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Commandant Marc |
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Roger Pannequin, alias « commandant Marc », né le à Bully-les-Mines et mort le à Verberie, est un instituteur de la région Nord et un résistant des Francs-tireurs et partisans (FTP) de la première heure qui combattit l’occupation allemande. Ses livres, articles et témoignages dans la presse et à la télévision ont été abondamment cités par les historiens de la Résistance intérieure française et des années d'après-guerre, période où il fut le premier adjoint au maire de Lens, Auguste Lecœur, puis responsable de la Main-d’œuvre immigrée à la direction du Parti communiste français, fonction dont il est écarté au printemps 1951 malgré le fait qu'il ait été rapidement blanchi par la justice dans l'affaire Pronnier.
Fils d'un ouvrier ajusteur dans l'industrie minière, il étudie à l’École normale d’instituteurs d’Arras à partir de . Il adhère aux jeunesses socialistes, liées à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), alors que le Front populaire vient d'arriver au gouvernement. Il est proche de l'aile gauche du parti emmenée par Marceau Pivert.
Mobilisé au début de la Seconde Guerre mondiale, il est capturé par l'armée allemande après l'effondrement des lignes françaises mais réussit à s’évader avec un camarade. Début 1941, instituteur depuis peu, il entre en contact avec des militants communistes, parmi lesquels Julien Hapiot, qui commençaient à organiser la résistance dans le Nord-Pas-de-Calais, avec un PCF particulièrement impliqué dans le Pas-de-Calais. Il participe au tirage et à la distribution de tracts, à la collecte de matériel et d'argent, et à des sabotages. Il adhère au Parti communiste français (clandestin) au et rejoint le groupe de Charles Debarge avec lequel il participe à l’action armée contre l'occupant.
Il est arrêté le , soumis à la torture et condamné à cinq ans de travaux forcés. Il s'évade le et se réfugie brièvement en Belgique avant de revenir en France et de reprendre part à la résistance. Il est l'un des rédacteurs du Patriote du Pas-de-Calais et mène des attaques armées avec les Francs-tireurs et partisans (FTP). Il est arrêté une nouvelle fois le à Lens mais s'évade à nouveau le au cours d'un transfert, sous le pseudonyme de « Marc ». Il a la responsabilité des liaisons entre le Front national et les FTP dans les départements de l'Aisne, des Ardennes et de la Meuse. Ses multiples évasions font de lui l'un des résistants les plus recherchés.
Ses tortionnaires étaient en premier lieu le commissaire de police de Lens, André Dobbelaere, condamné à mort puis gracié à la Libération et son adjoint, lieutenant de gendarmerie Roger Fleurose, œuvrant tour à tour au commissariat de Lens ou dans les locaux de la gendarmerie. Les mêmes s’illustreront dans les tortures infligées à bien d’autres résistants du bassin minier, le plus notable étant l’instituteur d’Harnes, Henri Gouillard avant de les remettre à la Gestapo, Beaucoup de gendarmes impliqués dans la traque des résistants seront mutés dans la Sarre pendant les premières années de l'occupation française. Ils reviendront dans le bassin minier lors des grèves de 1947 et 1948.
Après la guerre, il est rapidement confronté au fait que les intérêts du Parti communiste priment sur ceux sur la Résistance, les anciens F.T.P. étant priés de rentrer dans les cadres.
À la libération de la France, qui voit le Parti communiste en position de force dans sa région, il est vice-président du Comité départemental de libération (CDL) du Pas-de-Calais et dirige le Comité de libération de Liévin.
Roger Pannequin fut désigné en à la Commission départementale d’enquête auprès des Comités de libération locaux sur le bilan de l’épuration, créée à l’initiative de la Commission de la justice du Conseil national de la Résistance.
Il représente son département à la réunion nationale à Paris des milices patriotiques et s'oppose à leur dissolution, au cours d'un accrochage violent avec Laurent Casanova, l'un des plus proches amis du leader du PCF Maurice Thorez.
Cependant, par la suite, il justifie dans Le Patriote du Pas-de-Calais des 9- la déclaration de Maurice Thorez sur l’illégalité des Milices patriotiques. Il représenta le CDL du Pas-de-Calais aux États Généraux de la Renaissance française et y fut le rapporteur pour le thème de la défense de la République et de la démocratie.
