| MeSH | D013179 |
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La violence conjugale est la violence exercée par l'un des conjoints sur l'autre, au sein d'un couple, s'inscrivant dans un rapport de domination et se distinguant des disputes conjugales entre individus égaux,. Elle s’exprime par des agressions verbales, psychologiques, physiques, sexuelles, des menaces, des pressions, des privations ou des contraintes pouvant causer chez la victime des dommages psychologiques, physiques, un isolement social, voire la mort. Quand les violences conjugales incluent un ensemble de ces comportements, on parle d'emprise coercitive ou « contrôle coercitif ».
La violence conjugale comme rapport de domination est un processus systémique et évolutif qui se distingue de la « violence situationnelle » qui peut arriver soudainement au sein d'un couple, sans qu'il n'y ait pour autant de domination, c'est-à-dire de hiérarchie, entre les membres du couple.
La violence conjugale est une forme de violence domestique ou violence familiale (violence qui touche également les autres personnes du foyer, en particulier les enfants du couple). Ayant souvent lieu dans l'espace privé, elle n'est pas toujours facile à repérer. De ce fait, certains chercheurs estiment que le « huis clos conjugal » peut se révéler un « haut lieu de violences ».
Avec les autres formes de violences de genre, elle est un facteur de risque pour la santé des femmes partout dans le monde. Les effets de ces violences de genre sur la morbidité et le taux de mortalité devraient inciter les États à les considérer comme un problème de santé publique, selon la Banque mondiale.

Les violences conjugales peuvent prendre les formes suivantes, :

La typologie de Michael P. Johnson (en), suppose qu'il existerait au moins deux grandes catégories de violence conjugale : la violence situationnelle de couple et le terrorisme intime ou de coercition.
En 2018, le New York Times publie un article faisant état d'une nouvelle forme de violence domestique numérique au moyen de la gestion à distance des équipements électroniques,.
Au Québec, Statistiques Canada décrivait les violences économiques comme étant le fait d'être tenu à l'écart du revenu familial (publié dans les recherches de 1999, 2004 et 2009). À partir de 2014, le fait d'être forcé à donner de l'argent au conjoint ou à l'ex-conjoint a été ajouté.
Dans plusieurs cas, la violence économique s'ajoute à d’autres formes de violences conjugales (physiques, verbales, sexuelles, psychologiques). Elle peut aussi survenir seule, ce qui la rend difficile à identifier. La violence économique est une violence cachée, elle n'est souvent pas remarquée chez les partenaires qui en sont victimes, surtout lorsque les deux membres du couple sont actifs. La violence économique est facilement repérable post séparation.
Contrairement aux autres types de violences conjugales, les violences économiques sont les plus récurrentes. Dans 70,6 %, les violences économiques sont fréquentes, les violences psychologiques sont continues à 62,7 %, les violences physiques sont continues à 25,4 % et les violences sexuelles sont continues à 35,1 %.
Plusieurs sources d’aide sont disponibles pour les victimes. Au Québec, il est possible de contacter la ligne téléphonique SOS violence conjugale. Cette source d’aide permet ensuite de référer les victimes à des maisons d’aide ou des centres d’hébergement.
La violence économique postséparation est la prolongation de la violence économique subie au sein du couple après la rupture. Le conjoint violent conserve un pouvoir sur les ressources financières de l’autre conjoint afin de garder une emprise sur celui-ci. La forme la plus connue de violence économique postséparation est le refus de payer une pension alimentaire, ce qui engendre des répercussions sur l’ex-conjoint et sur d'éventuels enfants.
Le refus de verser une pension alimentaire entraîne des conséquences sur la vie de l’ex-conjoint et même sur celle des enfants. L’ex-conjoint ayant droit à une pension alimentaire doit recourir au système de justice pour l’obtenir. Dans le cas où un des conjoints refuse de payer la pension, l’autre conjoint doit souvent se résoudre à abandonner les démarches judiciaires en raison des frais associés. En conséquence, la victime renonce souvent à la pension alimentaire par peur de s’endetter face au système judiciaire. Dans ce cas, la victime subit la restriction de ses ressources par son ex-conjoint violent.
La violence économique postséparation a de nombreux effets néfastes sur le comportement et la santé de l’enfant. L’enfant témoin de violence conjugale développe une plus grande agressivité et de la colère. C'est le conjoint victime qui perçoit cette modification de comportement puisque c’est envers ce conjoint que l’enfant exprime sa colère. Cela perturbe les habitudes de l'enfant. Il peut développer des troubles alimentaires et des troubles du sommeil. À l’adolescence, le lien entre l’enfant et le parent violent se dissoudra et l'enfant exprimera ses comportements colériques envers le parent victime.

La prévalence et le partage par genres de la violence conjugale au sein d’une population sont difficiles à évaluer parce que les instruments de mesure ne sont pas équivalents et que « des variations méthodologiques en apparence anodines exercent un effet important sur les réponses des participants » et conséquemment sur la mesure.
Les enquêtes sur la violence conjugale s'appuient généralement sur deux sources statistiques, les statistiques policières et les enquêtes de victimation (un type d'enquête d'abord mises en œuvre dans les années 1970 aux États-Unis puis dans les années 1980 en Angleterre et au Pays de Galles puis introduites en France). Avec leurs atouts et limites liés aux questionnaires d’enquête et aux difficultés d'échantillonnage, elles cherchent à éviter les biais induits par les codifications réductrices et les logiciels de rédaction des procédures (de dépôt de plaintes notamment) qui ne suffisent pas à appréhender toutes les dimensions de la délinquance (crimes, délits et contraventions de 4e et 5e classes en France où depuis 2015). Les infractions intrafamiliales y sont ainsi mieux décrites (en France, conformément aux demandes d'un rapport de mission parlementaire de 2013),.
Ces deux méthodes donnent des résultats divergents.
Concernant les seules violences physiques, une expérimentation de détection par intelligence artificielle de ces violences a été jugée satisfaisante par son autrice, qui revendique un taux de 80 % de détection, en croisant les données médicales (fractures défensives typiques, notamment, sur certaines parties du corps) et l'historique médical d'un patient (visites aux urgences en particulier). Son utilité est d'alerter plus tôt le personnel médical qui est souvent peu attentif aux causes des blessures à soigner.
Les statistiques policières, souvent utilisées, fournissent une image partielle du phénomène puisqu’elles ne compilent que des formes « criminelles » de la violence conjugale et parce que tous les crimes violents ne sont pas rapportés à la police. Au Canada, par exemple, l’Enquête sociale générale de 2009 montre que seulement 22 % des victimes de violence physique ou sexuelle de la part d’un conjoint ont déclaré l'avoir rapporté à la police,.
Par ailleurs, non seulement les statistiques policières sous-estiment la prévalence des actes, mais elles provoquent une distorsion dans le tableau de partage des genres. Au Canada, l'ESG 2009 montre que « les victimes de sexe féminin étaient environ trois fois plus susceptibles que les victimes de sexe masculin de dire qu’elles avaient signalé l’incident à la police (23 % par rapport à 7 %) ». Les statistiques policières ont donc tendance à sous-représenter la violence conjugale subie par les hommes.
