L'ésotérisme occidental et certaines traditions religieuses orientales évoquent l'existence de corps subtils ou corps psychiques, « enveloppes suprasensibles » non perceptibles par les organes sensoriels humains. Certaines personnes prétendument dotées de capacités de perceptions extra-sensorielles disent « voir » ces corps subtils et décrypter les informations qu'ils contiennent.
Il existerait un certain nombre de « corps subtils » : corps éthérique, corps astral, corps causal, enveloppes-écho, etc., leur nombre et leurs dénominations variant d'une école à l'autre et n'ayant pas toujours la même signification. Certains corps subtils seraient également le siège de « centres subtils » comme les chakras, le centre Hara, la kundalinî, et parcourus par des courants d' « énergie » correspondant à leur nature, comme les nâdî du yoga ou les méridiens en acupuncture. Ces corps sont parfois considérés comme les éléments d'un septénaire quand on y inclut le corps matériel.
La médecine traditionnelle chinoise et particulièrement l'acupuncture sont fondées sur l'hypothèse de leur existence. Le parapsychologue Rupert Sheldrake postule l'existence de champs morphiques ou morphogéniques qui se rapprochent de la définition des corps subtils.
Selon l'auteur Valéry Sanfo, il serait possible de superposer la notion de corps subtils avec la composition de l'être dans l'Égypte antique : "Nous pouvons considérer :
Dans l'hindouisme, en particulier dans certaines Upanishad, dans le Yoga et dans le Védânta, mention est faite de plusieurs "fourreaux", "gaines", "enveloppes" (koshas) dans divers "corps" (sharîra), avec pour noyau le soi personnel (Jivatman).
On compte dans trois corps de base (I grossier, II subtil, III causal), cinq enveloppes (1 grossier, 2 vital, 3 mental, 4 intellectif, 5 de béatitude) et le soi.
Dans la Taittiriya Upanishad [VIIe s. av. J.-C.] on trouve la description des cinq kosha qui enveloppent l' âtman.
Sûkshma-sharîra [corps fin, subtil] ou linga-sharîra [corps-signe] correspond à la synthèse de prânamaya-kosha, manomaya-kosha et vijñâna-kosha ". Kârana-sharîra [corps causal], également appelé "enveloppe de la cause", s'identifie à ânandamaya-kosha, l'enveloppe de la félicité. (...)
Le Védânta reprend cette distribution en "cinq enveloppes" (pañcha-kosha). Celles-ci sont par ordre du plus grossier au plus subtil:
Aristote dans son traité De l'âme (vers 330 av. J.-C.), sections II et III, distingue trois ou quatre grandes fonctions ou facultés (dynameis) ou formes de l'âme (psyché), qui marquent les étapes d'un développement de l'âme. « L'âme est définie par les facultés motrice, sensitive, dianoétique, et par le mouvement » (De l'âme, II, 2) : âme nutritive (végétative), âme sensitive (perceptive), âme appétitive (motrice), âme pensante (cogitative).
Grégoire de Nysse en 379 (De l'âme et de la résurrection, III) introduira la notion d'âge : l'embryon a une âme végétative, le nouveau-né une âme animale, le jeune dès quatorze ans une âme raisonnable.
Selon la philosophe néoplatonicienne, en particulier chez Jamblique (vers 320) et Proclos, l'être humain a trois constituants :
Marsile Ficin, en 1469, en commentant Platon, entre l'âme et le corps, admet une troisième réalité, l'esprit (spiritus), véhicule de l'âme. Il a la substance d'une vapeur vitale. Il permet le transport céleste des âmes tel que Platon en parle dans le Phèdre.
Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim, auteur de la fameuse Philosophie occulte (1510, 1533) semble distinguer le véhicule éthéré de l'âme (aethereum animae vehiculum), l'esprit et la raison (partie individuelle et personnelle de l'âme). Le véhicule n'est pas une partie de l'âme mais une chose aérienne et céleste qui porte l'âme ; par son intermédiaire Dieu diffuse l'âme à partir du milieu du cœur dans toutes les parties du corps. (On pense donc davantage au corps éthérique qu'au corps astral).
Paracelse, à la base, distingue le corps élémentaire (organisme fait de chair et de sang, visible et périssable), le corps sidéral (« corps spirituel » invisible mais périssable, fait de pensée et d'imagination, ayant son origine dans l' astrum, sorte d'Âme du monde, feu subtil), enfin le corps glorieux (esprit immortel, conforme au Saint-Esprit).
