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Jan Huckriede (d) (à partir de ) |
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Co-op 2 (d) |
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Violette Cornelius, née à Batavia le et morte à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, le est une photographe et une résistante néerlandaise au nazisme. Appartenant à la première génération de femmes photographes, elle se consacre d'abord à la photographie d'architecture, réalise des livres graphiques avec Jurriaan Schrofer pour finalement se tourner vers une photographie "anthropologique" avec des reportages dans de nombreux pays à travers le monde.
Sa série de photographies sur les activités de résistance durant la Seconde Guerre mondiale est reconnue par l'inscription du groupe de résistance De Ondergedoken Camera sur la liste Mémoire du Monde Unesco des Pays-Bas.
Violette Cornelius est née le 17 mars 1919 à Batavia, de parents néerlandais, Marius Julius Cornelius (1884-1940), fonctionnaire et Constance Cornelia Barth (1886-?). Elle est l'aînée de leurs deux enfants,.
La famille s'installe en Suisse vers 1932 et Violette Cornelius fréquente l'école primaire à Genève. Elle reçoit son premier appareil photo à 14 ans.
Elle arrive aux Pays-Bas avec ses parents vers 1937-1938,. Là, elle suit des cours à l'Académie royale des beaux-arts de La Haye et, peu de temps après, étudie la peinture et la photographie à la Nieuwe Kunstschool d'Amsterdam, où elle découvre les idées du Bauhaus avec ses professeurs Paul Guermonprez et Paul Citroen,.
Elle est également employée de l'agence de publicité de Guermonprez , Co-op 2 (nl).
Violette Cornelius épouse, le 20 mai 1942, Jan Huckriede, pianiste et fondateur de l'Orchestre philharmonique d'Amsterdam (nl) et a un fils, Florian, avec lui en 1946. Ils divorcent le 4 août 1953.
Elle a une relation de 1950 à 1956 avec Jan Rietveld, fils de Gerrit Rietveld.
Lorsque l'Allemagne occupe les Pays-Bas, Violette Cornelius s'engage rapidement dans le mouvement de résistance. Elle collabore au journal clandestin De Vrije Kunstenaar (nl) . Elle fait partie de l'équipe centrale du Persoonsbewijzencentrale (nl), une organisation clandestine spécialisée dans la fabrication de faux documents d'identité destinés à la Résistance et aux personnes cachées. En effet, Jacob Lentz impose le port d'une carte d'identité pour tous aux Pays-Bas à partir de 1941. Ce document identifie, recto et verso, les personnes juives et les rend facilement repérables. Il leur faut plusieurs mois, dans un grenier de la Laiessestraat. pour mettre au point un procédé pour fabriquer des fausses cartes d'identité totalement crédibles. Ils produisent ensuite quelque 80 000 documents, essentiellement des cartes d'identité.
En 1943, Violette Cornelius et d'autres membres du groupe, tentent de détruire le registre de population qui permet, en comparant les données, de vérifier l'exactitude des cartes d'identité. Ils réussissent à endommager sérieusement le bâtiment situé Plantage Kerklaan, à l'aide d'explosifs artisanaux. Ils ne parviennent pas à détruire le registre mais de nombreux membres sont arrêtés et exécutés dans les dunes d’Overveen.
A la mort du chef du groupe, Gerrit van der Veen, Violette Cornelius en prend la direction. Elle est la seule survivante avec Guusje Rübsaam et garde des séquelles de ces événements traumatisants, souffrant de dépression et de troubles de la mémoire,.
En plus des photos d'identité, Violette Cornelius réalise des photos du travail de résistance du groupe. Ses clichés documentent en détail la fabrication des fausses pièces d'identité, montrent de très jeunes gens souriant à l'objectif ou occupés à leurs tâches,.
Ces photos sont publiées dans le journal De Vrije Kunstenaar (nl) mais, représentant un grand danger, les négatifs sont enterrés, par prudence, aux abords d'Amsterdam jusqu'après la guerre. Elles sont un témoignage unique de la résistance néerlandaise.
En 1970, ces photos sont republiées dans une édition en fac-similé du journal de la résistance, De Vrije Kunstenaar (nl).
Elle rejoint également, en 1944, le groupe de photographes résistants De Ondergedoken Camera qui s'efforce de documenter par la photographie les conséquences de l'occupation allemande des Pays-Bas. Les membres de l'organisation, parmi lesquels Emmy Andriesse, prennent clandestinement des photos, en cachant leur appareil, des raids et de la population affamée durant l'hiver de la faim,.
Après la guerre, Violette Cornelius adhère à l'association de photographes GFK.
Par l'intermédiaire de Jan Rietveld, elle entre en contact avec le magazine Forum de l'association Architectura et Amicitia (nl) et les architectes Aldo van Eyck, Sam van Embden (nl) et Herman Haan (nl) et devient photographe d'architecture,,.
En 1954, Violette Cornelius rencontre le graphiste Jurriaan Schrofer, un concepteur néerlandais de livres de photographies de renom, avec lequel elle a une longue relation, de 1956 à 1964. Ils collaborent pour la conception de plusieurs livres qui inaugurent un nouveau langage visuel pour l'époque : comme Delft en 1954 ou De Verbinding en 1962,,.
