Samson Dadiani

Samson Dadiani
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Portrait judiciare de Samson Dadiani, 1909
Naissance
Modinakhe (Gouvernement de Koutaïssi, Empire russe)
Décès (à 50 ans)
Tbilissi (République socialiste soviétique de Géorgie, URSS)
Profession
Formation

Samson Platonis dze Dadiani (en géorgien : სამსონ პლატონის ძე დადიანი), né le et mort le , est un homme politique, avocat et publiciste géorgien. Membre du Parti social-fédéraliste géorgien, il entretient des relations tendues avec les autorités impériales russes. En 1917, il est élu au Conseil national géorgien, l'organe qui préside à la déclaration d'indépendance vis-à-vis de la Russie. Après l'accession à l'indépendance de la République démocratique de Géorgie en 1918, Dadiani est élu au nouveau Parlement géorgien. Il joue un rôle significatif dans l'élaboration de la première Constitution de la Géorgie l’une des constitutions les plus progressistes d’Europe à l’époque.

À la suite de l'invasion de la Géorgie par l'Armée rouge et de l'établissement du régime soviétique, Dadiani subit également les persécutions du nouveau pouvoir. En tant qu'homme politique modéré, il ne soutient pas les rébellions armées, telles que le Soulèvement géorgien d'août 1924. Cependant, il conserve sa liberté de parole et sa participation au comité pour l'indépendance suscite les soupçons constants des autorités. Il fait en outre partie de l'équipe de défense du patriarche Ambroise de Géorgie lors de procès à grand spectacle fortement médiatisés. Après des années de frictions avec le pouvoir soviétique et plusieurs arrestations, Dadiani est arrêté lors des Grandes Purges de 1937, puis exécuté.

Biographie

Samson Dadiani naît au sein d'une famille géorgienne. Il est le fils de Platon Dadiani et de Salome Pagava, dans le village de Modinakhe, situé dans le district de Zougdidi en Géorgie occidentale. Il étudie au gymnase géorgien de Tbilissi avant de poursuivre des études supérieures en droit à l'université impériale de Saint-Pétersbourg, dont il sort diplômé en 1908. Au cours de la révolution de 1905, son père, Platon Dadiani, est tué par des paysans après que des troupes chargées de réprimer la rébellion se sont installées sur leur domaine.

À partir des années 1910, Dadiani collabore régulièrement avec la presse géorgienne, écrivant des articles sur la littérature et l'art. Il est l'auteur du drame Au carrefour, dédié à la révolution de 1905, ainsi que de la pièce historique au sujet de Georges Saakadzé.

Carrière politique

En 1908, il rejoint le Parti social-fédéraliste géorgien. L'année suivante, il est arrêté par la police tsariste à Tbilissi en raison de ses activités politiques. En 1910, il est de nouveau arrêté, en compagnie de plusieurs membres ukrainiens d'une organisation d'activistes étudiants, et passe une semaine en détention. Au cours des années suivantes, sous divers pseudonymes, il continue à publier de la littérature subversive dans des publications géorgiennes qui s'attirent la surveillance de la censure d'État et manquent de faire arrêter les éditeurs.

Fiche de Samson Dadiani établie par la gendarmerie impériale à Tiflis en 1909.

À la suite de la Révolution russe, il participe aux réunions inter-partis des groupes politiques géorgiens en avril 1917. En novembre 1917, lors du premier Congrès national, il est élu membre et secrétaire du Conseil national de la Géorgie.

À partir de juin 1918, il siège comme membre du Conseil national (parlement) de la République démocratique de Géorgie indépendante au sein de la faction social-fédéraliste. En août 1919, il est élu à l'Assemblée constituante de la Géorgie lors d'élections complémentaires. Dadiani joue un rôle significatif dans la rédaction de la première Constitution de la Géorgie, rédigeant spécifiquement le quatorzième chapitre concernant les « Droits des minorités nationales ». En janvier 1921, il est nommé vice-président du comité central de son parti.

Période soviétique et exécution

Après l'invasion de la Géorgie par l'Armée rouge en 1921, Dadiani reste en Géorgie au sein de la faction des « fédéralistes de droite », maintenant fermement sa position sur la souveraineté géorgienne. Il travaille comme conseiller juridique pour plusieurs banques et rejoint le Collège des avocats de la RSS de Géorgie.

En 1921, il est brièvement arrêté après avoir prononcé un discours devant des manifestants rassemblés devant la cathédrale militaire de Tbilissi. Cet événement visait à honorer les soldats géorgiens morts en défendant Tbilissi contre l'Armée rouge tout juste 40 jours auparavant.

En février 1922, afin de réprimer les manifestations antisoviétiques prévues pour l'anniversaire de l'occupation de la Géorgie, la Tchéka commence à arrêter préventivement les dirigeants et les membres actifs des partis d'opposition. Samson Dadiani est inclus dans cette liste et est arrêté à son domicile à Tbilissi. Le Présidium de la Tchéka le condamne à 6 mois d'isolement cellulaire à la maison de correction de Metekhi n° 2, d'où il est libéré le 22 août 1922.

Décision de la troïka du NKVD condamnant Samson Dadiani à l'exécution en raison de son « maintien au sein du camp ennemi opposé au pouvoir soviétique ».

En 1924, il rejoint le Comité pour l'indépendance de la Géorgie en représentant les social-fédéralistes, mais il démissionne ultérieurement car il s'oppose au projet d'un soulèvement armé,. Cette même année, il s'implique dans la défense du patriarche Ambroise de Géorgie, que les autorités accusent de propagande antisoviétique et de dissimulation de trésors historiques de l'Église,.

Malgré son opposition au soulèvement, il est arrêté en 1924 en lien avec le comité d'indépendance. Il est condamné à trois ans de prison mais est initialement libéré car les autorités soviétiques le considèrent comme « non dangereux ». Cependant, au cours des Grandes Purges en 1937, il est de nouveau arrêté. Il est condamné à mort le 10 décembre et exécuté par un peloton d'exécution la nuit suivante, le 11 décembre 1937.

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (ka) « სამსონ დადიანი (Samson Dadiani) », sur Biographical Dictionary of Georgia, National Parliamentary Library of Georgia (consulté le ).
  2. 1 2 (en) Stephen F. Jones, The Making of Modern Georgia, 1918-2012: The First Georgian Republic and its Successors, Routledge, , 143, 147, 148, 152–153 (ISBN 978-1317815938),
  3. ↑ (en) Eric Lee, The Experiment: Georgia's Forgotten Revolution 1918-1921, Zed Books, (ISBN 9781783609581) :
    « The Georgian Constitution was seen as highly progressive in its time and future British Labour Prime Minister Ramsay MacDonald wrote, 'I familiarised myself with its constitution, its social and economic reconstruction and what I saw there, I wish I could see in my country too.' »
  4. 1 2 3 4 (ka) « დადიანი სამსონ პლატონის ძე (Samson Platonis dze Dadiani) », sur Soviet Past Research Laboratory (consulté le ).
  5. ↑ (ka) Levan Jikia et Dimitri Silakadze, Anti-Soviet National Movement and Uprisings in Georgia 1921-1924, Tbilissi, National Archives of Georgia, , p. 655.

Bibliographie

Liens externes