Le mot audisme est un néologisme utilisé depuis la fin du XXe siècle pour qualifier les préjugés négatifs et l'hostilité manifestée à l'égard des sourds. C'est une forme de discrimination.
Ce phénomène de société ne se limite pas à une forme de capacitisme (discrimination contre les personnes handicapées) puisqu'il concerne un groupe social et linguistique minoritaire, est, pour des militants de la communauté Sourde, comparable au racisme, à l'âgisme ou encore au sexisme.
Le mot audisme est composé de deux morphèmes : le radical aud- qui vient du verbe latin audire (entendre), et le suffixe -isme servant à designer un système de pratique, le comportement, la croyance ou l'attitude.
Une définition simple serait : attitude négative ou oppressive envers les personnes sourdes, exercée par des personnes et des organisations sourdes ou entendantes.
Le terme audism a été inventé aux États-Unis en 1975, par Tom Humphries, dans sa thèse de doctorat non publiée Audism: The making of a word,:
« The notion that one is superior based on one's ability to hear or to behave in the manner of one who hears. »
« L'idée que quelqu'un est supérieur, sur la base de sa capacité à entendre ou à se comporter de la manière de celui qui entend. »
Dans les années 1990, Harlan Lane reprend ce terme, notamment dans son livre the Mask of Benevolence: Disabling the Deaf Community (1992).
Le terme « audisme » ne figurant actuellement dans aucun dictionnaire de la langue française, des membres de la Fédération nationale des sourds de France militent pour son entrée.
Les personnes qui pratiquent l'audisme sont appelés audistes. Les audistes peuvent être entendants ou sourds.
Toutefois, le nom « audiste » ne figure pas dans un dictionnaire de langue française.
Yves Delaporte écrit un passage de témoignage dans le livre les sourds, c'est comme ça: « Robert passe la visite médicale préalable à l'obtention du permis de conduire. Le médecin lui refuse son autorisation, et déclare : "Revenez me voir quand vous vous serez fait implanter" ».