| McDonnell Douglas F-4 Phantom II | ||
Un F-4E de l'US Air Force appartenant au 82nd Aerial Targets Squadron survole le polygone d'essai de missile de White Sands en 2008. | ||
| Constructeur | ||
|---|---|---|
| Rôle | Avion multirôle | |
| Statut | en service | |
| Premier vol | ||
| Mise en service | ||
| Date de retrait | ||
| Coût unitaire | 2,4 millions de dollars américains pour le F-4E | |
| Nombre construits | 5 195 | |
| Équipage | ||
| 2 (1 pilote, 1 navigateur) | ||
| Motorisation | ||
| Moteur | General Electric J79-GE-17 | |
| Nombre | 2 | |
| Type | Turboréacteurs | |
| Poussée unitaire | 52,96 kN
79,6 kN avec postcombustion |
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| Dimensions | ||
| Envergure | 11,71 m | |
| Longueur | 17,55 m | |
| Hauteur | 5,03 m | |
| Surface alaire | 49,2 m2 | |
| Masses | ||
| À vide | 13 757 kg | |
| Avec armement | 23 340 kg | |
| Maximale | 28 030 kg | |
| Performances | ||
| Vitesse maximale | 2 370 km/h (Mach 2,23) | |
| Plafond | 18 044 m | |
| Vitesse ascensionnelle | 12 600 m/min | |
| Rayon d'action | 680 km | |
| Armement | ||
| Interne | 1 canon GAU-4 M61 Vulcan de calibre 20 mm | |
| Externe | 7 260 kg de charges diverses (bombes, missiles, réservoirs…) | |
| Avionique | ||
| Radar AN/APQ-72, détection et poursuite infrarouge AAA-4 | ||
| modifier |
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Le F-4 Phantom II est un avion militaire de troisième génération conçu par le constructeur américain McDonnell à partir de 1953. Il s'agit de l'un des avions militaires américains les plus importants du XXe siècle et l'avion de combat occidental ayant été le plus produit depuis la guerre de Corée : le 5 195e et dernier exemplaire a été livré en 1981, après plus de 20 ans de production ininterrompue. Pendant la guerre du Viêt Nam, la cadence de production du F-4 était de 72 exemplaires par mois.
C'est l'un des très rares avions à avoir été utilisé simultanément par l'US Air Force, l'US Navy et l'US Marine Corps, ainsi que par les deux patrouilles acrobatiques des Blue Angels (US Navy) et des Thunderbirds (US Air Force).
Désigné à l'origine AH-1, il fut renommé F4H par l’US Navy, et F-110 Spectre par l’US Air Force. Sa dénomination actuelle F-4 devenant officielle le , lorsque la nomenclature des avions américains après 1962 unifia les codes de désignation pour les trois Départements (USAF/US Navy/US Army).




La société McDonnell avait déjà une certaine expérience de l'aviation embarquée à réaction en construisant plus de 1 000 avions de ces trois modèles : le FH-1 Phantom, le F2H Banshee et le F3H Demon. Au début des années 1950, la société commença à étudier le successeur du F3H Demon sur ses fonds propres : le McDonnell Mod 98B ou F3H-3G Super Demon. L’US Navy, voulant éviter les problèmes rencontrés avec le Demon, demanda l’installation d’un réacteur Wright J65 et changea sa demande pour un avion d’attaque : le F3H-3G devint le YAH-1. Deux exemplaires du YAH-1 furent produits, l’un monoplace, l’autre biplace,.
Le projet YAH-1 initial subit de nombreuses modifications — notamment le remplacement du Wright J65 par le General Electric J79 — en particulier en raison des évolutions des besoins de l'US Navy, qui ne furent vraiment fixés qu'en 1955. Re-motorisé avec le J79, sans canons et intégrant les missiles Sparrow comme armement principal, le YAH-1 fut désigné F4H-1.
Après avoir été conçu dans l'usine de Saint-Louis (Missouri) de McDonnell Douglas (nouveau nom de l'entreprise après fusion de McDonnell et de Douglas), le prototype XF4H-1 Phantom vola pour la première fois le . Il s'agissait alors du premier avion de combat sans canon, devant utiliser des missiles air-air Sparrow ou Sidewinder. Les prototypes furent vite utilisés pour établir de nouveaux records de performances (altitude et vitesse). Les avions de série F-4B furent livrés à l'US Navy à partir de 1960 et firent leur première croisière sur porte-avions en 1962, avant d'effectuer leurs premières missions de combat au Viêt Nam dès 1964.
L'US Air Force effectua une campagne d'évaluation du F-4 en 1962, et dut reconnaitre qu'il était plus performant que ses RF-101 Voodoo, F-105 Thunderchief et F-106A Delta Dart. Elle reçut ses premiers F-4C (initialement désignés F-110A Spectre) en 1964, avions équipés d'une électronique de bord très différente de celle des F-4B de l'US Navy et une double commande permettant aux deux membres d'équipage de piloter. Ils furent rapidement suivis par le F-4D, avec une avionique encore modifiée (nouveau radar, nouveau système de visée) et capable d'emporter le missile AIM-4 Falcon.


