| Zorro | |
| Alias | Don Diego Vega (véritable identité) |
|---|---|
| Origine | Californien |
| Sexe | Masculin |
| Caractéristique | Excellent escrimeur et cavalier |
| Famille | Don Alejandro de la Vega (père) |
| Entourage | Bernardo (serviteur) |
| Ennemi de | Les autorités corrompues et les bandits |
| Créé par | Johnston McCulley |
| Interprété par | Douglas Fairbanks Tyrone Power Guy Williams (série télévisée) Frank Langella Alain Delon Duncan Regehr (série télévisée) Anthony Hopkins Antonio Banderas Val Kilmer (dramatisation radio) Jean Dujardin (série Paramount+) Miguel Bernardeau (série Prime Video), |
| Première apparition | Le Fléau de Capistrano (1919) |
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Zorro — surnom qui signifie « renard » en espagnol — est un héros de fiction américain créé en 1919 par Johnston McCulley. Il apparaît pour la première fois dans le roman-feuilleton Le Fléau de Capistrano, aussi connu sous le titre Le signe de Zorro.
Sous le masque se cache Don Diego Vega, un riche ranchero de Los Angeles. Armé de son épée et entouré par de nombreux alliés, il lutte contre l'oppression dans la Californie espagnole du XIXe siècle.
Depuis sa création en 1919, Zorro a inspiré de nombreuses œuvres de fictions (films, séries télévisées, bandes dessinées, dessins animés, jeux) ainsi que d'autres héros masqués tels que Batman chez DC Comics, du propre aveu du dessinateur Bob Kane. Il a été interprété par de nombreux acteurs, tels que Tyrone Power, Guy Williams, ou encore Antonio Banderas.

Johnston McCulley, officier des affaires publiques de l'armée pendant la Première Guerre mondiale, journaliste à la National Police Gazette fondé en 1845 à New York et écrivain, utilise souvent la Californie comme cadre de ses histoires. Il publie de nombreux feuilletons du genre western ou roman policier.
En 1919, il s’inspire de l’histoire de Joaquín Murrieta, mineur mexicain devenu bandit et défenseur des opprimés, ainsi que de celle de Salomón Pico (en), un bandit issu d'une riche famille californienne. L'auteur puise également dans la vie de William Lamport, aventurier irlandais installé au Mexique au XVIIe siècle, indigné par le sort réservé aux populations indigènes. Lamport signe ses actions de la lettre « Z », interprétée comme un symbole issu du mot hébreu « Ziza » (signifiant « splendeur »). À ces influences historiques s’ajoutent des modèles littéraires et cinématographiques comme Judex, justicier drapé de noir imaginé par le français Louis Feuillade, et Le Mouron rouge de la baronne Emma Orczy, dont le héros mène une double vie pour protéger les innocents.
Le , Zorro fait sa première apparition dans Le Fléau de Capistrano (The Curse of Capistrano), un roman-feuilleton publié dans le magazine pulp All‑Story Weekly. Il y est présenté sous le surnom de Señor Zorro, parfois appelé le fléau de San Juan Capistrano. Son identité est Don Diego Vega, jeune noble de 24 ans issu de El Pueblo de Nuestra Señora la Reina de los Ángeles. Don Vega prend secrètement les armes contre le tyrannique Gouverneur Alvarado.
L'histoire est adaptée au cinéma l'année suivante, dès 1920, sous le titre Le Signe de Zorro (The Mark of Zorro). Douglas Fairbanks, la grande star de l’époque, tient le rôle-titre. Ce film muet connaît un tel succès que Johnston McCulley abandonne le titre The Curse of Capistrano pour renommer son roman The Mark of Zorro. Le roman se vend alors à 50 millions d'exemplaires. En 1940, Le Signe de Zorro, une nouvelle adaptation plus spectaculaire encore, sera aussi un immense succès. McCulley écrira plus de soixante autres aventures de Zorro de 1922 à sa mort en 1958.
En 1957, la série télévisée Zorro de Walt Disney Pictures, avec Guy Williams, ancre définitivement le personnage dans la culture populaire. Les commerces reçoivent alors de nombreux articles à l'effigie de Zorro : capes, masques et même une épée avec une craie sur la pointe. La presse et la télévision sont elles aussi prises par la folie Zorro au point que tout sujet était bon, du refus de Guy Williams de parader à cheval dans l'Oregon au vaccin en forme de « Z » d'un pédiatre californien évoqué par le magazine Life, en passant par le premier baiser du héros titré « Rouge à lèvres pour marquer Zorro » dans le Philadelphia Inquirer.
