| Naissance | |
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Vrije Academie voor Beeldende Kunsten (en) |
| Activités |
| Site web |
(nl + en) soorehhera.com |
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Sooreh Hera, née à Téhéran en est le pseudonyme choisi par une photographe iranienne vivant aux Pays-Bas. L'œuvre de Sooreh Hera se réfère à l'hypocrisie des religions et, en particulier, de l'islam à l'égard de l'homosexualité. Elle se trouve au centre d'une polémique lorsque le directeur du Gemeentemuseum de La Haye veut retirer deux de ses photos d'une exposition parce qu'elles associent Mahomet et l'homosexualité et risquent de créer des troubles.
Sooreh Hera est née à Téhéran en 1973, dans une famille d'artistes. Sooreh Hera est le pseudonyme provocateur qu'elle a choisi : Sooreh signifie Sourat et Hera est une mont sacré dans l'Islam. Elle rejoint les Pays-Bas en 2000 pour fuir la dictature religieuse de l'Iran qui l'empêche de s'exprimer et de vivre selon sa guise,. Elle étudie à l'Académie des beaux-arts de La Haye.
Les photographies de Sooreh Hera considèrent l'opposition des trois grandes religions à toute forme alternative de sexualité. L'homosexualité est encore parfois passible de la peine de mort. Elle décrit son travail une mise en lumière de l'hypocrisie dans l'Islam au sujet de l'homosexualité . « J'espère que mon travail provoquera des discussions. [...] Ce qui met les Pays-Bas en péril, c'est de céder à la peur, de garder le silence face aux menaces et de manquer de vigilance quant à la liberté d'expression. »
Fin novembre 2007, deux photographies et un film (Allah' ho gaybar) Sooreh Hera sont sélectionnées pour une exposition de jeunes artistes fraîchement diplômés au Gemeentemuseum de La Haye. Le directeur du musée, Wim van Krimpen (nl), déclare les trouver exceptionnelles. Cependant, lorsqu'il réalise que les sujets, deux homosexuels iraniens, portent des masques de Mahomet et de son gendre Ali, il préfère demander à Soreeh Hera de les retirer, prétextant qu'elles seraient offensantes pour les musulmans et pourraient attirer trop de réactions négatives. Les photos font partie d’une série intitulée Adam & Ewald, de zevendedagsgeliefden ( Adam et Ewald, les amants du septième jour ). Le titre de la série fait référence à l'histoire d'Adam et Ève et à un homme politique conservateur,.
Cette censure (ou auto-censure) d’œuvres d'art soulève une vive polémique dans le pays où, trois ans plus tôt le cinéaste Theo van Gogh a été tué par un extrémiste musulman. Sooreh Hera écrit une lettre ouverte au ministre de la Culture, Ronald Plasterk :« Souhaiteriez-vous être ministre d'un pays où un artiste doit se cacher à cause de son travail ? ». Les journaux s'emparent de l'affaire, des débats sont organisés au Parlement et des appels à boycotter le musée sont lancés. Sooreh Hera déclare que c'est la première fois qu’un musée néerlandais censure une œuvre d’art au sein de ses propres murs, tandis que Wim van Krimpen accuse l'artiste de créer délibérément des œuvres provocatrices pour attirer l'attention de la presse. Des artistes soutiennent Sooreh Hera et publient une lettre ouverte au Ministre de la culture dans le NRC Handelsblad. Parmi ses soutiens, figurent son professeur Guus Rijven qui trouve regrettable que le travail de Sooreh Hera ne soit pas considéré dans son entièreté et l'artiste sénégalais Oumar Mbengue Atakosso qui plaide pour la liberté d'expression des artistes iraniens musulmans.
Durant cette polémique, le 5 décembre 2007, Makvan Mouloodzadeh est pendu en Iran en raison de son homosexualité. Sooreh Hera considère que c'est un signal du gouvernement iranien, en réaction à son travail artistique.
Le 3 décembre 2007, le Parti Islam Democraten (nl) appelle à la mobilisation. Sooreh Hera, est qualifiée d’« artiste diabolique » et décrite comme une agente des sionistes « occupée à fomenter des plans contre l’islam ». Ces menaces la contraignent à se cacher. Elle déclare également faire l'objet d'une fatwa, publiée dans les journaux iraniens. Cependant elle se voit refuser la protection du gouvernement. Sooreh Hera finalement retire toutes ses œuvres de l'exposition .
Malgré cela, le musée envisage toujours d'acquérir la série complète des photos.
Le Museum Gouda (nl) propose alors d’exposer les photographies concernées ainsi que le film Allah oh Gaybar. Le conservateur est alors menacé et mis sous protection. L'exposition a lieu en octobre-novembre 2008 dans le cadre de la manifestation Beeldenstorm 1566-2008 - Tussen mens en beeld. Le Musée de la résistance de la ville participe également à la manifestation. Les deux musées organisent conjointement des conférences, des expositions et un colloque sur le thème de l'iconoclasme. Soreeh Hera ne participe cependant pas au vernissage pour des raisons de sécurité,. L'humoriste Hans Teeuwen l'héberge durant plusieurs semaines avant qu'elle ne bénéficie finalement d'un logement par l'intermédiaire du Coordinateur national de lutte contre le terrorisme, grâce au soutien de la juriste Afshin Ellian (en).
En 20210, le caricaturiste suédois Lars Vilks est agressé alors qu'il montre les photos de Sooreh Hera pendant une conférence.
« Tout ce que je fais, je le fais pour les garçons et les filles qui n'ont aucune liberté en Iran. »
— Sooreh Hera