| Président Société médico-psychologique | |
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| Président Académie des sciences morales et politiques | |
| Directeur Laboratoire de psychologie pathologique (d) | |
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Auguste Marie (en) |
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| Nom de naissance |
Pierre Marie Félix Janet |
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Jules Janet (d) |
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Pierre Marie Félix Janet (né le à Paris et mort le dans la même ville, 7e arrondissement) est d'abord un philosophe puis un psychologue et enfin un médecin français.
C'est une figure majeure de la psychologie française de la fin du XIXe siècle, et de la première moitié du siècle suivant. Il crée le terme de subconscient. Son modèle de l'inconscient attribue un rôle déterminant au traumatisme psychique dans l'amnésie et la dissociation des souvenirs. Il connaît dans les années 2000 un succès important chez les spécialistes américains du stress post-traumatique.
« Janet fut probablement le théoricien de l'hypnose et l'hypnothérapeute le plus intéressant de cette époque. »

Il passe son enfance au 5 allée Gabrielle d'Estrée à Bourg la Reine[source insuffisante]. Neveu du philosophe Paul Janet, Pierre Janet suit les conseils de son maître Théodule Ribot de se former simultanément en philosophie (seul cursus de psychologie à l’époque) et en médecine (la neurologie abordant aussi des questions psychologiques). Normalien, il est agrégé de philosophie en 1882, docteur en philosophie en 1889 (L’automatisme psychologique) et docteur en médecine en 1893 (Contribution à l’étude des accidents mentaux chez les hystériques).
En 1889, le neurologue Jean-Martin Charcot lui confie la direction du laboratoire de psychologie de la Salpêtrière, qu’il gardera jusqu’à sa dissolution par Jules Dejerine en 1910. Il fonde avec Georges Dumas le Journal de psychologie normale et pathologique (1904) et la Société de psychologie (1901), qui deviendra en 1941 et jusqu’à nos jours la Société française de psychologie. Après quelques années d’enseignement de la philosophie en lycée et à la Sorbonne, il remplace Ribot puis lui succède au Collège de France, où il occupe la chaire de psychologie expérimentale et comparée de 1902 à 1934. Il se marie en 1894 avec Marguerite Duchesne (1872-1943), dont il aura trois enfants, Hélène (qui épousera le psychanalyste Édouard Pichon), Fanny et Michel. Pierre Janet est reçu à l’Institut de France en 1923 (Académie des sciences morales et politiques) au fauteuil du philosophe Alfred Fouillée. En 1929, il préside la Société médico-psychologique – toujours active de nos jours –, où il avait été admis dès 1894.
Sa méthode d’investigation psychologique suit une démarche clinique expérimentale dans laquelle il recourt à l'hypnose avec des sujets reçus dans le cadre psychiatrique. C’est pourquoi, en sus de ses recherches psychologiques, il publie aussi d’abondants travaux de psychopathologie : paradoxalement, c’est cette partie psychiatrique de son œuvre qui est actuellement la plus utilisée, tandis que sa psychologie reste encore sous-exploitée.
Janet devient l'ami et l'interlocuteur des principaux aliénistes, psychologues et philosophes de son temps (par exemple William James et Henri Bergson). La plupart des grands psychologues et psychiatres de la génération suivante se réfèrent à ses résultats, ainsi Henri Baruk, Léon Chertok, Jean Delay, Henri Ey, Ignace Meyerson, Eugène Minkowski, Jean Piaget, Henri Piéron, Carl Gustav Jung et Henri Wallon.
En 1945, il est candidat malheureux à l'Académie française.
Il est enterré près de la maison de ses parents à Bourg-la-Reine, où, depuis 2004, sa tombe est fleurie et entretenue par les bons soins de la municipalité en partenariat avec l'Institut Pierre-Janet.
La célébration de son 150e anniversaire a été inscrite au catalogue national 2009 du ministère de la Culture.
