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américaine (jusqu'en ) allemande (à partir de ) |
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| Conjoint |
Friedrich Höricke (en) |
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Shere Hite, née Shirley Diana Gregory le à Saint-Joseph (États-Unis) et morte le à Tottenham (Royaume-Uni), est une sexologue, essayiste et militante féministe américaine puis allemande. Elle est mondialement connue pour ses rapports sur la sexualité humaine, notamment Le Rapport Hite (1976), qui a révolutionné la compréhension de la sexualité féminine et marqué l’histoire du féminisme moderne.
Shere Hite naît d’une mère adolescente de 16 ans, qui l’abandonne à deux reprises. Elle est élevée par ses grands-parents chrétiens pratiquants, puis par sa tante, après le divorce de ses grands-parents,,. Son père biologique, contrôleur aérien, reste inconnu pour elle. Elle est ensuite adoptée par le second mari de sa mère, un chauffeur de véhicule poids lourd, avant de retourner vivre avec ses grands-parents,.
En , elle obtient une maîtrise d’histoire avec mention à l’Université de Floride. Elle s’installe à New York en pour poursuivre un doctorat en histoire à l’Université Columbia, qu’elle abandonne en raison du conservatisme de l’institution face à ses centres d’intérêt, notamment la sexologie,. Pour financer ses études, elle travaille comme mannequin et pose nue pour des illustrateurs ; des photos pour Playboy seront plus tard utilisées par ses détracteurs pour la discréditer,.
Shere Hite rejoint le mouvement féministe après avoir découvert des manifestations contre le sexisme dans la publicité. Elle participe à des groupes où elle encourage les femmes à parler ouvertement de leur sexualité, notamment de la masturbation. Face à la réticence des membres à s’exprimer en public, elle décide d’envoyer un questionnaire anonyme à des milliers de femmes américaines de tous âges et milieux sociaux.
En , elle publie Le Rapport Hite, une étude de 900 pages basée sur 3 000 réponses à son questionnaire. Ce rapport révèle que,, : 1° La majorité des femmes atteignent l’orgasme plus facilement par la masturbation que par la pénétration. 2° Les femmes sont souvent insatisfaites de leurs relations sexuelles avec leurs partenaires masculins. 3° La sexualité féminine est bien plus clitoridienne que vaginale, remettant en cause les normes de l’époque. Le livre, traduit en 13 langues et vendu à plus de 50 millions d’exemplaires, devient un best-seller mondial et entre dans le Top 30 des meilleures ventes de tous les temps. Il suscite un débat intense et fait de Shere Hite une figure controversée, notamment en raison de sa bisexualité assumée dans un contexte social conservateur.
En 1981, elle publie un nouveau rapport, sur la sexualité masculine cette fois, à partir de réponses à un autre questionnaire. En tant que scientifique féministe, elle y étudie, entre autres, les pressions sociales que les hommes subissent sur leur vie sexuelle (ex : performance sexuelle, masculinité toxique). En 1987, elle publie un autre rapport consacré aux liens entre les femmes et l'amour, lequel déclare que la majorité des femmes mariées depuis plus de cinq ans rêvent d'avoir des relations avec d'autres hommes. À la suite de cette parution ultra-commentée car perçue comme remettant en cause la « virilité américaine », elle fait la couverture du Times Magazine et devient la cible d'une campagne de diffamation intense la présentant comme anti-hommes,. En 1994, elle se sent obligée de quitter les États-Unis en raison des attaques dont elle est la cible : « J'ai reçu des lettres de menaces. Et en 1989, quand j'ai voulu revendre les droits du livre, personne n'en a voulu, même pour 1 dollar. À cause des menaces d'attentat. Je commençais à gagner très bien ma vie et j'avais acheté une jolie maison à New York, mais j'ai dû partir. »
Elle travaille à l’Université Nihon au Japon et donne des conférences sur l’impact de la pornographie sur les femmes.
Shere Hite se marie avec le pianiste Friedrich Höricke en . Elle vit entre Londres, Paris, Rome et Berlin, tout en continuant ses recherches et ses écrits. En 1995, elle renonce à la nationalité américaine. Dans ses dernières années, elle se fait plus discrète, évitant les médias après plusieurs déconvenues lors d’interviews orientées.
Elle meurt le à Tottenham (Londres) après une longue lutte contre les maladies d’Alzheimer et de Parkinson,.
En , le documentaire The Disappearance of Shere Hite (réalisé par Nicole Newnham) relance l’intérêt pour son travail, souvent oublié ou minimisé. En , ARTE diffuse un portrait intitulé La sexualité dévoilée. Le rapport Hite, et Le Monde publie un article sur son héritage, soulignant son rôle de « révolutionnaire de l’intime ».