En France, celles issues du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, (SSMSI), outre qu'elles excluent les femmes de plus de 75 ans, présentent quelques biais, en fonction notamment de « la propension de la victime à porter plainte, de la priorité des forces de sécurité à la découverte de tel ou tel type d’infraction et enfin de la disposition et de la capacité des services à consigner cet événement ».
Les enquêtes populationnelles sont des enquêtes conduites à l'aide de questionnaires auprès d'échantillons probabilistes représentant (en principe) une population définie. Ces enquêtes sont dites à « question ouverte » (single question threshold approach) lorsque l'évaluation repose sur une seule question d’ordre général (ou sur un très petit nombre) sur des « actes de violence », des « agressions » ou des « mauvais traitements » subis.
Ces enquêtes donnent déjà une mesure plus juste de la prévalence parce que les personnes interrogées ne se limitent pas aux personnes ayant signalé des incidents à la police. Elles sont cependant dénoncées par bien des auteurs, qui constatent que les définitions de ce qu'est une « agression » ou un « abus » sont subjectives et peuvent donc varier d’une culture à l’autre, d'un sous-groupe à l'autre dans une culture et même entre les individus d'un même sous-groupe.
Les enquêtes populationnelles à questions fermées sont également conduites à l'aide de questionnaires auprès d'échantillons probabilistes représentant une population définie, mais les questionnaires sont composés de questions spécifiques et précises sur des actions objectives, ce qui laisse beaucoup moins de place à la définition subjective de chaque individu quant à ce qui constitue un acte de violence ou non.
Les enquêtes populationnelles à questions fermées offrent donc de meilleurs avantages que celles à question ouverte en ce qui regarde la validité. Elles neutralisent en grande partie les distorsions dans le partage des genres.
« Comme le souligne Hamby, des questions formulées en faisant référence à des conduites spécifiques sont de plus en plus adoptées, de préférence à des questions générales sur les « agressions » ou sur la « violence » (Hamby, 2005 : 731). Dans des conférences organisées sous l’égide des Nations unies ou dans des rapports de recherche publiés par ses agences, de même que dans des rapports d’autres organismes internationaux, des experts de divers pays (Garcia-Moreno, Jansen, Ellsberg, Heise et Watts, 2005 : 13-14; Johnson, 2005 : 6; Kishor, 2005 : 4-5; Kishor et Johnson, 2004 : 4-5) ont eux aussi souligné les avantages de l’approche des CTS, qui reposent sur l’emploi d’une liste de comportements ou d’actions spécifiques pour dépister et identifier les victimes de violence, par opposition à une évaluation de type cognitif qui repose sur une seule question d’ordre général sur la « violence » ou les « mauvais traitements » subis, approche que ces experts internationaux désignent par l’expression single question threshold approach (Laroche 2007, p. 14). »
Il y a plusieurs instruments de mesure à questions fermées. Les plus fréquemment utilisés sont les variantes de la CTS (CTS2… CTS10). Elles ont fait l'objet de critiques, moins à cause de leurs caractéristiques sociométriques que parce qu'elles ont alimenté les partisans de la « théorie de la symétrie »,,,. En effet, les mesures de prévalences enregistrées par les CTSn montrent que le taux de victimisation des femmes est sensiblement le même que celui des hommes. Par contre, les mêmes CTSn montrent aussi que ce sont les femmes qui sont victimes des formes de violences les plus graves. Combinées avec d'autres instruments à questions fermées sur des formes de violences non répertoriées par les codes criminels (violence psychologique, financière, etc.) ou mesurant les conséquences physiques et psychologiques de la violence, les CTSn ne confirment pas la théorie de la symétrie,.

Les chiffres ci-dessous doivent être interprétés avec prudence. Ils ne représentent pas l'ensemble des actes de violence conjugale effectivement commis, mais seulement les actes déclarés (soit à la police, soit lors de sondages). Des chiffres ont été publiés pour les hommes et les femmes, mais les statistiques sur la violence conjugale se sont longtemps limitées aux violences contre les femmes, rendant difficile tout suivi temporel fin de la violence faite aux hommes en milieu conjugal, d'autant que ces mesures ne sont pas faites de la même façon ni avec les mêmes instruments dans les différents pays et parfois selon les chercheurs. Les statistiques disponibles ne donnent qu'un ordre de grandeur du phénomène pour différents pays.

Aux États-Unis, le National Intimate Partner and Sexual Violence Survey 2010 Summary Report rapporte que :
Le Canada publie régulièrement différentes mesures dressant le tableau de la violence conjugale dans le pays. Les statistiques policières montrent qu'en 2009, 173 600 femmes de 15 ans et plus ont rapporté à la police être victimes de violence criminelle, soit 1,2 % des femmes canadiennes. Le taux était légèrement inférieur chez les hommes, soit 1,1 %. En ce qui regarde les femmes, les plaintes enregistrées par la police concernaient des voies de fait simples (50 %), des menaces (13 %), des voies de fait majeures (10 %), des agressions sexuelles (7 %) et du harcèlement criminel (7 %).
Il faut cependant souligner que l'Enquête sociale générale (ESG) 2009 révélait que seulement 23 % des femmes et 7 % des hommes victimes de violence conjugale criminelle dénoncent l'incident à la police. Il y aurait donc 5 fois plus de femmes et 14 fois plus d'hommes qui seraient victimes de violence conjugale que ce que rapportent les statistiques policières.
Statistique Canada effectue, également, tous les 5 ans une enquête beaucoup plus approfondie à partir de sondages sur de gros échantillons probabilistes représentatifs de la population canadienne. L'Enquête sociale générale (ESG) de 2009 montre que 6 % des Canadiens rapportent avoir été victimes d'une forme de violence criminelle de la part d'un conjoint ou d'un ex-conjoint au cours des 5 années précédant l'enquête. Contrairement aux statistiques policières, l'ESG 2009 montre que les proportions de victimes de sexe masculin et féminin sont similaires. Par contre, l'enquête révèle que les femmes étaient trois fois plus susceptibles de dire qu’elles avaient été victimes de formes plus graves de violence comparativement aux hommes. Également, les blessures physiques et psychologiques conséquentes de cette violence étaient plus prononcées chez les victimes de sexe féminin.
Dans un second temps, l'ESG 2009 élargissait les questions à des formes de violences plus tangentielles comme la violence psychologique (dire des mots blessants, rabaisser, jalousie, etc.) et financière (refuser de révéler ses revenus à son conjoint) qui font grimper le taux de victimisation à 17 % des Canadiens pour la même période de 5 ans.
L'échantillon de l'ESG a également permis d'identifier des facteurs sociodémographiques. Le Québec et Terre-Neuve avaient des proportions de violence conjugale inférieures à la moyenne canadienne. Les personnes s'identifiant comme gay et lesbiennes avaient deux fois plus de chances de se dire victimes de violences conjugales que les hétérosexuels. Cette proportion était de 4 pour 1 chez les personnes s'identifiant comme bisexuelles. Les citoyens autochtones également avaient deux fois plus de chances de se dire victimes. Les personnes handicapées ou à mobilité restreinte, finalement, avaient un taux plus élevé de 8 % contre 6 %.
