| Naissance | |
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| Nom de naissance |
Dorothée Smith |
| Nationalité | |
| Activité |
Photographe, Cinéaste, Plasticien |
| Formation | |
| Influencé par | |
| Site web |
Désidération, Dami, TRAUM, Saturnium, Spectrographies, Löyly |
Smith, né le à Paris, est un photographe, cinéaste et plasticien français.
En 2007, Smith obtient un mastère de philosophie à l'université Paris-Sorbonne,, avant d'intégrer l'École nationale supérieure de la photographie d'Arles puis le Studio national des arts contemporains - Le Fresnoy, dont il est diplômé en 2012. Il soutient en 2022 une thèse de doctorat en études et pratiques des arts à l'Université du Québec à Montréal. En 2011, Smith intègre la galerie Les Filles du Calvaire à Paris dont il restera membre jusqu'en 2021, avant de rejoindre la galerie Christophe Gaillard et l'agence Modds en 2022.
Son travail fait l'objet d'expositions personnelles (Rencontres d'Arles, musée finlandais de la photographie, Le Château d'eau), collectives (Palais de Tokyo, Casino-Luxembourg, Centre Pompidou, Bibliothèque nationale de France, Fondation Vincent Van Gogh Arles), et de projections monographiques. L'artiste explore la possibilité d'identités « autres », en intégrant des formes hybrides et spéculatives telles que les identités xéno-genrées, cyborg ou interspécifiques. Son travail interroge les devenirs possibles de l'humain en relation avec les règnes animal, végétal, minéral et cosmique, et les apories liées aux catégories figées, qu'elles soient identitaires, artistiques ou théoriques.
En 2012, avec Cellulairement, l'implant d'une puce sous-cutanée RFID dans son bras permet à l'artiste de ressentir, grâce à une caméra thermique, les ondes de chaleur de traces de corps absents : Smith appelle ces images spectrales des « thermogrammes ». Son moyen-métrage Spectrographies, produit par Spectre Productions en 2015, avec notamment Mathieu Amalric, Dominique Blanc et Florence Thomassin, prolonge cette expérience sous la forme d'une fiction expérimentale.
En 2016, Traum s'articule autour de thématiques liées au rêve, à la catastrophe et à la transformation, à travers un court-métrage écrit avec l'écrivain Lucien Raphmaj, une exposition (Le cas Y.), et un spectacle de danse (Le paradoxe de V., avec Matthieu Barbin, mis en musique par Victoria Lukas), notamment présenté au théâtre de la Cité internationale à Paris.
En 2017, Smith créé Désidération, avec l'astrophysicien Jean-Philippe Uzan et l'écrivain Lucien Raphmaj, une œuvre déclinée en plusieurs formes artistiques (conférences, performances, photos, films, textes) autour du rapport entre humanité contemporaine et cosmos. Il organise notamment l'implantation sous-cutanée de météorites en public, rappelant à l'organisme humain son origine cosmique. Le projet aborde l'histoire de l'humanité contemporaine sous l'angle de sa perte de lien avec le cosmos. La première conférence sur ce sujet a lieu au Collège de France et la première publication dans Palais, la revue du Palais de Tokyo. D'autres conférences performées se tiendront en 2019 au Banquet du livre à Lagrasse, au MacVal, ou encore au Centre Pompidou. Le projet se décline ensuite sous la forme d'expositions scénographiées avec le studio d'architectes Diplomates, notamment au musée d'Art contemporain du Val-de-Marne, au centre d'art Los Angeles Contemporary Exhibitions, à la galerie Les Filles du Calvaire et au Fresnoy - Studio national des arts contemporains entre 2019 et 2020, puis aux Rencontres d'Arles en 2021, où se tient l'exposition finale du projet, et dont une photographie issue de la série Désidération (prologue) fait l'affiche. Deux livres sont consacrés au projet : Désidération (Prologue) aux éditions Textuel, et Desiderea Nuncia aux éditions Palais Books.
En 2022, Smith initie un nouveau projet intitulé Dami, qui s'inspire de pratiques spirituelles telles que la transe cognitive, la méditation ou la médecine amazonienne, ainsi que d'expériences corporelles comme la transition de genre, l'impesanteur ou l'implantation de matériaux extraterrestres. Ce projet explore différentes manières de représenter le rapport du corps à l'altérité et aux transformations. Les premières œuvres de Dami sont présentées à partir de 2024 dans plusieurs institutions, notamment à la galerie Christophe Gaillard (Paris et Bruxelles), la fondation Vincent van Gogh Arles, VOX, centre de l'image contemporaine à Montréal, ainsi qu'à la Triennale de Nîmes (Carré d'art) et dans la ville de Bodø en Norvège.
De 2016 à 2018, Smith est membre du groupe de recherche interdisciplinaire (scientifique, artistique et philosophique) « L'incertitude des formes » du Fresnoy – Studio national. En 2018, Smith est « marrain » de la Queer Week à Paris aux côtés du danseur et chorégraphe François Chaignaud, sur le thème « Déviations/Utopies ». En 2019, il est nommé à la cérémonie des « Out d'Or » qui célèbrent la visibilité des personnes LGBTQI+, dans la catégorie « Coup d'éclat artistique ». En 2015, il est artiste-professeur à l'École supérieure d'art Pays basque, puis au Fresnoy - Studio national des arts contemporains en 2023-2024, et à l'École nationale supérieure de la photographie en 2025.
Transgenre, Smith fut d'abord connu sous le nom de Dorothée Smith. En 2020, il est rédacteur en chef invité de la revue photographique The Eyes, qu'il consacré aux liens entre photographie et transition de genre dans un numéro nommé Transgalactique (titre soufflé par Virginie Despentes), en collaboration avec la commissaire d'exposition et performeuse Nadège Piton. L'émission de France-culture Par les temps qui courent intitulée « SMITH : voyage transgalactique autour des astres-artistes trans » est consacrée à cette publication. Transgalactique se décline sous la forme d'une série d'expositions curatées par Smith et Nadège Piton, en collaboration avec Frank Lamy et Balthazar Heisch, notamment à La Filature à Mulhouse en 2023, et à la Gaité Lyrique à Paris en 2024. Il est le lauréat 2023 de la Villa Albertine en binôme avec l'écrivaine Marie NDiaye, ainsi que de la Résidence en impesanteur du Centre national d'études spatiales (CNES). Smith est par ailleurs artiste associé à la Filature - scène nationale depuis 2020.
La notion de transition constitue un axe central de son travail, abordée sous différents aspects, notamment identitaires, politiques, scientifiques ou technologiques. Ses œuvres mettent en scène des figures et récits qui s'inspirent de la science-fiction et de la transformation corporelle et psychique.
Smith développe une pratique transdisciplinaire qui inclut photographie, installation, vidéo, sculpture, performance, film, chorégraphie et conférence. Il engage également son propre corps comme vecteur de recherche, à travers l'implantation de matériaux extraterrestres (un fragment de la météorite d'Orgueil), des protocoles d'injections hormonales expérimentales, la pratique d'états limites tels que l'impesanteur ou de la transe cognitive auto-induite, nourrissant une réflexion sur les devenirs possibles de l'humain au contact de forces biologiques, technologiques et cosmiques.
Smith travaille régulièrement pour la presse en tant que photographe. Il est membre de l'agence de photographes portraitistes Modds. Depuis 2014, il documente les backstages de la Fashion Week de Paris pour Les Inrockuptibles,,, Libération, Another Magazine. Il réalise des portraits de personnalités, notamment pour Libération, Télérama, Le Monde ou Well Well Well