, danse et claquettes. Elle éclot au tout début du XXe siècle, elle appartient à la même famille que les genres de théâtres musicaux ayant connu leurs heures de gloire aux époques précédentes, qu'il s'agisse du ballet, de la comédie-ballet, de l'opéra, de l'opéra-bouffe ou de l'opérette. Son explosion vient des États-Unis et se différencie bien des autres spectacles dansants et chantants par l'utilisation du jazz et d'autres musiques populaires nouvelles. Le chef-d’œuvre West Side Story, produit en 1957, est probablement la comédie musicale la plus connue et la plus jouée au monde à ce jour. La comédie musicale telle que nous la connaissons au XXe et au XIXe siècle est née à Broadway et reste liée aux États-Unis même si elle s'est développée depuis en Europe et en Asie, parmi lesquels on peut évoquer les très grands succès internationaux de Starmania (1979) et Notre-Dame de Paris (1998). Les thèmes choisis par les «comédies» musicales vont de la bouffonnerie au drame. Théâtre musical, spectacle musical ou musical sont des synonymes employés couramment.
L’opérette française
XIXesiècle: Le berceau français de l'opérette
Carricature de J. Offencbach par André Gill, 1874Affiche du spectacle La Vie parisienne de Jacques Offenbach, lors de sa sortie en 1866.
C'est le Second Empire français qui marque la véritable naissance et l'apogée de l'opérette avec La Vie parisienne, créée par Jacques Offenbach en 1866. Reprise dans le monde entier, elle marque alors le triomphe de l'opéra comique. Toutefois Louis-Auguste-Florimond Ronger, personnage loufoque et haut en couleur, dit Hervé, est le véritable père de l'opérette. En 1842, Florimond Ronger, organiste de son état, fait représenter L'Ours et le Pacha, une «pochade» composée pour être interprété par les pensionnaires de l'asile d'aliénés de Bicêtre, après avoir remarqué que les plus dangereux d’entre eux se calmaient lorsqu’il jouait de la musique. C'est ainsi qu'il devient sous le pseudonyme d’Hervé, le «père de l’opérette» et un des premiers musicothérapeutes. Il crée, aidé du fantaisiste Joseph Kelm de petites pièces extravagantes telles en 1847 Don Quichotte et Sancho Pança, considérée comme la première «opérette». Sur la petite scène des Folies-Concertantes, un café-concert situé boulevard du Temple, il produira à partir de 1854 des opérettes limitées à deux personnages de sa composition (Le Compositeur toqué, La Fine Fleur de l’Andalousie, Un mari trompette...) et bien ancrées dans le registre comique. Ces pièces sont assez courtes, nécessitent peu de moyen et jouent sur aussi bien sur la corde comique que sur la corde sentimentale.
Affiche de l'opéra-bouffe Orphée aux enfers de Jacques Offenbach, en 1878.Le "Cancan" d'Offenbach dans Orphée aux enfersPremière page de la partition de l'opérette La Fille de madame Angot de Charles Lecocq, date inconnue.
Jacques Offenbach se tourne rapidement vers le Théâtre. D'abord directeur de la musique à la Comédie Française, il se met à composer des œuvres lyriques en espérant les monter à l'Opéra-Comique, qui ne manifeste aucun intérêt. Sa première opérette Oyayaye ou La reine des îles, en un seul acte, est finalement jouée dans la salle d'Hervé, les Folies-Nouvelles le . Elle rencontre non seulement le succès du public mais aussi l'appréciation de la critique. Il ouvre dès 1855 son propre théâtre les Bouffes parisiens. Les créations d'Offenbach mélangent des grands air d'Opéra avec des textes et paroles décalées, contraste produisant un effet humoristique particulièrement réussi et apprécié du public. On qualifie souvent les œuvres d'Offenbach d' "opéras-bouffes" car elles singent ouvertement de l'Opéra. En 1858 il écrit sa première pièce majeure, un opéra-bouffe en trois actes: Orphée aux Enfers. La tragédie classique est transposée au XIXe siècle dans un décorum et des costumes de la cour de Napoléon III. Il invente et développe avec maestria un procédé consistant à doubler voir tripler les syllabes pour créer un effet comique.
Jacques Offenbach fixe les canons du genre, régnant en maître sur les théâtres du «boulevard» durant tout le Second Empire. Moquant son époque avec brio, souvent situées dans des pays fantaisistes, ses opéras-bouffes à succès deviendront des classiques de l'opérette: La Belle Hélène (1864), Barbe-bleue (1866), La Grande-duchesse de Gérolstein (1867), la Périchole (1868), Les Brigands (1869). Avec son œuvre emblématique: La Vie parisienne (1886), il se moque ouvertement des parisiens du Second Empire flamboyant. Doué d'un flair pour le goût du public il a su choisir et diriger ses librettistes. Ludovic Halévy et Henri Meilhac sont ses deux plus grands auteurs. Voulant ouvrir la voie à d'autres sensibilités, Il lance un concours de l'Opérette gagné par deux futures pointures de cet art: Charles Lecocq et Georges Bizet.
La chute du Second Empire à suite de la défaite française de 1870 marque un tournant pour l'opérette. Charles Lecocq imprime ce changement, en particulier avec son chef-d’œuvre: La Fille de madame Angot (1872). La pièce se passe pendant le Directoire, période post-révolutionnaire marquée par des complots, de la corruption et des coups d’État, et qui fait échos à la période de la nouvelle 3ème république naissante. Elle est rythmée par des chansons politiques. La pièce rencontre un énorme succès et aura un carrière internationale. Dans les années 1870-1880, Lecocq rejoint Hervé et Offenbach parmi les grands compositeurs d'Opérette. Après la guerre, Offenbach laisse de côté le style opéra-bouffe et crée l’opérette-féerie. On peut citer Le Roi Carotte (1872), pièce de six heures qui rencontre un grand succès (plus de 195 représentation) à Paris, puis Le Voyage dans la lune (1875), une très libre adaptation du récit éponyme de Jules Verne.
L’œuvre d'Offenbach est immense, reprise dans le monde entier, et rassemble opéras-bouffes, opérettes et opéras-comiques dont nombres restent méconnues ou oubliées. Il est l'auteur du genre opérette le plus jouée dans le monde et continue de plaire au public. Selon Robert Pourvoyeur, il a su trouver «un dosage parfait entre le bouffonnerie et les exagération d'Hervé, le caractère farfelu, le caractère un peu surréaliste des conditions dans lesquelles les personnages sont placés, quelque chose qui plaît extrêmement au public d'aujourd'hui.». Les caractéristiques de ses pièces: travestissement, mensonge, satyre et émancipation par la danse, rendent vivant et indémodable son œuvre. Deux siècles plus tard, Offenbach continue à faire rire tout en remettant en question la société.
Affiche pour la première des Cloches de Corneville, 1877.
