Cosenza (en latinConsentia, en français Consence,, ou Cosence) est une ville italienne avec 66 800 habitants. L'aire urbaine a 260 000 d'habitants. La ville est le chef-lieu de la province de Cosenza, qui compte plus de 700 000 habitants.
La ville abrite l'Académie cosentine, l'une des plus anciennes académies d'études philosophiques et littéraires d'Italie. Cosenza demeure aujourd'hui un pôle culturel, riche de nombreux musées, monuments, théâtres et bibliothèques. La ville moderne constitue le centre d'une agglomération urbaine incluant, entre autres, la commune de Rende, où se trouve l'Université de la Calabre.
Géographie
La ville de Cosenza est située à 238 m d'altitude, au pied de la montagne de Sila, et est arrosée par le Crati, qui reçoit juste en amont le Busento. Ce fleuve a son débouché dans la mer Ionienne, à l'est de la Calabre, dans la plaine de Sibari.
Histoire
Antiquité
Selon certains historiens, la ville de Cosenza fut fondée en 356 av. J.-C. par un peuple guerrier, les Bruttiens. D'autres soutiennent la thèse de sa fondation par les Œnotriens.
Cosenza subit l'influence des Grecs et fut l'un des protagonistes des guerres puniques. Devenue colonie romaine, elle prit de l'importance au IIesiècleav. J.-C., en devenant une étape importante sur la via Popilia.
Moyen Âge
Selon la légende, c'est dans cette ville, et plus précisément dans le cours du Bussento qu'Alaric Ier fut enterré en 411 avec un supposé trésor.
Par la suite, elle tomba sous la domination des Byzantins, puis fit partie du royaume de Sicile dominé successivement par les Normands, les Souabes Hohenstaufen et les Angevins. Cosenza commença à décliner pendant la période de domination espagnole.
Au XIIIesiècle, Cosenza joua un important rôle politique et devint le point de référence de toute la Calabre septentrionale. Sur le chemin retour de la huitième croisade, c'est à Cosenza que, le 28 janvier 1271, après une chute de cheval et une fausse couche, mourut la reine de France Isabelle d'Aragon. Ses entrailles furent placées dans la cathédrale alors que ses os furent ramenés en France pour être inhumés dans la basilique de Saint-Denis.
Temps modernes
Du XVe au XVIesiècle, la ville prit une importance notable du point de vue culturel: en 1511 fut fondée l'Académie cosentine, qui commença à diffuser des idées démocratiques et novatrices. Ces dernières conduisirent aux révoltes de 1813, 1829, 1837 et surtout à celle de 1844, connue pour le martyre des frères Bandiera.
Aujourd'hui, c'est une ville marquée par une architecture moderne. Depuis plusieurs décennies, elle se dépeuple, surtout son centre historique, alors qu'elle avait atteint les 100 000 habitants en 1971 et en comptait encore 106 000 en 1981.
Économie
Cosenza est le siège d'un marché de produits agricoles et d'industries diverses, agro-alimentaires, mécaniques, chimiques, et de fabrication de meubles et d'habillement.
Monuments et patrimoine
L’église de Saint François d'Assise aurait été fondée en 1217 par Pierre Cathin, compagnon de François d'Assise. Il y a un portail du XIIIesiècle et, à l'intérieur, une chapelle du même siècle. Le cloître a des piliers gothiques taillés en forme de prisme.
La cathédrale de Cosenza, de style roman, fut reconstruite vers 1184. Les transformations faites en 1748, lui donnèrent un aspect baroque. À l'intérieur, la tombe de la reine de France Isabelle d'Aragon demeure conservée: en forme d'une fenêtre gothique trilobée, elle représente la Madone à l'enfant, le roi de France Philippe le Hardi et son épouse. L'ensemble est surmonté d'un trèfle à quatre feuilles. Au-dessus de l'autel baroque, on peut admirer le tableau de la Vierge du Pilerio, qui selon la croyance populaire sauva les Cosentins de la peste en 1602. Sur le visage de la Vierge, on note une tache, témoignage de sa grâce. Il s'agit d'une peinture de goût byzantin. À l'intérieur de la cathédrale est conservée une staurothèque, dont on dit qu'elle contient une relique de la Sainte Croix: en bois doré à l'or fin, elle est enrichie d'un filigrane et de pierres précieuses enchâssées et d'inscriptions grecques. Elle porte, sur sa façade nue, une rosace gothico-circestienne.
L'église Saint-Dominique abrite une chapelle latérale (XIIIeetXIVesiècles) et un oratoire richement décoré aux XVIIeetXVIIIesiècles, des stalles du XVIIesiècle et une Vierge à l'Enfant (Madonna della Febbre) de 1540.
Le théâtre Rendano fut construit en 1887. Sa construction connut de nombreuses vicissitudes jusqu'en 1909, année de son inauguration. En 1935 on lui donna le nom de Rendano en l'honneur du compositeur Alfonso Rendano.
Le château, érigé sur la colline du Pancrazio, fut construit en 1184 et modifié par Frédéric II, puis par les Angevins. Son plan est rectangulaire, avec une grosse tour polygonale du XIIIesiècle.
La Bibliothèque civica est l'une des plus importantes du Mezzogiorno, avec plus de 200 000 livres et divers manuscrits des XVIeetXVIIesiècles. Une section est entièrement consacrée aux documents relatifs à l'histoire et à la culture de la Calabre.
L'Académie cosentine fut fondée au XVIesiècle par le poète Paulus Parrasius (Paulo Parrasio). Elle alterna des périodes d'intense activité culturelle et des périodes de déclin. Elle fut relancée par le philosophe Telesius (Bernardino Telesio), qui lui rendit ses splendeurs anciennes. Elle reste une des académies les plus anciennes d'Italie.
La place du 15 mars est le principal lieu de rencontre des cosentins. C'est là que se trouvent le palais du gouvernement, le théâtre Rendano, l'Académie cosentine, la Bibliothèque municipale, le lycée Telesio. Elle est dédiée aux Martyrs cosentins de la Renaissance.
↑«Classificazioni statistiche – anno 2026», sur www.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque: Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
↑(it) Storia della Letteratura Italiana / diretta da Enrico Malato. La ricerca bibliografica / Le istutuzioni culturali, vol.XIII, t.I Le Biblioteche italiane, Rome-Milan, Salerno-Il Sole 24 ore, , 144-147p.