| Sorabe | |
| Date de création | VIe siècle |
|---|---|
| Pays | Allemagne |
| Région | Lusace |
| Nombre de locuteurs | 40 000 |
| Nom des locuteurs | sorabophones |
| Classification par famille | |
| Codes de langue | |
| IETF | wen
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| ISO 639-2 | wen
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| ISO 639-3 | wen
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| ISO 639-5 | wen
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| Glottolog | sorb1249
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| État de conservation | |
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Langue en danger (DE) au sens de l’Atlas des langues en danger dans le monde
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Le sorabe, en sorabe : serbšćina, en allemand : sorbisch, en polonais języki łużyckie (« langues de Lusace »), est une langue slave, encore parlée par environ 45 000 locuteurs en Lusace, pays historique divisé depuis 1945 entre l'Allemagne (lands de Saxe et de Brandebourg) et la Pologne (voïvodies de Basse-Silésie et de Lubusz).
Elle est issue de la langue des anciens Slaves de l'Elbe, les Sorabes (ou Serbes de Lusace), établis au VIe siècle dans une région parfois appelée Serbie blanche, d'où seraient partis au VIIe siècle les actuels Serbes des Balkans au secours de l'Empire byzantin.
Au début du Moyen Âge, pris entre les Allemands (Saint-Empire romain germanique à partir de 962) et les Polonais (duché de Mieszko Ier à partir de 960), les Sorabes sont intégrés au Saint-Empire en 1031. Par la suite, il subissent une forte colonisation allemande (le Drang nach Osten), mais la langue locale n'a pas été pour autant totalement éradiquée, contrairement à ce qui s'est passé dans d'autres régions comme la Prusse.
Il existe deux langues écrites, chacune avec plusieurs variantes dialectales :
5 000 Sorabes parlent un dialecte de transition entre le haut-sorabe et le bas-sorabe, généralement appelé moyen-sorabe.
Environ 5 000 locuteurs parlent le sorabe en Pologne.
Le sorabe se situe entre le tchèque et le polonais. Il s'écrit avec l'alphabet latin, complété par quelques signes diacritiques.
Le haut-sorabe est phonétiquement proche du tchèque, mais dispose d'un lexique apparenté au polonais, tandis que le bas-sorabe est phonétiquement proche du polonais, mais utilise un lexique plus proche du tchèque et de l'allemand.[réf. nécessaire]
C'est une des langues régionales d'Allemagne, reconnue selon la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Elle est utilisée dans la signalisation routière en Lusace.



Le premier prince sorabe connu est Drvan (ou Derwan), qui rejoint en 631-632 l'alliance du roi Samo de Bohême en lutte contre les Avars et les Francs.
Drvan est à l'origine de la première division des Serbes. En effet, son fils, désigné par la formule « le prince de Serbie blanche », son nom étant tombé dans l'oubli, entraîne une partie du peuple sorabe vers l'Empire byzantin, donc vers les Balkans, à la suite d'une demande d'aide de l'empereur (610-640) Héraclius pour le compte duquel ils combattent les Avars. Ces Sorabes des Balkans sont à l'origine du peuple serbe, qui devient orthodoxe au XIe siècle.
La Lusace entre en 1031 dans le Saint-Empire romain germanique. Elle va donc subir pendant le Moyen Âge la colonisation allemande ( le Drang nach Osten, « poussée vers l'Est ») qui va devenir majoritaire, sans pour autant éliminer totalement la langue sorabe.
Au XVIe siècle, les Sorabes, catholiques, se partagent entre catholicisme et protestantisme (évangélisme).
En 1548, est imprimé le premier texte biblique en sorabe, une traduction du Nouveau Testament en bas-sorabe par Mikław Jakubica.
De nos jours, le sorabe est parlé par 40 000 à 50 000 locuteurs. Une partie des Sorabes ne parle que l'allemand, mais beaucoup se considèrent tout de même comme Sorabes. Ils s'identifient notamment par leurs noms de famille[réf. nécessaire].
Par exemple, à Bautzen, seulement 10 % des habitants parlent sorabe, mais une grande partie de la population d'origine sorabe reste attachée à son héritage : elle est favorable, par exemple, à la signalisation bilingue.
La traduction de la Bible[réf. nécessaire] et l'existence d'une riche littérature[réf. nécessaire] ont contribué à la perpétuation du haut-sorabe jusqu'à nos jours.
Actuellement, il existe trois publications importantes promouvant la langue et la culture sorabes : Serbske Nowiny (non marquée sur le plan religieux), Katolski Posoł (catholique) et Pomhaj Bóh (évangélique). Il existe aussi des émissions en haut-sorabe à la télévision et à la radio.
Cette langue est utilisée par quelques institutions, notamment la Domowina (officiellement : Fédération des Sorabes de Lusace), qui regroupe les associations sorabes et a une maison d'édition, Domowina-Verlag ou Ludowe nakładnistwo Domowina (siège à Bautzen). Dans le cadre de la Domowina, la Lusace est divisée en régions appelées zupas, qui n'ont pas de dimension administrative ou politique. D'autres institutions notables sont la Maćica Serbska (Société sorabe des sciences), fondée en 1847, et l'Institut de sorabistique (Institut für Sorabistik) de l'université de Leipzig
En a été publiée pour la première fois une traduction officielle en haut-sorabe de la constitution du land de Saxe.
Le haut-sorabe est aussi transmis aux enfants[réf. nécessaire]. Actuellement, des projets dans des écoles maternelles de Lusace sont introduits dans ce but.
Le haut-sorabe devrait donc rester une langue vivante européenne.
Le bas-sorabe est dans une situation plus précaire. Il n'est parlé que par quelque 10 000 locuteurs (en tant que langue maternelle) et quelques jeunes personnes. Il existe un journal en bas-sorabe, Nowy Casnik.
C'est une langue à déclinaisons comportant sept cas :
Il existe trois nombres : le singulier, le pluriel et le duel :
Le duel a un effet sur tous les mots de la phrase. Par exemple, en haut-sorabe :
Une forme verbale ancienne, le prétérit synthétique[réf. nécessaire], disparue dans les autres langues du groupe slave occidental a été conservée en haut-sorabe, mais a pratiquement disparu en bas-sorabe, qui a conservé en revanche le supin.
Le haut-sorabe est une langue particulière. Elle conserve des traits anciens de la vieille langue commune, notamment le duel.
Exemples :