L’opérette va alors de la parodie d’opéra (ne dédaignant pas détourner la mythologie comme dans Orphée aux Enfers) à la charmante bluette, en passant par la satire parfois féroce, le tout dans un esprit «typiquement français». Les distributions vont de deux personnages (pour de courts ouvrages présentés en ouverture de rideau ou des opérettes de caf' conc') à une trentaine, voire bien plus dans les «opérettes-féeries» (ou «à machinerie») présentées alors à la Gaîté-Lyrique, au Châtelet ou à la Porte-Saint-Martin.
L’opérette est en effet multiple et ses qualificatifs sont tout aussi variés: on rencontrera, au cours de cette époque, des ouvrages qualifiés d’«opérettes-bouffes», «opéras-bouffons», «opérettes-féeries», «opérettes-vaudevilles», «folies», «bouffonneries musicales» et autres «excentricités musicales», pouvant se décliner à l’infini. On voit ainsi une «asphyxie musicale» pour Deux sous de charbon de Léo Delibes, une «anthropophagie musicale», pour Vent-du-Soir ou une «chinoiserie musicale» pour Ba-Ta-Clan, tous deux d’Offenbach, etc.). Le qualificatif d’ «opéra-comique» a été utilisé par plusieurs compositeurs tels Charles Lecocq, Robert Planquette ou André Messager pour définir - paradoxalement - certains de leurs ouvrages moins ouvertement «comiques». Quant à Offenbach, il excelle dans le genre de l'opéra bouffe, se plaçant dans la droite ligne de Rossini.
les années 1870-1914 marquent donc la transformation de l'opérette en petit opéra populaire faisant voyager le public dans des paysages pittoresques ou historiques, moins satiriques que chez Offenbach et plus proches de l'opéra comique. Le public change: il est moins bourgeois que celui d'Offenbach. Les Cloches de Corneville (1877) de Robert Planquette symbolisent cette opérette populaire qui rencontre un succès massif et dans la durée. Louis Varney rencontre aussi un véritable triomphe avec son œuvre: Les Mousquetaires au couvent (1880). le succès international est tout aussi remarquable, la pièce est jouée en italien, allemand et russe dans les années qui suivent. Edmond Audran est le troisième grand composition de cette période. Nombre de ses pièces réussiront à séduire le public: Le Grand Mogol (1877); La mascotte (1880), un immense succès, avec plus de 1000 représentations à l'époque. Il s'agit d'une opérette de terroir fameuse pour son duo des moutons et des dindons, l’œuvre est jouée avec un grand succès dans le monde entier de New-York à Berlin; Gillette de Narbonne (1882); en:La cigale et la fourmi (1886); Miss Helyett (1890) et La Poupée (1896).
Deux grands musiciens ont consacré une partie de leur carrière à l'opérette, avec une réussite certaine: André Messager et Emmanuel Chabrier. Le Roi malgré lui (1887), le seul opéra-comique de Chabrier, pose un jalon dans l'histoire de l'opérette, avec la remarquée Danse slave. Du même auteur, L'Étoile (1877), un opéra-bouffe, dans le style d'Offenbach cette fois, considérée comme un modèle d'opérette par son inventivité musicale. Messager réussit à donner au genre de l'opérette son plus haut niveau en écrivant François les bas-bleus (1883) puis des petites opérettes qui semble concentrer tout son art: Les P'tites Michu (1897), couronnée d'un succès planétaire, et Véronique (1898), suivie de cinquante années de représentations en France. Puis, vers 1900 apparaît un nouveau compositeur dans la lignée bouffonne d'Offenbach: Claude Terrasse qui aime à déformer et dévoyer les mythes ou les grands thèmes historiques tel Les Travaux d'Hercule (1901), où Hercule est un héros... ridicule qui n'a rien accompli, ou bien Au temps des croisades (1902), Monsieur de la Palisse (1904), Pâris ou le Bon Juge (1906). Il sera aussi l'un des Créateur d'Ubu Roi d'Alfred Jarry. Bien d'autres compositeurs ajouteront leur note aux pièces de la Belle-époque, dont Louis Ganne et ses Saltimbanques, énorme succès de 1899.
Opérettes françaises de la Belle Époque
Les Mousquetaires au couvent, affiche, 1880.
Le Grand Mogol, affiche, 1877.
La mascotte, illustration de presse, 1897.
Couverture de partition de La cigale et la fourmi, 1886.
Durant la Grande Guerre, on assiste seulement à quelques reprises et à de rares créations, la plupart à caractère «patriotique», comme La Cocarde de Mimi Pinson de Gustave Goublier. Mais avec l’Armistice, le genre renait de ses cendres.
C’est Henri Christiné qui ouvre le bal avec Phi-Phi, contant de façon très revisitée les aventures amoureuses du sculpteur Phidias. Prévue pour être représentée dans le minuscule théâtre de l’Abri, c’est en fait aux Bouffes-Parisiens, alors en mal de programmation, qu’elle sera créée le , avec un jour de retard … pour cause d’armistice! Son succès est immédiat et elle ouvre la voie à une nouvelle forme: l’«opérette légère» (pour ne pas dire «leste») ou «comédie musicale», celle-ci n’ayant rien à voir avec sa cousine américaine qui naît à la même époque. S’engouffreront dans cette brèche, des compositeurs qui assimileront rapidement dans leurs ouvrages les rythmes afro-américains qui commencent à déferler sur l’hexagone: Maurice Yvain, André Barde, Raoul Moretti, Pascal Bastia, Marcel Lattès, Moïse Simons ou Gaston Gabaroche.
Ces opérettes modernes sont généralement interprétées tout au plus par une dizaine d’interprètes, accompagnés par une poignée de musiciens, voire un simple piano. Les petits théâtres ont ainsi la possibilité de s’ouvrir à ce genre qui bénéficie d’un regain de popularité.
Un genre particulier, résurgence de l’«opérette-féerie», apparaît dans les années 1930: l’«opérette à grand spectacle» dont le temple sera le théâtre du Châtelet. Durant les 35 ans pendant lesquels Maurice Lehmann le dirige, des poursuites à cheval, des batailles navales au milieu d’une mer déchaînée ou encore de spectaculaires éruptions volcaniques sont les «clous» de spectacles écrits sur mesure pour son plateau unique ou d’adaptations françaises de musicals de Broadway.
Le théâtre Mogador s’engage également dans cette voie, avec des moyens techniques plus modestes. La plus «classique» Gaîté-Lyrique ne dédaigne pas non plus le genre entre deux ouvrages plus traditionnels, qui eux aussi bénéficient d'un regain de popularité.
