Butorphanol

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Butorphanol
Image illustrative de l’article Butorphanol
Identification
Nom UICPA 17-(cyclobutylméthyl)-morphinane-3,14-diol
No CAS 42408-82-2
No ECHA 100.050.717
No CE 255-808-8
Code ATC N02AX02 « QR05DA90 »
PubChem 5361092
SMILES
InChI
Apparence Poudre cristalline blanche • Solution limpide
Propriétés chimiques
Formule C21H29NO2  [Isomères]
Masse molaire 327,460 5 ± 0,019 6 g/mol
C 77,02 %, H 8,93 %, N 4,28 %, O 9,77 %,
Données pharmacocinétiques
Liaison protéique ~80 %
Métabolisme Hépatique (hydroxylation)
Demi-vie d’élim. 3 heures
Excrétion

Urine

Considérations thérapeutiques
Classe thérapeutique Antalgique opioïde de palier IIb
Voie d’administration Voies orale, intraveineuse, intramusculaire et sous-cutanée
Antidote Naloxone

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le butorphanol est un dérivé agoniste-antagoniste opioïde ayant une activité μ-antagoniste, κ-agoniste et σ-agoniste, contrairement à la plupart des opiacés. Il est utilisé comme un analgésique fort chez l'être humain et comme un analgésique et antitussif chez certains animaux (cheval, chien, chat), notamment en contexte pré- et post-opératoire. Comme pour tous les opioïdes, les consommateurs de butorphanol s'exposent à une addiction physique et psychique sévère — pouvant intervenir à tout moment et persister durant le traitement — et à la mort par asphyxie en cas de surdose. Son utilisation prolongée ou abusive s'accompagne d'un syndrôme de sevrage sévère. Il est réservé au traitement des douleurs intenses chez les patients pour lesquels les autres options thérapeutiques sont inefficaces, mal tolérées ou autrement inadéquates. La dysphorie qu'il provoque limite son potentiel de détournement et de mésusage à des fins récréatives.

Histoire

Il est synthétisé par Monkovic en 1971.

Mode d'action

Le butorphanol est un agoniste opioïde partiel du récepteur mu et un agoniste complet du récepteur kappa. Son action thérapeutique est l'analgésie. La posologie de ce médicament est ajustée pour limiter les effets indésirables et notamment la dépression du système respiratoire et la dépression du système nerveux. En l'absence de dysfonctionnement respiratoire significatif, l'administration intraveineuse de 2mg de butorphanol et de 10mg de sulfate de morphine entraînent une dépression respiratoire d'une ampleur comparable chez l'être humain. La naloxone est l'antidote d'urgence à utiliser pour neutraliser l'effet des opioïdes sur le système respiratoire.

Utilisation / Posologie

Le butorphanol est principalement utilisé comme analgésique et antitussif chez le chien.

Le butorphanol est 7 fois plus analgésique que la morphine et 100 fois plus anti-tussif que la codéine, mais ce dernier usage est aujourd'hui réservé à la médecine vétérinaire, notamment chez le chien. En médecine vétérinaire, le butorphanol est moins analgésique que la morphine. Il est classé dans les antalgiques de palier IIb, ce qui lui confère une indication contre les douleurs viscérales modérées à sévères et les douleurs somatiques faibles. Le butorphanol est intéressant dans l'analgésie multimodale en combinaison avec les α2-agonistes, comme la médétomidine, car il permet de diminuer leurs doses : 0,2 mg kg−1 de butorphanol avec 20 µg kg−1 de médétomidine par voie intraveineuse ou intramusculaire.

Outre les voies classiques d'administration (intraveineuse - IV - intramusculaire - IM - sous-cutanée - SC - voie orale - VO), le butorphanol peut être utilisé en perfusion intraveineuse au débit de 0,1 à 0,4 mg kg−1 h−1 chez le chien. Enfin, le butorphanol est commercialisé en spray nasal (formes non disponibles en France) en oto-rhino-laryngologie.

