IXe siècle – XIe siècle
| Statut | Chefferie |
|---|---|
| Langue(s) | Slave |
| Religion | Polythéisme slave |
| 887 | Victoire de Makarska face aux Vénitiens |
|---|---|
| XIe siècle | Conquis par les Vénitiens |
Entités précédentes :
Entités suivantes :
La Paganie est, selon un ouvrage écrit vers 950 en grec par l'empereur byzantin Constantin VII Porphyrogénète, « De l'administration de l'Empire », un territoire situé sur la mer Adriatique habité par les Paganiens (Paganoi), Slaves méridionaux descendants des Serbes venus au VIIe siècle de la Serbie blanche vers l'Empire byzantin, mais ayant refusé de se convertir au christianisme et donc restés païens, c'est-à-dire polythéistes.
Constantin VII parle de la Paganie et des Paganiens dans le chapitre 36 de son livre. Il la situe dans la partie centrale de la Dalmatie (actuelle Croatie), citant notamment l'île de Korčula comme en faisant partie.
Constantin VII (905-959), qui devient empereur en 913, est co-empereur avec Romain Lécapène à partir de 920. Il devient seul empereur en 945. Son successeur présomptif est son fils Romain, né en 938.
L'ouvrage, rédigé alors que Romain a une douzaine d'années, a pour but de le préparer à ses fonctions d'empereur, qu'il assumera sous le nom de Romain II de 949 à 963.
Constantin n'a pas donné formellement de titre à son livre : le texte commence par une formule diplomatique : « Nous, Constantin VII, .... empereur des Romains... ». Le titre latin De administrando Imperio (« De l'administration de l'Empire ») lui a été donné en 1611 par le premier éditeur européen du texte, Johannes van Meurs, professeur de grec à l'université de Leyde aux Provinces-Unies.
Il s'agit d'un ouvrage géopolitique, dans lequel Constantin étudie de façon relativement détaillée certains peuples de l'Empire et surtout les peuples étrangers (Arabes (musulmans), Vénitiens, Serbes, Croates, etc.) proches de l'Empire, donnant à son fils des conseils pour traiter avec ces différents peuples.
Dans son livre, Constantin indique les noms suivants pour cette région et ses habitants :
Paganie : Pagania (Παγανίᾳ) ou Arenta (Ἀρεντα)
Paganiens : Paganoi (Παγανοί) ou Arentanoi (Ἀρεντανoi), ce dernier terme renvoyant à une appellation proche, en français « Narentins ».
Il indique que Paganoi vient d'un mot slave signifiant « non baptisé » et qu'ils portent ce nom pour cette raison. Mais est à noter que le mot Paganoi ressemble beaucoup au mot latin pagani, qui signifiait « païens » dans l'Europe du haut Moyen Âge
Il écrit aussi que « dans la langue des Romains leur région est nommée Arenta, et ainsi les mêmes Romains les appellent Arentani » (τῇ τῶν Ῥωμαίων δὲ διαλέκτῳ ἡ χώρα αὐτῶν Ἄρεντα καλεῖται, ἐξ οὗ κἀκεῖνοι παρὰ τῶν αὐτῶν Ῥωμαίων Ἀρεντανοὶ καλοῦνται). Quand il écrit τῶν Ῥωμαίων (« des Romains »), Constantin pense probablement aux habitants de l'Empire byzantin (à l'origine Empire romain d'Orient) et non pas aux habitants de Rome ou de l'Empire romain d'Occident, disparu depuis 476. Selon la titulature impériale, il est « empereur des Romains ».
Paganie
Paganiens
Le chapitre 36 de son livre est intitulé « Les Paganiens, également nommés Arentani, et le pays qu’ils occupent maintenant » (Περὶ τῶν Παγανῶν, τῶν καὶ Ἀρεντανῶν καλουμένων, καὶ ἧς νῦν οἰκοῦσι χώρας, Peri tôn Paganôn, tôn kai Arentanôn kaloumenôn, kai hès nun oikousi chôros).
Ce chapitre comporte deux paragraphes. Voici la traduction proposée par Marc Szwajcer :
« La région que les Paganiens occupent maintenant appartint d’abord aussi aux Romains que l’empereur Dioclétien déplaça de Rome et installa en Dalmatie. Ces mêmes Paganiens descendent des Serbes païens, de l’époque où leur prince réclama la protection de l’empereur Héraclius. Cette région fut également soumise aux Avars pour être désertée puis repeuplée sous l’empereur Héraclius. Les Paganiens sont ainsi nommés parce qu’ils n’acceptaient pas le baptême au même moment que les Serbes. Car Paganien signifie en langue slave, "non baptisé", mais dans la langue des Romains leur région est nommée Arenta, et ainsi les mêmes Romains les appellent Arentani. »
Notes :
« En Paganie se trouvent les cités habitées de Mokron, Beroullia, Ostrok et Slavinetza. Elle contient aussi les îles suivantes : la grande île de Kourkra, ou Kiker, où il y a une cité, une autre grande île, Meleta ou Malozeata, mentionnée par saint Luc dans les Actes des Apôtres sous le nom de Melite, dans laquelle une vipère s’accrocha au doigt de saint Paul, qui la brûla dans le feu ; une autre île importante, Fara ; une autre île Bratzis. Il existe d’autres îles qui ne font pas partie de la Paganie : l’île de Choara, les îles d’Ies et l’île de Lastobon. »