Après la Libération, l’«opérette légère», de plus en plus souvent dénommée «comédie musicale», continue avec succès dans les petits établissements, sur des partitions de Georges van Parys, Guy Lafarge, Jack Ledru, Guy Magenta, Marguerite Monnot, etc. tandis que l’«opérette à grand spectacle» triomphe toujours à Mogador avec le couple vedette Marcel Merkès-Paulette Merval et au Châtelet avec un nouveau compositeur, Francis Lopez, qui aura la chance de trouver comme interprète la «perle rare» en la personne d'un jeune ténor qui deviendra un véritable phénomène, déchaînant les foules: Luis Mariano.
La situation financière du Châtelet, après le départ de Maurice Lehmann en 1966, l'oblige à des restrictions budgétaires qui finissent par mettre en lumière - selon certains - l’indigence des livrets et/ou la médiocrité des musiques, qui n’étaient pas toujours les préoccupations majeures pour ce genre d’ouvrages basés sur le spectaculaire. En 1979, la Mairie de Paris propriétaire du lieu reprend la concession du lieu, et après d’importants travaux rouvre la salle sous le nom de théâtre musical de Paris, plus spécialement tourné désormais vers l’opéra et le ballet. Il faut attendre la nomination de Jean-Luc Choplin en 2005 pour que l'opérette et la comédie musicale refassent véritablement un retour en force. Mogador, après le décès d’Henri Varna en 1969, arrive de son côté à se maintenir encore durant cinq ou six ans, puis sa programmation se diversifie sous des directions diverses et avec plus ou moins succès, jusqu'à son rachat en 2005 par la société Stage Entertainment qui prend le pari de remettre au goût du jour la comédie musicale américaine grâce aux succès éprouvés de Cabaret (aux Folies Bergère) et du Roi Lion. Quant à la Gaîté-Lyrique, elle ferme en 1963 pour cause de déficit. Elle nécessite d'importants travaux que la ville de Paris n'est pas disposée à financer et reste à l'abandon. Elle ouvre épisodiquement à partir de 1967 et son immense plateau est muré pour servir à partir de 1974, à Silvia Monfort, pour y installer son premier Carré. Au vu des risques d'incendie, six pompiers sont de service les premiers soirs de représentations. L'installation d'un plancher condamne le hall et l'escalier de marbre, Jacques Chirac, maire de Paris, débloque les fonds pour réaliser les travaux tant attendus en 1977. Ils n'auront jamais lieu. Le site est laissé à l'abandon. Au début des années 1980, le dôme magistral de la salle menace de s'effondrer et une portion de la grande salle est bétonnée faute de mieux. En 1984, le théâtre est classé à l'inventaire des monuments historiques. En 1989, le théâtre transformé en parc d'attractions est inauguré sous le nom Planète magique selon le projet de Jean Chalopin, qui fermera après à peine sept mois d’exercice. La façade, le foyer de l'Impératrice Eugénie et le hall d'entrée sont rénovés. Par contre, la grande salle à l'italienne est détruite.
Les trois grands théâtres d’opérette de la capitale disparus, seuls quelques petits théâtres continueront pour quelque temps encore, de présenter des productions modestes, parfois contestables. Fort de sa notoriété passée, Francis Lopez terminera sa carrière en réalisant, dans des salles de moins en moins prévues à cet usage, des ouvrages montés à l’économie et qui n’ont plus grand-chose à voir avec l’opérette, mais qui contribueront néanmoins à finir de discréditer le genre. Quant aux établissements de province qui subissent les mêmes problèmes financiers, leurs budgets ne sont le plus souvent plus à la mesure de leurs ambitions. Montée sans moyens et souvent à la va-vite, n'intéressant plus la nouvelle génération d'auteurs et de compositeurs, l’opérette devient peu à peu dans son ensemble synonyme de «ringardise».
L'opérette autrichienne
L’opérette se développe également en Autriche vers 1860, à l’initiative de compositeurs tels Karl Millöcker ou Franz von Suppé. Offenbach, lors d’un voyage, à Vienne, rencontre Johann Strauss fils qui suit alors les traces de son père en composant avec un énorme succès, valses et polkas. Il le pousse à se lancer dans l’opérette. Si les livrets qui lui seront fournis sont pour la plupart médiocres, ses partitions sont de tels petits chefs-d’œuvre que la plupart de ses ouvrages font toujours partie du répertoire courant. Parmi ses héritiers, on compte Carl Zeller, Jean Gilbert, Franz Lehár, Paul Abraham, Leo Fall, le compositeur d’origine tchèque Ralph Benatzky ou encore le Hongrois Emmerich Kálmán. Malgré leur rythme entraînant et le pittoresque du folklore, certaines de ces opérettes se terminent parfois de façon nostalgique.
XIXesiècle: La première époque
Caricature allemande (journal Die Bombe) de la première de la Chauve-souris (Die Fledermaus) en 1874.Le Roi Champagne de La Chauve-souris de Johann Strauss IIFranz von Suppé, gravure sur bois coloriée, 1881.
C'est à partir de 1850 que cet art se développe en Autriche, parallèlement aux créations françaises, une opérette empreinte d'une coloration beaucoup plus romantique. Die Fledermaus (La Chauve-Souris) créée en 1874 à Vienne reste le chef-d’œuvre de référence de l'opérette autrichienne, fruit du compositeur Johann Strauss II. Les vaudevilles musicaux et les opéra-comiques populaires était déjà d'ailleurs présents dans toute l'Europe mais c'est Franz von Suppé, en quelque sorte «l'Hervé» autrichien, qui est le précurseur de l'opérette, impressionné par les grands succès des opéras-bouffes d'Offenbach à Vienne. Il conquiert les public en 1865 avec son spectacle Die schöne Galathée, où des personnages de mythologie sont plongés dans des scènes de ménage, une œuvre largement inspiré du style et du rythme de La Belle Hélène d'Offenbach mais en conservant des caractéristiques viennoises tels les chœurs d'étudiants et les valses. Son autre grand succès est Boccaccio, qui a fait le tour du monde et est encore joué régulièrement.
C'est au Theater an der Wien qui est la salle de prédilection des opérettes, équivalent des Bouffes parisiens à Paris, qu'est jouée La Chauve-Souris de Johann Strauss II. Comme pour La Belle Hélène, la pièce est insérée d'une œuvre française. Elle rencontrera un immense succès dans les pays allemands avant d'être véritablement appréciée en Autriche. Elle fera même l'objet d'une adaptation française en 1909. La pièce, dont le deuxième acte de la pièce se prête particulièrement aux improvisations et fantaisies, a été très longtemps jouée en Autriche pour le réveillon de fin d'année. Se pièces reprennent souvent les couleurs et richesses culturelles de l'Empire austro-hongrois tant en musique qu'en costumes. Der Zigeunerbaron (le Baron tzigane), créé en 1885, est son œuvre la plus populaire, son second plus grand succès et un puissant trait d'union musical entre l'Autriche et la Hongrie, le récit écrit d'après une nouvelle hongroise, se déroulant dans la région de Timișoara (hongroise à l'époque). Strauss inspirera à son tour de nombreux jeunes compositeurs dont certains connaîtront un succès remarquable, tel Carl Joseph Millöcker auteur de plus de trente opérettes entre 1845 et 1895. Avec Johann Strauss II et Franz von Suppé, il demeure l'un des principaux compositeurs d’opérettes viennoises de cette époque. Il est particulièrement connu pour sa création majeure Der Bettelstudent (l'étudiant pauvre) en 1882. Tout en développant et affinant son propre style, l'opérette viennoise revient régulièrement vers l'histoire française, en témoigne la Gräfin Dubarry (La comtesse du Barry), toujours de Millöcker, jouée en 1879. L'époque de ces trois compositeurs (1874 à 1899) est souvent appelée le «premier âge viennois» ou «l'âge d'or de l'opérette». Valse omniprésente, Chœurs populaires, duos amoureux sont les piliers de l'opérette viennoise.
