
À l'origine, un pupitre est un élément de mobilier muni d'un plan incliné permettant de maintenir ouvert un document afin de pouvoir lire, écrire ou tout au moins faciliter sa consultation.
Ce mot est devenu très courant en musique et revêt plusieurs sens :
Au milieu du Moyen Âge, dès que la musique occidentale savante a systématisé l'usage de la notation, le pupitre a désigné un meuble servant à soutenir une partition, afin d'en permettre la lecture.
Le pupitre peut métaphoriquement désigner la place du chef d'orchestre. Ainsi, à la radio, le commentateur utilisera parfois l'expression : « l'orchestre X, avec Y au pupitre ».
Dans un ensemble musical, un pupitre est un groupe de musiciens qui exécute la même partie d'une œuvre, comme les ténors dans une chorale ou les deuxièmes violons dans un orchestre symphonique. Par extension, on parle aussi de la « partie des cordes », « des cuivres » ou encore « des bois » (un ensemble d'instruments qui appartiennent à la même famille).
Le concept de « musicien dans un pupitre » s'oppose donc au concept de soliste, qui par définition, exécute seul sa partie musicale. C'est au cours du XVIIIe siècle que cette distinction s'est opérée. Dans la musique instrumentale, cette opposition a produit, d'un côté, la musique symphonique — exécutée par des musiciens organisés en pupitres —, de l'autre, la musique de chambre — exécutée par des solistes. Dans la musique lyrique, ou plus largement, dans la musique vocale, le même type de spécialisation s'est réalisée, à peu près la même époque, entre le chanteur soliste et le choriste.
Il peut arriver toutefois que, dans un ensemble instrumental, certains musiciens soient seuls à réaliser leur partie. C'est le cas par exemple, d'un percussionniste dans un orchestre symphonique. Ou encore, dans un orchestre baroque, le cas des musiciens exécutant la basse continue — souvent un clavecin et un violoncelle. Cependant, ceux-ci ne sont généralement pas considérés comme des solistes, parce que la partie musicale qui leur est confiée n'est pas un élément de premier plan, mais un accompagnement ou un simple accessoire — instruments à effet, instruments purement rythmiques...
Il peut arriver également qu'au cours d'une pièce musicale, les musiciens d'un même pupitre aient à exécuter non pas une seule partie, mais deux ou davantage : dans ce cas, il est opéré une division temporaire du pupitre en autant de sous-pupitres que nécessaire. Dans une telle hypothèse, les différents sous-pupitres sont numérotés depuis le haut vers le bas.