Restaurant Foyot

Restaurant Foyot
Présentation
Coordonnées 48° 50′ 59″ nord, 2° 20′ 15″ est
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse 33 rue de Tournon
Fondation 1767 [?]
Fermeture 1937
Vue du Restaurant Foyot, photographie d'Eugène Atget prise depuis la rue de Vaugirard (avant 1914, musée Carnavalet).

Le restaurant Foyot est un ancien restaurant et un hôtel parisien, qui était situé au 33, rue de Tournon, et qui a fermé en 1937.

Histoire

Le restaurant se situait en face du Sénat et à deux pas du Théâtre de l'Odéon, au croisement de la rue de Vaugirard.

Il doit son nom à son acquisition par le cuisinier personnel de Louis-Philippe Ier, après la Révolution de 1848. La mort de Foyot est annoncée le 3 octobre 1868 par la presse, présentant le restaurant comme un lieu fréquenté par des générations d'étudiants.

Avant 1848, il semble être déjà une table fréquentée par les gens du théâtre.

L'origine de ce lieu remonte en effet à l'ancien hôtel des Trois-Villes — dit ensuite de Tréville —, situé dans cet immeuble datant du XVIIIe siècle. Ce lieu appartenait au frère de Louis-Sébastien Mercier. Il reçut la visite de l'empereur Joseph II d'Autriche en avril 1777, qui préférait « loger dans un cabaret », et que l'établissement prit ensuite l'enseigne du dit empereur,. La vente de l'entresol à Foyot a été effectuée sous l'enseigne de l'hôtel de [l'empereur] Joseph-II par les époux Changy en février 1849 au plus tôt. Quant à l'hôtel, il demeure au dessus du restaurant, sous son nom impérial, jusque dans les années 1870-1880 — la militante féministe Josephine Butler y descend en avril 1880, occupant tout un étage —, les locaux étant repris ensuite par le restaurateur.

À l'instar de nombreux restaurants gastronomiques parisiens, le restaurant Foyot cuisine et sert des animaux du zoo du Jardin des plantes au cours du siège de Paris entre 1870 et 1871. Une anecdote raconte que le restaurant a auparavant monté un coup de publicité, dans lequel des ours vivants ont été mis en scène, et l'on a fait semblant de servir de la viande d'ours.

Le 21 juillet 1887, le restaurant est ravagé par un incendie.

En 1891, prend la direction de la cuisine, Léopold Mourier, figure phare de la gastronomie française de l'époque, auteur de nombreux plats portant le nom du restaurant, comme le pigeon Foyot, la côte de veau Foyot, et la sauce béarnaise, encore parfois appelée sauce Foyot.

Le restaurant fait la une des journaux lors de l'attentat à la bombe qui a lieu en 1894.

Durant la Première Guerre mondiale, l'armée américaine dispose du restaurant, et le Général Pershing a une salle à manger privée.

L'hôtel Foyot, situé au dessus du restaurant, a accueilli beaucoup des principaux intellectuels et artistes après 1918, comme George Santayana, T.S Eliot, Dorothy Parker, Joseph Roth ou Rainer Maria Rilke.

Un guide culinaire parisien anglophone datant de 1921 dit à son sujet : « Il y a très peu à dire d'une maison si célèbre que celle de Foyot [...]. Établie depuis plus d'un siècle, elle a su au fil des années maintenir son statut parmi les meilleurs restaurants de la capitale. La cuisine et la clientèle y sont bonne ; la cave à vin est remarquable. »

En avril 1931, le New Yorker qualifie un nouveau restaurant ouvrant dans le quartier de Midtown Manhattan, entre la 50e et la 59e Rue, de « Foyot dans les Fifties ».

Lors de sa fermeture en octobre 1937, le New York Times fait l'éloge du restaurant, en tant que véritable institution nationale pendant des décennies, et évoque la vente au enchères de sa célèbre cave.

L'immeuble d'origine qui abritait le restaurant et l'hôtel a été détruit en 1938 par la mairie de Paris, à la suite de mesures liées à l'urbanisme. Son ancien espace est occupé par le square Francis-Poulenc et la place Pierre-Dux.

Références

  1. 1 2 Frédéric (01) Auteur du texte Mayer, Restaurants of Paris and environs / by Frédéric Mayer,..., (lire en ligne)
  2. 1 2 (en) Daniel Pinka, Overheard in Seville: Bulletin of the George Santayana Society (40) : Memorandum by the Hyde Lecturer in France for 1905-06,
  3. ↑ « Nécrologie », in: L'Étendard, Paris, 3 octobre 1868, p. 3 — sur Retronews.
  4. ↑ Journal des débats, Paris, 13 juin 1831, p. 2 — sur Retronews.
  5. ↑ Francisque Bouillier, « Paris il y a cent ans d'après Sébastien Mercier », in: La Revue politique, Paris, 12 mai 1883, p. 13 — sur Retronews.
  6. ↑ Revue des cours littéraires de la France, Paris, 26 mai 1866, p. 9 — sur Retronews.
  7. ↑ Marcel Espiau, « Paris qui s'efface : Vieux de 150 ans, le restaurant Foyot disparaît... chassé par des mesures d'urbanisme », in: L'Échos de Paris, Paris, 18 octobre 1937, p. 1-2 — sur Retronews.
  8. 1 2 3 (en-US) E. Neville Hart, « The Passing of Foyot's; Paris Restaurant Known To Nation's Great Is Mourned by Gourmets », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le ) — article réservé aux abonnés.
  9. ↑ Le Droit, Paris, 16 février 1849, p. 4 — sur Retronews.
  10. ↑ Le Figaro, Paris, 10 avril 1880, p. 1 — sur Retronews.
  11. ↑ « Les Annales politiques et littéraires : revue populaire paraissant le dimanche / dir. Adolphe Brisson », sur Gallica, (consulté le )
  12. ↑ Gil Blas, Paris, 22 juillet 1887, p. 3 — sur Retronews.
  13. 1 2 Edmond Neirinck et Jean-Pierre Poulain(1988), Histoire de la cuisine et des cuisiniers. Techniques culinaires et pratiques de table, en France, du Moyen-Age à nos jours, J. Lanore, , p. 123
  14. ↑ « Léopold Mourier - Les Cuisiniers de France », sur https://www.cuisiniersdefrance.fr/ (consulté le )
  15. ↑ (en-US) Pierre Franey, « 60‐Minute Gourmet », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  16. ↑ (en-US) The New Yorker, « A Foyot’s in the Fifties—the French and the German—Perfection », The New Yorker,‎ (ISSN 0028-792X, lire en ligne, consulté le )