Combat de Wagon Box

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Combat de Wagon Box
Description de l'image Wagonbox1.jpg.
Informations générales
Date
Lieu Près du fort Phil Kearny, dans l'actuel Wyoming
Issue Indécise
Belligérants
Lakotas Drapeau des États-Unis États-Unis
Commandants
Red Cloud
Crazy Horse
High Backbone (en)
James W. Powell
Forces en présence
300 à 1 000 guerriers 26 soldats
6 civils
Pertes
Environ 6 tués (de 2 à 60 selon les estimations)
6 blessés
7 tués
2 blessés

Guerre de Red Cloud

Batailles

Coordonnées 44° 33′ 32″ nord, 106° 53′ 53″ ouest
Géolocalisation sur la carte : États-Unis
(Voir situation sur carte : États-Unis)
Combat de Wagon Box
Géolocalisation sur la carte : Wyoming
(Voir situation sur carte : Wyoming)
Combat de Wagon Box

Le combat de Wagon Box est un affrontement de la guerre de Red Cloud qui a lieu le près du fort Phil Kearny, dans l'actuel Wyoming. Un détachement de vingt-six soldats de l'armée des États-Unis et de six civils, chargé de protéger des bûcherons, y est attaqué par plusieurs centaines de guerriers lakotas. Retranchés derrière un enclos formé de caisses de chariots, les wagon boxes qui donnent son nom au combat, et armés de nouveaux fusils à chargement par la culasse, les Américains repoussent plusieurs assauts pendant six heures, jusqu'à l'arrivée de renforts venus du fort. C'est le dernier affrontement majeur de la guerre.

Contexte

En , après leur danse du Soleil annuelle, tenue dans des camps sur les rivières Tongue et Rosebud, des guerriers oglalas menés par Red Cloud, d'autres bandes lakotas, des Cheyennes du Nord et quelques Arapahos décident d'attaquer les soldats des forts voisins, Fort C. F. Smith et Fort Phil Kearny. Ce sont leurs premières grandes opérations de l'année contre l'armée dans la région, après leurs succès de 1866, dont la bataille de Fetterman. Faute de s'accorder sur la première cible, les guerriers, dont le nombre est estimé entre 300 et 1 000, se divisent en deux groupes : l'un marche sur Fort C. F. Smith, l'autre, composé surtout de Sioux et peut-être mené par Red Cloud, sur Fort Phil Kearny,.

Outre la protection des émigrants sur la piste Bozeman, les 350 soldats et 100 civils de Fort Phil Kearny ont pour principales tâches de ramasser du bois dans une pinède située à environ 8 km du fort et de couper du foin pour le bétail. Ces travaux sont confiés à des civils, généralement armés de fusils à répétition Spencer et escortés par des soldats. Depuis la fondation du fort, un an plus tôt, les faucheurs et les bûcherons sont la cible favorite des guerriers amérindiens, qui ont mené des dizaines de raids, tuant plusieurs dizaines de soldats et de civils et s'emparant de centaines de têtes de bétail.

Les soldats, sur la défensive, manquent de chevaux et de cavaliers entraînés, et ne disposent jusque-là que de fusils Springfield modèle 1861 à chargement par la bouche, déjà dépassés. Ils viennent toutefois de recevoir des fusils à chargement par la culasse, qui tirent environ trois fois plus vite et peuvent être rechargés plus facilement en position couchée. Les Lakotas et les Cheyennes, eux, sont mal armés : ils ne possèdent sans doute qu'environ deux cents armes à feu, avec moins de deux cartouches chacune. Leur arme principale reste l'arc, efficace à courte portée contre un adversaire en mouvement, mais beaucoup moins contre un ennemi retranché.

Pour se protéger des raids près de la pinède, les bûcherons ont construit un enclos formé de quatorze caisses de chariots, détachées de leurs châssis et posées au sol en un ovale d'environ 18 à 21 m de long sur 8 à 9 m de large. Soldats et civils logent sous des tentes à l'extérieur, mais peuvent s'y réfugier en cas d'attaque. Le , le capitaine James W. Powell quitte Fort Phil Kearny avec 51 hommes pour une mission de trente jours auprès des bûcherons. L'été a été calme jusque-là.

Déroulement

Le site du combat, près de Fort Phil Kearny.

Au matin du , les forces du capitaine Powell sont divisées : quatorze soldats escortent le convoi de bois entre le camp et le fort, et treize gardent le camp des bûcherons, à environ 1,6 km de l'enclos. Les Amérindiens comptent reprendre la tactique qui leur a réussi l'année précédente contre les 81 hommes de Fetterman : un petit groupe de leurres doit attirer les soldats dans une embuscade tendue par une force plus importante. Crazy Horse fait partie des leurres.