En 1945, il est élu sur la liste d'Auguste Lecœur dont il devient le premier adjoint à la mairie de Lens (Pas-de-Calais) et premier adjoint de la Fédération du Parti communiste français du Pas-de-Calais. C'est la première fois de l'histoire que le PCF gagne la mairie de la capitale du bassin minier, créant la surprise, mais en 1947, la liste d'Auguste Lecœur perd les élections municipales, à la suite d'un renversement d'alliance du Parti socialiste.
Lors des municipales de 1947, les deux premiers adjoints d'Auguste Lecœur, Louis Lambin et Roger Pannequin s'opposent à lui et à son secrétaire personnel Marcel Rolland, qui ils reprochent un tract de campagne disant « Bas les pattes » au candidat du parti socialiste à la mairie de Lens, le docteur Schaffner, combattant de la silicose, qui avait eu les mains brûlées par le radium.
Roger Pannequin suivit à l’hiver 1946-1947 les cours d'André Marty à l'École centrale du PCF en région parisienne, consacrée à des néophytes du communisme mais potentiels futurs cadres, généralement âgés de moins de trente ans, et célibataires. Il devint à sa sortie l'un des secrétaires de la Fédération du Pas-de-Calais du Parti communiste français, département où son ami René Camphin est salué en par une « explosion de joie », l'annonce de la révocation des ministres communistes, en pleine bataille du charbon, cette révocation semblant augurer d'un retour prochain et une position plus forte.
Son département sera ensuite en pointe dans les grèves de 1947 et la grève des mineurs de 1948. Dans ses mémoires publiés en deux tomes en 1976 et 1977, Roger Pannequin mentionne à plusieurs reprises que le tribunal de Béthune l'a condamné à six mois de prison ferme, après que la police l'a auditionné en 1948, dans le cadre d'une large enquête menée quelques mois après la grève . Il fait ainsi partie des dizaines de militants communistes condamnés à des peines de prison à l'issue des grèves de 1947-1948 et défendus par l'avocat Gaston Moithy, militant SFIO et maire-adjoint de Lille.
Il subit les réquisitions sévères du substitut du procureur, l'accusant d'avoir été impertinent lors de l'interrogatoire du juge d'instruction puis fait appel dans l'attente de la loi du 5 janvier 1951 portant amnistie, dont une disposition spéciale pour les anciens résistants prévoit qu'ils sont amnistiés, pour les actes accomplis dans l'intention de contribuer à la libération définitive de la France.
Auguste Lecœur, qui dirige de fait depuis 1949 la très importante « section d'organisation » du PCF, en doublure de Léon Mauvais, y fait entrer la même année son ami et voisin de Lens Roger Pannequin, qui devient salarié du PCF, l'un des cinq chargés de contrôler les fédérations départementales . Il dissimule dans sa biographie son passé pivertiste et occupe déjà cette fonction lorsqu'il assiste au match France-Yougoslavie , qualificatif pour la coupe du Monde au Brésil, censuré par l'Union française de l'information, sur ordre de la direction du PCF. Il y tente d'établir un contact avec son grand ami de la Résistance française, le colonel Ljubo Ilić, devenu un diplomate et assistant du ministre de la construction yougoslave, en trouvant, sans se faire prendre, le nom d'un supporter yougoslave dans le fichier établi par Jules Decaux, pour traquer les risques de titisme en France. Quinze jours après, un autre intermédiaire lui fait savoir qu'Ilic a renoncé à le revoir .
En , hébergé à l'hôtel d'Angleterre, cité Bergère à Paris, appartenant au PCF, comme de jeunes militants du Rassemblement démocratique africain (RDA), et l'un d'eux, le futur chef d'Etat Sékou Touré, le sauve d'une péritonite en le découvrant dans sa chambre en rentrant de spectacle une nuit de , l'hospitalisant en urgence dans la clinique du docteur Leibovici. Il est alors envoyé se reposer un mois à Menthon, dans un autre établissement discrêment contrôlé par le PCF, rue de la Maison russe, où il est placé sous la protection d'un autre pensionnaire, Lefebvre, ex membre des services de l'IC. Il visite fin décembre son vieil ami et nouveau voisin René Camphin, arrivé deux semaines plus tôt, après une congestion pulmonaire, surveiller ses poumons dans le préventorium de la maison des mineurs de Vence.
