| Type d'usine |
|---|
| Opérateur |
|---|
| Localisation | |
|---|---|
| Coordonnées |
Centraco (Centre nucléaire de traitement et de conditionnement) est une usine gérée par Cyclife France (ex Socodei), filiale 100% d'EDF.
Située sur le site nucléaire de Marcoule sur une surface de 11 hectares à Codolet (Gard), cette usine, mise en service en 1999, est classée installation nucléaire de base (INB n°160).
Les déchets nucléaires traités à Centraco sont de très faible, faible et moyenne activité (TFA, FMA), ils proviennent de l'industrie nucléaire (principalement de EDF et d'Areva), des centres de recherche (Commissariat à l'énergie atomique), et des petits producteurs tels que les services de médecine nucléaire des hôpitaux.
Ces déchets peuvent être :
Le but principal étant de minimiser le volume avant envoi vers les centres de stockage, l’usine de Centraco est composée de deux unités qui traitent les déchets selon leur nature :
Les résidus issus de chaque unité sont mêlés à une matrice puis conditionnés. Le volume final des déchets est ainsi réduit d’un facteur d'environ 10.
Ce four destiné à incinérer les déchets combustibles à raison de 3 500 t/an au maximum de déchets solides et 2 000 tonnes de déchets liquides. Il est composé de 3 chambres :
Les déchets solides sont introduits dans la chambre primaire. Les effluents liquides sont injectés soit dans la chambre primaire, soit dans la chambre secondaire, selon de leur composition chimique.
Les cendres et mâchefers sont récupérés et liés dans un « ciment » par la méthode de l’inertage à froid. Ils sont ensuite conditionnés en fûts métalliques et transportés vers un centre de stockage de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA).
La fonderie comprend un four à induction pour la fabrication des lingots et des viroles métalliques, pour un tonnage annuel maximal qui a été fixé à 3 500 t/an. Les métaux sont fondus dans le four, à 1 600 °C. Les impuretés sont retirées manuellement puis le métal en fusion est versé dans une poche de coulée et sera ensuite coulé en lingot ou bien centrifugé en tube.
Les lingots, cylindres coniques d’environ 1,5 t sont considérés comme des déchets ultimes et sont acheminés vers le Centre de stockage de l'Aube à Soulaines-Dhuys pour un stockage à long terme.
Les tubes sont réutilisés pour la fabrication d’emballages pour les déchets de moyenne activité tels que des coques en béton ou des blindages internes de fûts, permettant ainsi la valorisation d'une partie des déchets.
L'entreprise y stocke des cendres et des mâchefers, des déchets liquides ainsi que des effluents de lessivage et des déchets métalliques divers;
Selon l'ASN, ces déchets sont (après traitement) acheminés vers le Centre de stockage de l'Aube (CSA) géré par l’ANDRA.
L'entreprise a déclaré ou été contrôlé pour divers incidents ou accidents dont :
Survenue sur le site de retraitement de déchets nucléaires de Marcoule, dans le four de fusion destiné à fondre les déchets radioactifs métalliques de faible et très faible activité a causé la mort d'un salarié, et blessé quatre autres personnes dont une gravement.
Il s'agissait selon l'entreprise d'un "accident industriel" et pas d'un "accident nucléaire".
À la suite de cet accident, l'unité de fusion a été mise à l'arrêt durant plusieurs mois et un arrêt définitif de la filière de recyclage du plomb a été programmé pour 2013. La filière de recyclage du plomb permettait, « après décontamination, d’assurer le façonnage du plomb sous forme de protection radiologique ». Dans le cadre du PNGMDR 2010-2012 deux pistes de valorisation ont été envisagées, d'une part pour recycler les gravats TFA en matériaux de Terrassement/Comblement de l’installation de stockage du Centre industriel de regroupement, d'entreposage et de stockage (Cires), et d'autre part pour recycler les métaux TFA ferreux, par exemple en les réutilisant pour produire des colis de déchets radioactifs en fonte ; faisabilité industrielle n’a pas été établie dans le cadre de ce PNGMDR.
Erreur humaine
Lors d'une inspection inopinée (le ), l'ASN a constaté que le dispositif visant à mesurer la radioactivité présente dans les rejets d'effluents gazeux (gaz et aérosols) n'était pas conforme. Les inspecteurs avaient aussi déterminé que, du fait d'une erreur humaine, "le four de fusion contenait, au moment de l'accident, une charge d'environ 4 tonnes de métal pour une activité de l'ordre de 30 mégabecquerels (MBq) et non de 63 kilobecquerels (kBq) comme l'avait initialement indiqué l'exploitant", soit une estimation 476 fois supérieure à celle qui prévalait lors de l'accident.
Une enquête judiciaire a été ouverte afin de préciser les causes de l'accident et les responsabilités. Sans préjudice de cette procédure judiciaire, l'ASN a émis une décision (du ) soumettant à son autorisation préalable tout redémarrage des deux four (four d'incinération et four de fusion)
En 2012, L’ASN « exerce depuis 2009 un contrôle renforcé sur l’installation CENTRACO et considère que l’exploitant doit progresser dans le développement d’une culture de sûreté et dans la rigueur d’exploitation, notamment en ce qui concerne la qualité des contrôles et vérifications internes ».
Le , l'ASN a autorisé le redémarrage du four d'incinération (à l'arrêt depuis l’accident mortel de 2011), mais le four de fusion n'est pas autorisé à redémarrer. L’instruction judiciaire se poursuit et l’ASN y contribue.
Le , la Socodei est reconnue coupable d’exploitation d’une installation nucléaire de base en violation des prescriptions techniques.
Le , après étude de la situation de l'installation, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a jugé qu'il était nécessaire de fixer à la Socodei des « prescriptions de sûreté renforcées ». L'ASN a produit de nouvelles prescriptions (validées le ) à mettre en œuvre avant tout éventuel redémarrage du four de fusion. L'ASN y demande notamment :
L'exploitant a 6 mois (ou jusqu'à la date du redémarrage s'il a lieu avant la fin des 6 mois) pour mettre en œuvre certaines des prescriptions alors que d'autres doivent être mises en œuvre avant la demande de redémarrage, et la Socodei « devra justifier à l'ASN le respect de ces prescriptions pour demander l'autorisation de redémarrer le four de fusion ».
En , la société Socodei est mise en examen pour homicide et blessures involontaires, quatre ans après l’explosion accidentelle d’un four de Centraco.