Le philosophe platonicien Henry More, dans son traité The Immortality of the Soul (1659) admet la notion de « corps subtil », surtout post mortem :
D'après les spirites, en dehors du corps physique et de son énergie vitale qui disparaissent avec le décès, subsisterait l'Esprit de la personne et son corps subtil de forme humanoïde pour les humains, canidoïde pour les chiens, félinoïde pour les chats, équinoïde pour les chevaux, etc. Ce corps subtil serait constitué d'une énergie plus dense que celle de l'Esprit et conserverait la mémoire du vécu de la personne, de ses vies antérieurs et de certaines de ses émotions, ou traumatismes inconscients. Ce corps jouerait un rôle important sur l'état de bien-être, ou non, de la personne dans l'au-delà. Il serait, de plus, souple et malléable et pourrait prendre l'apparence que souhaiterait l'Esprit, en fonction de ses capacités liées à son niveau d'évolution spirituelle, plus on est évolué spirituellement parlant, plus on aurait de capacités,,.
L'Esprit, lui, serait impalpable et sans forme, rayonnant d'une lumière plus ou moins intense, d'une teinte allant de très sombre à très claire, voire éblouissante pour les « Purs Esprits » selon son degré d'avancement spirituel. La vision par des vivants de cet ensemble « corps subtil / Esprit » pourrait être très nette ou plus flou, allant jusqu'à ressembler à une forme nuageuse, ceci en fonction de la perception plus ou moins clairvoyante de la personne à ce moment. Leurs appellations peuvent alors varier entre « êtres de lumière », « esprits », « fantômes », « entités », « revenants », etc. mais tout ces noms différents, en réalité, ne désigneraient qu'une seule et même chose le « corps subtil / Esprit » d'une personne ou d'un animal. Les spirites ne croient pas à l'existence des démons, des diables ou de satan, mais plutôt à l'existence de très mauvais Esprits humains, qui finiront au fil de leurs réincarnations à évoluer vers le bien, suivant la loi universelle de l'évolution et du progrès,,.
En résumé on a donc :
Helena Blavatsky et la Société Théosophique ont présenté divers schémas du septénaire humain. Voici la dernière version du septénaire théosophiste :
Les distinctions et regroupements des divers corps subtils varient selon les écoles, qui pensent par deux (grossier/subtil) ou trois (matériel, psychique, spirituel) ou plus...
Il n'existe pas de preuve de l'existence des corps subtils, seulement les indices indiqués par les adeptes, mis en doute par les matérialistes. Parmi les indices, on peut nommer certaines expériences, par exemple l'expérience de mort imminente (qui séparerait le corps physique du corps astral), l'anesthésie (qui séparerait le corps physique du corps éthérique, vital), le voyage astral, le rêve, l'extase, la transe, la bioluminescence (émission d'un rayonnement lumineux)... D'autre part, il existe des témoignages de mystiques ou de yogi, notamment Shankara, Ramakrishna, Yogânanda.
Quant aux techniques pour mettre en évidence les corps subtils elles sont aussi variées qu'incertaines. Les Anciens croyaient que, dans le sommeil, le rêve sépare les corps subtils du corps physique. Les occultistes et les théosophistes mentionnent l'hypnotisme, les passes magnétiques, pour séparer le corps astral du corps physique.
Les ésotéristes mettent en parallèles les corps subtils et les plans subtils, c'est-à-dire les niveaux du monde invisible. Il y aurait dans le macrocosme, dans le monde, un plan éthérique, comme dans le microcosme, dans l'homme un corps éthérique ; un plan astral, etc.
Selon Omraam Mikhaël Aïvanhov, les émanations des "corps causal, bouddhique et atmique" "forment le corps de gloire dont saint Paul fait mention dans ses Épîtres [I Corinthiens, 15:43]. Le corps de gloire, comme l'aura, est une émanation de l'être humain, mais, alors que l'aura reflète aussi bien les défauts que les qualités de l'homme, le corps de gloire est l'expression de la vie spirituelle la plus intense" ("L'aura", 1960, in "Vous êtes des dieux", Éditions Prosveta, 1997, p. 391). "L'entité qui gouverne le règne animal se trouve dans le plan astral de l'univers, celle qui gouverne le règne végétal se trouve dans le plan mental, et celle qui gouverne le règne minéral se trouve dans le plan causal" (Éléments d'autobiographie, t. I, 2009, p. 343).
(par ordre alphabétique)