Les premières versions du F-4 n'embarquaient pas de canon interne, mais cette arme manquait cruellement aux pilotes à cause des performances plus que mitigées des missiles air-air de l'époque et des combats tournoyants contre les MiG au début de la guerre du Viêt Nam. Une première solution fut l'emport d'un pod ventral contenant un canon multitube Vulcan de calibre 20 mm. Mais, cela posait d'autres problèmes (augmentation de la consommation en carburant, manque de précision, etc.). Enfin, en 1965, apparut la version F-4E équipée d'un canon de 20 mm et 630 obus de 20 mm (6 secondes de tir) dans un pod sous le nez à la place du capteur de Veille infrarouge (IRST), qui entra en service deux ans plus tard et qui fut la version du F-4 construite en plus grand nombre. En 1972, les F-4E reçurent de nouveaux becs de bord d'attaque améliorant la manœuvrabilité en combat.

Parallèlement au développement de ces versions terrestres, l'US Navy et l'US Marine Corps reçurent à partir de 1966 une version embarquée améliorée : le F-4J, équipé de nouveaux réacteurs et d'une électronique améliorée, en plus de quelques améliorations aérodynamiques. Dans la première moitié des années 1970, l'US Navy engagea un programme de modernisation de ses vieux F-4B, destiné à la fois à apporter des améliorations de l'électronique et à prolonger la durée de vie de la cellule : 228 avions furent entièrement démontés, inspectés et reconstruits en remplaçant certaines parties par des pièces neuves. Ces exemplaires reçurent la dénomination F-4N. Quelques années plus tard, une opération semblable concerna au moins 250 F-4J, auxquels on ajouta par la même occasion les becs améliorés issus du F-4E. Ces F4j modifiés reçurent la dénomination F-4S.
Exporté vers une dizaine de pays, le F-4 a été construit sous licence au Japon par Mitsubishi Heavy Industries qui produisit les derniers exemplaires de cet avion en 1981.
Bien que construites aux États-Unis, les deux versions destinées au Royaume-Uni incluent de nombreux éléments (radar, freins, etc.) construits par l'industrie britannique. En particulier, leurs réacteurs Rolls-Royce Spey offrent 14 % de puissance en plus que les General Electric J79 qui équipent les autres F-4, ce qui leur donne de meilleures performances à basse altitude et augmente leur rayon d'action.
En 2010, le F-4 Phantom II était toujours en service dans sept armées de l'air et de nombreux appareils ont été remis à jour.



Le F-4 Phantom II est crédité de 280 victoires en combat aérien, pour 51 % obtenues au Viêt Nam et 42 % en Israël.





Voici les chiffres en 2019 :

La Royal Australian Air Force (RAAF) loua 24 F-4E à l'US Air Force entre 1970 et 1973, en attendant la livraison de ses F-111C afin de remplacer ses English Electric Canberra. Ils opérèrent depuis la base aérienne d'Amberley à partir des 1er et 6e escadrons.


Outre les dizaines de F-4 exposés dans des musées autour du monde, la Federal Aviation Administration (FAA) compte depuis 1999 un F-4D civil enregistré aux États-Unis appartenant à la Collings Foundation (en). En , un deuxième F-4 restauré, le 11e construit et datant de 1959, est à vendre.
Le Phantom II est attaché dans le milieu de l'aviation à la répartie : « The Phantom is a living proof that with enough power, even a brick can fly » (en français : « Le Phantom est une preuve vivante qu'avec suffisamment de puissance, même une brique peut voler ! »).