Radio pirate

REM Island était une plate-forme au large de la côte néerlandaise utilisée comme station de radio pirate en 1964 avant d'être démantelée par la Netherlands Marine Corp.

Une radio pirate est une station de radio émettant sans autorisation administrative. Ces émetteurs radio ont connu leur âge d'or lors de l'explosion de la culture pop, avant la naissance, en nombre, des radios libres (autorisées en France au début des années 1980), remplacées progressivement par des radios privées couvrant tout le territoire.

Historique

Au cours des années 1960, les radios pirates connaissent un essor important en Europe du Nord. Il s'agit alors généralement de radios associatives à la fois subversives et commerciales offshore, s'opposant au monopole d'État sur la radiodiffusion et émettant depuis les eaux internationales, échappant ainsi, en théorie du moins, aux réglementations en vigueur.

Les pays les plus affectés sont les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et le Danemark, les stations étant généralement installées en mer du Nord. Les plus emblématiques comme Radio Caroline ou Radio London, en proposant des programmes adaptés aux attentes de la jeunesse, jouent alors un rôle significatif dans l'essor de nouvelles formes de musique populaires, particulièrement de rock.

Entre 1969 et mai 1981, la France connait un phénomène similaire. Des actions gouvernementales répressives et l'évolution des législations, notamment avec la création du statut de « radio libre » sous la présidence de François Mitterrand (gouvernement Mauroy), restreignent peu à peu considérablement la diffusion de ces pratiques.

La Tunisie connait entre 2010 et 2014 à la suite de la Révolution de jasmin, le fleurissement de plusieurs radios pirates dans le grand Tunis et dans l'intérieur de la Tunisie.

Chronologie

Utilisation actuelle

Puisque la transmission FM sur la bande de 87 à 108 MHz n'a qu'une portée locale due à la propagation radio de la bande VHF utilisée, de nombreux émetteurs de radio pirate utilisent les ondes courtes pour atteindre la région désirée. Ils émettent généralement dans la bande des 60, 49, 41, ou 31 mètres principalement et en petites ondes sur le canal de 1 602 kHz de longueur d'onde 187 mètres.

Des radioécouteurs passionnés (« Short Wave Listeners », ou SWL) recensent précisément les fréquences et les heures d'émission sur des sites internet. Ces radios ont souvent des adresses postales situées hors du pays de diffusion, il est possible de leur écrire pour leur donner un rapport de réception, elles répondront en envoyant une carte QSL de remerciements, représentant l'image qu'elles veulent donner de leur radio.

Les pirates n'émettent la plupart du temps qu'en portable, durant une période courte, souvent une heure par mois uniquement, et disparaissent du lieu d'émission rapidement. En Europe, les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark sont parmi les pays les plus tolérants pour les radios pirates, considérant qu'elles n'occasionnent pas de brouillage aux services officiels de radiodiffusion, ni aux services de transmission des États qui eux ont abandonné les ondes courtes au profit des liaisons chiffrées par satellites[réf. nécessaire].

Cinéma et souvenirs

Notes et références

  1. 1 2 3 « Broadcasting » dans l'Encyclopædia Britannica, version en ligne consultable au 18 avril 2009.
  2. ↑ « Rock music » dans l'Encyclopædia Britannica.
  3. ↑ À ne pas confondre avec WUMS-FM (en) (92.1 FM, Rebel Radio), radio étudiante de l'université du Mississippi.
  4. ↑ Fabrice d'Almeida, Christian Delporte, Histoire des médias en France : de la grande guerre à nos jours, Flammarion, , p. 238.
  5. ↑ Jean Bénetière et Jacques Soncin, Au cœur des radios libres, Éditions L'Harmattan, , p. 34.
  6. ↑ Radios Pirates en Ondes Courtes.
  7. ↑ Ozap Actu audiences

Voir aussi

Une catégorie est consacrée à ce sujet : Radio pirate.

Articles connexes

Bibliographie

  • Harris, Paul, When pirates ruled the waves, Impulse book, 1968
  • Interférences, 1975-81, revue no 1 à 12
  • Harris, Paul, Broadcasting from the high seas, Billing & sons, 1977
  • La radio ? Mais c'est le diable !, collectif 1979
  • Libres antennes, écrans sauvages, Autrement, no 17, 1979
  • Yoder, Andrew R., Pirate radio stations, Tab books, 1990
  • Lesueur, Daniel, Pirates des ondes : Histoire des radios pirates au XXe siècle, Éditions L'Harmattan, 2002 (ISBN 2-7475-1989-9)
  • Marie Pujolas, « Interférences : l'aventure des radios pirates en bande-dessinée », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).

Liens externes