Temura

C'est une des 3 techniques d’exégèse juive kabbalistique avec la ghématrie et le notarikon.

Dans un souci d'explorer les niveaux supposés secrets de sens de la Torah (notamment le sod) et du Tanakh et fondée sur l’idée que le texte divin de la Torah contient des significations multiples, des kabbalistes ont repris des techniques d’exégèse anciennes, déjà présentes dans la littérature rabbinique et le Sefer Yetzirah. Le principe étant d'utiliser divers artifices et constructions cryptographiques qui sont des codes et des grilles qu’il faut savoir déchiffrer et lire. Les trois méthodes herméneutiques principales de la Kabbale pour interpréter les textes religieux juifs sont : la ghématrie, le notarikon et le témura. La guématrie attribue des valeurs numériques aux lettres pour relier des mots. Le notarikon lit un mot comme acronyme. La témoura permute ou substitue les lettres. Elles servent à explorer Elles ont été systématisées au Moyen Âge dans la Kabbale.

On ne confondra pas ces techniques traditionnelles avec des savoirs scientifiques.

Les jeux de lettres font partie des procédés internationaux de divination. César utilisera plus tard un algorithme de substitution voisin comme système de cryptographie. Avec le développement de pratiques d'occultisme, les règles de substitution s'étendent. Parmi les algorithmes de substitution, les « combinaisons de Tziruph » étaient particulièrement populaires durant les périodes antiques (employés par les hébreux vers 500-600 de notre ère).

L'alphabet hébreu est divisé en deux parties égales, placées l'une au-dessus de l'autre. Il y a 22 commutations ou « Tables de Combinaisons de TzIRVP צירוף » (Tserouf) :

ALBTh (Albath)ABGTh (Abgat)AGDTh (Agdat)ADBGAHBDAVBHAZBVAChBZATBChAIBTAKBI
ALBKAMBLANBMASBNAOBSAPBOATzBPAQBTzARBQAShBRAThBSh (Athbash)

Il y a également trois « Tables des Commutations », carrés de 484 cases remplies de lettres :

À côté de celles-là, il y a la méthode appelée Thashraq, qui consiste simplement à écrire un mot à l'envers.

Il y a encore une autre forme importante appelée « Kabbalah des Neuf Chambres » ou Aiq Bekar. La numération de chaque lettre a été inscrite dans chaque chambre afin de montrer les affinités entre les lettres. Parfois, ce système est utilisé comme code en prenant les chiffres pour montrer les lettres qu'ils contiennent, en mettant un point pour la première lettre, deux pour la deuxième, etc. Ainsi, l'angle droit, contenant AIQ (איק), répondra pour la lettre Qof (ק) s'il y a trois points dedans. De la même manière, un carré répondra pour He (ה), Noun (נ) ou ; selon qu'il y ait un, deux ou trois points placés respectivement dedans.

Notes et références

  1. ↑ Histoire universelle des chiffres, Georges Ifrah - Éditions Robert Laffont 1994.
  2. ↑ Paul Vuillaud est un polygraphe, spécialiste des monographies sur les sociétés secrètes comme on traitait le sujet entre la guerre de 1870 et la guerre de 14-18 dans le cadre de la théorie du complot Il a ainsi traité de la franc-maçonnerie, de la kabbale, etc. On doit donc garder la plus extrême réserve sur les références fournies par cet auteur, dont la perspective est semblable à celle de M.Alan Kazlev, « Samuel Liddell MacGregor Mathers » [archive du ], sur kheper.net via Internet Archive, occultiste américain de la même période. cf. La Kabbale Juive qui éclaire ce procédé par des exemples nombreux)
  3. ↑ Essai sur les origines du christianisme, Éienne Nodet o.p. Justin Taylor, Cerf

Bibliographie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes