
Le Plan Pabst (Allemand : Neue deutsche Stadt Warschau, Français : Nouvelle ville Allemande de Varsovie) était un plan d'urbanisme de l'Allemagne nazie visant à reconstruire la ville de Varsovie en une ville germaniser sur le modèle nazie. Baptisé d'après son créateur Friedrich Pabst, dont il était l'« architecte en chef de Varsovie », le plan supposait que Varsovie, la capitale historique de la Pologne avec ses 1,5 million d'habitants, serait complètement détruite et reconstruite comme une petite ville allemande de 130 000 habitants.
Dans les ouvrages d'histoire modernes, le terme "Plan Pabst" est utilisé pour désigner l'un des plans allemands de la Seconde Guerre mondiale concernant la destruction et la reconstruction de Varsovie. Il fait notamment référence à un plan préparé par Hubert Gross et Otto Nurnberger en 1940 et à un autre plan, préparé par Pabst lui-même en 1942. Les deux plans prévoyaient la destruction de la majeure partie de Varsovie, avec ses monuments historiques et ses zones résidentielles. À sa place, une nouvelle ville modèle devait être créée pour servir de siège à la classe dirigeante allemande des territoires polonais occupés. Il devait abriter une grande Parteivolkshalle (« Salle du parti populaire ») à la place du château royal de Varsovie et servir de hub majeurs des transports.
Après l'insurrection de Varsovie de 1944, les Allemands décidèrent de détruire purement et simplement la ville dans son intégralité, non comme simple vengeance, mais comme attaque contre l'identité polonaise, alors que l'insurrection n'était que l'un des derniers symptômes des défaites sur le front de l'Est. À tel point que l'Armée rouge se trouvait sur la rive gauche de la Vistule.
La destruction quasi totale en 1944 de la ville était déjà planifiée, avant même le début de la Seconde Guerre mondiale. Le 20 juin 1939, alors qu'Adolf Hitler visitait un cabinet d'architectes à Wurtzbourg, son attention fut captivée par un projet de création d'une future ville « allemande » de Varsovie ( Allemand: Warschau, Polonais: Warszawa),[réf. nécessaire] qui sera plus tard connu sous le nom de plan Pabst. Friedrich Pabst a élaboré un plan technique pour l'anéantissement de Varsovie et le nettoyage ethnique complet de sa population polonaise local, les Juifs polonais étant condamnés à être les premiers à être exterminés. Il prévoyait la transformation de la capitale polonaise en une nouvelle ville de province allemande, abritant une population exclusivement allemande de 130 000 personnes sur la rive gauche, soutenue par un camp de travail forcé de 80 000 Polonais sur la rive droite de la Vistule. La population totale de Varsovie en 1935 était d'environ 1,3 million d'habitants, composée de Polonais, de Juifs et ainsi que d'autres minorités, signifiant que la mise en œuvre du nouveau plan d'urbanisation nécessiterait le déplacement complet de toute sa population. Le projet comprenait 15 plans et photos distincts, ainsi qu'une documentation de pré-construction complète. Parmi toutes les pages du projet, la plus importante est un plan en couleur de la future ville, créé par des architectes allemands à l'échelle 1:20 000 et intitulé Die neue deutsche Stadt Warschau (Varsovie, la Nouvelle Ville Allemande/Germanisé). Le point finale portait le titre Der Abbau der Polenstadt und der Aufbau der Deutschen Stadt (La Destruction de la Ville Polonaise et la Construction de la Ville Allemande/Germanisé).
Certaines parties du projet, qui illustraient le développement urbain de Varsovie de la seconde moitié du XVIIe siècle jusqu'en 1935, étaient basées sur des documents polonais de la même années et vraisemblablement sur des sources scientifiques préparées pour le projet « Développement Territorial des Communications et des Transports de Varsovie » par le professeur O. Sosnowski. Toutes ces sources avaient été habilement extraites bien avant la guerre. Ainsi dés sont début, grâce à une tromperie allemande fondée sur le faux prétexte de mener des recherches scientifiques, les planificateurs allemands avaient dissimulé le programme nécessaire à l'élaboration d'un tel plan. Des universitaires, historiens, conservateurs et professeurs d'architecture allemands, ainsi que d'autres experts, ayant été sollicités pour répertorier :
Le projet de « Varsovie Allemande/Germanisé » prévoyait ainsi la construction au carrefour des réseaux routiers et ferroviaires au normes Allemandes. Et devait couvrir un 6 km² de surface bâtie dans Varsovie même, 1 km² sur le vieux district de Prague, datant de plusieurs siècles, pour un total d'une superficie de 7 km², ainsi que 15 km² de parcs et d'espaces verts km². Les 7 km² de superficie des bâtiments ne représentait que 1/20 de celle de la capitale polonaise de l'époque et était très différent du réseau routier existant en 1939. Tout le centre-ville devait être aménagé selon un réseau de rues étroites et pittoresques, ressemblant à l'urbanisme d'une ville allemande typique. Les avenues modernes et larges de la capitale polonaise (comme Marszałkowska, Twarda, Mokotowska, Dzika, Oś Saska, Oś Stanisławowska) auraient été effacées à jamais avec tous leurs bâtiments et palais. Seuls subsistent les vestiges du quartier de la vieille ville (sans le Palais Royal). Le Palais Łazienki, et Palais du Belvédère, et des parties modifiées des bâtiments situés au bord de la Vistule auraient été préservées.

