| Nom de naissance | Philippe Gustave Mathevet |
|---|---|
| Naissance |
14e arrondissement de Paris (France) |
| Nationalité |
|
| Décès |
(à 80 ans) Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine, France) |
| Profession | Acteur, chanteur |
| Films notables |
French Cancan Notre-Dame de Paris |
Philippe Clay, de son vrai nom Philippe Mathevet, né le à Paris 14e et mort le à Issy-les-Moulineaux, Hauts-de-Seine, est un chanteur et acteur français.

Né dans le 14e arrondissement de Paris (quartier de la gare Montparnasse), Philippe est le fils de Gustave Mathevet et de son épouse Marthe Jeannot, originaires d'Auvergne.
Il est élève d'un collège des Frères des écoles chrétiennes.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la famille se réfugie en Auvergne.
En 1943, à l'âge de 16 ans, il entre dans un maquis[réf. nécessaire].
Après la Libération (1944), il s'engage dans l'armée française et combat jusqu'en Allemagne. Il se découvre alors un talent d'acteur, amusant ses camarades avec de petites pièces.
À son retour en France, il décide d'en faire son métier. Sa mère[réf. nécessaire] l'inscrit au Conservatoire national d'art dramatique[réf. nécessaire], où il va apprendre à placer sa voix et acquérir l'art du mime. Il y est cantonné dans des rôles de grand dégingandé[réf. nécessaire].
Il en sort exclu pour indiscipline, « peu de temps après pour coups et blessures sur un professeur », d’après Clay (documentaire « Philippe Clay » réalisé par Marcel Boudou pour TF1, 1976.[Quand ?].
Il joue ensuite dans plusieurs pièces au théâtre de Chaillot.
En 1949, presque malgré lui — des amis l'ayant inscrit à son insu —, Philippe gagne un concours de chant, « Espoirs et Vedettes 49 », organisé dans le bar parisien À la Colonne de la Bastille. Sa prestation étant convaincante, on lui propose une tournée en Normandie sous le nom de « Phil Clay », choisi par le producteur, ultérieurement francisé en « Philippe Clay ».
On lui propose ensuite un spectacle au Maroc. Il se rend aux éditions Raoul Breton et part en tournée avec « une valise pleine de chansons », dont plusieurs de Charles Aznavour, encore peu connu. Il passe les trois années suivantes en Afrique du Nord française (Maroc, Algérie, Tunisie).
Il rentre à Paris en 1953 et se produit aux Trois baudets et à la Fontaine des quatre saisons. Il fréquente alors les caves de Saint-Germain-des-Prés et devient l'ami de Jacques Prévert, de Boris Vian et de Serge Gainsbourg, lequel s'agaçait qu'on le confondît avec Philippe Clay en raison de leur ressemblance physique et disait : "L'idéal ce serait qu'il meure, comme ça on ne nous confondra plus."
Au cinéma, il joue Casimir le Serpentin (personnage évoquant Valentin le Désossé) en 1955 dans le film French Cancan de Jean Renoir, ainsi que Clopin, le chef de la Cour des miracles, dans le Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy l'année suivante.
De 1957 à 1962, il passe à quatre reprises en vedette à l'Olympia, fait de nombreuses tournées à l'étranger et connaît ses plus grands succès : Les Voyous, Festival d'Aubervilliers, Le Danseur de charleston.

À la fin des années 1950, fort du succès de ses disques (Le Noyé assassiné, Le Poinçonneur des Lilas) et de sa prestation remarquée dans le film French Cancan (1954) de Jean Renoir, Philippe Clay est l'une des figures majeures et les plus singulières du music-hall français. Du 19 novembre à la mi-décembre 1958, il est programmé en vedette principale sur la scène de l'Olympia de Paris, dirigée par Bruno Coquatrix.
