
Charia Hebdo est le nom donné au no 1011 de l'hebdomadaire Charlie Hebdo.
Sa parution, le , est marquée par plusieurs attaques à l'égard du journal, dont l'incendie criminel de ses locaux.
L'année 2011 a vu un ensemble de manifestations populaires d'importance inégale qui se produisent dans de nombreux pays du monde arabe. Ce mouvement appelé le « Printemps arabe », a conduit la chute de plusieurs régimes dans des états comme l'Égypte, la Tunisie ou la Libye.
En et à la suite de la révolution tunisienne de 2010-2011, les électeurs tunisiens ont voté pour l'assemblée constituante, qui a vu le parti islamiste Ennahdha, remporter les élections en obtenant 41,5 % des sièges,. Hamadi Jebali, le no 2 du parti, se dit favorable à la charia mais ne compte pas l'appliquer en Tunisie.
Le , trois jours après la mort de Mouammar Kadhafi, le président du Conseil national de transition de la Libye (CNT), Moustafa Abdel Jalil, annonce « l'adoption de la charia comme loi essentielle ». Le lendemain, il précise ses propos en disant « nous sommes des musulmans modérés » mais ajoute « la charia, à l'appui d'un verset du Coran, autorise la polygamie ».
Le , deux jours avant sa parution, la une du no 1011 de Charlie Hebdo sort dans la presse. Le journal, rebaptisé Charia Hebdo pour « fêter » la victoire du parti islamiste Ennahdha en Tunisie, suscite des réactions mitigées notamment sur les réseaux sociaux. Mahomet, le fondateur de l'islam, y est caricaturé par le dessinateur Luz, en train de dire « 100 coups de fouet, si vous n'êtes pas morts de rire ! ». L'hebdomadaire satirique annonce que le prophète est aussi le « rédacteur en chef exceptionnel de [ce] numéro » et qu'il « ne s'est pas fait prier pour accepter et nous l'en remercions ». Le journal annonce également différentes chroniques comme l'édito de Mahomet qui est rebaptisé l'apéro Halal, une double page de dessins intitulée La charia molle ou encore un supplément Charia Madame.
Le jour de sa parution, les 110 000 exemplaires de Charia Hebdo sont vendus, la direction du journal annonce une réimpression et un réapprovisionnement des points de vente.

Dans la nuit du 1er au , les locaux du journal, situés au 62, boulevard Davout dans le 20e arrondissement de Paris, sont incendiés par un jet de cocktail Molotov. Patrick Pelloux, qui tient une chronique dans l'hebdomadaire satirique, annonce que « tout est détruit ».
La direction du journal précise que l'incendie serait lié à la publication de Charia Hebdo, en ajoutant « sur Twitter, sur Facebook, on a reçu pas mal de lettres de protestation, de menaces, d'insultes ».
Nicolas Demorand, le directeur de la rédaction du journal Libération, a invité les journalistes de Charlie Hebdo à s'installer dans ses locaux. Dès le lendemain, un supplément de quatre pages, consacré aux dessins de Charlie Hebdo, est vendu dans Libé.
Le 3 novembre 2011, Charb, le directeur de la publication, Riss, le directeur de la rédaction et le dessinateur Luz, sont placés sous protection policière.
Le site internet du journal satirique est également piraté à deux reprises le jour de la parution de Charia Hebdo. Sa page d'accueil est remplacée par un message en anglais et en turc disant : « Des dessins dégoûtants et honteux en prétextant la liberté d'expression » avant de conclure « Soyez maudits par Dieu ! Nous serons votre malédiction sur le cyberespace ! ». Le lendemain, cette attaque est revendiquée par un groupe de hackers turcs nommé Akıncılar, qui lutte « contre les publications qui attaquent nos croyances et nos valeurs morales et qui proposent des contenus pornographiques et satanistes ». Le groupe ajoute n'avoir « rien à voir avec l'agression au cocktail Molotov des locaux de Charlie Hebdo » et qu'il ne soutient « pas du tout ce type d'attaque perpétrée avec violence »,.
Le 3 novembre 2011, la société Bluevision, chargée de l'hébergement du site, refuse de le remettre en ligne à la suite de menaces de mort qu'elle a reçues.
Le lendemain, pour pallier l'absence de son site sur la toile, la direction du journal décide d'ouvrir un blog sous le nom « charliehebdo.wordpress.com ».
De nombreuses « menaces islamistes » sont ajoutées par des utilisateurs sur la page officielle de Charlie Hebdo sur le réseau social Facebook. Elle est par la suite brièvement bloquée par le site Facebook au motif que Charlie Hebdo ne constitue pas une « vraie » personne et qu'il contrevient aux règles d'utilisation du site qui interdisent « les publications avec des contenus graphiques, sexuellement explicites ou avec des corps trop dénudés ».

Le , le journal est la cible d'un attentat terroriste perpétré par Al-Qaïda dans la péninsule arabique dans lequel les dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski et l'économiste Bernard Maris ont trouvé la mort.
Aucun lien n'a cependant été établi avec le ou les auteurs de l'incendie.