René Camphin refuse de le revoir, pour ne pas attirer l'attention. En discutant avec lui à Vence, Pannequin se fait la réflexion qu'il est bien plus intègre et efficace que leur ami commun Auguste Lecœur mais sans avoir percé aussi haut, et comprend les raisons de sa propre embauche au siège du PCF par Lecœur, qui « veut régner sur la section d'organisation parce qu'il avait compris pourquoi les espoirs du congrès de à Strasbourg, où il n'était pas allé, s'étaient envolés sur le pavés de Lens où il se trouvait en ». Selon lui, c'est en raison des critiques subies de Jdanov et Malenkov, en en Pologne, par Jacques Duclos, qui s'y était « inutilement confessé » puis avait dans la foulée rappelé Lecœur à Paris en novembre et l'avait même deux ans après imposé à Thorez comme secrétaire à l'organisation de fait.
Peu avant le congrès du 2 au 6 avril 1950, Auguste Lecœur vient chez lui l'informer du "deal" passé avec Maurice Thorez: sept militants du Pas-de-Calais au futur comité central du PCF, dont lui, si Lecœur accepte d'écrire dans L'Humanité un article contre la réintégration des militants PCF exclus en 1939 lors de refus du pacte germano-soviétique. Ils doivent aussi se résigner à l'éviction imminente de nombreux autres anciens résistants et à la promotion, parmi les sept, de deux proches de Thorez, Léon Delfosse et Julie Dewintre, préférés à deux héros de la Résistance, Julie Darras et Nestor Calonne, leader historique de la CGT des mines dans l'entre deux-guerres. Ce dernier fait cependant partie, avec Pannequin, René Camphin et Auguste Lecœur, des quatre principaux héros de la Résistance dans la région invités le à un déjeuner entre intime, en guise de réconciliation quelques jours après le congrès chez la mère de Maurice Thorez, pour le 50ème anniversaire de ce dernier. Dès leur arrivée, ils sont invités à aller poser quelques kilomètres plus loin pour les photographe de la presse devant une « pierre commémorative » de la grève patriotique que les mineurs menèrent en mai et juin 1941, au lieu où elle a démarré.
Quelques jours après, Thorez tient à être le premier à lui annoncer qu'il dirigera l'importante équipe chapeautant la main d'oeuvre immigrée où il apprend beaucoup sur les FTP-MOI parisiens. Fin mai, pour aller un mois en Hongrie avec ses filles, il tente d'avoir un faux passeport, prétexte à un nouveau sermon menaçant de Thorez car l'amnistie de la procédure judiciaire remontant aux grèves de 1947 n'est pas acquise.
En , après le congrès, il lui est demandé une intervention contre le dirigeant CGT d'Usinor-Montataire, Roland Bertrand. Il lui avait déjà été demandé, le congrès, de surveiller la conférence fédérale qui devait opérer cette « purge » en , et il ne s'y était pas opposé. En mai, il s'agit cette fois de l'écarter de la CGT. Marcel Servin, le « patron des cadres » du PCF, a cette fois en mai un rapport commandé à des cadres PCF de l'Oise et demande à Pannequin de se charger de l'exclure, via une assemblée locale dans une salle des fêtes, « pour le couper de sa base ». Pannequin ayant rencontré Bertrand et discuté « fraternellement avec lui » répond que l'exclusion serait difficile mais « Servin insista » pour qu'elle « fut rapidement prononcée ». Pannequin constate qu'il est encore « temps de faire marche arrière ». Après une « longue discussion », il décide de présenter la réunion d'exclusion comme « une assemblée d'information », car il commence à être « sifflé ». « La presse parisienne, alléchée par la promesse d'informations sur un conflit intérieur du parti, avait dépêché ses reporters » et Roger Pannequin convainc Raoul Dédicourt et Henry Bruyère de ne pas leur interdire l'accès à la salle des fêtes du syndicat des métallurgistes, une haute bâtisse en briques de 1500 places assises, avec bar et cinéma, bondée. Roland Bertrand, comme il en avait averti Pannequin, est presque unanimement applaudi quand il dénonce une réunion visant à lui « retirer ses activités syndicales », tandis que des ouvriers dans le public déclarent que Pannequin n'a rien à faire là. Ce dernier assure alors qu'il n'a jamais été question d'exclure Roland Bertrand et le lendemain, dans Le Monde, Le Figaro , Le Parisien et L'Aurore, les reporters insistent sur le renonciation de Pannequin à faire condamner Tito par Roland Bertrand.