XXesiècle: L'opérette viennoise de 1900 à l'entre-deux guerres
La Veuve joyeuse, affiche, Londres, 1907.
C'est Franz Lehár, compositeur d'origine hongroise, qui impose son œuvre pendant cette période avec en particulier La Veuve joyeuse (Die Lustige Witwe) créé en 1905 au Theater an der Wien, adaptée d'une comédie de d'Henri Meilhac, le libretiste d'Offenbach. Les librettistes sont Victor Léon et Leo Stein.
Portrait de Franz Lehár, vers 1920.
La pièce connaît un succès immédiat et gigantesque dans le monde entier. Elle reste l’œuvre la plus connue de Franz Lehár, et a été jouée plus de 300 000 fois entre sa création et la mort du compositeur en 1948. Valses lentes et douces caractérisent les spectacles des auteurs viennois après 1900. Les fresques ou présences tziganes sont très souvent utilisées dans les opérettes viennoise de cet période, comme dans Zigeunerliebe ou l'Amour tziganne (1910). Les plus grands artistes autrichiens comme Richard Tauber et français joueront ses pièces, ainsi Ninon Vallin et André Baugé interprètent les rôles principaux chantent dans Der Graf von Luxemburg. Oscar Straus, dans la lignée de Franz Lehár, musicien viennois mais débutant lui à Berlin est inspiré par les cabarets et les farces qu'il y observe, commence sa carrière de compositeur par des opéras-bouffe tels Die lustigen Nibelungen (Les Joyeux Nibelungen), en 1904, une parodie des figures et chansons héroïque allemandes et wagnériennes. Il la poursuit par des opérettes romantiques et compose Ein Walzertraum (Un rêves de valse) en 1906. Elle deviendra le deuxième plus grand succès mondial des opérettes viennoises de la période, derrière La veuve joyeuse. Leo Fall est la troisième figure majeure de ces années. Chef d'orchestre et compositeur, il écrit et crée trois œuvres principales: Der fidele Bauer (le fidèle paysan) et en:Die Dollarprinzessin (la princesse dollar), tous les deux en 1907, puis Madame Pompadour jouée pour la première fois à Berlin au Berliner Theater en 1912.
L'entre-deux guerre voit naître de nouveaux jeune talents qui confirmeront le succès de l'opérette dans toute l'Autriche-Hongrie: Emmerich Kálmán, lui aussi d'origine hongroise, avec Princesse Czardas en 1915 et Gräfin Mariza en 1921, l'adaptation française est créée au théâtre de Mulhouse en 1930, et reprise à Paris au Théâtre des Champs-Élysées en 1931 avec un grand succès. Outre sa francophilie exprimée dans plusieurs de ses œuvres Kálmán étoffe son goût pour la valse et les musiques tziganes par un vif intérêt pour les nouveaux genre musicaux: foxtrott et Charleston qui apparaissent dans La Die Duchesse de Chicago créé à Vienne en 1928. Franz Lehár revient sur le devant de la scène après la guerre avec de nouveaux grands succès: Frasquita en 1922, Paganini en 1925 à Vienne, Der Zarewitsch ou Le Tsarévitch, en 1927 à Berlin, Ţara surâsului (Das Land des Lächelns), en 1923 et Giuditta en 1934, créées à Vienne.
C'est un spectacle d'une autre dimension qui naît dans les années 1930: l'opérette à grand spectacle avec la création de Im Weissen Rößl ou L'Auberge du Cheval-Blanc (1930) jouée au Großes Schauspielhaus de Berlin, puis adaptée en français en 1932 à Paris. Ses créateurs sont Ralph Benatzky, et Robert Stolz aidés par de nombreux autres compositeurs. De nombreuses versions sont écrites et le succès est mondial. On comptera plus de 1700 représentations de 1948 à 1968 au Châtelet, à Paris.
Opérettes viennoises de 1900 aux années 1930
Daisy Burrell dans Gipsy Love, carte postale théâtrale, 1913.
Ein Walzertraum, page de couverture de la partition, 1907.
Der fidele Bauer, affiche, 1908.
La Princesse Dollar, affiche, 1912.
Madame de Pompadour, affiche, 1933.
Princesse Czardas, affiche, Oslo, Norvège, 1950.
Comtesse Maritza, Opéra royal de Suède, affiche, 1941.
Die Herzogin von Chicago, partition piano-chant, 1928.
L'opérette anglo-saxonne
Affiche pour une production américaine de "The Pirates of Penzance" (Arthur Sullivan et livret de Gilbert), 1880.
Le cas des pays anglo-saxons est particulier. En Grande-Bretagne, pays où le chant choral est pourtant particulièrement implanté, le théâtre musical, jusqu’à la première moitié du XIXesiècle, est - paradoxalement - surtout d’importation. L’opéra italien, dès sa naissance, y était prisé, mais le genre ne fit que peu d’émules parmi les compositeurs britanniques. Il en est de même pour l’opérette, qui fut aussi - pour commencer - de provenance française avec Offenbach et surtout Hervé (dont le prince de Galles était un fervent admirateur), puis plus tard André Messager. Si à partir de la fin des années 1860, Arthur Sullivan, un compositeur «sérieux» grand admirateur d’Offenbach, et son collaborateur le librettiste William S. Gilbert décident de s’y consacrer avec succès, ils auront peu d’héritiers. Seuls quelques rares ouvrages dignes d’intérêt seront par la suite créés outre-Manche (on peut citer notamment The Geisha de Sidney Jones ou The Quaker Girl de Lionel Monckton).
Aux États-Unis, la situation est similaire mais son évolution est différente. Également d’importation au début (en particulier avec Offenbach qui y fit une tournée triomphale), Hervé mais aussi Johann Strauss fils, puis Arthur Sullivan ou Franz Lehàr, un genre nouveau fait son apparition au début du XXesiècle: la comédie musicale. Ce terme n'est pas à prendre selon l'acception européenne. En effet si l’opérette européenne (et la comédie musicale qui lui a succédé) est née d’une forme théâtrale (l’opéra-comique. Cf ci-dessus), la comédie musicale américaine est née de l’union de deux genres typiquement britanniques: le burlesque et la revue de music-hall.