PosologieVoie d'administrationLatence de l'effetDurée de l'effet
Chien0,2 à 0,4 mg·kg-1IM, IV10 à 20 min20 min à 3 heures
Chien0,5 à 2 mg·kg-1VO30 min6 à 8 heures
Chat0,1 à 0,8 mg·kg-1IM, IV, SC10 à 20 min2 à 4 heures

Pharmacologie

Le butorphanol a un temps de demi-vie plasmatique d'environ 1,5 heure. La durée de son effet analgésique dispose d'une grande variabilité interindividuelle. Au bout d'1 heure, son pic de concentration sérique est maximal. Lorsque tous les récepteurs opioïdes μ et κ sont saturés, le butorphanol subit un effet plafond, aux doses de 0,5 à 0,6 mg kg−1, doses à partir desquelles l'effet sédanalgésique n'augmente plus. Le butorphanol passe la barrière placentaire et ses concentrations dans le plasma fœtal sont équivalentes à celles dans le plasma maternel. Par voie orale, le butorphanol subit un important effet de premier passage hépatique puisque seule 1/6ème de la dose se retrouve dans le plasma. Son catabolisme est essentiellement hépatique, sous forme inactive, par hydroxylation, N-désalkylation et glucuronoconjugaison. Ses anabolites sont principalement excrétés via les urines.

Effets indésirables / Toxicologie

Le butorphanol présente les mêmes effets indésirables que les autres opioïdes: myosis, constipation, nausées, vomissements etc. L'usage prolongé des opioïdes peut par ailleurs entraîner une carence en hormones androgènes: baisse de la libido, impuissance, dysfonctionnement érectile, aménorrhée ou infertilité. En raison de son activité agoniste des récepteurs σ, il provoque également une dysphorie (mal-être, angoisse, et inconfort psychologique).

Contrairement à d'autres opioïdes tels que la morphine ou le fentanyl, qui bloquent de plus en plus la respiration si l'on augmente les doses, le butorphanol a un effet plafond. De ce point de vue, il présente une sécurité élevé, reflétée par des indices thérapeutiques élevés : 16 (IV), 29 (IM) et 63 (SC). La DL50 chez le chien est de 50 mg kg−1. En cas d'intoxication aiguë, le butorphanol provoque les symptômes d'une dépression du système nerveux central (ataxie, convulsions, léthargie) et du système cardio-respiratoire (bradypnée, bradycardie), ainsi que des symptômes digestifs (constipation, diarrhée, anorexie). En cas d'intoxication aiguë, il est nécessaire d'administrer de la naloxone à la dose de 40 µg kg−1 par voie intraveineuse, intramusculaire ou sous-cutanée.

Interactions médicamenteuses

Le butorphanol ne doit pas être administré avec les opioïdes μ-agonistes, comme la morphine, qu'il antagonise. L'érythromycine et la théophylline sont susceptibles de diminuer le métabolisme du butorphanol.

Législation

Le butorphanol n'est pas (encore) inscrit en liste I des substances vénéneuses. Ce n'est pas un stupéfiant du point de vue de sa catégorie légale. En France, l'Agence nationale du médicament vétérinaire recommande un usage strictement réservé aux vétérinaires.

Commercialisation

En médecine vétérinaire, en France :

Notes et références

  1. ↑ Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. 1 2 3 4 Hospira, Inc., « Butorphanol Tartrate Injection, USP CIV labelling notice », sur labeling.pfizer.com, (consulté le )
  3. 1 2 (en) Dhanalakshmi Koyyalagunta, « Opioid Analgesics », dans Pain Management, Elsevier, , 939–964 p. (ISBN 978-0-7216-0334-6, DOI 10.1016/B978-0-7216-0334-6.50117-5, lire en ligne)
  4. ↑ https://www.sciencedirect.com/topics/neuroscience/butorphanol
  5. ↑ (en-US) « Antitussive Drugs in Animals - Pharmacology », sur Merck Veterinary Manual (consulté le )
  6. ↑ TRONCY É., LANGEVIN B. Analgésie des Carnivores domestiques, Éd. du Point Vétérinaire, 2001, page 67.

Bibliographie

Liens externes