Les résultats de la plus récente ESG 2014 sont assez semblables. On remarque que la baisse de victimisation constatée entre 2004 et 2009 s’accentue, surtout pour les victimes de sexe féminin. On remarque également que pour la première fois le taux des victimes hommes dépasse légèrement celui des femmes.
Enfin, la violence intradomestique semble être un sujet plus tabou en Amérique du Nord qu'en Europe. Quand elle vise à exercer une emprise sur un conjoint, le plus souvent, qu'elle soit, physique ou psychologique, elle s’installe graduellement dans le couple, à l'occasion de disputes avec le conjoint, et dans un rapport de domination (ce qui la distingue de disputes conjugales entre des individus égaux),. Elles s'exercent dans le cadre d’une relation privilégiée.
La Convention européenne des droits de l'homme impose aux États membres de protéger les membres de la famille (dont les enfants) si les autorités sont informées de violences conjugales ; à défaut, en cas de réitération, la responsabilité pécuniaire de l'État peut être engagée.
Selon une étude de l'université de Gand sur la violence à l’égard des femmes publiée en 2019, Bruxelles connaîtrait un très fort taux de violences conjugales : une femme sur deux y aurait déjà subi des violences. D'autre part, un homme sur vingt en serait victime.
En France, pour l'année 2008, les violences conjugales se chiffrent à 85 000 faits constatés par les services de police et de gendarmerie, d'après l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Cette étude précise qu'il ne faut pas confondre déclarations recensées via un dépôt de plainte, la totalité des victimes ne portant pas plainte. C'est particulièrement le cas des hommes, pour lesquels presque aucune plainte n'est recensée en 2008, et qu'en 2007, les cas de violence constatés s'élevaient à 13 862 faits, dont 16,7 % touchaient des hommes. Les chiffres de plaintes sont donc croisés avec des enquêtes sociologiques, et font apparaître, toujours d'après ce rapport, 127 000 cas de violences conjugales déclarés par les hommes, et 410 000 pour les femmes.
Toujours d'après l'ONDRP, en 2010-2011, un peu plus de 1,9 % de la population française âgée de 18 à 75 ans déclarait avoir été victime de violence physique ou sexuelle au sein de leur ménage, soit environ 840 000 personnes. Ce chiffre représente une baisse significative par rapport à la période 2007-2008.
Il est à noter que la nature des sévices endurés diffère selon le genre. Les violences conjugales subies par les hommes sont beaucoup plus souvent physiques que sexuelles, et celles subies par les femmes sont plus souvent sexuelles que physiques. De plus, il est fait mention que si les femmes signalent fréquemment leur ex-partenaire comme leur tortionnaire, la grande majorité des hommes subissent l'emprise de leur partenaire de vie du moment.
Une étude réalisée en 2014 dans le cadre du 4e plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes évalue à 3,6 milliards d'euros, en hypothèse basse, les répercussions économiques des violences au sein du couple et leur incidence sur les enfants en France pour l’année 2012 (santé ; police et justice ; aides sociales ; pertes de production dues aux décès, aux incarcérations et à l’absentéisme ; préjudice humain ; incidence sur les enfants).
Le rapport d'enquête cadre de vie et sécurité publié en 2017, fait état que « les femmes sont beaucoup plus concernées que les hommes ». Dans les cas d'homicide conjugal, une victime sur cinq est un homme, souvent ex-bourreau. Selon l'ONDRP « quand 10 femmes sur 100 déposent plainte à la suite des violences qu’elles ont subies, sur 100 hommes subissant des violences conjugales seuls 3 osent se tourner vers la justice »,.
En 2020, le confinement fait augmenter le nombre de violences conjugales dans la zone de la préfecture de police de Paris.
Les chiffres de 2021 témoignent d'une augmentation de 21 % des actes de violences conjugales recensés par la police par rapport à 2020. Les actes recensés ont doublé entre 2016 et 2021. En 2021, 87 % des victimes sont des femmes et 89 % des auteurs sont des hommes.
La même année l'enquête GENESE de victimation commandée par le Ministère de l'Intérieur évalue à 3,6 millions le nombre de femmes âgées de 18 à 74 ans déclarant avoir subi au moins une fois depuis l’âge de 15 ans des violences physiques ou sexuelles commises par un partenaire, le nombre pour les hommes étant de 1,2 million, « l’analyse fine du vécu des victimes montre que les femmes cumulent une plus grande diversité de situations violentes, rapportent plus fréquemment les types de violences potentiellement les plus graves et subissent des faits sur des durées et à des fréquences plus élevées que les hommes ». La part estimée de personnes déclarant avoir connu des faits de violence (humiliations, violences physiques) entre leurs parents avant l'âge de 15 ans est de 12,2 %, dont 9,6 % pour les violences physiques, soit respectivement 5,5 et 4,2 millions d'enfants concernés.
En 2022, il a été recensé 244 000 victimes de violences conjugales, soit une augmentation de 15 % par rapport à 2021,.
En Suisse, les données de la Statistique policière de la criminalité (SPC) pour les années 2009 à 2011 révèlent que :
Les femmes étrangères vivant en couple sont 4,5 fois plus souvent exposées que les Suissesses.
L'ancien article 50 al. 2 de la loi fédérale sur les étrangers entrée en vigueur en 2008, a été modifié par le Parlement fédéral le et est entré en vigueur le ; il régule le droit des étrangers à renouveler leur permis en cas de séparation. Cet article exigeait le cumul de deux conditions : l'existence des violences conjugales et le fait que la réintégration sociale dans le pays de provenance sociale semble fortement compromise. Actuellement, à la suite de la modification ces critères sont devenus alternatifs.
Pourtant, plusieurs études et rapports rappellent que cette modification et le critère d'intensité de la violence conjugale défini par le tribunal fédéral dans son arrêt du ne prennent pas en compte les formes très variées qui peuvent prendre les violences conjugales et ne se réduisent pas qu'aux violences physiques.
Selon les statistiques du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes relatives à la violence domestique et aux homicides, au cours de la période allant de 2009 à 2018, 471 femmes et 191 hommes ont été victimes d’homicides ou de tentatives d’homicide ; durant cette période, 249 homicides ont été commis, 74,7 % des victimes sont des femmes et filles et 25,3 % des hommes et garçons.
Des débats de statistiques ont eu lieu dans la communauté des chercheurs, depuis les années 1980-1990 au sujet de la répartition de la violence selon les genres, principalement en Amérique du Nord.
