Stefano Mario Cutelli

Stefano Mario Cutelli
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Stefano Mario Cutelli, né le , est un avocat, journaliste, écrivain fasciste italien.

Biographie

Stefano Mario Cutelli est né à Rome en , au sein d’une famille noble d’origines sicilienne. Inscrit au Parti national fasciste (PNF) depuis le , il fut vice-secrétaire politique des Groupes universitaires fascistes (GUF) romains. Il participa en tant que squadriste à la marche sur Rome d’. Le suivant, il prononça la commémoration des martyrs de la marche dans l’aula magna de l’Université de Rome « La Sapienza », devant le ministre de l’Instruction Giovanni Gentile avec qui il maintiendra un lien jusqu’au milieu des années trente.

Devenu avocat, Cutelli dirigea, entre 1926 et 1927, sur mandat du PNF, le bureau du Patronage national pour l’assistance aux ouvriers victimes d’accidents du travail dans la province de Messine. Par la suite, Cutelli tenta sans succès d’obtenir, au moment où fut ouvert le premier concours, l’habilitation à l'enseignement libre (libera docenza) en Histoire et doctrine du Fascisme, « le plus beau titre auquel puisse aspirer un chercheur fasciste », comme il l’écrira peu après. Entretemps, il entama plusieurs collaborations à des journaux et revues comme la Rivista di politica economica et Critica fascista.

Fondateur de la revue La Nobiltà della Stirpe : Rivista della Tradizione Fascista et défenseur d'un fascisme traditionaliste, il fonda par la suite la revue Il diritto razzista, publication dans laquelle il continua à défendre le racisme hitlérien, contre « l'abâtardissement de la race blanche ! », « l'hérédité psychobiologique », tant des familles nobles, des lignées et des races.

Vision aristocratique et polémiques contre la « gauche fasciste »

Le fascisme comme « libre syndicalisme » et régime aristocratique

Durant cette période, Cutelli déclencha une série de polémiques et de débats avec les représentants de la « gauche fasciste ». En effet, se plaçant « depuis une position aristocratique et pleinement de droite », il « souhaitait que le fascisme se façonne comme un régime d'ordre, solidement appuyé sur la noblesse et la couronne ». L'historien Olindo de Napoli écrit également à son sujet :

« Il tentait d'assimiler le corporatisme fasciste à un libéralisme « organisé », qui refuserait toute idée de domination étatique sur l'économie et défendrait la propriété. Tentant d'exprimer la synthèse d'un certain courant de la pensée économique de l'époque, Cutelli parlait de « libre syndicalisme » : l'État et ses organes ne devraient s'occuper que de réguler les rapports entre personnes juridiques (opérateurs économiques, entreprises, syndicats…), afin que ne soient plus admis « les chantages et les abus de pouvoir industriels, commerciaux et syndicaux ». La propriété privée apparaissait comme une donnée historique incontestable et inaliénable que l'État ne pouvait que reconnaître ».

Sur le plan spirituel, Cutelli souhaitait que le fascisme valorise la culture aristocratique et présentait le nouveau régime comme un rétablissement de la noblesse de sang au sein de la vie nationale. Il écrivait que dans le « nouveau climat historique créé par le Fascisme », on voyait « pour la première fois en Italie et dans le monde un mouvement unitaire national de familles nobles qui sentent le devoir de se régénérer », et cette régénération devait s'accompagner d'un « encadrement étatique très sévère ».

Polémique avec Il Lavoro Fascista

Durant ces années, Cutelli s'inquiéta de l'activité de la « gauche fasciste » et des divers courants du corporatisme qui, partant de la Charte du travail de 1927, poussaient « le régime vers des programmes de nationalisation de l'économie ». Le quotidien Il Lavoro Fascista, dirigé par le syndicaliste fasciste Luigi Fontanelli, se montra très critique à son égard : dans un article du , il visait à mettre en contradiction les thèses de Cutelli avec les doctrines répandues sur le corporatisme. Il Lavoro Fascista critiqua surtout l'idée que le corporatisme n'était rien d'autre que la réalisation juridique de la liberté économique s'exerçant « garantie et contrôlée, à l'intérieur et à travers l'organisation étatique ». Selon le journal, des propositions de Cutelli, découlait une tentative de « ressusciter » le libéralisme économique, auquel devait se substituer une troisième voie « entre Individualisme et Étatisme ». Aussi, le journal attaqua Cutelli qui, « en envoyant des coups de pied à tous les spécialistes du corporatisme fasciste, fait une apothéose du libéralisme économique », ressuscitant des conceptions mortes et affirmant des « énormités » et des « paradoxes ».

Cutelli s'opposa aux « pseudo-fascistes » qui, en cherchant à orienter le régime vers une économie de type socialiste, oubliaient que le mouvement fasciste était né comme un rempart au socialisme. Il attaqua « ceux qui, pris d'une véritable manie frénétique, déclarent la Charte du travail déjà dépassée et voudraient réformer aujourd'hui ce que le fascisme a fait hier ».

Contre les « faux fascistes » et les « socialistoïdes » du Congrès de Ferrare

Le véritable point de rupture avec la « gauche fasciste » fut à l'occasion du Congrès d'études syndicales et corporatives de Ferrare en , où Ugo Spirito exposa son concept de corporation propriétaire (propriété corporative des moyens de production) visant à sortir de la dichotomie privé/public et du libéralisme lui-même.

Après la tenue du congrès, Cutelli dressa le portrait d'un « triste, déconcertant et exaspérant spectacle ». Les thèses subversives de Spirito (« gros bonnet du corporatisme dit… fasciste ») étaient décrites comme « substantiellement jacobines et socialisantes » et, selon Cutelli, les « faux fascistes » devaient être dénoncés aux autorités compétentes des Fasci (faisceaux), à la Commission de discipline du Parti, voire « au Tribunal spécial comme propagandistes socialistes ». Selon lui, ces « faux fascistes » « socialistoïdes » voulaient « à tout prix se faire soupçonner légitimement d'être membres d'une cellule maçonnico-communiste sournoise au sein des Faisceaux ».

Polémique contre le « parfait style socialiste » de Bruno Spampanato

L'autre cible de Cutelli fut Bruno Spampanato, « fasciste de gauche » qui avait suggéré, dans son article « Equazioni rivoluzionarie: dal bolscevismo al fascismo » (« Équations révolutionnaires : du bolchevisme au fascisme »), une relative affinité entre le bolchévisme russe et le fascisme italien, deux révolutions nées de la Grande guerre se plaçant en antithèses des régimes libéraux-démocratiques. Dans sa revue La Nobiltà della Stirpe, Cutelli attaqua le « parfait style socialiste » de l'argumentation de Spampanato et rappela qu'il était fondamental de considérer que fascisme et bolchévisme étaient « aux antipodes dans le domaine religieux, éthique, politique et économique ! ». Plus radical encore, Cutelli écrivit que les partisans d'un lien entre les deux méritaient l'expulsion définitive :

« au Fascisme ne peuvent appartenir les ennemis ou les détracteurs de la Divinité, de la Monarchie héréditaire, de la propriété privée héréditaire et de l'initiative individuelle ».

Publications

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Olindo De Napoli, « Come nasce una rivista antisemita. Tradizionalismo e razzismo nell'azione di Stefano Mario Cutelli », Le Carte e la Storia, no 2,‎ (lire en ligne)

Bibliographie