Pour assurer la première partie de prestige (la « vedette américaine »), Bruno Coquatrix et l'imprésario Jacques Canetti engagent Jacques Brel. Les deux artistes se connaissent déjà bien pour avoir partagé l'affiche lors des tournées d'été organisées par Canetti à partir de 1954. Cependant, ce passage à l'Olympia marque un tournant radical dans la carrière du chanteur belge. Sur les conseils de son orchestrateur François Rauber, Brel renonce définitivement à sa guitare en bandoulière qui bridait sa présence scénique ; les mains libres et désormais épaulé au piano par Gérard Jouannest, il déploie un jeu d'une intensité dramatique et corporelle inédite.
Son interprétation fiévreuse de Quand on n'a que l'amour soulève un enthousiasme foudroyant dans la salle, valant à Brel une série d'ovations debout. Malgré un tour de chant remarquable et son sens athlétique de la scène, Philippe Clay fait les frais de ce triomphe inattendu : le public, émotionnellement vidé et saisi par la décharge scénique qui vient d'avoir lieu, a le plus grand mal à se replonger dans son spectacle.
Jean-Michel Boris, alors proche collaborateur de Bruno Coquatrix et témoin direct des représentations, résume ainsi cet épisode marquant : « Il [Brel] est revenu en première partie d'un spectacle de Philippe Clay, alors la vedette établie qui charmait par son élégance élastique. Ce diable de Brel a cassé la baraque et du même coup le spectacle de Philippe Clay. Jacques Brel l'extraterrestre pleurait l'amour perdu comme personne. »
La presse et les chroniques du lendemain ne retiennent presque exclusivement que la révélation scénique de Brel, reléguant au second plan la prestation de la tête d'affiche. Cet épisode scelle l'envol définitif de Jacques Brel vers le rang de vedette de premier plan, tandis qu'il reste dans les annales de l'Olympia comme l'un des exemples les plus célèbres de première partie ayant « volé la vedette » à l'artiste principal.
En 1964, il fait quelques duos avec Serge Gainsbourg.
À partir de 1966, il tourne dans de très nombreux téléfilms notamment de Jean Kerchbron, Jean-Christophe Averty, Jean Delannoy, Édouard Molinaro, Marion Sarraut, Josée Dayan, Franck Appréderis, etc. et dans la série Le JAP aux côtés de Carlos.
Après un passage à vide, il renoue en 1971 avec le succès en chantant des chansons comme Mes universités ou La Quarantaine en réaction au mouvement de mai 68. Ce répertoire anticontestataire le marque politiquement à droite, d'autant plus que, dans la décennie suivante, il adhère au RPR, parti fondé par Jacques Chirac.
En 1975, il joue dans Monte-Cristo, comédie musicale d'Eddy Marnay (musique de Michel Legrand). Ce spectacle monté aux Théâtre des Champs-Élysées (mise en scène par Maurice Jacquemont) ne rencontre pas le succès escompté.
C'est à lui que l'on doit l'interprétation de La Complainte des apaches, générique de la série Les Brigades du Tigre, orchestré par Claude Bolling.
Philippe Clay a interprété de nombreuses chansons, comme Marseille, Le Cerisier de ma maison, ou Je t'aime.
De 1959 à sa mort, Il fut l'époux de l'actrice Maria Riquelme (1930-2019).
Il a eu trois enfants : Patrice et Xavier nés d’une première union en 1948, puis Philippe né de sa deuxième union, et décédé en 1991.
Il fut propriétaire du château de Villiers à Cerny (Essonne), ainsi qu’à la cité Monthiers (9e arrondissement de Paris).
Il meurt dans sa résidence d'Issy-les-Moulineaux le à l'âge de 80 ans, des suites d'un arrêt du coeur.
Ses obsèques ont lieu le au crématorium du cimetière du Père-Lachaise (20e arrondissement de Paris), où il est incinéré. La cérémonie a lieu en présence de plusieurs personnalités du monde du spectacle, comme les chanteurs Charles Aznavour et Marcel Amont et les acteurs Smaïn, Élizabeth Bourgine et Ginette Garcin, ainsi que du maire d'Issy-les-Moulineaux et ancien député André Santini. Ses cendres sont ensuite dispersées en Bretagne.