A son retour à Paris Maurice Kriegel-Valrimont l'accuse d'avoir « soudoyé les journalistes de la presse bourgeoise » pour qu'ils « lui tressent des couronnes ». Marcel Servin estime qu'ils mettent en demeure" le PCF de réagir, mais Pannequin refuse de rédiger le rapport que lui demande Servin, jugeant que les reportages de la presse résument la situation.
Lors du retour en France de Léo Figuères, de retour de reportage en Indochine, des policiers anciens résistants informent discrètement Roger Pannequin le que le numéro un de la jeunesse communiste sera bientôt arrêté et inculpé d'intelligence avec l'ennemi, selon le PCF en vue de réconcilier « certains cadres de l'armée avec le pouvoir ». Pannequin prévient Jacques Duclos, numéro deux du PCF, qui semble temporiser, puis André Marty, qui organise immédiatement une filière pour prévenir et cacher Léo Figuères.
En il a le choc d'apprendre l'assassinat à la mitraillette de son ancien compagnon en prison Julien Lahaut, numéro un du PC belge et dernier témoin des discussions au sein de l'Internationale communiste pendant la guerre.
Au cours de l'hiver 1950-1951, au moment d'une assemblée générale de l'UNESCO, il est chargé par Jacques Duclos de peser pour que des militants d'Europe de l'Est installés en France acceptent de repartir dans leurs pays, aider le parti communiste local. Il fait la connaissance du financier polonais Jean Jérôme, alias Michel Feintuch , mais aussi que ce dernier va créer un journal neutraliste et enquête sur le passé d'Auguste Lecœur et son soutien par Pannequin.
En 1950, il noue une liaison avec l'ex-résistante Madeleine Riffaud, rencontrée au restaurant de L'Humanité grâce à l'ex-résistant et dessinateur Jean-Pierre Chabrol. Cette liaison, rapportée à Auguste Lecœur par un collègue de Pannequin, lui inspire le poème Toutes les lumières de Paris et son deuxième recueil, Vienne le Temps des Pigeons Blancs, publié en 1951[source insuffisante]. Le couple est fréquemment reçu chez le musicien communiste Joseph Kosma.
Roger Pannequin dirige alors le secteur de la Main-d'œuvre immigrée au sein de la section d'organisation du PCF et il « fait connaître » à la jeune journaliste les milieux du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) de Messali Hadj à un moment où « la police s'acharne » contre le MTLD et où « la guerre n'est pas encore venue séparer en deux fractions mortellement opposées » les ouvriers algériens.
Dans les réunions à Saint-Denis et près de la place de la République, Riffaud est plébiscitée par ses militants. Elle s'intéresse à la condition des travailleurs algériens en France puis se lance dans une grande enquête sur le sujet,. En , la jeune journaliste publie des carnets de Charles Debarge, compagnon de Résistance de Roger Pannequin dans le Pas-de-Calais, préfacés par Charles Tillon.
À la suite de l'affaire Pronnier, qui éclate en février-, Pannequin perd son poste de responsable de toute la MOI au sein du PCF, même s'il est blanchi par la Justice d'une accusation d'avoir été l'instigateur d'incendies contre des bâtiments agricoles dans son département du Pas-de-Calais. Il est nommé à l'été 1951 rédacteur en chef des Cahiers du communisme, sous la direction de François Billoux, un très proche du secrétaire général du PCF Maurice Thorez, puis à l'automne 1952 directeur de l'École centrale du Parti communiste français.
Il retrouve le à Bruxelles François Billoux, de retour de deux semaines passées avec Maurice Thorez en Union soviétique qui lui remet une liasse de notes sur la nouvelle politique à appliquer en France par le PCF. Une première manifestation très dure illustre cette nouvelle politique à la mi-mai.
Un autre département qu'il supervise de Paris, la Somme est critiqué par la direction du PCF. Le rédacteur en chef de L'Humanité, le jeune André Stil, proche de Louis Aragon, écrit dans France nouvelle, hebdomadaire central du PCF que la conférence fédérale de la Somme, devra « centrer ses travaux » sur « la grande faiblesse » des liaisons du parti avec les masses dans ce département, en ajoutant que la fédération de la Somme n compte plus que 4 600 adhérente en 1952 contre 11 189 en 1946, et plus que 14 cellules d'entreprise au lieu de 53[source insuffisante].
