Tout au long de sa vie, Mattick a critiqué le capitalisme, le léninisme et l’économie keynésienne. Son œuvre portait sur la critique de l’économie politique, la théorie des crises et l’émancipation de la classe ouvrière.
Né en 1904 dans une famille ouvrière de Berlin (son père fut membre de la Ligue spartakiste), Paul Mattick adhère en 1918, en pleine révolution allemande, à un groupe de jeunesse d'extrême-gauche, la Freie sozialistische Jugend (organisation de jeunesse de la Ligue spartakiste), tout en poursuivant son apprentissage d'outilleur aux usines Siemens. En 1920, il passe au KAPD (organisation communiste de conseils), dans lequel il participe aux événements révolutionnaires de l'époque par les actes et par l'écrit.
Il restera l'un des représentants théoriques de ce courant après son installation aux États-Unis (1926) où, toujours outilleur, il militera notamment au sein des Industrial Workers of the World (IWW), syndicat révolutionnaire. Il participera également grandement dans les mouvements de chômeurs durant la Grande Dépression. Il initia des discussions sur la fusion de l'IWW avec les groupes communistes de conseils allemands (KAPD/AAUD), ce qui donna lieu à une importante correspondance et à des projets de traduction.
Paul Mattick a créé plusieurs revues dont il sera dans les années 1930-1940 le principal animateur: International Council Correspondence, puis Living Marxism et New Essays.
Par la suite, il s'attache plus particulièrement à la critique de l'économie politique. Il publie en 1969 le livre Marx et Keynes, dans lequel il considère que l'économie mixte d'inspiration keynésienne qui domine après la Seconde Guerre mondiale sera incapable d'éliminer les crises du capitalisme à long terme. Il revient sur le même problème dans Crises et théories des crises (publié en 1974). Dans ces deux livres, Mattick reprend la théorie des crises de Karl Marx telle que synthétisée par Henryk Grossmann dans son livre La loi de l'accumulation et de l'effondrement du système capitaliste (1929).
La révolution fut une belle aventure. Des rues de Berlin en révolte aux mouvements radicaux américains (1918-1934), L'échappée, Paris, 2013.
Les limites de l'intégration. L'homme unidimensionnel dans la société de classe, Éditions Grevis, Caen, 2021. [ce texte figure aussi dans l'anthologie Intégration capitaliste et rupture ouvrière, 1972]
Recueils
Certains articles de Paul Mattick apparaissent (avec ceux d'autres auteurs) dans le recueil La contre-révolution bureaucratique (1973) et dans l'anthologie Intégration capitaliste et rupture ouvrière (1972). Les éditions Spartacus ont édité un essai de Paul Mattick intitulé «Otto Rühle et le mouvement ouvrier allemand» (in Otto Rühle, Fascisme brun, fascisme rouge). Un autre texte de Mattick sert de préface au livre Lénine philosophe d'Anton Pannekoek. Finalement, un article de Mattick intitulé «Le Capitalisme monopoliste d'État» est paru dans la revue Spartacus, n° 3 (juillet-).
Préface au livre de Henryk Grossmann, Marx, l'économie politique classique et le problème de la dynamique, traduit de l'allemand par Charles Goldblum, Paris, éditions Champ libre, 1975; nouvelle édition établie par Robert Ferro & Éric Sevault, Toulouse, Smolny, 2026.
Préface au livre d'Otto Rühle, La révolution n'est pas une affaire de parti, Entremonde, Genève, 2010.
Outre l'article qui lui est consacré, on trouvera également dans cet ouvrage une bibliographie toutes langues de Paul Mattick, ainsi que des extraits de Marx et Keynes (1969), Crises et théories des crises (1974) et Capitalisme et écologie (1976).
↑Roth, Gary (2015). Marxism in a Lost Century: A Biography of Paul Mattick. Historical Materialism Book Series. Vol.80. Leiden: Brill. ISBN978-90-04-22779-8.