Il s'agissait d'une formation fantasque et conflictuelle originaire de Kingston-upon-Hull, dans le Yorkshire, dont les membres permanentes étaient le fondateur Genesis P-Orridge, et Cosey Fanni Tutti, qui rejoignit le groupe au début de 1970. Sa composition était tournante, caractéristique atypique dans les années 1960, et incluait aussi bien des éléments intellectuels que criminels,. L'organisation était notamment fascinée par le totalitarisme, la pornographie et les tueurs en série; elle fit un scandale retentissant à ses débuts grâce à une exposition de tampons hygiéniques usagés. En 1975, le collectif représente la Grande-Bretagne à la Biennale de Paris.
Son existence formelle s'étend de 1969 à 1976. Parmi les membres de son entourage étaient Foxtrot Echo (Greg Taylor, aussi connu sous le nom d'Echo Foxxtrot), Fizzey Paet, Ray Harvey, Timothy Poston (en) et Spydee Garmantel (Ian Evetts, un ami d'école de P-Orridge). Peter «Sleazy» Christopherson rejoint le collectif dans sa phase tardive en 1975, tandis que Chris Carter, bien que proche du collectif, ne l'a pas rejoint sur le plan technique jusqu'à sa transformation en Throbbing Gristle.
Prince Street, à Hull, ou COUM s'établit de 1970 à 1973.
Après avoir assisté en 1969 à une performance du collectif Exploding Galaxy à l'Université de Hull, P-Orridge décide d'interrompre ses études pour se dédier à l'art expérimental. Il rejoint pendant quelques mois le collectif Exploding Galaxy à Londres. Les premières actions de COUM Transmissions ont lieu en fin 1969 à Hull. En 1970, les membres de COUM s'établissent dans deux maisonnettes délabrées de style géorgien dans le centre de Hull, sur Prince Street, qui seront surnommées «Alien Brain». Dans sa première phase, le collectif privilégie les performances musicales improvisées sur des instruments acoustiques. Le titre de l'une des premières performances, Clockwork Hot Spoiled Acid Test, se réfère à deux inspirations, le roman L'Orange mécanique (1962) d'Anthony Burgess et le livre Acid Test (1968) de Tom Wolfe. En tant que groupe musical, le collectif fait la première partie de Hawkwind en et suscite l'intérêt de John Peel, qui le diffuse dans son émission de radio[réf.souhaitée]. Impressionnée par cette performance, Foxtrot Echo (alors étudiant en art à Bradford) rejoint le collectif. En , COUM participe à un concours national de musique rock/folk, intitulant leur performance This Machine Kills Music.
Installation à Londres (1973–1974)
Le bâtiment du 10 Martello Street, à Londres, qui abrite le studio de COUM Transmissions dès 1973.
Durant l'année 1973, P-Orridge et Tutti quittent Hull pour déménager à Londres, installant COUM dans un studio à Martello Street, dans le quartier de Hackney (l'un des districts les plus pauvres de Londres). Durant cette même année, COUM est invité par le Hull Arts Centre à participer à Fanfare for Europe, un événement célébrant l'entrée du Royaume-Uni dans l'Espace économique européen. Le groupe participe également au Fluxshoe Festival, une exposition itinérante liée au mouvement artistique Fluxus organisée par David Mayor,. Une publication intitulée Copyright Breaches est éditée à 200 exemplaires.
En , le groupe se rend en Belgique, pour présenter une performance sonore créée en collaboration avec Paul Woodrow et nommée Marcel Duchamp's Next Work. Cette œuvre est constituée de douze répliques de la sculpture Roue de bicyclette réalisée en 1913 par l'artiste Marcel Duchamp, assemblées en cercle, qui sont jouées comme des instruments de musique. Une première performance se déroule à Gand, une deuxième à Bruxelles.