De Letter op Straat, publié en 1956, considéré comme un des livres les plus remarquables de Violette Cornelius
Parmi ces livres figurent des livres d'entreprises comme Vuur aan Zee en 1958, ouvrage collectif consacré à l'aciérie Koninklijke Hoogovens (nl) d'IJmuiden, réalisé à l'occasion du départ de son directeur. Le livre contient également des photos d'Ed van der Elsken, Paul Huf, Cas Oorthuys et Ata Kando. Jurriaan Schrofer réalise la conception et le poète Paul Rodenko (nl) le texte. Il contient une des rares photos en couleur publiées de Violette Corneliue,,,.
En 1956, elle collabore avec Ata Kandó pour un reportage sur les réfugiés hongrois à la frontière austro-hongroise lors de l'invasion russe de la Hongrie. Les deux femmes choisissent l'approche humaniste, mettant l'accent sur la souffrance et particulièrement celle des enfants. Le livre est publié en décembre 1956, sans titre (on l'appelle Le Livre rouge sans nom, pour la couleur de la couverture). Il est épuisé très rapidement et les bénéfices reversés à des organisations venant en aide aux réfugiés,,.
Un fac-similé de ce livre est publié en 2008 par le Musée de la photographie des Pays-Bas.
En 1964, après sa rupture avec Jurrian Schofer, elle entreprend de nombreux voyages. Elle se rend d'abord dans les habitats troglodytiques des Tellem au Mali, avec l'architecte Herman Haan (nl) puis, dans l'Irak d'avant Sadam Hussein, en Inde, au Pérou, au Yémen et en Afrique, entre autres,. Dès son voyage en Irak, elle s'intéresse à l'exode rural, dans ses voyages suivants elle continue de documenter les conséquences sociales de l'urbanisation rapide,. « En réalité, son travail relève de l'anthropologie visuelle. Elle s'efforçait de ne pas adopter un point de vue occidental, raison pour laquelle elle a interviewé le plus grand nombre de personnes possible. Malheureusement, nous ne disposons pas encore de ses écrits. (Flip Bool) »
Elle trouve dans ces reportages l'épanouissement artistique « Les techniques de travail, les sujets, tout ce que je recherchais à l'époque ont en effet surgi au-delà de mes attentes. ». Elle développe alors un langage visuel intime et personnel qui n'est possible que grâce à des relations proches et de confiance avec les populations locales.
Pendant toute cette période à l'étranger, Violette Cornelius disparaît du monde de la photographie. Son travail reste méconnu jusqu'à sa redécouverte au début du 21e siècle,.
En 1990, Violette Cornelius retourne brièvement dans sa maison de la Spuistraat à Amsterdam, puis part avec ses valises remplies de négatifs et autres documents photographiques, s'installer dans le Sud de la France,.
Elle décède à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, le 24 janvier 1998. Elle est alors à ce point tombée dans l'oubli, qu'aucune nécrologie n'est publiée. Seul Flip Bool en rédige une, à la demande du quotidien NRC Handelsblad, mais elle n'est finalement pas publiée.
Flip Bool, directeur de collections au Musée néerlandais de la photographie et amie de Violette Cornelius, s'inquiète, en vain, du sort de ses archives, craignant qu'elles ne soient perdues lors de ses voyages à l'étranger : « j'avais une peur bleue que tout finisse un jour à la poubelle. ». Violette Cornelius les emporte avec elle lorsqu'elle part en France. A sa mort en 1978, son fils Florian les rapporte à Amsterdam, où elle restent dormir de longues années,.
Finalement, il remet, en 2003, au Musée de la Photographie des Pays-Bas plusieurs valises contenant des négatifs, des diapositives et autres documents inédits,. Elles sont suivies, en juin 2026, par cinq autres valises de documents anciens. La conservatrice du musée, Loes van Harrevelt mène une étude approfondie de ce legs et se penche également sur les oeuvres de Violette Cornelius présentes dans des collections néerlandaises. « Nous avons immédiatement réalisé la qualité exceptionnelle des œuvres que nous avons découvertes ; elles s’inscrivent pleinement dans le canon de la photographie néerlandaise, bien qu’elles soient restées méconnues jusqu’ici. (Loes van Harrevelt). »
Un aperçu de ses photos est présenté pour la première fois au festival Nordlicht de Groningue en 2003.
Une exposition, curatée par Loes van Harrevelt, en 2006-2007 remet Violette Cornelius à l'honneur en présentant plus de 200 de ses oeuvres. La première monographie consacrée à Violette Cornelius est publiée à cette occasion,,.
« Malgré son statut de pionnière, Violette Cornelius n'a pas bénéficié de la même reconnaissance que ses contemporains masculins, même dans des domaines comme la photographie d'architecture, où elle s'est spécialisée immédiatement après la guerre. »
« J'espère qu'avec l'ouverture de ses archives, [l'œuvre de Violette Cornelius] sera enfin de nouveau mise en lumière. (Flip Bool) »