| Vol TAME 173 | |||
HC-BIG, le Boeing 737 impliqué dans l'accident, photographié à l'aéroport Boeing-Comté de King en mai 1981. | |||
| Caractéristiques de l'accident | |||
|---|---|---|---|
| Date | |||
| Type | Impact sans perte de contrôle | ||
| Causes | Mauvaises conditions météorologiques, erreur de pilotage, manque de formation de l'équipage | ||
| Phase | Approche | ||
| Site | Prés de l'aéroport Mariscal Lamar de Cuenca, Équateur | ||
| Coordonnées | 2° 51′ 55,3″ sud, 78° 56′ 59,5″ ouest | ||
| Caractéristiques de l'appareil | |||
| Type d'appareil | Boeing 737-2V2 Adv | ||
| Compagnie | TAME | ||
| No d'identification | HC-BIG | ||
| Lieu d'origine | Aéroport international Mariscal Sucre, Quito, Équateur | ||
| Lieu de destination | Aéroport Mariscal Lamar de Cuenca, Équateur | ||
| Passagers | 111 | ||
| Équipage | 8 | ||
| Bilan | |||
| Morts | 119 (tous) | ||
| Survivants | 0 | ||
| Géolocalisation sur la carte : Équateur
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Le matin du , le vol TAME 173, assuré par un Boeing 737-200 et qui effectuait un vol intérieur régulier depuis l'aéroport international Mariscal Sucre (qui est désormais fermé) jusqu'à l'aéroport Mariscal Lamar de Cuenca, s'est écrasé contre une colline lors de son approche finale, à seulement 1 600 m de sa destination finale, tuant les 119 passagers et membres d'équipages à bord.
Il s'agit de l'accident aérien le plus meurtrier survenu en Équateur, ainsi que du pire crash impliquant un appareil de TAME. Une enquête a par la suite déterminé que l'appareil s'est écrasé en raison du manque d'expérience de l'équipage sur ce type d'appareil, ce qui a conduit à un impact sans perte de contrôle (CFIT).
L'appareil impliqué dans l'accident était un Boeing 737-2V2 Adv, équipé de deux turboréacteurs de type Pratt & Whitney JT8D-17. Il a été fabriqué en 1981 et a effectué son premier vol le de cette année. Lorsque Boeing l'a livré, il était immatriculé N8283V, mais lorsqu'il est arrivé dans la flotte de la compagnie aérienne nationale équatorienne, TAME, en , son immatriculation a été changée en HC-BIG. Cet appareil, qui était le seul 737 jamais exploité par TAME, a été baptisé « Ciudad de Loja » lors de sa livraison à la compagnie aérienne.
Ce vol était assuré par le commandant de bord Jorge Leonardo Peña Terán, un général à la retraite qui avait auparavant commandé la Force aérienne équatorienne sous le gouvernement Roldós au début des années 1980. Il avait notamment dirigé les forces armées lors de la brève guerre du Paquisha en 1981 contre le Pérou voisin. Après sa démobilisation, il avait droit à un poste au sein de TAME, qui réservait toujours des emplois de pilote aux généraux retraités. Il a ainsi rejoint la compagnie dix mois avant l'accident, pilotant d'abord sur Lockheed L-188 Electra avant de passer au Boeing 737.
Parmi les passagers, 103 personnes (95 passagers et les huit membres d'équipage) venaient d'Équateur, tandis que 11 venaient de Colombie et cinq autres venaient des États-Unis. Il a été révélé par la suite qu'avant le décollage, plusieurs passagers avaient cédé leur place à d'autres, notamment au gouverneur de la province d'Azuay (dont Cuenca est la capitale), Juan Cordero Íñiguez, qui aurait raté son vol après s'être endormi dans un hôtel de Quito.
Le vol 173 a décollé de l'aéroport international Mariscal Sucre de Quito, à destination de l'aéroport Mariscal Lamar de Cuenca, avec 111 passagers et huit membres d'équipage à bord. L'appareil a rencontré du brouillard lors de l'approche finale, mais les conditions météorologiques prévues ce jour-là étaient favorables. L'équipage contacta la tour de contrôle de Cuenca pour obtenir l'autorisation d'atterrir, qui lui fut accordée.