Sur la base de mesures empiriques, certains observent que les femmes et les hommes sont tout aussi nombreux à être l'objet d'actes de violence domestique. Martin Fiebert, chercheur de la California State University, a compilé 221 études empiriques et 65 analyses, méta-analyses ou revues de recherche produites par des chercheurs universitaires entre 1983 et 2012 dans une bibliographie annotée. Ces études ont en commun d'employer la Conflict Tactics Scale considérée par le ministère de la Justice du Canada comme l'instrument de mesure disponible le plus valide pour évaluer les conflits dyadiques, mais toutefois insuffisant pour être utilisé seul et dont la forme initiale a été critiquée parce qu'elle excluait des formes de violences les plus graves, et ne permettant pas de distinguer agression initiale et autodéfense. Ces études montreraient que le taux de prévalence de la violence par les femmes envers leurs partenaires masculins est égal, et parfois même plus élevé, que celui de la violence commise par les hommes. La méta-analyse de Archer J. (2000) portant sur 82 recherches empiriques, arrive à la même conclusion (« When measures were based on specific acts, women were slightly more likely than men to have used physical aggression toward their partners and to have used it more frequently, although the effect size was very small (d = – .05) », Archer, 2000, p. 664). Il constate cependant qu'en termes de gravité et de conséquences des violences, celles infligées par les hommes sont plus susceptibles de conduire à des blessures (« Men were more likely (d = .15) to inflict an injury, and overall, 62% of those injured by a partner were women »).
Les études de 1992, « The Myth of Sexual Symmetry in Marital Violence » et celle de 2000 « violence conjugale ou crime passionnel » révèlent que le mobile des agressions sont différentes selon le genre. Les causes des meurtres de femmes par leur conjoint sont d'abord le fait d'être quittés, puis le fait d'être trompés. Les causes du meurtres d'un homme par son épouse sont l'auto-défense ou la défense des enfants.
En 2017, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) :
Une étude de 2019 menée par l'OMS, basée sur des interviews de 24 097 femmes dans 10 pays différents, montre que la violence conjugale concerne, suivant les pays, entre 15 et 70 % des femmes interrogées. Cette étude ne porte que sur les violences faites aux femmes dans le cadre domestique.
| Pourcentage de femmes ayant signalé une agression sexuelle par leur partenaire masculin (fin des années 1990). | |
|---|---|
| Pays | Pourcentage |
| Suisse | 12 % |
| Allemagne | 15 % |
| États-Unis | 15 % |
| Canada | 15 % |
| Nicaragua | 22 % |
| Royaume-Uni | 23 % |
| Zimbabwe | 25 % |
| Inde | 28 % |
Une étude publiée dans l'American Journal of Public Health (en) à propos des violences domestiques et portant sur 11 370 sujets montre que quand il s'agit de relations de couple violentes sans réciprocité, alors dans 70 % des cas ce sont les femmes qui sont les agresseurs. Les chercheurs notent également que le domaine de la recherche portant sur la violence domestique est souvent problématique. Ainsi pour le professeur en psychologie Donald Dutton, auteur de Rethinking Domestic Violence et The Domestic Assault of Women (livres publiés chez UBC Press) : « Non seulement les hommes sous-déclarent plus que les femmes les violences dont ils sont victimes, mais de plus le sujet des violences domestiques est présenté par les médias comme un problème de genre ».
En 2005, le Conseil du Statut de la Femme du Québec, en collaboration avec les chercheurs de l'Institut de la statistique du Québec, a produit une analyse discriminative des différences entre les genres à propos de la violence conjugale à partir des résultats de l'ESG de 1999. Les auteurs observent qu'au-delà de taux généraux, apparemment égaux de prévalence de la violence conjugale entre les hommes et les femmes, se dessinent des différences sensibles en ce qui regarde la nature, la gravité, la fréquence et les conséquences physiques et psychologiques des agressions. La violence masculine relèverait également plus souvent d’une dynamique de « terrorisme conjugal », de rapports de domination entre les sexes. Toutefois, la réalité des cas de violence subie par les hommes, généralement lors de conflits conjugaux ponctuels, ne doit pas être ignorée.
Les enquêtes Cadre de vie et sécurité de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) (enquêtes populationnelles à question ouverte) portant sur les années 2006 à 2011 indiquent que 1,6 à 2,1 % des femmes et 0,6 à 0,7 % des hommes de 18 à 75 ans déclarent avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles au cours des deux dernières années.
Le ministère des Droits des femmes indique en 2014 qu'« en moyenne, chaque année, 201 000 femmes se déclarent victimes de violences conjugales (qu’elles soient physiques ou sexuelles), soit plus de deux fois et demi de plus que les hommes, ce qui correspond à 1,2 % des femmes de 18 à 59 ans vivant en ménage ordinaire en France métropolitaine ».
Selon les statistiques policières, en Suisse, en 2011, les femmes ont rapporté 3,1 fois plus souvent être victimes de violence domestique que les hommes (voir plus haut Problèmes de mesure).
En Algérie, une enquête à indicateurs multiples (MICS3) de l’Office national des statistiques en collaboration avec le ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière et financée par l’Unicef, a dévoilé que 67,9 % de femmes algériennes acceptent que leurs maris les battent.

En Éthiopie, 71 % des femmes ayant déjà eu un partenaire avaient été confrontées à des violences physiques ou sexuelles, ou les deux à la fois au cours de leur vie, dont 35 % à des violences physiques graves. Au cours des 12 mois précédant l'étude, 53 % de ces femmes avaient subi l'une au moins de ces deux formes de violence.
En Namibie, le nombre de victimes de l'une ou deux de ces formes de violence s'élevait à 36 %, dont 20 % au cours des 12 derniers mois.
En Tanzanie[réf. souhaitée], ce chiffre était de 41 %, dont 22 % au cours des 12 derniers mois[Quand ?].
Au Tchad, plus d’un tiers des femmes de 15–49 ans non célibataires, soit 35 %, ont été victimes d’actes de violence physique, psychologique et/ou sexuelle, causés par leur conjoint au moins une fois dans leur vie et parmi elles, 49 % déclarent en 2014-2015 avoir été blessées au cours des 12 derniers mois à la suite d’actes de violence conjugale.

Au Brésil, en milieu rural, 37 % des femmes ayant déjà eu un partenaire avaient été confrontées à des violences physiques ou sexuelles, ou les deux à la fois au cours de leur vie, dont 15 % à des violences physiques graves. En environnement urbain, ces chiffres étaient de 29 % et 9 %.
Au Pérou, en milieu rural, les chiffres étaient de 69 % et 34 %. En environnement urbain, ces chiffres étaient de 51 % et 19 %.
Au Japon, en milieu urbain, 15 % des femmes ayant déjà eu un partenaire avaient été confrontées à des violences physiques ou sexuelles, ou les deux à la fois au cours de leur vie, dont 4 % à des violences physiques graves.
Au Bangladesh, en milieu rural, ces chiffres étaient respectivement de 62 % et 32 % et de 54 % et 30 % en milieu urbain.
La police et les juges ont de la difficulté à faire clairement la différence entre personnes agressantes et victimes dans les scénarios de violences domestiques LGBTIQ+. La prévalence de violences domestiques intra LGBT est équivalente, voire supérieure à la violence domestique entre personnes hétérosexuelles, mais en revanche les réponses en termes d'aide aux victimes restent trop sujettes à des pratiques arbitraires à tous les niveaux d'aide aux victimes : aide sociale, action judiciaire, soit par manque de formation, de connaissance ou de sensibilité par rapport aux communautés concernées.
