| Péthidine | |
| Identification | |
|---|---|
| Synonymes |
Mépéridine |
| No CAS | |
| No ECHA | 100.000.299 |
| No CE | 200-329-1 |
| Code ATC | N02 |
| SMILES | C1(c2ccccc2)(C(OCC)=O)CCN(C)CC1 , |
| InChI | InChI : InChI=1/C15H21NO2/c1-3-18-14(17)15(9-11-16(2)12-10-15) 13-7-5-4-6-8-13/h4-8H,3,9-12H2,1-2H3 |
| Propriétés chimiques | |
| Formule | C15H21NO2 [Isomères] |
| Masse molaire | 247,332 7 ± 0,014 3 g/mol C 72,84 %, H 8,56 %, N 5,66 %, O 12,94 %, |
| Propriétés physiques | |
| T° fusion | 270 °C |
| Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire. | |
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La péthidine (dolantine, demerol, anciennement dolosal) est un antalgique opioïde de synthèse, dérivé de la pipéridine, morphinomimétique agoniste pur, classe 3 de l'OMS. En thérapeutique, il est utilisé en intramusculaire sous la forme de chlorhydrate de péthidine. Cet antalgique possède un pouvoir histaminolibérateur.

L'une de ses particularités est qu'il ne provoque pas de spasme du sphincter d'Oddi comme les autres opiacés et peut donc être utilisé en cas de pancréatite ou d'angiocholite. Il possède des propriétés spasmolytiques, intéressantes pour certaines douleurs viscérales, mais ses effets secondaires ont très fortement réduit son usage.
Hautement liposoluble, la péthidine procure un effet euphorisant fort et immédiat. Son action courte entraîne à multiplier les prises. Ces facteurs favorisent une toxicomanie chez les patients auxquels elle est administrée. Son accumulation dans le système provoque de graves effets neurotoxiques (hallucinations, convulsions). En raison des nombreux risques qu'elle présente, sa prescription est limitée à un maximum de 7 jours sur ordonnance sécurisée et son administration est exclusivement réservée au milieu hospitalier.
La péthidine est le premier opioïde synthétique de l'histoire à avoir été massivement utilisé en médecine sous le nom de Dolosal en France et Demerol aux États-Unis. Elle est découverte accidentellement entre 1937 et 1939, par les chimistes allemands Otto Eisleb et Otto Schaumann, qui travaillent alors pour IG Farben. À partir des années 1940, elle est couramment utilisée comme substitut à la morphine pour ses propriétés antidouleurs et sédatives, et son action antispasmodique. Elle présente cependant les mêmes effets indésirables que les autres opioïdes synthétiques auxquels elle ouvrira la voie: elle est addictive, elle s'accompagne d'une accoutumance et son arrêt entraine un syndrome de sevrage. Son utilisation chute à partir des années 1990 du fait de la toxicité de son métabolite actif, la norpéthidine.
Les plus fréquents sont la constipation, les nausées, les vomissements ; on note également comme avec tous les antalgiques majeurs, de la somnolence, des impressions vertigineuses, une hypotension orthostatique.
Il existe un risque de rétention urinaire chez les sujets porteurs d'un adénome prostatique.
On décrit des cas d'augmentation de la tension intracrânienne, des états d'excitation, de sédation, des cauchemars, des hallucinations voire des délires. À noter la présence fréquente de convulsions lors de traitements à long terme.
L'effet indésirable le plus redouté dès la première prise est la dépression respiratoire ; elle existe sous forme modérée aux doses thérapeutiques, mais elle peut être sévère, voire mortelle en cas de surdosage (doses supérieures à 600 mg par jour chez l'adulte). La naloxone est l'antidote d'urgence de tous les opioïdes, accompagné des gestes de premiers secours et d'un appel aux services d'urgence.

Lors d'utilisation répétée, on peut noter une accoutumance, dépendance tant physique que psychique ; des cas ont été décrits dès le deuxième ou troisième jour de traitement. Habituellement, cette dépendance s'installe lors de traitements à doses thérapeutiques au bout de une à deux semaines. À l'arrêt de la prise médicamenteuse, on peut voir apparaître un syndrome de sevrage: douleurs musculaires, terreurs nocturnes, sueurs, frissons, problèmes gastriques etc.
La prise en charge de ces effets secondaires sera faite selon le tableau clinique avec :
Considérée comme un stupéfiant particulièrement dangereux, la péthidine ne peut être prescrite en France que par période de sept jours (au lieu de 28 jours pour les autres morphiniques). La péthidine n'est pas commercialisée en France en 2024.