En mathématiques, la factorielle d'un entier naturel est le produit des nombres entiers strictement positifs inférieurs ou égaux à .
Cette opération est notée avec un point d'exclamation, , ce qui se lit soit « factorielle de », soit « factorielle », soit « factorielle ». Cette notation a été introduite en 1808 par Christian Kramp.
Par exemple, la factorielle de 10 exprime le nombre de combinaisons possibles de placement des 10 convives autour d'une table (on parle de permutation des convives). Le premier convive s'installe sur l'une des 10 places à sa disposition. Chacun de ses 10 placements ouvre 9 nouvelles possibilités pour le deuxième convive, celles-ci 8 pour le troisième, et ainsi de suite.
La factorielle joue un rôle important en algèbre combinatoire parce qu'il y a façons différentes de permuter objets. Elle apparaît dans de nombreuses formules en mathématiques, comme la formule du binôme et la formule de Taylor.
Au XIIIe siècle, le mathématicien de Marrakech Ibn Mun’im publie un livre intitulé La science du calcul (Fiqh Al-Hisab) dans lequel il traite pour la première fois de factorielles. Il démontre notamment comment calculer le nombre des permutations d'un ensemble à éléments.
| n | n! |
|---|---|
| 0 | 1 |
| 1 | 1 |
| 2 | 2 |
| 3 | 6 |
| 4 | 24 |
| 5 | 120 |
| 6 | 720 |
| 7 | 5 040 |
| 8 | 40 320 |
| 9 | 362 880 |
| 10 | 3 628 800 |
| 11 | 39 916 800 |
| 12 | 479 001 600 |
| 13 | 6 227 020 800 |
| 14 | 87 178 291 200 |
| 15 | 1 307 674 368 000 |
| 16 | 20 922 789 888 000 |
| 17 | 355 687 428 096 000 |
| 18 | 6 402 373 705 728 000 |
| 19 | 121 645 100 408 832 000 |
| 20 | 2 432 902 008 176 640 000 |
| … | … |
| 25 | 1,551 121 004 333 098 598 4 × 1025 |
| Notes : | |
Soit un entier naturel. Sa factorielle est formellement définie par :
Le tableau de droite donne les premières factorielles ; par exemple, on a :
Cette définition donne aussi :
puisque par convention, le produit vide est égal à l'élément neutre de la multiplication. Cette convention est pratique ici car elle permet à des formules de dénombrement obtenues en analyse combinatoire d'être encore valides pour des tailles nulles. En particulier, le nombre d'arrangements ou de permutations de l'ensemble vide est égal à 1.
Il existe aussi une définition par récurrence (équivalente) de la factorielle :
Enfin, la fonction Gamma, qui prolonge analytiquement la factorielle, donne un résultat cohérent :

La fonction factorielle admet pour prolongement, à l'ensemble des nombres complexes autres que les entiers strictement négatifs, l'application où désigne la fonction gamma d'Euler. En effet, pour tout entier naturel n, on a :
Par ailleurs, la fonction vérifie la même relation de récurrence que la factorielle :
Cette vision de la fonction gamma (translatée) comme prolongement privilégié de la factorielle est justifiée par les raisons suivantes :
Il existe cependant d'autres prolongements ayant de « bonnes propriétés », comme la fonction gamma d'Hadamard, qui est entière.
La formule de Stirling donne un équivalent de quand tend vers l'infini:
d'où
où le nombre e désigne la base de l'exponentielle.
On en déduit une approximation du logarithme de :
En combinatoire, il existe façons différentes d'arranger objets distincts (c’est-à-dire permutations). Et le nombre de façons de choisir éléments parmi un ensemble de est donné par le coefficient binomial :
(Puisque le produit de k nombres naturels consécutifs est de la forme pour un certain nombre naturel n et que est un nombre naturel, cette formule montre que le produit de k nombres naturels consécutifs est toujours divisible par .)
Les factorielles apparaissent également en analyse. Par exemple, le théorème de Taylor, qui exprime la valeur en d'une fonction sous forme de série entière, fait intervenir la factorielle pour le terme correspondant à la e dérivée de en .
Le volume d'une hypersphère en dimension n paire peut être exprimé par :
Les factorielles sont utilisées de façon intensive en théorie des probabilités.
Les factorielles sont souvent utilisées comme exemple — avec la suite de Fibonacci — pour l'apprentissage de la récursivité en informatique du fait de leur définition récurrente simple.
Les factorielles ont de nombreuses applications en théorie des nombres.
Par exemple, le théorème de Wilson montre qu'un entier est premier si et seulement si .
En particulier, si est premier alors il ne divise pas , ce qui peut d'ailleurs se déduire directement du lemme d'Euclide ; la réciproque est presque vraie : si est un nombre composé différent de 4, alors .
Une preuve de ce dernier énoncé utilise qu'un produit de entiers consécutifs est toujours divisible par (puisque l'un des k facteurs l'est). En fait, est même divisible par ; on peut le démontrer en exprimant sous forme de coefficient binomial, ou bien en comparant, pour tout nombre premier , la multiplicité de dans les décompositions en facteurs premiers de et de , grâce à la formule de Legendre.
La seule factorielle qui soit également un nombre premier est 2, mais il existe des nombres premiers de la forme , appelés nombres premiers factoriels.
De nombreux auteurs ont défini des fonctions analogues, croissant plus rapidement encore, ainsi que des produits restreints à certains entiers seulement. On rencontre ainsi dans la littérature les fonctions primorielles, multifactorielles, superfactorielles, hyperfactorielles, etc. Mais il ne semble pas que, contrairement à la factorielle, omniprésente dans la plupart des branches des mathématiques, ces autres fonctions aient eu beaucoup d'applications autres que récréatives, sauf les primorielles ; quant à leur utilisation pour désigner de très grands nombres, les notations de Knuth et celles de Conway s'avèrent à la fois plus maniables et beaucoup plus efficaces.
Le calcul de la factorielle peut se traduire par l'algorithme récursif suivant, écrit en pseudo-code :
Fonction factorielle (n: entier): entier
Début
Si n > 0
Retourner n * factorielle(n - 1)
Sinon
Retourner 1
Fin si
Fin
On admet la notation suivante : est la partie entière de définie par .
Cette propriété ne présente pas de grand intérêt en apparence mais permet d'obtenir le nombre de zéros finaux de n!. Mais qu'est ce qu'un zéro final ? Prenons comme exemple , il y a deux zéros finaux. Nommons une telle fonction.
Ce résultat est un cas particulier de la formule de Legendre.