Des acteurs aussi variés que Douglas Fairbanks, Tyrone Power, Luis Aguilar, Guy Williams, Alain Delon, Frank Langella, Duncan Regehr, Christian Meier, Anthony Hopkins, Antonio Banderas ou encore Jean Dujardin ont incarné le personnage.

La Nouvelle-Espagne, au XIXe siècle, s'enfonce dans la misère et la corruption sous la poigne de fer du Gouverneur Alvarado. À quinze ans, Don Diego Vega, fils unique du ranchero Don Alejandro Vega, découvre les récits de persécutions qui frappent les indigènes et les hommes d’église. En secret, il s’entraîne à l’équitation, à l’escalade et à l’escrime, forgeant les talents qui lui permettront d’endosser le rôle du justicier masqué Zorro, défenseur des opprimés, opérant le long de El Camino Real, la route historique reliant les missions fransciscaines, et trouvant refuge dans les églises lorsqu’il doit disparaître.
Pour protéger son identité, il adopte la personnalité d’un aristocrate timide, maladroit, efféminé, dépourvu de charme et d’ambition, une façade parfaite pour détourner les soupçons. Ce caractère exaspère profondément son père, qui ignore tout de son combat et le pousse à devenir un homme digne de leur nom, ce qui provoque une série de situations cocasses.
À la fin du roman original Le Fléau de Capistrano, une fois ses ennemis vaincus, Don Diego retire publiquement son masque. À la grande surprise de son père et des notables de Los Angeles réunis, il déclare être Zorro. Johnston McCulley avait écrit à l'origine ce roman comme un récit unique. Mais face au succès, le public et les éditeurs ont réclamé une suite. Pour les récits suivants, l'auteur a donc choisi d'ignorer totalement cette fin et de préserver l'identité secrète de son personnage.
Dans les adaptations, Zorro reste Don Diego Vega (parfois renommé « de la Vega »), à quelques exceptions près. On retrouve ainsi des héritiers du héros original, comme Cesar de Vega (le fils du héros qui transpose les exploits familiaux en Espagne) dans Don Q, fils de Zorro (1925); Kit McAtee, un descendant du XXIe siècle dans la série animée futuriste Zorro: Generation Z (2008) ; ou encore Alejandro Murrieta, jeune homme formé par un Don Diego vieillissant dans Le Masque de Zorro (1998). À noter que dans le Zorro avec Alain Delon (1975), le héros est « Diego », un personnage sans origine qui se renomme « Don Miguel de la Serna » et prend la place du nouveau gouverneur de la province coloniale de Nueva Aragón.
Zorro relève d'une vision romancée et nostalgique de la Californie espagnole (entre 1769 et 1821), avant la Guerre d'indépendance du Mexique. Il s'inscrit dans une idéalisation romantique de l'Ouest sauvage de la période hispanique, avec ses codes d'honneur et ses duels à l'épée ; un « âge d'or » chevaleresque, raffiné et nostalgique du passé colonial européen.
En réalité, les colons étaient loin de mener la grande vie dans des haciendas luxueuses. Sur le plan historique, la Californie à cette époque ne correspond pas au tableau de l'aristocratie espagnole opulente et désabusée que Johnston McCulley prête à ses personnages, y compris Don Diego Vega. L'atmosphère de tensions politiques, le pouvoir grandissant des riches propriétaires terriens et l’oppression des hommes d'église rappellent plutôt l'époque de la Californie mexicaine des années 1830. Ce n'est en effet qu'à partir de 1832 que le Mexique ordonne la sécularisation et le partage des richesses des missions franciscaines, qui reviennent aux colons et permettent ainsi l'expansion de l'aristocratie.
Zorro est présenté comme le protecteur des faibles, sans distinction de classe ou d'origine. Il défend activement les amérindiens, les travailleurs agricoles (peons), qui constituent la base de la future population mexicaine, les rancheros injustement taxés, et les missionnaires. Les antagonistes sont généralement des gouverneurs et des militaires profitant de leur isolement de la monarchie espagnole pour instaurer une dictature locale. En punissant les puissants, Zorro ne cherche pas à renverser l'ordre, mais à rétablir la justice et la morale élémentaire.
