Le jobisme désigne un phénomène social caractérisé par des idées préconçues ou des discriminations basées sur l'emploi que les individus occupent[Interprétation personnelle ?]. Le terme concerne spécifiquement la hiérarchisation des personnes en fonction de leur travail ou de leur statut professionnel. Cela inclut des discriminations envers les personnes occupant des emplois considérés comme peu qualifiés, temporaires, ou mal rémunérés. Le jobisme peut également se manifester par une catégorisation sociale des individus selon la nature de leur travail.
Le terme "jobisme" provient de l'anglais "job" (emploi) et du suffixe "-isme", qui désigne une idéologie ou une forme de discrimination systématique. Il fait ainsi référence à une catégorisation sociale des individus en fonction de leur travail, ainsi qu'à un système de valeurs qui accorde une place prépondérante aux professions jugées socialement prestigieuses ou intellectuellement valorisantes.
Le concept de jobisme a émergé au début du XXIe siècle dans les débats sur les inégalités sociales et professionnelles, particulièrement dans les sociétés occidentales. Il trouve des racines dans les discours sur le mérite, la mobilité sociale et la reconnaissance des qualifications, et s’inscrit dans un contexte où les distinctions professionnelles influencent de manière significative les rapports de pouvoir, les trajectoires individuelles et l'accès aux opportunités.
Le concept s'est développé dans le contexte des sociétés modernes, où les hiérarchies professionnelles deviennent de plus en plus marquées, et où certaines professions sont perçues comme plus prestigieuses que d'autres, souvent indépendamment de leur véritable valeur ou de leur impact social.
Le phénomène du jobisme est largement étudié dans le domaine de la sociologie du travail et de la psychologie sociale, où il est souvent abordé sous l'angle des stéréotypes professionnels et de la discrimination à l'embauche. De nombreuses études montrent que les individus ont tendance à juger les autres en fonction de leur emploi, en attribuant des qualités ou des défauts à des groupes professionnels spécifiques.
Les effets du jobisme sont multiples et peuvent avoir des conséquences à différents niveaux de la société :
Le jobisme, ou discrimination professionnelle, trouve des échos dans diverses œuvres littéraires, cinématographiques et artistiques, où la stratification sociale fondée sur les métiers joue un rôle central dans la construction des sociétés imaginées. Ces œuvres offrent des représentations poignantes des effets de cette hiérarchisation professionnelle sur les identités individuelles et les opportunités sociales, en illustrant comment les rôles professionnels peuvent conditionner la vie des individus et renforcer des inégalités structurelles.
Dans le roman Le Meilleur des mondes (Brave New World) d'Aldous Huxley (1932), la société est divisée en castes strictes basées sur les rôles professionnels. Les individus sont conditionnés dès la naissance pour occuper un métier spécifique : les Alphas exercent des fonctions intellectuelles et dirigeantes, tandis que les Epsilons se voient assigner des tâches manuelles et subalternes. Ce système de castes, qui repose sur des distinctions professionnelles arbitraires, limite non seulement les aspirations personnelles des individus, mais détermine aussi leur dignité sociale. En dépeignant une société où l'on est réduit à son rôle professionnel, Huxley critique une vision utilitariste de l'humanité, où les individus sont vus avant tout à travers leur contribution à la machine sociale.