Selon le Centre de solidarité lesbienne au Canada, qui œuvre au niveau de l'intervention en violence conjugale chez les lesbiennes, tous les éléments caractérisant les violences conjugales dans les couples homosexuels seraient identiques à ceux que l'on trouve dans les couples hétérosexuels. S'y ajouteraient les menaces de révéler l'homosexualité du partenaire à ses proches, ainsi que la difficulté d'expliquer la situation aux policiers.
Chez les personnes adolescentes, le niveau de violence domestique entre personnes LGBT et hétérosexuelles est équivalent ou supérieur à celui entre jeunes personnes hétérosexuelles, et les jeunes issus de minorités sexuelles sont plus susceptibles d'avoir signalé des abus physiques ou sexuels durant l'année écoulée.
Les structures spécifiquement dédiées à la prise en charge des violences conjugales homosexuelles seraient quasi inexistantes en France.
En France, un questionnaire réalisé sur le site Yagg en 2011 impliquant 360 personnes a remonté des chiffres proches des chiffres nationaux. Élodie Brun, responsable de la Lesbian and Gay Pride Montpellier arborait alors dans son bureau le slogan « La violence chez les homosexuels, plus qu'un mythe, une réalité ». Dans un témoignage, elle fait part de son vécu auprès d'une conjointe qui justifiait des violences avec l'argument « Elle m'a poussée à bout ».
En 2006, le Centre régional d’information et de prévention contre le sida a publié une brochure sur les violences au sein du couple lesbien. La même année, le magazine Têtu lançait un appel à témoins : « Vous êtes gay ou lesbienne, et vous avez vécu ou vivez une relation d'« amour » émaillée de violence physique ou morale. Comment cela a-t-il commencé ? Comment vous en êtes-vous sorti(e) ? ».
L'association AGIR crée en 2014 lance le dispositif « Brisons le tabou » avec comme désir de « visibiliser » les violences conjugales commis dans les couples de même sexe et peu évoquées par les pouvoirs publics, les médias et la communauté LGBT. Selon cette association, 11 % des gays et des lesbiennes et 20 % des personnes bisexuelles déclaraient avoir subi des violences conjugales en 2013. Seulement 3 % d'entre ces victimes ont porté plainte,.
Selon la psycho-sociologue Coraline Delabarre, le silence concernant les violences commises au sein des couples de lesbiennes viendrait d'un ensemble de clichés :
Selon la mission interministérielle pour la protection des femmes contre la violence et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF), en 2016, trois hommes ont été tués en France par leur partenaire ou ex-partenaire au sein d'un couple homosexuel.
Les résultats de l'ESG 2004 conduite par Statistiques Canada révèlent que « 15 % des gays et lesbiennes et 28 % des bisexuels, ont déclaré avoir été victimes de violence conjugale au cours de l’année 2004 par rapport à 7 % des hétérosexuels ». Les résultats de l'ESG 2009 confirment cette tendance et montrent que les personnes canadiennes s'identifiant comme gays ou lesbiennes avaient deux fois plus de probabilités de déclarer avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire amoureux que les personnes s'identifiant comme hétérosexuelles. Des données américaines,, montrent également que les personnes s'identifiant comme gays, lesbiennes ou bisexuelles avaient plus de probabilités que celles hétérosexuelles de se dire victimes de violence sexuelle domestique au cours de leur vie.
Plusieurs revues de littérature, abordent ce phénomène et signalent une présence au moins égale de la violence dans les couples de même sexe. Cependant, les auteurs signalent que les recherches portant sur ce groupe de population présentent des problèmes méthodologiques qui rendent les résultats parfois difficiles à interpréter et à généraliser.
Certains acteurs du milieu canadien de la santé, déplorent le « silence » qui entoure la violence présente dans les couples de même sexe.

En France, pour l'année 2018, le nombre d'homicides conjugaux avérés, couples « officiels » et « non-officiels » confondus, a été établi à 149 : 121 femmes et 28 hommes.
En France pour l'année 2017 le nombre d'homicides conjugaux avérés, couples « officiels » et « non-officiels » confondus, a été établi à 151 : 130 femmes et 21 hommes.
En France a été publiée en 2006, par l'Observatoire National de la Délinquance, une étude sur « les éléments de mesures des violences conjugales ». Il a été dénombré, pour l'année 2004, 25 hommes et 162 femmes tués par un conjoint ou un concubin.
Une étude, menée par la délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur et rendue publique en 2008 par le secrétariat d'État à la solidarité, dénombre, pour l'année 2007, 192 homicides au sein du couple, 165 femmes et 27 hommes. Cette étude a mis en exergue que :
Selon l'Étude nationale sur les décès au sein du couple, menée par la délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur, 146 femmes et 28 hommes ont été tués en 2010 par leur compagnon ou compagne. Ainsi :
Au Canada, en 2011, 89 homicides ont été commis par des partenaires intimes. Parmi ces crimes :
Selon le Rapport annuel de Statistique Canada pour l'année 2011, le taux d'homicides de femmes par leur partenaire a grimpé de 19 % de 2010 à 2011, tandis que le taux d'homicides d'hommes par leur partenaire a chuté de 50 % de 2010 à 2011 (soit son taux le plus bas depuis 1961).
Le terme « maricide » peut se définir comme un homicide conjugal commis par une femme envers son partenaire actuel ou passée. Il existe peu d’études sur ce sujet puisque c’est une minorité de la totalité des femmes arrêtées qui sont auteures d’homicides conjugaux. Dans son ouvrage sur la violence, Véronique Le Goaziou soutient que les femmes sont moins violentes que les hommes et que les femmes apparaissent plus souvent comme des victimes de violence, très rarement comme des auteures.
Les raisons poussant une femme à commettre un homicide s’avèrent intéressantes puisqu’elles sont différentes de celles des hommes. Les études sur le sujet démontrent que la majorité des hommes tuent leur conjointe par stratégie d’approbation alors que les femmes tueraient par stratégie de protection. En effet, les chercheurs rapportent que la femme passerait à l’acte pour des raisons d’autodéfense. Une accumulation de colère face à la violence conjugale subit au sein du couple semble expliquer les homicides conjugaux commis par des femmes. Ne voyant aucun autre moyen, celles-ci souhaiteraient mettre fin à la violence conjugale subie. Dans ce cas, le passage à l’acte devient une libération de la souffrance physique et psychologique dont elles souffraient. La violence au sein du couple peut développer, chez la personne victime, un trouble de santé mentale nommé « stress post-traumatique » dans le DSM-5, autrefois appelé « syndrome de la femme battue ». Cette pathologie peut engendrer un amoindrissement des capacités de jugement chez la personne, ce qui peut provoquer une perte de maîtrise de ses propres moyens.
De plus, il peut y avoir une absence de la pensée dans la tête des femmes[incompréhensible] le jour du passage à l’acte, ce n’est donc pas un crime qui est planifié à l’avance. D’après les chercheurs, cette incapacité à réfléchir est causée par l’accumulation de frustrations, de souffrances et de peurs. Conformément à une des caractéristiques fondamentales de l’être humain qui est l’instinct de survie, si la femme sent sa vie menacée, elle peut tuer par peur et pour se protéger. L’instinct de survie est niché au cœur de l’humain, et plusieurs chercheurs affirment qu’un individu qui se sent en danger ne va pas se retenir d’utiliser la violence à des fins d’autodéfense. Les études semblent indiquer que la femme préméditerait le passage à l’acte de son ou sa partenaire et passerait à l’acte en craignant d’être tuée.
