
Vicodin est le nom commercial d'un médicament analgésique des Laboratoires Abbott qui contient du paracétamol et de l'hydrocodone.
Il est distribué dans certains pays sous forme de comprimés avec les noms Vicodin, Vicodin ES ou Vicodin HP imprimé sur un côté.
De nombreux analgésiques avec la même composition chimique existent sous d'autres noms commerciaux tels Anexsia, Anolor DH5, Bancap HC, Dolacet, Hydro, Lorcet, Lortab, Norco, T-Gesic et Vadunk.
La combinaison de bitartrate d'hydrocodone et de paracétamol est aussi disponible sous forme de médicament générique. L'association de paracétamol et d'hydrocodone crée une synergie d'action qui renforce l'effet analgésique du médicament et permet ainsi le soulagement de la douleur. Le paracétamol décourage aussi l'abus de la substance puisque les doses nécessaires à un usage récréatif impliquent des quantités toxiques de paracétamol. On considère l'hydrocodone orale moins puissante que la morphine orale équivalente (près de 15 mg d'hydrocodone pour correspondre à 10 mg de morphine), bien que l'effet varie d'un patient à l'autre.
Il existe trois formes du médicament :
Suivant le tableau clinique de prise de paracétamol, chaque unité de prise doit être espacée de 4 heures au minimum et la dose journalière de paracétamol ne peut excéder 3 à 4 grammes par jour au risque d'une intoxication hépatique importante et irréversible.
Les excipients contenus dans le Vicodin sont : dioxyde de silicium colloïdal, amidon, croscarmellose de sodium, phosphate de calcium, stéarate de magnésium, cellulose microcristalline, povidone iodée et acide stéarique.
La Vicodin est destiné aux douleurs modérées à intenses qui ne répondent pas à l'usage des antalgiques de palier 1 (l'aspirine, le paracétamol et les AINS). Pour comparaison, l'hydrocodone peut être perçu comme un antalgique de palier 2, c'est-à-dire analogue à ses cousins chimiques tels que la codéine, la dihydrocodéine, le dextropropoxyphène et le tramadol. En termes de puissance on estime l'hydrocodone plus puissant que la dihydrocodéine, elle-même deux fois plus forte que la codéine. Cette hiérarchisation est à l'origine d'un classement de l'Organisation mondiale de la santé qui, dans le cadre du traitement des douleurs cancéreuses, a instauré un classement en trois paliers regroupant chacun des antalgiques par puissance d'action, de la plus faible (palier 1 avec l'aspirine par exemple) à des molécules bien plus puissantes comme l'oxycodone (palier 3).
La formule de la Vicodin n'est pas commercialisée en France et c'est la dihydrocodéine, morphinique mineur commercialisé sous la marque Dicodin, qui lui est préférée en composant unique et dans des conditions strictes de délivrance et d'accès. Les deux médicaments ont des formules et des dosages équivalents totalement différents mais leurs propriétés antalgiques aux doses indiquées ainsi que leur absence d'effet secondaire concernant les sensations désagréables relatives à la codéine sont comparables (absence aux doses indiquées de réaction de type histaminique avec démangeaison, éruption cutanée et bouffissure du visage). Moins significativement, la forme hémihydrate du sel de codéine phosphate est cependant favorisée dans les formules prévoyant un dosage opiacé relativement fort et toujours en association avec le paracétamol (50/600 mg pour le Kliplal Codéine par exemple). À noter que le Dicodin fait exception car sans association et dont les effets histaminiques sont moindres.
L'hydrocodone du Vicodin (aussi appelée dihydrocodéinone et pouvant prêter à confusion avec la dihydrocodéine du Dicodin) présente cependant le profil des opiacés majeurs avec un risque de dépendance et de létalité identique, bien que sa forme et la fraction de son conditionnement limitent les abus. Ces risques sont moindres avec la codéine (et, de manière moins référencée, avec la dihydrocodéine) mais ne sont toutefois pas absents. L'usager a besoin d'une augmentation fréquente des doses pour garder un niveau d'analgésie constant suivant le phénomène d'assuétude et d'accoutumance des opiacés, ce qui ne diffère donc pas des inconvénients de la morphine. Ce phénomène a l'avantage de ne pas être aussi marqué avec la codéine.
Le rapport bénéfice/risque, qui n'apporte pas d'atout ni de sécurité accrue par rapport à l'utilisation de codéine à des doses antalgiques qualitativement équivalentes (correspondance morphinique substitutive stricte : 7,5 mg à 10 mg de bitartrate d'hydrocodone pour 50 mg de phosphate hémihydrate de codéine et 60 mg de tartrate de dihydrocodéine pour une libération gastrique identique), n'a pas justifié l'autorisation du médicament dans la majorité des pays européens.
Les données de pharmacovigilance de la FDA recensent également des signalements d'effets indésirables associés au Vicodin. Dans la base FAERS, les événements fréquemment signalés comprennent notamment la dépendance médicamenteuse, la douleur, les nausées, le surdosage et le syndrome de sevrage. Ces déclarations étant spontanées, elles ne permettent pas d'établir un lien de causalité avec le médicament ni d'estimer la fréquence réelle de ces événements.