| Vol Air Busan 391 | |||
HL7763, l'Airbus A321 impliqué, photographié un mois avant l'accident. | |||
| Caractéristiques de l'accident | |||
|---|---|---|---|
| Date | |||
| Type | Incendie au sol | ||
| Causes | Défaillance d'une batteries au lithium dans un compartiment à bagage | ||
| Phase | Stationnement au terminal de l'aéroport | ||
| Site | Aéroport international de Gimhae, Busan, Corée du Sud | ||
| Coordonnées | 35° 10,6′ nord, 128° 56,8′ est | ||
| Caractéristiques de l'appareil | |||
| Type d'appareil | Airbus A321-231 | ||
| Compagnie | Air Busan | ||
| No d'identification | HL7763 | ||
| Lieu d'origine | Aéroport international de Gimhae, Busan, Corée du Sud | ||
| Lieu de destination | Aéroport international de Hong Kong | ||
| Passagers | 169 | ||
| Équipage | 7 | ||
| Bilan | |||
| Morts | 0 | ||
| Blessés | 27 | ||
| Survivants | 176 (tous) | ||
| Géolocalisation sur la carte : Corée du Sud
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Le vol Air Busan 391 est un vol international régulier reliant Busan, en Corée du Sud, à Hong Kong. Le , l'Airbus A321 assurant ce trajet a pris feu sur le tarmac, alors qu'il s'apprêtait à décoller de l'aéroport international de Gimhae. L'incendie a entraîné l'évacuation des 176 personnes à bord ; on dénombre 27 blessés (dont trois blessés graves) et aucune victime, tandis que l'appareil a été entièrement détruit. Il s'agit du premier accident grave concernant la compagnie aérienne sud-coréenne Air Busan, depuis sa création en 2007.

L’aéronef impliqué est un Airbus A321-231 immatriculé HL7763 (numéro de série 3297). Cet avion de ligne moyen-courrier, propulsé par deux moteurs IAE V2533-A5, était en service depuis 2008, ayant auparavant été exploité par Asiana Airlines. Il a ensuite été livré à Air Busan le .
Le vol transportait 169 passagers et six membres d'équipage (deux pilotes, quatre membres du personnel navigant commercial, ainsi qu'un technicien de maintenance). La plupart des passagers voyageaient à l'occasion des vacances du Nouvel An lunaire. Parmi eux se trouvaient également 22 ressortissants étrangers, dont 18 Chinois, 2 Américains, un Britannique et un Philippin.
Le commandant de bord totalisait 6 552 heures de vol, dont 5 510 heures sur A321, et 2 795 heures en tant que commandant. Le copilote totalisait 3 278 heures de vol, dont 2 859 heures sur A321.
L'avion s'apprêtait au roulage, après un retard de vingt minutes, lorsqu'un incendie s'est déclaré à l'arrière, prés de la queue de l'avion, vers 22 h 26 KST et s'est propagé à l'empennage et à près de la moitié du fuselage. Air Busan a déclaré qu'un membre d'équipage a repéré l'incendie dans un compartiment à bagages situé dans la partie arrière gauche de la cabine. Certains passagers ont dit avoir entendu un crépitement au moment où l'incendie s'est déclaré ; un autre passager a indiqué que l'équipage n'a pas ordonné l'évacuation des passagers se trouvant à proximité du foyer de l'incendie et leur a demandé de rester assis pendant qu'ils tentaient d'éteindre les flammes, à l'aide d'un extincteur.
À ce moment-là, des braises s'étaient déjà propagées à d'autres parties de la cabine. D'autres passagers ont également reproché à la compagnie aérienne de ne pas disposer d'un protocole ou d'un manuel adéquat, les responsables de la compagnie leur ayant seulement conseillé de rentrer chez eux ou de se rendre à l'hôtel le plus proche, sans aucune autre instruction.
La compagnie aérienne a déclaré que l'équipage n'a pas eu le temps d'annoncer l'incendie aux passagers, mais a précisé avoir suivi toutes les procédures appropriées. Elle a ajouté que le commandant de bord a immédiatement coupé les systèmes hydrauliques et d'alimentation en carburant de l'appareil, afin de prévenir tout dommage supplémentaire, après avoir été informé de l'incendie par l'équipage ; elle a également indiqué que son équipage avait empêché un passager d'ouvrir le compartiment à bagages concerné pour éteindre les flammes à l'aide d'un extincteur, car cela aurait alimenté le feu en oxygène.