Le terme « uxoricide » peut se définir comme un homicide conjugal commis par un homme sur sa partenaire actuelle ou passée. C’est un terme en voie de disparition, qui a cédé la place au terme « féminicide ». La différence entre l’uxoricide et le féminicide est la précision sur le lien et le genre de la personne ayant commis le meurtre, l’uxoricide insistant sur le fait que le meurtrier est un conjoint de sexe masculin.
L’uxoricide représente 15 % des homicides classés résolus. Les données concernant ce type d’homicide conjugal sont peu nombreuses à cause de l’utilisation massive du terme « féminicide ».
Dans une situation d’uxoricide, c’est une minorité des meurtriers qui vont présenter une pathologie. La principale cause des uxoricides est la possessivité sexuelle masculine. L’idée d’une perte de maîtrise, d’exclusivité sexuelle sur sa conjointe peut mener un homme dans un excès de colère menaçant. L’uxoricide entre comme une étape finale dans le cercle de la violence conjugale, souvent dans la catégorie des violences sexuelles. Le meurtre est souvent le résultat du défoulement, le défoulement étant causé par une jalousie excessive de l’homme.
Le geste de meurtre étant dans la majorité des cas impulsif, le taux d’hommes qui s’enlèvent la vie après avoir enlevé celles de leur conjointe est considérablement plus élevé que dans les autres types d’homicides conjugaux. La peur des représailles est ce qui pousse les hommes au suicide après avoir tué.[réf. nécessaire] Les hommes ont cependant plus de chance de s’en sortir sans aucune charge criminelle que dans les cas de maricide. Les chances de s’en sortir augmentent d’autant plus si l’homme possède du pouvoir par sa situation politique ou socioéconomique.
Le rapport de pouvoir entre les hommes et les femmes qui perdure depuis toujours est lié à l’uxoricide. La socialisation des enfants étant basée sur les différences de comportements entre les sexes, la possessivité masculine vient s’installer aisément dans l’enfance.
Depuis les années 2000, plusieurs enquêtes nationales ont tenté de dresser un bilan statistique des violences conjugales en France, les premières ne recensant que les victimes féminines.
La méthodologie de cette enquête de victimation a été critiquée, notamment par Marcela Iacub, Hervé Le Bras et Élisabeth Badinter.
Première critique : l'enquête additionne des comportements objectivables (violences physiques) et des comportements qui le sont moins (violences psychiques), et viserait à faire ressortir « une véritable organisation politique de l'oppression des femmes par les hommes » plutôt qu'à se poser la question de l'autonomie des femmes, tout en ignorant les interactions et la réciprocité au sein du couple.
Deuxième critique : seules des femmes sont interrogées, ce qui par définition enlève toute possibilité d'évaluer le nombre d'hommes violentés. Ces attaques ont eu entre autres des réponses dans Nouvelles Questions Féministes et dans Les temps modernes : pour les auteurs de l'étude, la répétition des pressions psychologiques, critiques, avances non-désirées, même si elles sont moins visibles, constituent un continuum des violences physiques. D'autre part, le refus d'un indicateur global, ainsi qu'une vision de la femme vengeresse tentant de lutter au pénal selon une dichotomie « femme victime/homme bourreau » traduirait selon eux des « thèses antiféministes ».
Alors qu'au Canada, l'Enquête Sociale générale (ESG) a évalué les victimes des deux sexes dès 1999, en France, c'est seulement en 2007 qu'une évaluation quantitative des hommes violentés a été produite une première fois par l'Observatoire national de la délinquance.

En 1977, les Américains Murray Arnold Straus, Richard J. Gelleset Suzanne Steinmetz créent le concept de « mari battu », ultérieurement remplacé par celui d'« homme battu ». Dans une étude de 1980 intitulée Behind Closed Doors. Violence in The American Family (en français, Derrière les portes fermées. Violence dans la famille américaine), comprenant une enquête de victimisation, ils affirment que les femmes commettent la moitié des violences physiques domestiques, affirmation ensuite reprise dans de nombreux articles de Murray Straus. Selon eux, les hommes causent plus de dommages directs aux femmes, mais les femmes qui utilisent des armes peuvent provoquer des blessures très graves. Ils écrivent : « Le crime le plus sous-estimé n'est pas la femme battue, mais le mari battu » estimant qu'aux États-Unis, « un homme meurt tous les quatre jours des mains de sa femme qui elle-même subissait des violences ».
Cette étude est très controversée en raison de problèmes méthodologiques : d'une part, l'enquête portait sur 57 couples (hétérosexuels), où 4 femmes déclaraient être battues, contre aucun homme ; d'autre part l'enquête utilisait la Conflict Tactics Scales qui a, par la suite, été critiquée.
On peut souligner que les termes « femme battue » tout comme « homme battu » ne sont plus des termes jugés adéquats en raison de la non prise en compte de la violence psychologique dans ce terme. La violence conjugale revêt en effet plusieurs aspects, et la violence psychologique démarre en général le processus d'emprise avant tout autre type de violence physique.
Certains États ne considèrent pas que le viol puisse exister entre époux. Alors que certaines civilisations ou religions considèrent que la femme doit être soumise sexuellement à son époux, la législation ou la jurisprudence de certains pays admettent l'accusation de viol d'une femme par son mari, parfois de l'inverse. L'étude de 2006 du secrétaire général de l'ONU sur la violence à l’égard des femmes dit (page 118) : « Le viol conjugal peut faire l’objet de poursuites dans au moins 104 États. Trente-deux d’entre eux ont fait du viol [conjugal] une infraction pénale spécifique tandis que les 74 autres n’exonèrent pas le viol conjugal des dispositions générales concernant le viol. Le viol conjugal n’est pas une infraction passible de poursuites judiciaires dans au moins 53 États. Quatre États ont érigé le viol conjugal en infraction seulement lorsque les conjoints sont séparés de corps. Quatre États envisagent d’adopter une législation qui permettrait de rendre le viol conjugal passible de poursuites judiciaires ». Depuis 2006, plusieurs autres pays ont interdit le viol conjugal (par exemple, la Thaïlande en 2007).
L’Organisation mondiale de la Santé identifie en 2012 dans son rapport Prévenir la violence exercée par des partenaires intimes et la violence sexuelle contre les femmes des facteurs de risque à plusieurs niveaux : individuel, relationnel, communautaire et sociétal. Les principaux facteurs sont : le faible niveau d’instruction, l'exposition à la violence au cours de l’enfance (abus sexuel, violence interparentale), les troubles de la personnalité antisociale chez les hommes (impulsivité, manque d’empathie), l'usage nocif de l’alcool, de multiples partenaires / infidélité chez les hommes, les attitudes qui admettent la violence, les antécédents à titre d’auteur d’actes violents ou de victime, la mésentente ou insatisfaction conjugale. Les principaux facteurs concernant particulièrement la violence sexuelle sont : les croyances entourant l’honneur familial et la pureté sexuelle, l'idéologie du droit masculin aux rapports sexuels, les faibles sanctions juridiques.