Après le début des opérations militaires et la chute de la ville aux mains des Allemands, le projet fuit mis à jour, en intégrant la destruction partielle de la ville lors de l'offensive de septembre 1939. Le projet allait bientôt être intégré au plan global de germanisation de l'Est Européen,Generalplan Ost, comprenant des actions génocidaire.
Le 8 octobre 1939, les régions occidentales de la Pologne furent annexées par le Troisième Reich, et le 12 octobre 1939, les régions centrales de la Pologne furent quant à elle intégrées au Gouvernement général par les décrets d'Hitler. La capitale du gouvernement a été placée à Cracovie pour des raisons de sécurité. L'élite allemande occupante craignant une Varsovie indomptée.
Le plan devait être mis en œuvre en plusieurs étapes. L'une des étapes du plan, intitulée « Démolition de la Ville Polonaise et Construction de la Ville Allemande/Germanisé » (Abbau der Polen-Stadt und der Aufbau der Deutschen Stadt), comprenait une liste des centres de vie de Varsovie destinés à la destruction, classés par ordre chronologique en fonction de la date de liquidation prévue. Les urbanistes ont également décidé d'utiliser les destructions causées par les bombardements et les incendies lors de la prise de la ville en septembre 1939 comme prétexte pour les changements urbanistiques. Une autre partie du plan comprenait une carte détaillée des destructions prévues, montrant que presque tous les bâtiments avaient été détruits par coïncidence, conformément au plan initial. En réalité, seuls 10 % des bâtiments furent détruits en 1939, avec un bilan total de pertes civiles et militaires d'environ 12 000 morts et 66 000 blessés.
Dans le « Petit Plan » (Kleine Planung), la population de Varsovie devait être limitée à 500 000 personnes. Le premier groupe touché par cette mesure fut la population juive de Varsovie, que les planificateurs allemands supposaient être déplacée (Judenaussiedlung) d'ne zone d'environ 4,82 km² et relogée de force dans un « quartier juif » ( Judenviertel ) qui ne représentait que 30 % de la taille, soit 1,43 km² entouré de murs et de tours de guet. En 1940, les nazis ont transformé la partie nord du centre-ville de Varsovie en ghetto. Il était conçu pour accueillir environ 30 000 habitants de la capitale d'origine juive ; cependant, il a finalement abrité près de 400 000 personnes vivant dans des conditions déplorables. L'étape suivante pour réduire la population initiale de la ville consistait en le déplacement systématique des personnes capturées et destinées soit au travail forcé dans le Troisième Reich, soit à l'extermination dans les camps de concentration et de travail. Dès 1940, tous les habitants de Varsovie étaient soumis à des rafles (łapanki) et à des fusillades de masse dans les rues. Près de 250 000 civils ont finalement été assassinés de cette manière. Des plaques commémoratives sont encore visibles aujourd'hui dans tout Varsovie, commémorant ce programme indiscriminé de nettoyage ethnique d'hommes, de femmes et d'enfants. Ceux qui n'ont pas réussi à s'échapper de la vile ont été envoyés dans les camps de la mort d'Auschwitz, de Majdanek, ou contraints au travail forcé en Allemagne. Parmi les 2,857,500 Polonais travaillant comme main-d'œuvre esclave dans le Troisième Reich pendant la Seconde Guerre mondiale, un pourcentage important était composé d'habitants de Varsovie et de sa province.

Le 6 février 1940, le maire allemand de la ville offrit un cadeau inhabituel à Hans Frank, gouverneur général des territoires polonais occupés. Le cadeau consistait en une documentation complète de la nouvelle ville allemande/germanisé de Varsovie (Neue deutsche Stadt Warschau), le Plan dit Pabst, préparé par les architectes allemands Hubert Gross et Otto Nurnberger.
De juillet 1943 à juillet 1944, les prisonniers du camp de concentration de Varsovie ont été chargés de déblayer 2,6 millions de mètres cubes de décombres afin de transformer l'ancien ghetto de Varsovie en parc.