Affiche pour l'opéra-comique "The Chieftain" (Arthur Sullivan et F. C. Burnand), 1894.
Le premier est né vers 1830, sur les scènes populaires des «beuglants» de Grande-Bretagne. C’était une sorte de petite revue, plus ou moins construite autour d’une trame très légère, d’un thème ou d’un simple fil conducteur. La partie comédie était assurée dans les établissements les plus modestes uniquement par un «compère» et une «commère». Le genre ne jouissait pas d’une très bonne réputation: Souvent triviaux, les spectacles étaient présentés dans des établissements jugés par les bourgeois «peu fréquentables». Le second a vu le jour une vingtaine d’années plus tard, dans les grands caf’conc’ de Londres. C’est Charles Morton, qui en aurait été le créateur, dans l’un de ses établissements: le Cantebury Arms. Burlesque et music-hall jouissaient, dès la fin du XIXesiècle d’une grande popularité aux États-Unis. Le premier se développa même pour devenir de superbes spectacles grâce, en particulier, aux fastueuses productions de Florenz Ziegfeld.
La comédie musicale américaine dans sa forme primitive naît aux environs de 1910 en alliant le système du burlesque (avec ses scènes de comédie liant les numéros musicaux) au faste des tableaux de music-hall. On ne peut - dans ce cas - parler réellement d’opérette (bien qu’elle lui fut, à l’époque assimilée), car la continuité dramatique n’y est pas vraiment respectée: les livrets sont constitués plutôt d'une suite de liens, servant une vague histoire, voire un simple concept prétexte à donner un semblant de cohérence à l’ensemble. Les américains, d’ailleurs, faisaient alors la différence entre musical comedy et operetta, cette dernière ayant attiré plusieurs compositeurs américains (pour beaucoup émigrés des pays de l’Est) tels Victor Herbert, Sigmund Romberg ou Rudolf Friml.
Au fil du temps, la comédie musicale américaine se théâtralise peu à peu, en particulier avec l’arrivée du cinéma parlant (et chantant) qui réclame des scénarios plus cohérents, devenant, à part entière et par définition, une «opérette» dans son sens générique: les livrets plus construits respectent une véritable continuité dramatique, même si de nombreux arguments tournent autour de la répétition et la représentation d'un spectacle, remontant ainsi aux origines du burlesque. L'autre particularité héritée de sa forme primitive est l’importance de la danse.
L’opérette espagnole
En Espagne l'opérette ne s'exporte pas vraiment mais au début du XIXesiècle le pays avait connu la renaissance de son art lyrique national, la zarzuela, un genre créé au milieu du XVIIesiècle pour concurrencer l’opéra italien. Ainsi, entre le dernier quart du XIXesiècle et le début du XXe, après l'avènement de l'opérette en France, quelques zarzuelas prirent parfois un ton léger que l’on pourrait rapprocher de l’opérette. Mais ces ressemblances avec l'opérette restent marginales car la très grande majorité de zarzuelas ont une tonalité dramatique, rarement portée à l’amusement et conduisant souvent à des fins tragiques (la meilleure correspondance esthétique serait plutôt l’opéra-comique français ou le singspiel allemand, en raison notamment de la présence de dialogues parlés).
En 1848, Baba Hârca (Baba la vieille sorcière) est la première opérette créée en Roumanie le au Théâtre National de Iași par le compositeur moldave d'origine allemande-saxonne Alexandru Flechtenmacher, qui recherchait un style de musique roumaine propre.
Il s'agit d'un vaudeville avec un côté musical inhabituellement développé. Baba la sorcière est un personnage populaire des contes traditionnels roumains, qui fait geler les eaux et vit isolée dans une grotte ou au sommet d'un grand arbre. Les contes de fées lui donne aussi une facette bénéfique.
En 1882, un autre grand succès marque la naissance de l'opérette dans le pays: Crai Nou (La nouvelle lune), du jeune compositeur Ciprian Porumbescu, sur un livret de Vasile Alecsandri. La première a lieu à Braşov dans une scène improvisée, la salle des fêtes du Gymnase roumain, le 27 februarie 1882.
"Sânziana și Pepelea", Oradea, 1976.
L’œuvre, qui met en valeur la culture et les traditions roumaines, en opposition à la culture viennoise, affiche clairement un visage patriotique, à un moment où la Transylvanie est sous l'autorité de l'Autriche-Hongrie. Elle est surtout connue pour son célèbre chœur à la viennoise et par le fait que Porumbescu a réussi à mettre en valeur l'esprit folklorique roumain (Hora, en:Doina, danses campagnardes, chansons anciennes) dans l'Art lyrique tout en les conjuguant avec des influences occidentales,.
Trois compositeurs Eduard Caudella avec Harță Răzeșul (1872), George Stephănescu avec Sânziana și Pepelea (1880), sur un livret de Vasile Alecsandri et Scaiul bărbaților (1885) puis en:Constantin Dimitrescu avec Sergentul Cartuș (1895) et Nini (1897) sont les premiers compositeurs d'opérettes roumainesqui ont véritablement permis d'asseoir l'intérêt et le goût prononcé du peuple roumain pour cet art, genre qui restera populaire jusqu'à aujourd'hui.
"Lăsați-mă să cânt", affiche d'époque, 1954.
Le de l'année 1954 marque d'une pierre blanche la création roumaine avec la première de la pièce ro:Lăsați-mă să cânt (Laissez-moi chanter) de ro:Gherase Dendrino, sur un livret de Erastia Sever, Liliana Delescu et ro:Viorel Cosma, dont le rôle principal est interprété par Ion Dacian. L'œuvre anniversaire, écrite en 1953 pour les 100 ans la naissance de Ciprian Porumbescu, est une célébration de sa pièce Crai Nou, écrite 72 ans plus tôt en 1882. Elle fait le trait d'union avec la première opérette roumaine. Dans un contexte de déclin de l'opérette en Roumanie, la pièce présentée sur la scène du Théâtre d’État d'Opérette est un franc succès, succès qui doit certainement à distribution. La pièce est aussi jouée à l'étranger, dans les autres pays du Bloc de l'Est, son livret est traduit en allemand, tchèque, russe et hongrois.