Au Collège de France, Pierre Janet succède à Théodule Ribot à la chaire de psychologie expérimentale et comparée, qu'il occupe de 1902 à 1934. Les annuaires du Collège de France donnent les résumés de ces cours. Ils ont été publiés dans les Leçons au Collège de France en 2004 chez L'Harmattan. Le tableau suivant en donne les intitulés et fournit un aperçu de la diversité des thèmes abordés par Pierre Janet sur plus de trente années.
| Année | Intitulé |
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| 1901–1902 | L’étude expérimentale et comparée de la fatigue |
| 1902–1903 | Les émotions et les oscillations du niveau mental |
| 1903–1904 | L’étude expérimentale et comparée des conditions de la conscience |
| 1904–1905 | Les conditions psychologiques des mouvements des membres |
| 1905–1906 | Les modifications de la conscience dans les névroses hystériques |
| 1906–1907 | Les modifications de la conscience dans les névroses psychasthéniques |
| 1907–1908 | L’analyse psychologique et la critique des méthodes de psychothérapie |
| 1908–1909 | L’analyse des émotions et des sentiments |
| 1909–1910 | L’analyse des tendances et les lois de leur réalisation |
| 1910–1911 | L’analyse de la perception du monde extérieur |
| 1911–1912 | Des tendances sociales et du langage |
| 1912–1913 | Les tendances intellectuelles élémentaires et les idées générales |
| 1913–1914 | Les tendances intellectuelles relatives à la recherche de la vérité |
| 1914–1915 | Les tendances rationnelles qui imposent des lois à la conduite et à la croyance |
| 1915–1916 | Les tendances industrielles et la recherche de l’explication |
| 1916–1917 | Les degrés de l’activation des tendances |
| 1917–1918 | Les degrés de l’activité psychologique |
| 1918–1919 | Les oscillations de l’activité psychologique (I) |
| 1919–1920 | Les oscillations de l’activité psychologique (II) |
| 1920–1921 | Les formes successives de la personnalité au cours de l’évolution psychologique |
| 1921–1922 | L’évolution des conduites morales et religieuses |
| 1922–1923 | L’évolution de la mémoire et de la notion du temps |
| 1923–1924 | Les sentiments simples qui accompagnent l’action, la tristesse et la joie |
| 1924–1925 | Les sentiments sociaux affectifs, l’amour et la haine |
| 1925–1926 | Les stades de l’évolution psychologique |
| 1926–1927 | L’étude de la pensée intérieure et de ses troubles |
| 1927–1928 | L’évolution de la mémoire et de la notion du temps |
| 1928–1929 | L’évolution psychologique de la notion de personnalité |
| 1929–1930 | La faiblesse et la force psychologiques |
| 1930–1931 | Les délires d’influence et les sentiments sociaux |
| 1931–1932 | Les conduites intellectuelles élémentaires |
| 1932–1933 | La conduite de la croyance |
| 1933–1934 | Les oscillations de l’esprit |
« Les travaux de Théodule Ribot et de son successeur Pierre Janet, ceux d’Alfred Binet et de son successeur, Henri Piéron, ne sont pas seulement une gloire pour la psychologie française. Les résultats acquis ainsi que l’esprit et les méthodes représentés par ces maîtres sont plus vivants que jamais, malgré le désarroi du monde contemporain et tous les chercheurs ainsi que tous les éducateurs en sont redevables de près ou de loin. La méthode pathologique inaugurée par Ribot s’est doublée avec Pierre Janet, d’une analyse génétique dont tous les psychologues de l’enfance sont aujourd’hui tributaires. »
Adresse du Bureau international d’éducation pour le Centenaire de Théodule Ribot et du jubilé de la psychologie scientifique française en 1939.

La psychologie des conduites de Pierre Janet est une synthèse expérimentale des champs correspondant de nos jours à la psychologie cognitive (perception, motricité, raisonnement, attention, mémoire), la psychologie sociale (représentations) et la psychologie dynamique, dont il est le fondateur, cette dernière spécialisation ayant disparu de la recherche universitaire comme domaine autonome (effet des variations de force et de fatigue sur la personnalité). Il est possible de distinguer trois de ses apports à la psychologie expérimentale.
Janet s'emploie tout au long de sa carrière à définir les types et les propriétés des émotions, dans le cadre d'une modélisation des rapports entre l’émotion et l’action (l'émotion est ce qu’il appelle « sentiments », tandis que ses « émotions » sont ce qu’on appelle aujourd’hui les chocs émotionnels). Actions secondaires de régulation de l’acte principal (diminutions ou amplifications), les émotions donnent les degrés du « sentiment du réel » et ajustent l’acte à la pertinence du contexte. La quantité et le contenu des émotions dépendent principalement de la force ou fatigue du sujet, donc de sa capacité à entreprendre, perfectionner et achever ses actions : des actions efficaces produisent des émotions correspondant bien à la situation, par exemple être triste à un enterrement, gai à une fête, générant dans les deux cas l’impression de vivre pleinement l’instant présent (« présentification »). Des actions entravées produisent des émotions décalées, par exemple être sombre tout le temps, être gai dans des situations graves (cas rares mais spectaculaires), ou ne plus ressentir d’émotions du tout : « Ils ont bien du bonheur, d’être malheureux, mes voisins ! » déplore une patiente si affaiblie qu’après avoir déjà perdu tous les sentiments de joie, elle ne parvient même plus à ressentir ceux de tristesse.