Roger Pannequin subit la vague de mises à l'écart dont sont victimes des leaders de la Résistance française au sein du PCF, comme celles en 1952 du député André Marty, de Charles Tillon, fondateur et commandant en chef des Francs-tireurs et partisans et de Georges Guingouin, chef des maquis du Limousin, puis celles en 1954 des deux leaders de la résistance dans le Nord-Pas-de-Calais, Auguste Lecœur et René Camphin. Elles ont lieu sur fond d'effondrement général du nombre d'adhérents du PCF.
L'historienne française Annie Kriegel y verra un désaccord entre dirigeants communistes à l'époque de la fin de vie puis de la mort de Staline en . L'historien Philippe Robrieux montrera deux décennies plus tard qu'il s'agissait d'un réflexe de défense de l'entourage de Maurice Thorez, qui n'avait pas la même légitimité historique, n'ayant jamais participé à la Résistance française.
Cette mise à l'écart débute dès la période février-, avec l'affaire Pronnier au cours de laquelle Roger Pannequin et son ami René Camphin reçoivent un « blâme interne » du comité central, sur la base du témoignage très controversé d'un criminel condamné à mort, auquel la Justice n'a pourtant pas donné crédit. René Camphin est ulcéré de savoir Lecœur mis en cause par Léon Mauvais dans cette obscure affaire. Personnellement visé par l'affaire, Pannequin reçoit ce blâme après une enquête interne au PCF à laquelle Auguste Lecœur, lui-même en début de disgrâce, été contraint par la direction du PCF de coopérer. Pannequin constate que L'Humanité se fait très discrète sur l'enquête de justice qui blanchit les ex-leaders résistants du PCF tandis que les pages du quotidien régional Liberté la couvrant disparaissent des archives départementales.
C'est la rupture de l'amitié avec Auguste Lecœur, Pannequin estimant que ce blâme injustifié, sera ensuite utilisée par la direction du PCF pour les mettre tous les deux à l'écart en 1953-1954, Auguste Lecœur ayant également été instrumentalisé selon lui pour éliminer dès 1952 deux autres grands résistants qui pouvaient faire de l'ombre à Maurice Thorez, André Marty et Charles Tillon. Minée par les procès internes contre ses dirigeants, la Fédération communiste du Pas-de-Calais va à partir de cette période céder du terrain aux Socialistes mais dans un premier temps le PCF progresse aux élections législatives de 1951.
Cette éviction est d'autant plus douloureuse que « peu à peu, le parti se substituait à mon père disparu. Mais une fois évincé, il trouve grand plaisir à lire des auteurs jusque là proscrits au sein du PCF.
Les 4,5 et , Pannequin assiste François Billoux pour l'organisation des journées nationales d’études des instituteurs communistes. Ceux-si sont invités à une politique d'entrisme au sein de la Fédération éducation nationale alors qu'ils militaient depuis la scission de 1948 dans une FEN-CGT distincte.
Parmi les participants, Flore, militante lensoise qu'il connaissait depuis la Résistance et qu'il rejoint chaque soir à son hôtel. Le , il est victime d'une tentative d'assassinat en pleine fête de l'Humanité, menacé d'un révolver par le mari de Flore, qu'il parvient à convaincre de justesse de ne pas passer à l'acte en s'excusant et en l'informant qu'il est manipulé. Il explique au mari trompé qu'il n'a pu être informé de l'adultère que par un de ses quasi-voisins à Lens, cherchant à le mettre en difficulté, Auguste Lecœur, qui faisait déjà détourner le courrier de Roger Pannequin depuis des semaines à l'École centrale et a utilisé ses fonctions au PCF pour connaître l'adresse de l'hôtel parisien où la militante de province était hébergée.
Son licenciement est brutalement décidé par Auguste Lecœur dès le lendemain. Dans sa biographie de Roger Pannequin publiée en 1983, l'historien Philippe Robrieux expliquera que c'est en réalité Maurice Thorez en personne qui avait réclamé que le courrier de Pannequin soit ouvert, en vue de son éviction, pour obtenir par la suite celle d'Auguste Lecœur.
Roger Pannequin perd immédiatement son travail de permanent à Paris et doit reprendre dès les jours suivant son éviction un poste d’instituteur en 1953 à Sallaumines, dans une petite ex-école privée des Houillères nationalisée en 1945, qui par chance manquait d'un instituteur à ce moment-là.
Tout en restant membre du PCF jusqu'en 1968, il sympathise avec les groupes oppositionnels Débat communiste et Unir. Il ne quitte finalement le parti communiste qu'après Mai 1968, puis peu après participe à la création et aux activités du Secours rouge en 1970.