Le est présenté au Oval Theatre à Londres Couming of Age, la première action de COUM impliquant la nudité, et utilisant des musiques de Nico, John Cale, Lou Reed et Vera Lynn. Peter «Sleazy» Christopherson assiste à ce spectacle et propose de rejoindre le groupe. À partir de cette période, COUM se réduit essentiellement à P-Orridge et Tutti, leurs partenaires Fizzy et Biggles ayant quitté Londres.
Actions internationales et fin (1975–1977)
1975: Allemagne, Pays-Bas, France
En 1975, COUM est invité à participer à des festivals d'art en Allemagne (Groß-Gerau, puis Kiel). En mars, Christopherson participe à sa première action de COUM, intitulée Couming of Youth et impliquant des actions sexuelles, qui est montrée durant quatre soirées au Melkweg à Amsterdam,. En octobre, avec le soutien du British Council, COUM participe à la IXe Biennale de Paris, où est montrée une action intitulé Jusqu'à la balle crystal. Dans cette période, les actions de COUM deviennent plus extrêmes.
Durant l'été de 1975, COUM fait la connaissance de Chris Carter, à travers leur ami commun John Lacey. Avec Carter, qui est intéressé par l'expérimentation sonore et les lightshows, Christopherson, Cosey et P-Orridge forment un groupe musical et font des répétitions dans le studio de Martello Street. Le projet Throbbing Gristle prend ainsi forme. Chris Carter ne rejoint cependant pas COUM Transmissions.
1976: Milan, ICA, Californie
En 1976, durant février et mars, le British Council invite COUM à participer à l'exposition Arte Inglese Oggi 1960-1976, présentant des artistes anglais contemporains, et se déroulant à Milan. Tutti indique qu'à cette période, COUM opère en parallèle à TG. Les premiers concerts publics de TG ont lieu (Air gallery le , Hat Fair le ).
En , COUM est invité à montrer une exposition à l'Institute of Contemporary Arts (ICA) de Londres. Cet événement, intitulé Prostitution, prend la forme d'une rétrospective du collectif, et forme un point culminant dans la carrière de COUM. Lors du vernissage, le , Throbbing Gristle donne un concert qui est considéré comme l'événement officiel de lancement du groupe. L'exposition provoque un grand émoi dans la presse, et conduit un membre du parlement à désigner COUM comme "fossoyeurs de la civilisation" («Wreckers of civilisation»).
Après Prostitution, Tutti et P-Orridge se rendent aux États-Unis, pour y présenter une série de cinq performances de COUM, sous le titre Cease to Exist (ce titre est à l'origine une chanson de Charles Manson écrite en 1968 pour les Beach Boys). Les performances sont numérotées, nos1 à 3 se déroulant à Chicago, no4 à Los Angeles, et no5 à Santa Monica. Selon Ford, Cease to Exist traitait de l'amour, de la mort et de la soumission. Interprétées par Tutti et P-Orridge, ces performances sans concession impliquent des pratiques sadomasochistes extrêmes et des actes d'automutilation. Lors de la représentation à Los Angeles, de nombreux spectateurs quittent la salle. Selon P-Orridge, l'artiste américain Chris Burden aurait quitté la performance en exprimant son dégoût: «Ce n'est pas de l'art, c'est la chose la plus dégoûtante que j'ai jamais vue, et ces gens sont malades.»
Lors de ce voyage aux États-Unis, P-Orridge et Tutti rencontrent pour la première fois leurs nombreux contacts établis au cours de leurs activités de mail art, dont Monte Cazazza.
La dernière action de COUM a lieu en à l'université d'Anvers sous le titre Scenes of Victory. Lors de cet événement, P-Orridge ingère des feuilles, de l'écorce et du whisky, puis se lacère la peau avec des clous rouillés. À la suite de cette performance, il est hospitalisé et contracte une septicémie,.
Accueil
Le livre Wreckers of Civilisation (Black Dog Publishing Company, ), de Simon Ford (conservateur au Victoria and Albert Museum de Londres), est considéré comme un travail documentaire concluant sur l'œuvre de COUM.