Les successeurs de Ion Dacian ont continué à maintenir un équilibre entre pièces des répertoires classiques autrichien ou hongrois (Strauss, Lehár, Kálmán, Benatzky, etc.) et les créations roumaines telles Spune inimioară, spune! (Dis mon cœur, dis!), 1972 d'ro:Elly Roman , Mătușa mea, Faustina (Ma tante Faustina) (1973) de Liviu Cavassi et Doru Butoiescu, Raspantia (1975) et Leonard (1976) de ro:Florin Comișel. La programmation autochtone reflète les auteurs qui apporté une contribution notable à l'opérette roumaine: ro:Gherase Dendrino (1901-1973), ro:Filaret Barbu (1903-1984), ro:Nicolae Kirculescu (1903-1985), ro:Elly Roman (1905-1996), ro:Alfred Mendelsohn (1910-1966), ro:Viorel Doboș (1917-1985), Henry Mălineanu (1920-2000), ro:Florin Comișel (1922-1977), ro:George Grigoriu (1927-1999). Cette approche a permis au théâtre de conjuguer une tradition internationale avec l’identité culturelle roumaine et de maintenir l’intérêt du public pour le genre de l’opérette.
En 1977, pour célébrer le centenaire de l'indépendance de la Roumanie, une œuvre ad hoc est montée: Eternel Iubiri (Amour éternel), composée par George Grigoriu sur un livret de Constantin Florea. La première a lieu le au Théâtre d’État d'Opérette de Bucarest. L’œuvre, dont le sujet est la lutte contre les Turcs, s'inscrit dans la droite ligne de la propagande nationaliste du parti communiste mettant en avant le patriotisme et les héros de l'histoire roumaine. Cette politique culturelle national-communiste qui s'affirme et devient très visible sous Ceaușescu, avait déjà été initiée dans les années 60 par Gheorghe Gheorghiu-Dej.
L'opérette dans le reste du monde
Les correspondants français et viennois de l’opérette ont eu le plus de chance et rapidement ont envahi toute l’Europe et même passé les océans. Ils ont suscité de nombreuses vocations et l’on peut recenser de façon parfois anecdotique, des opérettes grecques, italiennes, arméniennes (notamment avec le compositeur Dikran Tchouhadjian), russes, roumaines, scandinaves, ou plus tard américaines. Robert Pourvoyeur, qui fut un grand spécialiste du genre, a consacré une série d’articles à ce répertoire méconnu, dans la revue Opérette au cours des années 1980.
Dans un genre plus traditionnel, des personnalités comme Jérôme Savary ou le tandem Louis Dunoyer de Segonzac-Jean-Marie Lecoq au sein de la compagnie Fracasse préservent l'esprit d'Offenbach avec des créations (Les Empires de la Lune, Christophe Colomb), ou des versions revisitées d'opérettes du répertoire (La Belle Hélène, La Vie parisienne, La Périchole).
Le mot «opérette», trop connoté, disparaît petit à petit au début des années 1990 au profit de «théâtre musical», qui comprend également la comédie musicale (à noter à la même époque l'apparition du terme musical, principalement pour désigner les productions anglo-saxonnes). À partir de 1995, des spectacles de montages musicaux trouvent un nouveau public, tels La Java des mémoires, Les Années Twist et La Fièvre des années 80 de Roger Louret, bénéficiant d’une promotion très largement relayée par la télévision via des émissions de variétés populaires. Le , Notre-Dame de Paris est créé au Palais des congrès. À l'instar de Starmania ou Jesus Christ Superstar dans les années 1970, le spectacle est précédé d'un album studio, dont plusieurs chansons deviennent des «tubes» en puissance. Le spectacle de Richard Cocciante et Luc Plamondon connaît un énorme succès populaire, ouvrant la voie au retour fulgurant du «théâtre musical» sous toutes ses formes.
Si la plupart des spectacles calqués sur le modèle précédent échouent (Cindy en 2002, Belles, belles, belles en 2003, Spartacus le gladiateur en 2004) malgré quelques énormes succès (Roméo et Juliette, de la haine à l'amour en 2001, Autant en emporte le vent en 2003), un «retour aux traditions» se fait sentir avec l'éclosion de nombreuses productions plus modestes qui remportent les faveurs du public et de la critique de par leur originalité, comme Le Cabaret des hommes perdus (Molière 2007 du théâtre musical) ou L’Opéra de Sarah (Molière 2009 du théâtre musical).
Des œuvres suivantes, les deux seules néanmoins identifiées pleinement comme «opereta» («opérette») sont La corte de Faraón (1910), sous-titrée «opereta bíblica» et La Generala (1912), désignée par son auteur comme «opereta cómica en dos actos»:
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(en) Inga Postolache, «Genres of Non-academic Musical Theater in Romania: Pages of History» [«Genres du théâtre musical non académique en Roumanie: pages d'histoire»], Învăţământ, Cercetare, Creaţie, Chişinău, Moldova, Facultatea de Arte - Universitatea Ovidiu, vol.9, no1, , p.347-356 (ISSN2601-3002, présentation en ligne, lire en ligne, consulté le ).
Damien Colas Gallet, «Les trois âges de l’opérette viennoise: Tandis que la valse disparaît de Vienne, l’opérette naît ailleurs. Il ne reste plus qu’à la « viennifier », avec Strauss en atout pour écrire ce nouveau chapitre.», CLASSICA, Paris, no268, , p.347-356 (ISSN2601-3002, lire en ligne, consulté le ).
Sylvie Chalaye et Gilles Mouëllic, Comédie musicale: les jeux du désir. De l’Âge d’or aux réminiscences, Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 285p. (ISBN978-2-7535-0734-0, présentation en ligne).
Fanny Beuré et Jules Sandeau, Fred Astaire: le dandy dansant, Paris, Sorbonne Université presses, coll.«Sorbonne essais», , 468p. (ISBN979-10-231-0755-5, présentation en ligne).
Ivan Jablonka (Entretien filmé et retranscris avec Bernard Jeannot-Guérin, maître de conférences en langue et littérature françaises à l’université de Lorraine, spécialiste de la chanson populaire et des dramaturgies musicales, il est l'auteur de nombreux articles sur le sujet - 17 minutes), «La comédie musicale ou la «sucralisation» des sentiments / Entretien avec Bernard Jeannot-Guérin», La vie des idées, Paris, Collège de France, , p.166-211 (ISSN2105-3030, lire en ligne, consulté le ).
Bernard Jeannot-Guérin, La Comédie musicale à la française: de l’opéra-rock à l’opéra urbain, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, coll.«Chants sons», , 364p. (ISBN979-10-320-0534-7, présentation en ligne).
Filmographie, émissions radiophoniques
La Chauve-souris de Johann Strauss Jr. Opéra diffusé en direct du Metropolitan Opera de New York, de France Musique / Judith Chaine, 11 janvier 2014, Diffusion radiophonique, 3 heures 54 minutes [voir en ligne]: «Avec Johann Strauss II, Compositeur autrichien (Vienne, 1825 - Vienne, 1899), sur un livret de Richard Genée et en:Karl Haffner, revu par en:Douglas Carter Beane. La production du Met situe l’action à Vienne, au soir du réveillon de l’année 1899. Elle raconte la vengeance minutieusement organisée du Dr Falke envers son ami Gabriel von Eisenstein qui l’a contraint, au retour d’un bal costumé, à traverser la ville déguisé en chauve-souris.».