Janet s'opposait aussi à Freud sur la question de la place que ce dernier accordait à la sexualité dans les troubles psychologiques et de manière plus générale comme moteur des activités humaines. Pierre Janet avait préfacé l'ouvrage de Richard von Krafft-Ebing avec ces propos : « Les troubles innombrables de ces conduites sexuelles ont des conséquences graves, non seulement pour la santé physique et morale de l'individu, mais encore pour la vie et le bonheur des autres; ils donnent naissance à toutes sortes de problèmes juridiques à propos desquels la compétence dans ces questions très spéciales est indispensable ».
La psychologie dynamique rend compte des effets cognitifs, car c’est la force disponible pour les actions qui détermine la quantité et la qualité des pensées et des paroles, et non pas les pensées qui orientent les actes :

Pierre Janet s'attache à montrer expérimentalement l’effet de la force et de la fatigue (niveau dynamique) sur la « synthèse » (niveau cognitif). La synthèse est le processus cognitif de maintenir simultanément à l’esprit plusieurs perceptions et idées. Elle détermine l’étendue du « champ de conscience », ensemble des phénomènes psychologiques temporairement groupés. La synthèse est augmentée par la force (qui s’observe au nombre et à la qualité des actions, ainsi qu’aux rapports actions/idées/émotions), et est réduite par une faiblesse temporaire (oscillation circadienne, traumatisme, maladie) ou stable (enfants, adultes en mal-être chronique).
Un champ de conscience étroit sera saturé par une seule perception ou idée (ou un très petit nombre), toute la conduite l’exprimant alors sans retenue. Les formes courantes de cet effet sont :
Un champ de conscience large maintiendra assemblées à l’esprit plusieurs perceptions et idées différentes : la conduite reflétera alors une délibération entre ces possibilités variées. L’idée/action retenue sera modérée dans son expression par la pondération des autres idées non exprimées mais présentes à l’esprit. La conduite est plus stable et s’ajuste aux éléments complexes de chaque situation. Les formes courantes de cet effet sont :
Pierre Janet va également résumer de façon saisissante, dans le premier volume de son livre De l'angoisse à l'extase, publié en 1926, sa psychologie de la conduite humaine à travers l'observation très vivante d'une grande névropathe. Les diverses études rassemblées dans ce livre ont en effet pour centre l'observation d'une femme, Pauline Lair Lamotte se rebaptisant elle-même Madeleine Le Bouc, que Janet suivra pendant vingt-deux ans. Si la première partie de l'ouvrage est toute consacrée à l'étude du cas Madeleine, la deuxième partie est centrée sur l'étude des croyances. Enfin, la troisième partie ramène le lecteur à l'interprétation des troubles de sa malade. Il examine chez elle l'état psychasthénique fondamental avec les doutes et les obsessions et essaye de retrouver dans ses délires en apparence si variés les traits caractéristiques du délire psychasthénique.
Dans ses Tropismes, publiés pour la première fois par Denoël en 1939, Nathalie Sarraute effectue une critique tacite de l'activité psychologique de Pierre Janet dans le domaine de la littérature. En effet, sans nommer Janet, Sarraute présente, dans le Tropisme XII, un célèbre professeur au Collège de France qui se plaît à « farfouiller, avec la dignité des gestes professionnels, d'une main implacable et experte, dans les dessous de Proust ou de Rimbaud » ; et, « étalant aux yeux de son public très attentif leurs prétendus miracles, leurs mystères, il expliquait "leur cas" ». La ressemblance entre ce personnage anonyme et Pierre Janet est aussi physique : « Avec son petit œil perçant et malicieux, sa cravate toute faite et sa barbe carrée, il ressemblait énormément au Monsieur peint sur les réclames, qui recommande en souriant, le doigt levé : Saponite – la bonne lessive, ou bien la Salamandre modèle : économie, sécurité, confort. » Une telle comparaison renforce la satire livrée par l'auteure dans ce texte.