Les facteurs de risque et de protection peuvent varier selon les pays et les cadres de vie. Sur le plan de la prévention, ce rapport indique : des efforts de prévention primaire ciblés en priorité vers les jeunes, la prévention de toutes les formes de violence (surtout la maltraitance des enfants), la réduction globale de la consommation d’alcool dans la population. D'autres facteurs « peuvent faire l’objet de mesures de prévention primaire, par exemple lutter contre l’acceptation de la violence, rendre l’instruction plus accessible aux femmes, modifier les lois qui lèsent les femmes et appliquer des politiques plus équitables envers les deux sexes ».
Aux États-Unis, un ruban de sensibilisation violet est utilisé en octobre contre la violence familiale. Au Canada et en Australie, un ruban blanc est utilisé pour sensibiliser à la violence contre les femmes (campagne du ruban blanc).

Il faut distinguer entre les actions de court terme en période de conflit aigu et la prévention de fond.
Depuis 1997, des associations ont axé leurs actions sur l'accompagnement des auteurs de violence conjugale, en complément des actions judiciaires et de l'aide aux victimes, considérant qu'une prise en charge spécifique était nécessaire afin de tenter de diminuer les cas de récidive. Le premier des freins à vaincre est la reconnaissance par l'auteur de violence de la réalité des faits, et de sa propre responsabilité, même si cette responsabilité peut être éclairée par des événements ou représentations acquises dès l'enfance.
On constate que très peu de victimes portent plainte. Selon l'enquête de l'ONDRP française, 7,6 % des femmes violentées par leur conjoint en 2005-2006 auraient porté plainte contre lui ; la proportion d'hommes violentés ayant porté plainte était trop faible pour être comptabilisée.
Selon les associations d'aide aux femmes victimes de violence conjugale, ces dernières n'osent pas porter plainte par peur de la réaction de l'entourage (les violences sont souvent secrètes), par culpabilité (la victime est persuadée qu'elle est responsable de la violence qu'elle subit), par peur de ne pas être prise au sérieux (en effet, si elle est victime de violence depuis plusieurs mois ou années, on lui opposera souvent « pourquoi n'êtes vous pas partie ? », cette question peut aussi la culpabiliser), par peur des représailles (si une mesure légale d'éloignement tarde à être prise). Elle peut aussi être dépendante financièrement de son conjoint, être persuadée que celui-ci va changer, avoir envie de lui laisser une autre chance.
L'accompagnement spécialisé se décline en différents moyens : écoute téléphonique, accueil, aide administrative et sociale, espace de parole pour les victimes, hébergement (surtout développé pour les femmes). L'objectif de cet accompagnement est d'aider les victimes à (re)trouver le respect d’elles-mêmes et à reprendre le pouvoir sur leur vie.
L'offre de refuges pour victimes de violences conjugales s’est d'abord développée pour les femmes, dans les années 1960 et 1970 en Europe :
Mais, en dépit de ces actions pionnières, la réalité de ces violences n’est pas mieux perçue. La multiplication des centres d’écoute ou d’accueil spécialisé n’aura lieu, avec l’attribution de subventions publiques (afin de continuer au mieux à mener leurs actions d’aide et de prévention), qu’à la fin des années 1980.
En 2020, la pandémie de Covid-19 conduit à l’augmentation des violences conjugales. Afin de soutenir et protéger les victimes, les pharmacies françaises sont désignées comme des lieux de prise en charge des personnes vulnérables. Par le biais de ce dispositif, les victimes peuvent être prises en charge rapidement et efficacement en demandant la référence « masque 19 » qui est un code d’appel à l’aide.
Contrairement au stéréotype populaire, les femmes sont tout aussi susceptibles que les hommes d'exprimer de l'hostilité par la violence physique dans le cadre d'une relation amoureuse. Les recherches du psychologue John Archer de l'Université de Central Lancashire en Angleterre et du sociologue Murray Straus démontrent que les hommes et les femmes présentent des taux de violence à peu près égaux au sein des relations, voire que les taux d'agression physique des femmes sont légèrement plus élevés. Il n'en demeure pas moins que la violence domestique dans les relations entre partenaires constitue une plus grande menace pour les femmes que pour les hommes. Les femmes subissent près des deux tiers des blessures, en grande partie parce que les hommes sont en moyenne plus forts que les femmes. De plus, les femmes et les hommes diffèrent dans la sévérité de leurs actions. Les femmes seraient plus susceptibles de griffer ou de gifler leurs partenaires, et les hommes de frapper ou d'étrangler leurs partenaires.
De nombreuses études montrent que l'empathie est innée, elle permet de se mettre à la place d'autrui et de lui apporter soins et réconfort, sans attendre de récompense. Cette contagion émotionnelle est automatique, c'est pourquoi ressentir l'émotion d'une personne qui souffre fait souffrir. Pour ceux qui sont tentés d'avoir un fonctionnement social abusif et de se placer du côté de l'agresseur, leurs traumas non soignés sont utilisés pour se couper de leur empathie, leur mémoire traumatique refoulée leur sert de réserve de violence et de discours mystificateurs comme le gaslighting et le DARVO. La dissociation leur procure une anesthésie émotionnelle qui à force de répétition va ancrer les fonctionnements psychopathiques et biais permissifs pour s'autoriser à dominer par la violence. De nombreuses situations sociales encouragent les comportements abusifs et offrent des positions dominantes et la possibilité d'exercer des violences. Les abuseurs choisissent la violence lorsque c'est socialement toléré ou que le risque d'une condamnation est minime,.
Les recherches sur les profils psychologiques des agresseurs,,, montrent qu'ils sont associés à une exposition précoce à des modèles comportementaux violents, les agresseurs ayant tendance à nourrir des pensées permissives à la violence, et à reproduire la violence dont ils ont été les victimes ou les témoins entre leurs parents durant l'enfance,. Ensuite, le profil des agresseurs est associé à des traits de personnalité pathologiques dans les trois clusters[Lesquels ?]. Également, ces recherches montrent que le profil des femmes qui agressent diffère très peu du profil des hommes agresseurs. Ces résultats remettent en question le « paradigme des genres », qui suppose une dissymétrie importante entre le profil des agresseurs masculins et le profil des agresseurs féminins.
Au-delà du simple diagnostic, certains traits et caractéristiques psychologiques des partenaires ou de la relation de couple se révèlent être des prédicteurs fiables de violence. Ainsi, des traits tels que la jalousie pathologique, l'absence d'empathie, la difficulté à régulariser l'expression de son agressivité ou un profil d'attachement insécurisant, sont fortement corrélées à une augmentation du risque de violence dans le couple. Il en va de même pour les modèles de communication défectueux entre les partenaires et, de façon plus générale, l'insatisfaction de couple.