Johnston McCulley a écrit une soixantaine d'aventures de Zorro. À la suite de la diffusion à la télévision française de la série Zorro produite par les studios Disney en 1957, quelques-unes ont été traduites en français sous le titre d'auteur de Walt Disney :
Sous le titre d'auteur Johnston McCulley :
D'autres auteurs ont repris le personnage, notamment :
Un fan-film français mêlant l'univers de Zorro à celui du manga Saint Seiya. Ce fan-film se veut être le prequel de la série de Walt Disney avec Guy Williams. On découvre ainsi comment Don Diego est devenu Zorro et pourquoi il a choisi le symbole du Renard. Le court-métrage s'est vu félicité par John Gertz, le président de la Zorro Productions Inc[réf. nécessaire].
Le personnage de Zorro a été adapté en bande dessinée en France dès 1939 dans Jumbo. Ses animateurs les plus connus furent André Oulié (1947-1967), Eu. Gire (1949), dans des périodiques pour enfants et des petits formats. De 1974 à 1986, Le Journal de Mickey publia des histoires inédites dues pour la plupart à Robert Rigot puis Carlos Marcello (dessin) et Jean-Marie Nadaud (scénario).
Le personnage a été utilisé en Italie à partir de 1940. Des planches de Pier Lorenzo De Vita et Giuliano Giovetti furent publiées dans Le Journal de Mickey à partir de 1965 (numéro 667). De 1964 à 1967 Hans Kresse (dessin) et Joop Termos (scénario) proposèrent des histoires inédites aux lecteurs de l'hebdomadaire jeunesse néerlandais Pep.
Aux États-Unis, des histoires de Zorro apparaissent dans Four Color à partir de 1949. De 1958 à 1961, de nombreuses histoires adaptées de la série télévisée de 1957-1961 furent publiées, certaines dessinées par Alex Toth et Warren Tufts. Plusieurs de ces histoires furent reprises dans Le Journal de Mickey entre 1958 et 1978. De nombreux comic books éphémères ont été créés dans les années 1990 et 2000. Un comic strip a existé au tournant des années 2000.
En 1964, Henri Salvador sort Zorro est arrivé, chanson parodique sur la face B d'un disque 45 tours du label Rigolo. La chanson est une reprise de Along Came Jones du groupe américain The Coasters, adaptée et écrite par Bernard Michel. Salvador n'aimait pas la chanson, mais celle-ci fut un grand succès populaire dans les années 1960.

Un an plus tard, la série télévisée Zorro avec Guy Williams dans le rôle principal est diffusée à la télévision française en . Son générique, chanté par Claude Germain (mari d'Anne Germain), son frère José Germain et Vincent Munro, devient culte avec ses paroles : « Un cavalier qui surgit hors de la nuit / Court vers l'aventure au galop ! / Son nom il le signe à la pointe de l'épée / D'un Z qui veut dire Zorro ! » La chanson ressort sur un disque 45 tours en 1985, chantée cette fois par Jean Stout,,.
La même année que la reprise de Jean Stout, Disney lance deux titres chantés par Douchka Esposito : Zorro… Je chante parce que je t'aime et La chanson de Zorro. Les deux chansons sont classées au Top 50, la première à la 49e place et la seconde à la 16e place,.
En 1975 sort le film franco-italien Zorro avec Alain Delon dans le rôle du justicier. Le thème du film, Zorro is back est écrit par Guido et Maurizio De Angelis (sous le nom d'Oliver Onions) et sort sur un 45-tours la même année.
En 1998 sort le film américain Le Masque de Zorro avec Antonio Banderas dans le rôle principal. La chanson du film, I Want to Spend My Lifetime Loving You (en) écrite par James Horner et Will Jennings, et chantée par Marc Anthony et Tina Arena, est classée dans de nombreux charts européens : 3e en France, 9e en Belgique et 34e en Suisse.
En 2008 est produit le spectacle Zorro, le musical par Stephen Clark. Sa version française, adaptée par Éric Taraud, est présentée aux Folies Bergère en . L'album du spectacle propose 16 titres sur des musiques des Gipsy Kings,.