En 2017, dans le cadre des célébrations de ville de Hull comme capitale culturelle du Royaume-Uni (UK City of Culture), une exposition consacrée à l'histoire de COUM Transmissions est montrée à la Humber Street Gallery, présentant du matériel provenant des archives de Tutti et P-Orridge. Lors de la soirée d'ouverture, Tutti et P-Orridge donnent des concerts solo. D'autres anciens membres (Spydee, Foxtrot Echo et John Lacey) sont présents pour cet événement et participent à une conférence organisée par The Quietus.
Discographie
En , le label discographique américain Dais Records sort des vinyles d'archives de COUM Transmissions intitulés The Sound of Porridge Bubbling (2009), Sugarmorphoses (2011) et Home Aged and the 18 Month Hope (2013) en édition limitée à 500 exemplaires, comme c'est le cas pour Early Worm (Genesis P-Orridge, Spydeee Gasmantell, Pingle Wad, et Ron Megson (le père de Genesis P-Orridge), 1968) en 2008.
Le disque COUM Transmissions The Sound of Porridge Bubbling est enregistré en 1971 avec Genesis P-Orridge, Spydeee Gasmantell, Ray Harvey, Cosey Fanni Tutti et d'autres. Le contenu musical de l'album est de nature improvisée et avant-gardiste, et la plupart des morceaux de l'album consistent en des morceaux parlés et des expériences sonores, rappelant parfois le matériel audio expérimenté par William S. Burroughs et Brion Gysin dans les années 1960. L'un des morceaux, Nude Supper, est une lecture directe par Spydeee Gasmantell de l'œuvre de William S. Burroughs, Naked Lunch. La reprise en ligne de cet album est modifiée par la suite, de sorte que la piste intitulée Nude Supper fait désormais référence à la piste Sound of Porridge Bubbling, la piste Sound of Porridge Bubbling étant une reprise enregistrée de The Stripper. La version parlée originale de la lecture de Naked Lunch ne se trouve que sur les 500 exemplaires vinyles originaux de l'album (explique Spydeee Gasmantell, membre de COUM Transmission).
Expositions
1969
Thee Fabulous Mutations, St Peters, Anlaby, Hull, Royaume-Uni.
Clockwork Hot Spoiled Acid Test, Hull University Union, Royaume-Uni ().
1970
99 United Sacks, Alberts Jazz Club, Hull, Royaume-Uni.
Broken Equipment, Hull University, Royaume-Uni.
1971
Disintegration of Fact, Granny's Parlour, Hull, Royaume-Uni ().
Riot Control, Gondola Club, Hull, Royaume-Uni.
Absolute Elsewhere, Streets of Hull, Royaume-Uni ().
1234(en) Mark Wharton (Editeur), «Coum Transmissions and Throbbing Gristle. Jason Williams interviews Foxtrot Echo», Just Glittering, no5, 2000 environ (lire en ligne)
↑Tutti 2017, p.185. «Chris wanted nothing to do with COUM and saw TG as an entity in itself, a collective – although he hated the name Throbbing Gristle and would only call it TG or Gristle.»
↑Tutti 2017, p.185. «It was no longer about fantasy costumes and frivolity, instead relating to the self and reality, with the actions getting more extreme.»
↑Tutti 2017, p.185. «Chris wanted nothing to do with COUM and saw TG as an entity in itself, a collective – although he hated the name Throbbing Gristle and would only call it TG or Gristle.»
↑Tutti 2017, p.198. «COUM was running in parallel to TG».
↑Tutti 2017, p.203. «The exhibition was both a farewell retrospective of COUM and the official launch of our new project»
↑(en-GB) Adrian Searle, «'Wreckers of civilisation': Hull embraces its frenzied sexual past», The Guardian, (ISSN0261-3077, lire en ligne, consulté le )