Durant les dernières minutes du vol, les pilotes, alors distraits par une conversation non essentielle (qui portait apparemment sur des problèmes sociaux au sein de TAME), ignoraient que l'avion volait à une altitude dangereusement basse et en direction d'une montagne.
Quelques secondes avant que le vol 173 ne percute la montagne, à 1,6 km de l'aéroport, le avertisseur de proximité du sol (GPWS) s'est activé, signalant une collision imminente avec le relief et déclenchant une alarme dans le cockpit. Les deux pilotes ont tenté de s'éloigner du relief en mettant les moteurs à pleine puissance et en effectuant une montée abrupte, mais il était trop tard. Le 737 a percuté à pleine vitesse le sommet de la colline de Bashún (qui surplombe la piste de l'aéroport), a explosé et a ensuite glissé le long de la pente, avant de finir dans un ravin ; il n'y a eu aucun survivant.
Deux minutes après la disparition du signal de l'avion sur les écrans radar, le contrôle aérien de Cuenca a déclaré une situation d'urgence. Le lendemain, plusieurs avions de recherche et des équipes de sauvetage sont arrivés sur les lieux du dernier déplacement connu de l'appareil.
Les craintes initiales d'un possible sabotage ont été avancées par les autorités de l'aviation civile, après qu'une station de radio locale ait signalé des témoins affirmant avoir vu une explosion en vol. Au cours de l'enquête, cela a été rejeté en raison du manque de preuves corroborant cette hypothèse. Les autorités civiles de l'aviation ont ouvert une enquête, en collaboration avec le Conseil national de la sécurité des transports (NTSB), ainsi que Boeing et Pratt & Whitney (les fabricants respectifs de l'avion et de ses moteurs).
Les résultats de l'enquête ont été présentés plusieurs mois plus tard et ont conclu que l'erreur de pilotage était la cause principale de l'accident. Plusieurs facteurs contributifs ont été identifiés au cours de l'enquête : la compagnie aérienne n'a pas été correctement dispensée de formation adéquate pour les pilotes sur cet appareil (une version modernisé du 737-200), l'équipage n'était pas parfaitement familiarisé avec les commandes de l'appareil et l'équipage a été distrait en essayant de localiser la piste dans un épais brouillard. En conséquence, l'avion est passé en dessous de l'altitude minimale de sécurité dans une zone montagneuse, enfin l'équipage a ignoré les alarmes émises par le GPWS jusqu'à quelques secondes avant l'impact avec la colline.
Le problème de formation est apparu suite au non-respect des conditions d'achat du 737. En effet, Boeing s'était engagé, semble-t-il, à former les pilotes pendant six semaines à Seattle. De plus, les accords stipulaient qu'après cette formation, les pilotes seraient accompagnés pendant un mois par un instructeur désigné par Boeing. Le mois suivant, un copilote de sécurité étranger agréé par Boeing devait les rejoindre. Enfin, un pilote équatorien ne serait qualifié pour devenir commandant de bord sur 737 qu'après avoir totalisé 100 heures de vol. Cependant, pour des raisons inconnues ou non déclarées, cette procédure n'a pas été respectée et, en mars 1983, le commandant Terán a été envoyé au Brésil pour apprendre à piloter des avions à réaction dans un simulateur de vol pendant seulement trois semaines. Au moment de l'accident, le commandant totalisait à peine 30 heures de vol aux commandes d'un 737.
Enfin, la nature militaire de la compagnie aérienne, avec la hiérarchie qui en découle, explique aussi pourquoi le commandant Terán, bien qu'insuffisamment qualifié pour piloter le 737, était aux commandes lors de ce vol. À son retour du Brésil en mars 1983, il occupait le siège de gauche dans le cockpit car, à l'époque, un général ne pouvait être rétrogradé au poste de copilote.