En , il écrit un article dans la revue d'UNIR, Le débat communiste dénonçant "la criminelle signification" du vote des membres du Comité central sanctionnant en 1952 André Marty et Charles Tillon, et exprimant son remords de l'avoir votée. Au début de 1971, fidèle à son engagement de la fin des années 1940 contre la guerre d'Indochine, il aide à créer un " Front Solidarité Indochine" contre la guerre du Vietnam[source insuffisante].
Roger Pannequin a par ailleurs contribué à de nombreuses recherches historiques, écrites ou cinématographiques, mêlant analyse, souvenirs, anecdote et humour, appréciés pour de nombreuses précisions sur les actes de résistance dans le Pas-de-Calais entre 1942 et 1944. Il a écrit trois témoignages d'histoire racontant ses expériences dans la Résistance et les neuf années d'après-guerre. Ses mémoires en deux tomes, parus en 1976 et 1977, n'évoquent pas ses initiatives militantes après le départ du PCF, notamment au sein du mouvement "UNIR" et du Secours rouge.
Son premier témoignage est une large contribution au livre Debout, partisans, de Claude Angeli et Paul Gillet. C'est, selon Alain Duhamel, un récit-reportage très informatif, s'appuyant des documents inédits et deux cents interviews de personnages des FTP mis en scène, racontant notamment la reconstitution de l'appareil du PCF en 1939-1941 en province, sous l'impulsion d'Auguste Lecœur dans le Nord, en évoquant la grande grève des mineurs de 1941, sur laquelle le livre apporte de l'information, appuyée sur des témoignages solides et des documents inédits[source insuffisante].
Avec les auteurs, Roger Pannequin cofonde quelques semaines plus tard le Secours rouge, présidé par Jean-Paul Sartre, où d'anciens résistants apportent une aide symbolique à des militants de gauche et d'extrême-gauche s'estimant à la fois victimes d'acharnement policier et d'ostracisme du PCF[réf. nécessaire].
Ce livre est paru en , cinq mois après que Jacques Duclos, a publié en ses mémoires, qui donnent une interprétation enjolivée de l'« appel du », au moment de sa candidature à l'élection présidentielle française de 1969.
Le livre collectif de 1967 s'était vu reprocher dès le printemps 1968 de « travestir les faits et de faire œuvre de propagande », concernant les 21 mois qui séparent et , par Auguste Lecœur, un autre ex-résistance évincé de la direction du PCF en 1953-1954, pour qui la solidarité "bolchevik" avait été « la ligne de conduite permanente » de Jacques Duclos entre 1939 et 1941.
Les premiers témoignages de Roger Pannequin sortent peu après le succès du livre d'Artur London et peu avant succès considérable du film éponyme L'Aveu, de Costa-Gavras, avec Yves Montand, véritable phénomène politique et culturel, bouleversant son époque. Livre et film racontent le procès découlant des accusations portées contre Artur London dès 1950-1951, époque où Roger Pannequin secondait Auguste Lecœur à la section d'organisation du PCF, chargée de la Main d'oeuvre immigrée qu'avait dirigée pendant la guerre Artur London. Pannequin échange de très nombreux courriers avec Artur London en 1969 et 1970.
Le premier tome, des mémoires de Roger Pannequin, consacré à la Résistance, sort peu après en aux éditions du Sagittaire, fondées en 1975, par Gérard Guégan.
Dans ce premier tome, Roger Pannequin raconte son entrée en résistance dès 1940, dans le sillage de Julien Hapiot qui a comme lui grandi à Grenay, les récupérations d'armes qui vont permettre de réduire un peu les risques pris lors la diffusion de la grève des mineurs de mai-, puis son arrestation, la torture par les policiers de Lille et les souffrances endurées au fort de Huy en Belgique, puis ses deux évasions[réf. nécessaire].
Le 1er tome est suivi d'un second appelé Adieu camarades, très virulent à chaque chapitre contre l'ex-mentor de Pannequin, Auguste Lecœur, qui fait écho aux critiques non moins virulentes formulées contre ce dernier par les mémoires de Pierre Daix, parues un peu avant, en 1976, avec les mêmes accusations de sectarisme et d'ouvriérisme. Ainsi, dans Le Monde du , un article enthousiaste de Pierre Daix salue ce 2e tome des mémoires de Pannequin. Pour Pierre Daix, jamais encore, « les rouages et le fonctionnement de cette administration politique secrète d'un parti communiste n'avaient été mis au jour avec cette précision et cette rudesse. ». Il félicite le « franc-parler lucide » de Pannequin racontant « sa transformation de baroudeur et d'homme de masse, populaire », en un « fonctionnaire des bureaux soigneusement fermés » du Parti.
