
La Serbie blanche, en serbe (alphabet latin) Bela Srbija, également connue sous le nom de Bojka[réf. nécessaire] (alphabet cyrillique : Бојка), est un nom parfois donné, à la Lusace, pays de l'actuelle Allemagne où des Slaves connus depuis le IXe siècle sous le nom de « Sorabes » (en latin Sorabi) se sont installés vers le VIe siècle.
Les Sorabes (en bas sorabe : Serby, en haut sorabe : Serbja, en allemand : Sorben) sont parfois appelés « Serbes de Lusace » (en serbe, « Serbes » se dit Срби/Srbi, et en vieux serbe : Сьрби/S'rbi ; en allemand : Serben).
La Lusace/Serbie blanche est aujourd'hui située dans l'Est de Allemagne, au sud-est de Berlin, entre la Sprée et la Saale saxonne. Lors de l'installation des Serbes blancs, elle recouvrait les lands actuels de Saxe-Anhalt, de Thuringe et de Saxe[réf. nécessaire]. Depuis 1945, une partie de la Lusace (à l'est de la Neisse) se trouve en Pologne.
Au VIIe siècle, une partie des Serbes blancs serait partie vers l'Empire byzantin et se serait installée dans les Balkans, origine du peuple de l'actuelle Serbie.
De nos jours, la majorité des habitants de la Lusace est d'ascendance allemande, mais il existe toujours une minorité d'ascendance sorabe, dont une partie (environ 50 000 personnes) utilise encore la langue sorabe, minorité et langue reconnues par les institutions de la République fédérale d'Allemagne, en lien avec la Fédération des Sorabes de Lusace, la Domowina, fondée en 1912.
Une source importante est un texte de l'empereur byzantin Constantin VII Porphyrogénète (905-959), qui règne effectivement de 945 à 959. Vers 950, il écrit à l'intention de son fils et successeur présomptif, Romain (938-963), un traité sur les peuples qui entourent l'Empire, conventionnellement intitulé De administrando Imperio (« De l'administration de l'Empire »). Le chapitre 32 de cet ouvrage est consacré aux Serbes : « Les Serbes et le pays qu’ils occupent maintenant » (Περὶ τῶν Σέρβλων καὶ ἧς νῦν οἰκοῦσι χώρας).
Constantin écrit notamment au début de ce chapitre :
« Les Serbes [Σέρβλοι Serbloi] descendent des Serbes païens [ἀβαπτίστoi abaptistoi, littéralement « non baptisés »], encore appelés « Blancs [ἄσπροι asproi], et vivent au-delà de la Turquie [Τουρκία Tourkia] dans un endroit qu’ils appellent eux-mêmes Boiki [Βοΐκι Boïki], voisin de la Francie [Φραγγία Fraggia], comme l’est aussi la Grande Croatie [ἡ μεγάλη Χρωβατία hè megalè Chrôbatia], païenne, également nommée « Blanche » : dans cet endroit, alors, les Serbes s’installèrent à l’origine. »
Constantin évoque donc une Serbie blanche, pays d'où sont venus les Serbes, qu'il situe de façon peu précise, « au-delà de la Turquie, dans un endroit ... voisin de la Francie ».
La région située à l'est de cette Serbie blanche est connue comme la Croatie blanche[réf. nécessaire], située dans le Sud de la Pologne (jusqu'à Cracovie) et fondée par les « Croates blancs ». Plus à l'est on trouve la Biélorussie (« Russie blanche »).
Le mot slave bel- (« blanc ») désignait autrefois aussi la direction Ouest[réf. nécessaire]. La Serbie blanche serait donc la « Serbie de l'Ouest », formule qui suggère qu'il existait une Serbie située plus à l'est, probablement dans le Caucase d'où les Serbes sont originaires avant leur installation en Europe centrale[réf. nécessaire].
Ces régions de l'ancienne Germanie des Romains, qu'ils n'ont jamais contrôlée pour la plus grande part au-delà du Rhin et du Danube, ont été vidées d'une grande partie de leurs habitants lors les migrations germaniques vers l'Ouest aux IVe et Ve siècles (Vandales, Suèves, Burgondes, Wisigoths, etc.).
Elles sont ensuite repeuplées par des Slaves, notamment dans la région de la Saale par des Sorabes/Serbes blancs.
Selon la tradition historique, entre 610 et 641, une partie des Serbes de Serbie blanche émigre vers l'Empire byzantin à la demande de l'empereur Héraclius. La première vague est conduite par le « Prince de Serbie Blanche », pour porter assistance aux Byzantins dans leur lutte contre les Avars. En récompense de leurs combats contre les Avars de Dalmatie, les Serbes sont installés par Héraclius autour de Thessalonique, dans la province de Macédoine.
Ces Serbes ont alors le statut de fédérés de l'Empire byzantin, qui à l'origine (IVe siècle) est l'Empire romain d'Orient, c'est-à-dire qu'ils sont liés collectivement par un traité (fœdus) entre leur chef et les autorités romaines.
Ultérieurement, les Serbes s'installent en Paganie, Zachlumie, Travonie, Dioclée, Rascie, Bosnie.
À l'époque carolingienne, des textes, notamment la chronique d'Éginhard (vers 830) et les Annales de Fulda, utilisent les mots Sorabi (« Sorabes ») et sorabicus (« sorabe »), notamment à propos du limes Sorabicus (marche Sorabe). Cette marche située principalement à l'est de la Saale saxonne est surtout peuplée par des Sorabes, sous le contrôle des autorités militaires franques, sous la direction du dux limitis Sorabici (« duc de la marche Sorabe »).
En 965, la marche Sorabe est intégrée à la marche de Misnie dans le cadre du Saint-Empire romain germanique créé en 962.
Au début du XIVe siècle, une loi d'empire interdit la langue serbe dans la ville de Bernbourg[réf. nécessaire] (actuel land de Saxe-Anhalt) où elle était encore parlée.