Les 176 personnes à bord ont toutes été évacuées saines et sauves, grâce aux toboggans d'évacuation, dont un a été ouvert par un des passagers. Suite à l'incendie, 27 blessés légers ont été signalés : 20 passagers et quatre membres d'équipage ont ressenti une gêne thoracique due à la fumée, tandis que trois passagers âgés ont souffert de douleurs multiples au dos et au coccyx. L'incendie a provoqué de nombreuses brèches sur toute la longueur de la partie supérieure du fuselage. Les pompiers sont arrivés sur les lieux à 22 h 34 KST et l'incendie a été maîtrisé à 23 h 31 KST, avant qu'il n'atteigne les réservoirs des ailes, qui contenaient 35 000 livres (environ 15 900 kg) de kérosène.
Le président par intérim et Premier ministre Choi Sang-mok a ordonné une enquête approfondie. Le ministère du territoire, des infrastructures et des transports (en) sud-coréen (MLIT) a dépêché plusieurs de ses agents sur place et mis en place une cellule de crise. Les enregistreurs de vol (CVR et FDR) ont été récupérés après l'incendie, et une équipe du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) a également été envoyée sur les lieux pour enquêter sur l'incident, compte tenu de l'origine du constructeur de l'appareil, Airbus.
Les autorités ont déclaré que la vidange du carburant n'était pas nécessaire pour que les enquêteurs puissent fouiller l'avion après les contrôles de sécurité. Une enquête conjointe du MLIT et du BEA a débuté le . La police et le Service national de police scientifique ont également prélevé des échantillons dans l'appareil, et seules douze personnes ont été autorisées à pénétrer dans le fuselage pour des raisons de sécurité.
Quatre jours plus tard, la police a perquisitionné l'aéroport international de Gimhae dans le cadre des efforts déployés pour recueillir des preuves, notamment des images de caméras de surveillance prises au moment de l'incendie.
Face aux soupçons selon lesquels l'incendie aurait été provoqué par une batterie au lithium placée dans un bagage rangé dans le compartiment à bagages en cabine, le gouvernement sud-coréen a entrepris de revoir les procédures de manipulation des batteries à bord des avions. Le , le MLIT a annoncé l'interdiction, à compter du 1er mars, pour toutes les compagnies aériennes sud-coréennes, de stocker des batteries externes et des cigarettes électroniques dans les compartiments à bagages. Il a également interdit aux passagers de recharger des batteries externes ou des cigarettes électroniques via les ports USB installés sur les sièges et a limité à cinq le nombre de batteries externes autorisées par passager. La compagnie taïwanaise EVA Air a également interdit l'utilisation de chargeurs portables sur tous ses vols, à compter de la même date que l'interdiction sud-coréenne.
Le rapport préliminaire, publié le , a conclu que l'incendie s'est déclaré dix minutes après que les contrôleurs aériens eurent ordonné le report du décollage. Le commandant de bord a donné l'ordre d'évacuation à tous les passagers et membres d'équipage une minute après la détection des premières flammes. Le 14 mars, les autorités ont indiqué que l'incendie était probablement dû à la défaillance de l'isolant d'une batterie externe rangée dans un compartiment à bagages.
Air Busan a indiqué que son équipe d'intervention d'urgence était en contact avec les passagers et l'équipage. La compagnie aérienne a ensuite annoncé, par mesure de sécurité, l'interdiction temporaire pour tous les passagers de ranger des batteries externes dans leurs bagages à main placés dans les compartiments supérieurs. Elle a également présenté ses excuses aux passagers concernés.
Une enquête officielle menée par l'Aviation and Railway Accident Investigation Board sud-coréen (ARAIB), dont les conclusions ont été publiées dans un rapport préliminaire, a révélé que l'incendie s'est déclaré dans un compartiment à bagages dans la cabine, alors que l'avion était prêt pour le décollage. Cette conclusion fait suite à la découverte de traces de brûlure sur des restes d'une batterie récupérés dans la zone où l'incendie a pris naissance, ce qui a conduit les enquêteurs à penser qu'une batterie au lithium était à l'origine du désastre.
Cet incident a incité les autorités sud-coréennes à élaborer plusieurs directives concernant le transport de chargeurs portables équipés de batteries au lithium. Les autorités de transport sud-coréennes se sont également concertées avec l'ARAIB et d'autres autorités compétentes afin d'inciter les compagnies aériennes et les passagers à respecter ces directives plus strictes.
Par la suite, Airbus, qui a été informé des informations relatives à cet incident, a déclaré qu'il fournissait une assistance technique et qu'il coordonnait ses actions avec Air Busan et les enquêteurs concernés.
Cet incident a également incité de nombreuses autorités réglementaires et compagnies aériennes, telles que Singapore Airlines, Scoot, Thai Airways International, EVA Air et China Airlines, à revoir et à mettre à jour leurs directives concernant le transport d'appareils portables contenant des batteries au lithium, comme les batteries externes, dans les bagages stockés en cabine. Certaines sont même allées jusqu'à revoir et à mettre à jour leurs directives relatives aux bagages enregistrés, en raison des risques accrus.