Dès 1975, le premier ouvrage de Philippe Robrieux, consacré à Maurice Thorez, avait choqué au PCF, en montrant que la direction du PCF et son secrétaire général firent tout pour « désamorcer » la publication du « rapport Khrouchtchev » () au XXe congrès du PCUS et les mémoires de Pannequin sont très indulgents envers Maurice Thorez et son épouse, considérant qu'il a été victime en 195-1952 d’un "groupe Duclos-Lecœur-Fajon appuyé sur la police soviétique de Beria".
En , il participe à une rencontre-interview de trois témoins de la « bataille du charbon », avec Auguste Lecœur et son ami de la Résistance André Pierrard,,, pour un livre qui ne sortira finalement qu'en 1986, et dans lequel Pierrard est présenté comme le seul à s’interroger rétrospectivement sur le bien-fondé de cette « bataille du charbon »] dont il était alors le porte-parole dans le quotidien régional communiste Liberté. Le livre ignore « la très nombreuse production universitaire et locale sur le bassin minier ». et ajoute un autre témoin, Léon Delfosse, décédé au cours de la même année 1986,présenté comme le père de l'achat du château de la Napoule, au bord de la Méditerranée, au nom du « droit au soleil et à la réparation de la santé » et partisan le plus catégorique de la « bataille du charbon ».
Plus tard, Roger Pannequin recentrera ses accusations contre Maurice Thorez, à la lumière d'autres travaux d'historiens attestant de l'impact des premiers épisodes de la déstalinisation sur les conflits à la tête du PCF en 1953-1954 et de l'important rôle de direction joué par le numéro un du PCF entre 1950 et 1953 malgré sa convalescence en Union soviétique. Il effectue ce recentrage lors d'un entretien avec Renée Rousseau pour son livre de 1983 sur l'histoire de l'Union des femmes françaises (UFF).
Il tente de « faire revivre la mémoire de ses camarades étrangers tués au combat » et « de rappeler le profond désir de rachat des militants communistes après la rupture du pacte germano-soviétique », lorsqu'il est invité à un débat qui fait une audience record de 30 % en 1985, lors de la diffusion par les Dossiers de l'écran d'Antenne 2 de Des terroristes à la retraite, documentaire de Mosco Boucault, qui le contacte en 1987 pour un autre documentaire sur le PCF mais cette fois concernant le début des années 1950[réf. nécessaire].
Roger Pannequin vit retiré dans l'Oise et écrit le 3e tome de ses souvenirs, affirme l'historien Philippe Robrieux en 1983, dans une biographie détaillée de Roger Pannequin, à la 443e page du 4e tome de son Histoire intérieure du Parti communiste. Au cours de la même année 1983, il est coauteur avec Maurice Gleize et Charles Tillon des « statuts » de l’association Mémoire et Histoire des Francs Tireurs et Partisans, et d'une lettre aux anciens résistants leur proposant de participer à l’association, datée du , suivie d'une demande de déclaration officielle le à la préfecture de l’Oise, son département.
En 2001, la revue de l'Office universitaire de recherche socialiste "regrette vivement" qu'il "n'ait pas pu mener à bien de son vivant" ce projet "revenant sur les années soixante et les années soixante-dix", au cours desquelles il a échangé de très nombreux courriers avec Charles Tillon, conservés dans les archives de ce dernier.
Le 2e tome de ses souvenirs, le précédent, se termine effectivement en 1953, sans évoquer la participation de l'auteur au mouvement Unir pour le socialisme, un groupe d'opposition interne dans le Parti communiste français, actif entre 1952 et 1974, ni celle, à partir du début 1970, aux côtés d'Eugénie Camphin, Charles Tillon, Jean Chaintron, et Francis Kahn, au Comité d’Initiative du Secours Rouge que tous les quatre ont cependant quitté dès .
Roger Pannequin a obtenu les Palmes académiques pour son travail « au cours des dernières années de sa carrière enseignante », de directeur d'un centre de formation professionnelle pour adolescents handicapés à Bonneuil-sur-Marne.