Arthur Adamov

Arthur Adamov
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Артур Адамян ou Արթյուր ԱդամովVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Arthur AdamianVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
For Arthur AdamianVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Période d'activité
À partir de Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Jacqueline Autrusseau (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Mouvement
Genre artistique
Prononciation

Arthur Adamov, né le Artour Adamyan le à Kislovodsk dans le Caucase et mort le à Paris 5e, est un écrivain, traducteur et auteur dramatique français d'origine russo-arménienne.

Biographie

Fils de Hovhannès Adamian, un riche industriel pétrolier de Bakou, et de Yekaterina Bagatouroff, il naît dans une riche famille d'origine arménienne. Arthur n'a que 4 ans quand ses parents quittent la Russie en 1912 pour l'Allemagne, puis Genève et Mayence. La famille subit un important revers de fortune en 1917 pendant la révolution d'Octobre. Joueur compulsif, le père se suicide en 1933 après avoir perdu le reste de ses biens au jeu.

Comme de nombreux Russes fortunés de l'époque, le jeune Arthur est élevé en français. Il fait ses études en Suisse et en Allemagne. Dès 1924, il s'installe à Paris où il fréquente les milieux surréalistes et participe à la publication de la revue Discontinuité. Il écrit à cette époque sa toute première pièce, Mort chaude.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se réfugie à Marseille, mais est arrêté, puis détenu pendant six mois au camp de concentration d'Argelès-sur-Mer pour propos hostiles à l'égard du régime de Vichy.

La guerre d'Algérie pendant la seconde moitié des années 1950 radicalise l'écrivain qui, dans « les années 60, adhère au communisme, puis - après 1968 - à divers courants d'extrême-gauche. ». En 1960, il signe le Manifeste des 121, déclaration sur le « droit à l'insoumission » (des appelés du contingent) dans le contexte de la guerre d'Algérie. En 1964, pendant un cycle de conférences données aux États-Unis sur la littérature française et le théâtre moderne, il prend part à des manifestations contre la guerre du Viêt Nam. Au cours de cette période, en parallèle à l'écriture de ses pièces de théâtre, il signe plusieurs traductions de grands classiques romanesques et théâtraux russes, allemands et suédois. Mais de graves ennuis financiers, causés par des problèmes fiscaux, le font sombrer peu à peu dans l'alcoolisme.

Le théâtre d'Adamov, d'abord influencé par le surréalisme, se rattache au courant du théâtre de l'absurde. Subissant ensuite l'influence de Brecht, il écrit des œuvres ouvertement « politisées » à partir du milieu des années 1950 avec ses pièces Le Ping-Pong, qui dénonce les vaines illusions que fait miroiter l'argent symbolisé par une machine à sous dans un café, et Paolo Paoli, qui fait le procès de la petite-bourgeoisie. Dans ses dernières œuvres Adamov mêle l'intime et le politique.

Il connait très bien l'amie proche de sa mère et metteuse en scène arménienne de renom, Anna Boudaghyan à qui il écrit régulièrement et qui l'aide dans sa carrière théâtrale de par son réseau et ses connaissances pointues. Il est aussi très ami avec son fils. Anna a eu une influence certaine sur le travail d'Arthur Adamov ; comme certaines lettres le montrent en 1950, il s'appuie sur elle pour faire diffuser ses œuvres, faire des rencontres ainsi que pour discuter de leur amour commun du théâtre.

Il est inhumé au cimetière parisien d'Ivry (44e division).

Sa femme, Jacqueline Autrusseau (d), était une journaliste et psychanalyste française (née le à Saint-Jean-de-Daye et morte le à Villejuif). Elle fut secrétaire de rédaction de la revue de l'Institut français de psychanalyse.

Œuvres

Textes autobiographiques

  • L'Aveu (1946)
  • L'Homme et l'Enfant (1968)
  • Je... ils... (1969)

Théâtre

  • Mort chaude (vers 1926)
  • La Parodie (1947)
  • L'Invasion (1949)
  • La Grande et la Petite Manœuvre (1950)
  • Le Désordre (1951), pièce radiophonique
  • Comme nous avons été (1951)
  • Le Sens de la marche (1951)
  • Tous contre tous (1952)
  • Le Professeur Taranne (1953)
  • Les Retrouvailles (1953)
  • Le Ping-Pong (1955)
  • Paolo Paoli (1957)
  • En fiacre (1959), pièce radiophonique
  • Les Âmes mortes (1960), adaptation scénique du roman de Nicolas Gogol
  • Le Printemps 71 (1961)
  • La Politique des restes (1962)
  • Le Temps vivant (1963), pièce radiophonique
  • Finita la commedia (1964), pièce radiophonique
  • La Sainte Europe (1965)
  • M. le Modéré (1967)
  • Off Limits (1968)
  • Si l'été revenait (1970)

Autres publications

  • L'Heure nouvelle (1946)
  • La Commune de Paris, - (1959), anthologie de textes
  • Ici et maintenant (1964)
  • Artaud vivant (1980), publication posthume
  • Strindberg (1982), publication posthume
  • L'Autre (1985), recueil de notes posthume

Traductions (liste partielle)

Premières productions des pièces

Plaque de la rue Arthur-Adamov.

Hommages

Notes et références

Notes

Références

  1. 1 2 « Acte de décès d'Arthur Adamov », Paris 05, acte n°180, (consulté le ), p. 25 sur 31
  2. ↑ Ses parents sont nommés Sourim et Hélène dans l'acte de décès d'Arthur. Possible erreur du déclarant ou une traduction spécifique.
  3. ↑ Le Nouveau Dictionnaire des auteurs, p. 15.
  4. ↑ (hy) Artsvi Bakhchinyan, « Արթյուր Ադասովի Նամակներն Աննա Բուդադյանին » [« Les Lettres d'Arthur Adamov : Anna Boudaghyan »] [PDF]
  5. ↑ « Cimetière parisien d'Ivry - Paris.fr », sur paris.fr via Internet Archive (consulté le ).
  6. ↑ Robert Kemp, « Paolo Paoli d'Arthur Adamov au Vieux-Colombier », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  7. ↑ Tableau reproduit dans la revue L'Heure nouvelle, no 1, 1945.

Bibliographie

Bernadette Bost, « Les répétitions-variations ou l’impossible même dans “Si l’été revenait” d’Arthur Adamov », in B. Bost, J.-F. Louette et B. Vibert (contributions réunies par), Impossibles théâtres. XIXe – XXe siècles, Chambéry, éd. Comp’Act (« L’Acte même »), 2005.

Liens externes