Jean-Baptiste de Belloy

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Jean-Baptiste de Belloy-Morangle
Image illustrative de l’article Jean-Baptiste de Belloy
Biographie
Naissance
Morangles (Royaume de France)
Ordination sacerdotale
Décès (à 98 ans)
Ancien 9e arrondissement de Paris (France)
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie VII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de Saint-Jean à Porta Latina
Évêque de l'Église catholique
Ordination épiscopale par le
card. Étienne-René Potier de Gesvres
Archevêque de Paris
–
Évêque de Marseille
–
Évêque de Glandèves
–

Blason
(en) Notice sur catholic-hierarchy.org

Jean Baptiste de Belloy (ou J.B. de Belloi), né à Morangles dans le diocèse de Beauvais le et mort à Paris le , fut évêque de Marseille après Belsunce en , archevêque de Paris en et cardinal.

D'un esprit modéré, il fut un des évêques qui facilitèrent la conclusion du Concordat.

Biographie

Sous l'Ancien Régime

Portrait de Jean-Baptiste de Belloy, entre 1736 et 1751.
Le cardinal de Belloy, archevêque de Paris (1801-1808), Laurent Dabos, 1806.

Bien qu'appartenant à une famille ancienne ayant quelque renom sur le plan militaire, le jeune Jean-Baptiste de Belloy préféra suivre une carrière ecclésiastique et fit ses études scolaires puis théologiques à Paris, où il fut ordonné prêtre et reçu docteur en théologie en .

Son évêque, le cardinal de Gèvres, le nomma vicaire général et archidiacre de la cathédrale. En il est nommé évêque de Glandèves et est consacré le 30 janvier 1752 par Étienne-René Potier de Gesvres avec comme co-consécrateurs Charles de Grimaldi d'Antibes et François de La Tour du Pin. Lors de l'Assemblée du clergé français de , il se rangea dans le camp des modérés et contribua à restaurer la tranquillité dans l'Église de France. Dans le diocèse de Marseille, les dissensions occasionnées par la bulle Unigenitus étaient devenues si vives qu'à la mort de l’évêque Belsunce, il y avait un danger imminent de schisme. Face à cette situation critique, Belloy y fut transféré et rétablit la paix. Le il fut nommé membre de l'académie de Marseille.

Il obtint l'abbaye Notre-Dame de Cormeilles en .

Le , il procèda à la bénédiction d'intronisation de Venture-Gabrielle de Pontevès de Maubousquet, la nouvelle abbesse de l'abbaye de Maubuisson, en présence de ses confrères Louis-Sextius Jarente de La Bruyère, évêque d'Orléans, et Louis-André de Grimaldi nouvel évêque du Mans.

Durant la Révolution et l'Empire

En , l'Assemblée nationale décréta la suppression du diocèse de Marseille. L'évêque se retira, tout en envoyant à l'Assemblée une lettre de protestation contre la suppression d'un des plus vieux sièges épiscopaux de France. Il se retira à Chambly, petite ville près de son lieu de naissance, où il resta pendant la période la plus critique de la Révolution française.

Quand, en , le pape Pie VII ordonna aux évêques français de lui présenter leur démission de tous leurs sièges respectifs pour faciliter la conclusion du Concordat, Belloy fut le premier à se soumettre, et son exemple eut une forte influence sur les autres évêques. Bonaparte, favorablement impressionné par cet acte de dévotion envers l'Église et de soumission à l'État, obtint qu'il fût nommé au siège de Paris, bien qu'il fût déjà nonagénaire.

Son grand âge ne l'empêcha pas de diriger son nouveau diocèse avec énergie. Il réorganisa les paroisses, leur donnant de bons prêtres et tint à visiter lui-même ses ouailles. Nonobstant, peu après avoir été nommé sénateur, il fut passagèrement malmené dans « l'affaire » des funérailles de la danseuse Marie-Adrienne Chameroy.

En effet, Bonaparte fut tellement satisfait de son service qu'il le fit même membre du Sénat conservateur, le () (27 fructidor an X), et qu'il demanda et obtint pour lui le chapeau de cardinal, que le pape Pie VII consentit à placer lui-même sur la tête du prélat au cours d'un consistoire tenu à Paris, dans les appartements du Pape, au Louvre, le , en lui attachant, comme titulature romaine, le titre de la basilique San Giovanni a Porta Latina , titre que le cardinal, nonagénaire, garda de à sa mort en . Le cardinal de Belloy remit la sainte couronne d'épines à sa place d'honneur dans la Sainte-Chapelle (), cachée durant la tourmente révolutionnaire.

Le 22 décembre 1805, il organise un fameux dîner, auquel participe le gastronome et médecin Joseph Gastaldy, qui meurt dans la foulée.

