L'état amoureux ou le sentiment amoureux est un ensemble de symptômes psychiques et physiques associés au fait de l'amour romantique.
Alors qu'historiquement, être amoureux est considéré comme une brève maladie mentale provoquée par des changements intenses, associés à l'amour romantique, ce point de vue a ensuite été remplacé par la théorie des humeurs, qui fut à son tour abandonnée avec l'avènement des explications scientifiques de la psychiatrie.

Le concept est associé à un ensemble de métaphores essayant de transmettre la vitesse et l'intensité de la chute amoureuse, en la décrivant comme un processus physique de chute, ou par le fait d'être frappé (en tout cas de subir une atteinte au psychisme).
Alternativement, tomber amoureux est souvent décrit par la référence à la flèche Cupidon.
D'autres sources, comme Tristram Shandy, décrivent le processus en se référant au fait d'être abattu avec une arme à feu : « je suis amoureux de Mme Wadman, dit mon oncle Toby. Elle a laissé une boule ici, a ajouté mon oncle Toby, en montrant sa poitrine. »
Selon le sociologue Michel Bozon, pour être amoureux, il faut se donner, confier des choses personnelles à l'autre.
Le XXe siècle a vu le concept de la maladie amoureuse re-conceptualisé par la psychanalyse.
Dès 1915, Freud a demandé de façon rhétorique : « N'entendons pas par « tomber amoureux » un genre de maladie et de folie, une illusion, une cécité à l'égard de ce qu'est réellement l'être cher ? ».
Un demi-siècle plus tard, en 1971, Hans Loewald (en) a choisi ce thème, en comparant le fait d'être en analyse à des passions et des conflits réveillés de nouveau à l'état amoureux, qui sont comme une maladie, avec toutes ses délices et sa douleur. »
Le psychologue britannique Frank Tallis, dans un article de 2005, suggère que le fait d'être amoureux devrait être pris plus au sérieux par les professionnels.
« Pour les victimes de l'amour, le monde semble altéré. Le remplacement de la planéité de l'expérience ordinaire est une plénitude ».
Selon Tallis, certains symptômes sont partagés par les amoureux, et comprennent :
Plus concrètement, les niveaux de sérotonine des personnes amoureuses diminuent jusqu'à des niveaux retrouvés chez les patients atteints de trouble obsessionnel-compulsifs. Des études réalisées sur des personnes qui se disaient être « vraiment, follement, profondément » amoureuses, ont montré une activité cérébrale dans plusieurs structures communes avec la neuroanatomie du trouble obsessionnel–compulsif (TOC), par exemple, le cortex cingulaire antérieur et le noyau caudé.

La passion amoureuse est une passion dirigée vers un individu et en lien avec l'existence d'un sentiment amoureux. Très intense, elle est perçue comme une focalisation incontrôlable sur l'autre dans laquelle se succèdent plaisir et souffrance. Contrairement à la limérence ou à l'amour obsessionnel, l'amour passionnel se vit à deux et rythme une relation amoureuse.
Associée à des symptômes physiques et psychiques commandés par des mécanismes neurochimiques, la passion amoureuse est parfois vue comme une addiction, et, en psychanalyse, comme la conséquence d'une relation spécifique aux parents dans l'enfance.
Historiquement et selon les sociétés, la passion amoureuse est tantôt qualifiée de vertu, tantôt de grave maladie. Un des principaux lieux communs de la production littéraire occidentale, elle inspire de très nombreuses œuvres, d'Euripide à Yourcenar, en passant par le récit médiéval anonyme Tristan et Iseut et la tragédie Roméo et Juliette de Shakespeare.
La limérence ou limerence est un état d'esprit qui résulte d'une obsession involontaire pour une autre personne et qui comprend généralement des pensées et des fantasmes obsessionnels, mélancoliques et un souci tragique pour cette personne. Il peut également se produire un désir de mener ou de maintenir une relation avec l'objet de son attirance et de voir ses émotions devenir multipliées lorsqu'un contact est établi. La limérence est aussi définie comme un état de désir intense et involontaire pour quelqu'un marqué par des pensées intrusives et une idolâtrie sur le long terme.
Ce concept de limérence est présenté par une psychologue américaine, Dorothy Tennov, comme une façon de concevoir l'attirance de manière scientifique, mais reste peu usité par les psychologues.
L'amour obsessionnel est un état hypothétique dans lequel une personne ressent un désir obsessionnel de posséder une autre personne, envers qui elle a une forte attirance, avec une incapacité à accepter l'échec ou le rejet. Bien que non répertorié pour les diagnostics mentaux du DSM 5, certaines personnes affirment que l'amour obsessionnel est considéré comme une maladie mentale semblable aux troubles de l'attachement, au trouble de la personnalité limite, et à l'érotomanie. Les amoureux obsessionnels peuvent se sentir totalement incapables d'empêcher des comportements extrêmes, tels que des actes de violence à l'égard d'eux-mêmes. Ils peuvent être tout à fait convaincus que leurs sentiments sont l'amour, et peuvent rejeter l'idée que leur grave obsession ne correspond pas à de l'amour. Le trouble obsessionnel amoureux a été fréquemment utilisé et/ou exagéré dans les médias de masse, souvent par le biais d'une femme faisant preuve d'affection envers un homme, soit d'une manière comique, soit d'une manière terrifiante,,.
Certaines personnes qui ne seraient « pas d'accord avec les fondements de la thèse de Frank Tallis, selon laquelle l'amour devrait être considéré comme une maladie mentale, sont d'accord pour dire que dans certaines circonstances, et de façon extrême (passion amoureuse), la maladie amoureuse peut conduire une personne au désespoir. »
Ils suggèrent toutefois que « l'« amour déséquilibré » peut être compris plus précisément par la théorie de l'attachement ».
Le personnage de Roméo correspond à l'archétype du jeune amoureux, qui est devenu le modèle même de l'amour romantique.
Dans Possession de A. S. Byatt (1990), l'ancienne citation du héros de Robert Graves, à son nouvel amour : « Oh Love, be fed by apples while you may », fait écho au cantique de Salomon (« comfort me with apples: for I am sick of love »).
Il existe aussi des personnes qui éprouvent peu ou pas d'attirance romantique ou sexuelle : on parle notamment d'aromantisme.

L'aromantisme (abrégé aro, aussi aromantic spectrum en anglais) est une orientation romantique qui consiste à peu ou ne pas éprouver d'attirance romantique, quel que soit le sexe ou le genre de la personne.
L'opposé de l'aromantisme est appelé alloromantisme : les personnes alloromantiques sont définies comme des personnes qui éprouvent de l'amour romantique ou de l'attraction romantique envers d'autres.
Les personnes aromantiques peuvent avoir envie de développer des relations amicales ou queer-platonique et ne pas avoir envie d'être en couple romantique.
L'aromantisme peut aller de pair avec l'asexualité (pas d'attirance sexuelle envers une personne) mais il peut s'associer à n'importe quelle attirance sexuelle : hétérosexuelle, homosexuelles, bisexuelle, pansexuelle, etc.,,. Les personnes qui sont aromantiques et asexuelles se définissent parfois par l'abréviation aro-ace ou aroace.
Dans le sigle LGBTQIA+, le A représente l'aromantisme, aux côtés des identités asexuelles et agenres.
La semaine de visibilité aromantique se tient en février : lAromantic Spectrum Awareness Week.