
Les ports antiques sont les premières installations portuaires apparues avec le développement de la marine. Ils sont attestés chez les Grecs et les Romains, mais aussi chez les Puniques, chez les Minoens, en Égypte antique.
À la suite de Richard Lefebvre des Noëttes qui niait toute possibilité pour la marine antique de pouvoir naviguer loin des côtes et d’avoir un tonnage d’une certaine importance, on a longtemps pensé que les premiers ports n’étaient que de simples plages d’échouage, les bateaux étant chaque soir tirés au sec. On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien. Très tôt, on cherche à aménager des abris naturels afin d’en augmenter les qualités : protection contre les fureurs du large, bonne exposition par rapport aux vents pour faciliter l’entrée et la sortie des navires. Ces dispositions naturelles sont donc essentielles dans le choix d’un site, tout comme les conditions économiques (proximité d’une grande ville et de voies terrestres et fluviales). Aussi, les Anciens n’hésitent pas à créer des ports artificiels qui, avec l’augmentation des capacités nautiques, répondent aux nécessités économiques.
Il y a, dans le monde antique, différentes catégories de ports que l'on peut tenter de classer en fonction des civilisations, de leur taille ou de leur fonction.

On peut établir une typologie des ports antiques en fonction des civilisations :
On peut distinguer les petits et les grands ports :
On peut distinguer les ports militaires des ports commerciaux, mais le plus souvent, pour une question de coût, les ports antiques ne peuvent être uniquement « militaires » (à l’usage exclusif de la flotte de guerre) et tout port « civil » peut donc devenir temporairement une base navale en accueillant des navires de combat. La création de ports exclusivement militaires est extrêmement rare dans l’Antiquité et les seuls exemples, en dehors de tout complexe portuaire préexistant, sont ceux du cap Misène.
Les navires commerciaux grecs et romains ont habituellement besoin d’un port équipé pour pouvoir se mettre à l’abri, faire leurs livraisons et effectuer des réparations durant la mauvaise saison.
Les grands ports peuvent posséder un ou plusieurs bassins :
Brise-lames, jetées et quais sont nécessaires pour faciliter le transbordement en toute sécurité des marchandises jusqu'à la côte.
De nombreuses installations sont essentielles au bon fonctionnement des activités portuaires. Dans le monde romain, on trouve dans les ports des entrepôts (horrea), qui peuvent être parfois spécialisés pour tel ou tel produit, une capitainerie du port et des bâtiments pour le service de l’annone, des casernes et corps de garde des troupes assurant la sécurité, des stationnes de commerçants, des locaux de corporations du port, une bourse, des hôtels et des établissements plus ou moins mal famés, etc.. Les phares et les tours-balises indiquent l’accès à la rade.
Le port est, pour les Anciens, un ensemble monumental. Ce caractère architectural, comme l’a montré Jean Rougé, est présent dès l’entrée et la porte de la mer est, selon son expression, « une porte quasi triomphale ». Vitruve rappelle que la passe qui conduit à l’intérieur du port se trouve encadrée par deux tours élevées à l’extrémité des jetées : elles ont certes une valeur maritime (elles indiquent au navigateurs venant de la mer où se trouve exactement la passe, et de nuit un feu peut y être disposé) et militaire (on y tend des chaînes pour fermer le port), mais elles possèdent une valeur décorative certaine. Ce souci de monumentalité est très perceptible dans la description que fait Flavius Josèphe du port de Césarée de Palestine :
« L’entrée du port était au Nord, car dans cette région c’est le vent du Nord qui est le plus calme ; au goulet sur chaque côté, trois colosses adossés à des colonnes : ceux de gauche quand on entre sont supportés par une tour massive et ceux de droite par deux blocs de pierre dressés et reliés entre eux, dont la hauteur dépasse celle de la tour qui s’élève sur l’autre bord. »
Certains aménagements portuaires à vocation utilitaire peuvent être surmontés de statues mais aussi d’arcs monumentaux, comme la grande jetée du port de Pouzzoles : ce brise-lames artificiel de 372 mètres de long construit en pleine mer sur des piles carrées, supporte deux arcs de triomphe (l’un orné à son sommet de quatre Tritons marins, l’autre d’un quadrige tirant probablement Neptune) et deux colonnes ornées de statues montrant l’entrée du port. Il faut ajouter à ces monuments les portiques qui courent tout le long des jetées et des quais, les temples et les monuments qui, au fond du port ou le dominant, contribuent à rehausser la beauté de l’ensemble.
Dans ce souci de monumentalité, le phare est un élément essentiel, et on cherche sans doute durant tout l'Antiquité à égaler celui d'Alexandrie.
Les ports fluviaux doivent répondre à deux impératifs : abriter les bateaux des dangers naturels de la rivière (crues, embâcles) et offrir de bonnes dispositions pour le transit des marchandises.
On peut distinguer différents types d'installations (parfois nommées Portus) d'après leurs situations géographiques :
Pour les villes représentant un marché attirant pour les gens d'affaires et drainant une quantité importante de marchandises, des travaux d'aménagement peuvent être réalisés : construction de quais pour les opérations de manutention, d'entrepôts pour le stockage, de locaux pour le personnel portuaire, etc. Ainsi, les plus grands ports possèdent des quais, des pontons et peut-être des plates-formes flottantes, ainsi que des entrepôts (horrea). Dans les ports plus modestes, on trouve des baraques en planches (canabae).