À sa mort, à 98 ans, le cardinal de Belloy avait passé soixante-quinze ans dans le ministère pour l'édification de tous, et à la satisfaction de Napoléon aussi bien que du pape Pie VII (alors qu'ils allaient être bientôt engagés dans une lutte acharnée, durant laquelle le pape allait être enlevé de Rome pour être déporté à Savone puis reclus au château de Fontainebleau, conflit qui ne s'acheva qu'avec la chute de Napoléon, permettant le retour triomphal du pape à Rome, le ).

Cénotaphe du cardinal Jean-Baptiste de Belloy.

Le cardinal de Belloy fut inhumé dans le caveau des archevêques sous le chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, et Napoléon fit ériger en son honneur un monument sculpté par Louis Pierre Deseine dans la chapelle Saint-Marcel.

L'inventeur de la cafetière

Vers , Jean-Baptiste de Belloy donne son nom au système de la percolation du café (qui était auparavant infusé), et à la première machine à faire le café, la cafetière à la Dubelloy, ou dubelloire, ou débelloire,, ancêtre de la cafetière napolitaine. La cafetière à la Dubelloy avait en fait été inventée par François-Antoine-Henri Descroizilles,,.

Titres

Distinctions

Armoiries

Figure Blasonnement
Armes de la famille de Belloy de Morangles,

De gueules, à sept losanges d'or, 3, 3 et 1.

Armes du comte de Belloy et de l'Empire,

De gueules à quatre losanges d'argent (3 et 1) ; au franc-canton brochant des Comtes Archevêques.,

Hommages

Plaque de la rue de Belloi à Marseille.

Source

(en) Cet article contient des extraits traduits d'un article de la Catholic Encyclopedia dont le contenu se trouve dans le domaine public.

Notes et références

  1. ↑ Archives départementales de l'Oise, EDT176/1E2, registres BMS de Morangles (années 1700-1713), vue 70, 29 octobre 1709, baptême de Jean Baptiste de Belloy. https://ressources.archives.oise.fr/v2/ad60/visualiseur/registre.html?id=600104794
  2. ↑ Abbé Dassy, L'académie de Marseille, ses origines, ses publications, ses archives, ses membres, Marseille, Barlatier-Feissat, , 639 p. (lire en ligne), p. 597.
  3. ↑ Charpillon, « Abbaye Saint-Pierre-de-Cormeilles », dans Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l'Eure, (lire en ligne), p. 846.
  4. ↑ « Notes de Mr Le Vallois, curé de Saint-Maclou de Pontoise de 1744 à 1779 », publiées par Henri Le Charpentier in Mémoires de la Société historique et archéologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, tome IV, Pontoise, 1883, p. 99.
  5. ↑ . C'est en fait au P. Claude-Marie Marduel, curé de la paroisse Saint-Roch qu'incombe la responsabilité première de cette « affaire » dès lors qu'il avait refusé l'accès de l'église au cercueil et au convoi de l'artiste de sa seule autorité (Firmin-Didot, Biographies, t. 9, p. 606 ; Le Globe, 9 décembre 1826, p. 272.
  6. ↑ Alexandre Balthazar Laurent Grimod de la Reynière, « Nécrologie gourmande de 1805 », dans Almanach des gourmands, servant de guide dans les moyens de faire excellente chère, Paris, Claude-François Maradan, 1806, p. 291-304.
  7. ↑ Gilles Pudlowski, A quoi sert vraiment un critique gastronomique?, Armand Colin, (lire en ligne).
  8. ↑ « Le moulin à café Peugeot », sur france3.fr.
  9. ↑ Eugène-Oscar Lami, Dictionnaire encyclopédique et biographique de l’industrie et des arts industriels, t. IV : D-E, Paris, Librairie des Dictionnaires, , 1093 p. (lire en ligne), p. 161-162.
  10. ↑ Louis Simon, Le Chimiste Descroizilles (François-Antoine-Henri) 1751-1825 : sa vie son oeuvre, .
  11. ↑ André Cussac, Dieppe : station marine balnéaire et climatique, Rouen, Lecerf, , 84 p. (lire en ligne), p. 41.
  12. ↑ Jean Baptiste de Belloy-Morangle sur roglo.eu.
  13. ↑ Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : contenant la description des armoiries des familles nobles et patriciennes de l'Europe : précédé d'un dictionnaire des termes du blason, G.B. van Goor, , 1171 p. (lire en ligne), et ses Compléments sur www.euraldic.com.
  14. ↑ Source : heraldique-europeenne.org.
  15. ↑ Nicolas Roret, Nouveau manuel complet du blason ou code héraldique, archéologique et historique : avec un armorial de l'Empire, une généalogie de la dynastie impériale des Bonaparte jusqu'à nos jours, etc..., Encyclopédie Roret, , 340 p. (lire en ligne).
  16. ↑ canton-notre-dame-du-mont-marseille, « Canton Notre Dame du Mont Marseille - rue de Belloi », sur over-blog.com, Chroniques d'arpenteurs de Marseille, .

Liens externes