Valses et opérettes viennoises, de France Musique / François-Xavier Szymczak, 15 au 19 avril 2019, Diffusion radiophonique, 8 heures [voir en ligne]: Série de 4 enregistrements d'une heure 58 minutes chacun soit environ 8 heures au total.
Épisode 1/4: Valses et opérettes viennoises (1/4): Johann Strauss fils - le .
Épisode 2/4: Valses et opérettes viennoises (2/4): Franz Lehár - le .
Épisode 3/4: Valses et opérettes viennoises (3/4): Franz von Suppé - le .
Épisode 4/4: Valses et opérettes viennoises (4/4): Emmerich Kálmán - le .
Offenbach, un frétillant bicentenaire, de France Musique / François-Xavier Szymczak, 2019, Diffusion radiophonique, 7 heures et 24 minutes au total [voir en ligne], ép.juillet-août: Série de 8 enregistrements d'environ 55 minutes chacun soit. «200 ans après sa naissance, Jacques Offenbach continue de nous enchanter. Né à Cologne le 20 juin 1819, ce violoncelliste virtuose connaît de jolis succès au début du Second Empire, comme Ba-ta-clan qui donnera son nom à la salle de spectacle, avant d'enthousiasmer Paris en 1858 grâce à Orphée aux enfers dont le galop infernal de fin donnera naissance au French cancan. Offenbach prendra son envol avec La Belle Hélène, La Vie parisienne, La Grande-Duchesse de Gerolstein ou encore La Périchole, puis Les Contes d'Hoffmann, son ultime chef-d'œuvre. Cette série revient sur les grands moments de sa carrière et sur ses œuvres jubilatoires.».
Épisode 1/8: Offenbach: Orphée aux enfers! - le .
Épisode 2/8: Offenbach: La belle Hélène! - le .
Épisode 3/8: Offenbach: La Vie parisienne! - le .
Épisode 4/8: Offenbach, La Grande-duchesse de Gérolstein! - le .
Épisode 5/8: Offenbach, La Périchole! - le .
Épisode 6/8: Offenbach, Les Contes d’Hoffmann (Prologue et Acte I)! - le .
Épisode 7/8: Offenbach, Les Contes d'Hoffmann (Actes II, III et épilogue)! - le .
Épisode 8/8: Offenbach, Autres joyaux de Jacques Offenbach! - le .
(ro) Adina Sima - "Orhideea", de Teatrul Național de Operetă și Musical "Ion Dacian" (prod.) et de Dance Motion Program (réal.), 23 avril 2022, Enregistrement vidéo, 3 minutes et 51 secondes [voir en ligne]: Invitée spéciale: Adina Sima, chante un air du musical 'Rebecca', 'Manifeste pour la paix', dans le programme intensif de préparation Dance Motion, édition 6. Théâtre National d'Opérette et Musical 'Ion Dacian'.".
(ro) Nicolae Leonard și Hariclea Darclée, de Radio România Cultural (prod.) et de Daniela Ivanov (réal.), 22 décembre 2022, Diffusion radiophonique, 29 minutes [voir en ligne]: «Azi ne întâlnim cu două voci mari. Aflăm povestea vieții ”prințului operetei” – Nicolae Leonard și povestea premierei mondiale, la Roma, a operei Tosca, de Puccini, care a fost salvată de la dezastru de Hariclea Darclée.» («Aujourd'hui, nous rencontrons deux grandes voix. Nous découvrons la vie du «prince de l'opérette», Nicolae Leonard, et l'histoire de la première mondiale à Rome de Tosca de Puccini, sauvée du désastre par Hariclea Darclée.»en roumain).
(ro) Cum a murit marele Constantin Tănase, de Stellarium (prod.) et de Flavius Calin (réal.), 22 janvier 2023, Enregistrement vidéo, 9 minutes et 47 secondes [voir en ligne].
"Offenbach, musicien européen" publié aux Éditions Actes Sud-Palazzetto Bru Zane, de France Musique / Philippe Venturini (prod.) et de Laurent Lefrançois (réal.), 7 janvier 2023, Diffusion radiophonique, 28 minutes [voir en ligne]: «Entretien entre Jean-Claude Yon, Historien, directeur d’études à l’EPHE, titulaire de la chaire d’histoire des spectacles à l’époque contemporaine, et Philippe Venturini au sujet du livre Issu d'un colloque organisé à Köln et Paris, en 2019, pour le bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach (1819-1880) composé de 29 chapitres, rédigés par des musicologues, des historiens, des spécialistes d'études théâtrales et de littérature - "Consacré à un musicien souvent accusé de frivolité, ce livre rend justice à celui que le philosophe-écrivain Stanislas Rzewuski saluait en 1899: “le plus charmant, le plus alerte, le plus connu, le plus ironique, le plus sentimental, le plus fantaisiste des musiciens modernes.” Philippe Venturini.».
La Veuve joyeuse de Franz Lehár, un tube de l'opérette viennoise, peu donnée en France, de France Musique / Jean-Baptiste Urbain (prod.) et de Yassine Bouzar (réal.), 28 décembre 2023, Diffusion radiophonique, 9 minutes [voir en ligne]: «Didier Benetti explique comment Franz Lehár a su redonner ses lettres de noblesse à l’opérette «Il l'a magnifiée, peut-être parce qu'il s'approche de plus en plus de l'écriture opéra. Ses orchestrations, ses lignes mélodiques sont très proches de l'opéra et demandent des voix très puissantes».».
Offenbach, de Chaîne YouTube Classical HD Live (prod.) et de Classical HD Live (réal.), 2024, Diffusion radiophonique, De 2 à 6 minutes [voir en ligne]: 17 vidéos de 2017 à 2024. Extraits de différents spectacles d'Offenbach produits sur différentes scènes françaises depuis 2017, dans le cadre du festival "Musiques en fête".
Spectacles complets ou morceaux de Spectacles (commentés) d'Offenbach lors d'émissions de France Musique de 2014 à 2024:
"Le roi Carotte" de Jacques Offenbach, de France Musique, 9 janvier 2016, Diffusion radiophonique, 3 heures et 51 minutes [voir en ligne]: Opéra enregistré le 21 décembre 2016 à l'Opéra de Lyon.
"La Vie parisienne" d'Offenbach, par Michel Plasson, de France Musique / Lionel Esparza, 12 décembre 2024, Diffusion radiophonique, 15 minutes [voir en ligne].
La Belle Hélène d'Offenbach, par Marc Minkowski, de France Musique / Lionel Esparza, 10 mai 2024, Diffusion radiophonique, 19 minutes [voir en ligne].
Un jeudi avec Offenbach, de France Musique / Denisa Kerschova, 30 novembre 2023, Diffusion radiophonique, 1 heure 29 minutes [voir en ligne].