Le plan échoue lorsqu'une partie des guerriers attaque un camp isolé de quatre bûcherons et quatre soldats, et tue trois soldats. Les survivants s'enfuient et donnent l'alerte. Les assaillants s'arrêtent pour piller le camp et s'emparer des nombreux chevaux et mules, ce qui laisse aux défenseurs le temps de se préparer dans l'enclos, où se retrouvent 26 soldats et 6 civils.

Le monument commémoratif du combat.

Le premier assaut est lancé par des guerriers à cheval venus du sud-ouest, mais les soldats les accueillent par un feu nourri, grâce à leurs nouveaux fusils. Les assaillants se replient, se regroupent et lancent plusieurs nouvelles attaques à pied. Ils tuent l'adjoint de Powell, le lieutenant Jenness, et deux soldats. Le combat dure de 7 h 30 environ à 13 h 30. Les défenseurs disposent de munitions en abondance et sont bien protégés des flèches par les épaisses parois des caisses.

La garnison de Fort Phil Kearny est alertée par son poste d'observation de Pilot Hill. Vers 11 h 30, le major Benjamin Smith quitte le fort avec 103 soldats, dix chariots conduits par des civils armés et un obusier de montagne. Il progresse prudemment et, à l'approche de l'enclos, ouvre le feu au canon à longue portée, ce qui contraint les assaillants à se retirer. Smith rejoint l'enclos sans rencontrer de résistance, recueille les soldats et regagne rapidement le fort. Des civils qui s'étaient cachés dans les bois pendant le combat y parviennent dans la nuit.

Conséquences

Les pertes amérindiennes font l'objet d'estimations très variables, allant de deux à plusieurs centaines de tués. Le capitaine Powell estime que ses hommes ont tué soixante guerriers, un chiffre largement exagéré selon l'historien Jerry Keenan et probablement gonflé selon les historiens Bob Drury et Tom Clavin.

Le combat de Wagon Box est le dernier affrontement majeur de la guerre de Red Cloud. Avec le combat de Hayfield, livré la veille près de Fort C. F. Smith, il a peut-être dissuadé les guerriers de lancer de nouvelles attaques de grande ampleur contre l'armée. Selon Stephen Ambrose, c'est la dernière grande charge menée par Crazy Horse contre des Blancs retranchés dans une position solide : il en tire la leçon que des guerriers armés d'arcs ne peuvent venir à bout de soldats abrités et équipés de fusils à chargement par la culasse. Pour le reste de l'année 1867, les Lakotas et leurs alliés se limitent à de petits raids contre les convois de la piste Bozeman.

Postérité

Le combat occupe une place importante dans le folklore et la littérature de l'Ouest américain, comme exemple d'un petit groupe bien équipé tenant tête à une force bien plus nombreuse mais mal armée. Les nouveaux fusils sont généralement présentés comme la principale raison du succès des défenseurs.

Le site est classé site historique de l'État du Wyoming ; il est signalé par un monument et une plaque qui retrace le déroulement du combat. Le combat est représenté dans le western Tomahawk, sorti en 1951.

Notes et références

  1. 1 2 3 (en) George E. Hyde, Red Cloud's Folk, Norman, University of Oklahoma Press, , p. 159.
  2. 1 2 3 4 5 (en) Jerry Keenan, The Wagon Box Fight : An Episode of Red Cloud's War, Conshohocken, Savas Publishing Company, (ISBN 978-1-882810-87-1).
  3. ↑ (en) James C. Olson, Red Cloud and the Sioux Problem, Lincoln, University of Nebraska Press, (ISBN 978-0-8032-5817-4), p. 63-64.
  4. ↑ (en) Catherine Price, The Oglala People, 1841-1879: A Political History, Lincoln, University of Nebraska Press, (ISBN 0-8032-8758-5), p. 64.
  5. ↑ (en) Dee Brown, The Fetterman Massacre, Lincoln, University of Nebraska Press, , p. 223.
  6. 1 2 3 4 (en) Stephen E. Ambrose, Crazy Horse and Custer: The Parallel Lives of Two American Warriors, New York, Anchor Books, .
  7. ↑ (en) Bob Drury et Tom Clavin, The Heart of Everything That Is, New York, Simon & Schuster, , p. 205.

Annexes

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Bibliographie

Liens externes