Jacques Offenbach, la Périchole, de France Musique / Lionel Esparza, 08 novembre 2022, Diffusion radiophonique, 25 minutes [voir en ligne].
Le Voyage dans la lune d'Offenbach, de France Musique / Anne-Charlotte Rémond (prod.) et de Philippe petit (réal.), 22 décembre 2020, Diffusion radiophonique, 25 minutes [voir en ligne].
"La Vie parisienne" de Jacques Offenbach à l'Opéra de Lyon, de France Musique, 31 décembre 2014, Diffusion radiophonique, 2 heures et 29 minutes [voir en ligne].
Offenbach, duo pour violoncelles par Anne Gastinel et Xavier Phillips, de France Musique / Charlotte Landru-Chandès, 24 avril 2024, Diffusion radiophonique, 33 minutes [voir en ligne]: Extraits de l'album: Jacques Offenbach: 6 Duos, Anne Gastinel et Xavier Philips - LA DOLCE VOLTA.
La grande histoire de l'opérette, un podcast de Benoît Duteurtre, de France Musique / Benoît Duteurtre (prod.) et de Sophie Pichon (réal.), 29 juin 2024, Diffusion radiophonique, 10 heures et 26 minutes [voir en ligne]: Série de 7 enregistrements d'une heure 28 minutes chacun soit 10 heures et 26 minutes au total - «L'histoire d'un genre musical né à Paris sous le Second Empire avec notamment Offenbach, et qui allait bientôt inspirer l'opérette viennoise de Strauss, Lehar... et revenir en France jusqu'au milieu du XXe siècle. Un répertoire redynamisé aujourd'hui par une nouvelle génération d'interprètes.».
Épisode 1/7: Les Folies du Second Empire: Offenbach, Hervé, Lecocq...
Épisode 2/7: Johann Strauss et les premiers viennois: Strauss, Suppé, Millocker.
Épisode 3/7: L’opérette Belle époque: Audran, Planquette, Messager, Ganne,Terrasse.
Épisode 4/7: Le second âge d’or viennois: Lehar, Straus, Kalman, Abraham...
Épisode 5/7: L’opérette des années folles: Yvain, Christiné, Hahn, Beydts.
Printesa Circului, de Teatrul Național de Operetă și Musical "Ion Dacian" (prod.) et de Beatrice Rancea (réal.), 13 décembre 2024, Enregistrement vidéo, 59 secondes [voir en ligne]: Spectacle joué au Théâtre National d'opérette de Bucarest.
Les comédies musicales contemporaines, des "objets musicaux non identifiés", de France Musique (prod.) et de Fiona Moghaddam (réal.), 13 octobre 2024, Diffusion radiophonique, 6 minutes [voir en ligne]: Interview de 6 minutes - «Le film culte "La Haine", de Mathieu Kassovitz, est désormais une comédie musicale. Les comédies musicales s’inspirent souvent d’œuvres préexistantes. Mais elles sont loin de manquer d’originalité. Entretien avec Bernard Jeannot-Guérin, maître de conférence en études culturelles, spécialiste de la comédie musicale française et auteur du livre à paraître "La Comédie musicale française: de l'opéra-rock à l'opéra urbain".».
Opereta Lounge - Extraits de la saison 2023-2024:
Operetă Lounge - Sorin Zlat Jazz Series, de Teatrul Național de Operetă și Musical "Ion Dacian", 31 mai 2024, Enregistrement vidéo, 1 minute 55 secondes [voir en ligne].
Opereta Lounge - Tango Passion, de Teatrul Național de Operetă și Musical "Ion Dacian", 13 juin 2024, Enregistrement vidéo, 2 minutes et 50 secondes [voir en ligne].
Opereta Lounge - Interbelic Serenade, de Teatrul Național de Operetă și Musical "Ion Dacian", 6 juillet 2024, Enregistrement vidéo, 2 minutes et 1 seconde [voir en ligne].
Opereta Lounge - Sueño latino, de Teatrul Național de Operetă și Musical "Ion Dacian", 7 juillet 2024, Enregistrement vidéo, 1 minute 48 secondes [voir en ligne].
Tango Passion - Teaser, de Teatrul Național de Operetă și Musical "Ion Dacian", 22 juillet 2024, Enregistrement vidéo, 37 secondes [voir en ligne].
Opereta Lounge - Dragă Ana- One woman musical show, de Teatrul Național de Operetă și Musical "Ion Dacian", 22 mai 2024, Enregistrement vidéo, 2 minutes et 33 secondes [voir en ligne].
Vocea Umană, de Teatrul Național de Operetă și Musical "Ion Dacian" (prod.) et de Radu Petrovici (réal.), 08 février 2025, Enregistrement vidéo, 1 minute 23 secondes [voir en ligne]: Spectacle joué au Théâtre National d'opérette de Bucarest.
↑Mille représentations atteintes en 1886 à Paris et plus de sept-cent à Londres.
↑Francis Poulenc écrit sur cette pièce: «La musique de l’Étoile est si truculente, sensible et endiablée qu'il n'y a pas un temps mort dans ses trois actes, pour la première fois Chabrier introduisait dans les opéras-bouffes un souci de l'harmonie et de l'orchestration qui avaient jusque-là, Offenbach et Lecocq exceptés, fait défaut à ce genre de musique» - Source: Francis Poulenc et Jean-Philippe Biojout 2024.
↑Alors que les éditeurs des partitions utilisent le premier terme, privilégiant la musique, les livrets ronéotypés de l’époque qualifient souvent les mêmes ouvrages du second, mettant ainsi en avant la partie théâtrale.
↑Das Veilchen vom Montmartre (La violette de Montmartre), 1930; Paris in Spring (Paris au printemps), 1930; Kaiserin Josephine (L'impératrice Joséphine), 1936.
↑Le théâtre musical européen, y compris l’opéra, privilégiant le chant au détriment parfois total du ballet, même si cette tendance tend à se modifier depuis quelques années.
↑(ro) Maria Morariu, «"Crai nou, crai nou, crai nou"» [«Nouvelle lune, nouvelle lune, nouvelle lune"»], sur literaturadeazi.ro (Literatura de azi), (consulté le ).
↑(ro) Ion Dacian 1966, Ion Dacian si Corul Operetei Bucuresti-Mugurel de cantec romanesc (din opereta "Lasati-ma sa cant").
↑(en) Tatiana Oltean 2019, Lăsați-mă să cânt! [Let me sing!] – a Romanian operetta by Gherase Dendrino: links between the ethical, aesthetic and political content, p.79.
↑Comprenant des reprises d'œuvres de Johann Strauss père et fils
↑Les trois sous-chapitres: 2.1 Le berceau français; 2.2 L'opérette autrichienne et 2.3 la Belle Époque en France sont principalement inspirés des épisodes 1 à 4 de ce podcast.