Heise et Garcia-Moreno (2002) et Stark (2014) citent aussi ces facteurs, en y ajoutant d'autres pouvant expliquer l'absence de départ de la victime : très souvent, elle aurait été isolée de son milieu social et de sa famille. La peur du jugement des autres, la crainte de ne pas être crue se conjugueraient avec l'espoir que le conjoint change. Dans le cadre d'une violence conjugale structurelle, cet espoir est entretenu par l'agresseur. L’ONG péruvienne « Vida mujer » a recueilli des lettres, courriels et messages de conjoints violents envoyés à leurs victimes et en a tiré un livre, No te mueras por mi. Ce sont des lettres d'excuses, de supplications, de justifications et de promesses, c'est la phase « lune de miel » du cycle de la violence.
Heise et al. relèvent que ce qui pourrait apparaître comme une forme de passivité de la part d'une femme est sans doute le résultat d’une évaluation calculée de ce qui lui est nécessaire pour se protéger tout en protégeant ses enfants.
Plus de la moitié des femmes victimes de violences conjugales développent une dépression, et elles font cinq fois plus de tentatives de suicide que la normale.
Selon le Dr Muriel Salmona,,, les troubles psychotraumatiques des victimes de violences conjugales sont graves, fréquents, méconnus et sous-estimés. Leurs conséquences « sont la principale cause de répétition de la violence ». Les violences ont un effet de sidération qui empêche la victime de réagir de façon adaptée. Elles produisent une anesthésie émotionnelle et physique, et un état de dissociation. La mémoire traumatique fait revivre à la victime les pires instants et entretient des sentiments de terreur et de détresse, mais aussi « de honte, de culpabilité et une absence totale d’estime de soi ». Elle peut mener à des troubles de la personnalité,, un état de stress post-traumatique, des conduites à risques. Ces troubles peuvent durer des dizaines d'années, et sont comparés à une bombe à retardement. Ils ne dépendent pas de la victime, mais de la gravité et du contexte de l’agression. Ils demandent une prise en charge spécifique centrée sur les violences et la mémoire traumatique. La méconnaissance de ces troubles psychotraumatiques empêche de « reconnaître la réalité de la souffrance, des symptômes » ou d’identifier leur cause. Elle tend à renvoyer les victimes à leurs faiblesses et à discréditer leur parole.
Certaines victimes sont dans une situation d'emprise,. Cela explique qu’elles acceptent de subir des violences sur une période parfois très longue, ne déposent pas plainte ou retournent auprès de l’agresseur. Ces comportements peuvent être mal interprétés par les professionnels insuffisamment avertis. D’autre part, les personnes capables de mettre les autres sous emprise ont une capacité de séduction qui peut les rendre plus convaincantes pour les tiers que leurs victimes.
La victime a du mal à se reconnaître en tant que telle car cela remet en même temps en question son identité et son choix de partenaire.
La violence conjugale, lorsqu'elle n'est pas situationnelle, mais relève d'une dynamique au sein du couple ou de la famille, s'accompagne d'une emprise progressive d’un des partenaires sur l'autre, qui installe la victime dans un sentiment de peur et d'impuissance. Le caractère insidieux de cette emprise la rend difficile à percevoir, même de l'extérieur. Elle se manifeste par une lente escalade, avec fréquemment un cycle en quatre phases, qui se répète et s’accentue avec le temps, :
Ces phases peuvent d'abord être très longues, puis se raccourcissent généralement avec le temps (surtout la phase « lune de miel » ou de réconciliation), et la violence ou ses conséquences psychologiques et sociales peuvent s'aggraver de par la répétition. Il est difficile pour la victime de « terrorisme intime » de comprendre que la violence est ancrée de manière structurelle dans le couple et ne constitue pas uniquement des incidents isolés. En France, selon le ministère de l'Intérieur, en 2019, « les agressions entre proches (victimation réitérée dans 2,49 % des cas) constituent un cas à part (…) tant que la victime n’a pas fait son « deuil » de la relation avec le proche agresseur, elle hésite souvent à prendre les mesures ou à susciter les interventions susceptibles d’interrompre la réitération de la violence ».
Les violences conjugales auxquelles sont exposées les enfants peuvent avoir des conséquences sur leur santé, leur comportement et leur développement,,.
L'analyse féministe et une approche sociologique — par opposition aux lectures psychologiques et psychocriminologiques — considèrent que l'existence des violences conjugales vient d'un déséquilibre fondamental entre la situation générale des femmes et celles des hommes, dans un contexte où l'égalité des chances n'est pas acquise. Selon cette analyse, les personnes étiquetées « femmes » seraient donc plus vulnérables statistiquement à la violence exercée dans le couple. Cette violence « s'enracine dans les rapports sociaux de sexe. "Les processus sociaux de construction de la masculinité et de la féminité préparent les comportements qui peuvent conduire à la violence conjugale" »,. Elles le seraient d'autant plus que leurs plaintes sont bien souvent insuffisamment prises en compte, et ce, dans la plupart des pays, même ceux ayant considérablement renforcé leur dispositifs législatifs.
Au niveau sémantique, l'expression « femmes battues » a été remplacée dans la terminologie internationale par celle de « violence contre partenaire intime », d'une part en raison des stéréotypes qui y sont rattachés et depuis que l'importance de la violence psychologique a été démontrée, et d'autre part que la reconnaissance du statut d'une victime passe par son autonomisation, autrement dit par les possibilités qui lui sont offertes de faire entendre sa voix, de redevenir actrice de sa vie et de recouvrer son indépendance économique et sociale.
Le concept de symétrie des violences homme-femme, qui avait été produit en réaction à la notion de violence domestique issue d'une problématique de genre et relevant en grande partie d'auteurs masculins[Lesquels ?], a été remis en cause par Patrizia Romito, qui relève notamment dans son livre l'impunité relative de la violence conjugale envers les femmes, et l'utilisation abusive du concept d'aliénation parentale pour enlever toute crédibilité aux accusations portées par les victimes en cas de séparation ou de divorce. La question n'est selon elle pas de savoir si les hommes sont victimes également (il y a des hommes victimes), mais de savoir si on peut raisonnablement insinuer qu'il s'agit du même phénomène sociologique, étant donné l'importance du déséquilibre de départ entre hommes et femmes.
Les courants de pensée relatifs à la violence conjugale sont issus de la théorie féministe, qui a fait en sorte que la prise en charge sociale d'un problème antérieurement refoulé dans la seule sphère privée soit prise en compte socialement et pénalement, en entrainant des changements dans les codes criminels et pénaux, l'établissement de nouvelles politiques et de nouveaux programmes dans les pays occidentaux et la mise sur pied de ressources spécialisées comme les centres d'hébergement pour femmes victimes de violence.
D'autres interprétations critiquent le fait de réduire la thématique des violences conjugales à une dialectique où les femmes sont des victimes et les hommes des oppresseurs, à l'exclusion d'autres variables systémiques,,,,,,, ,, ,,,. Murray A. Straus (en) déplore l'obstruction selon lui politique et intellectuelle qu'a entraînée, la prédominance de la théorie féministe explicative de la violence conjugale. À la suite de Nicola Graham-Kevan (en),, Straus observe que malgré une recherche empirique démontrant selon lui le contraire, les milieux politiques continuent à croire à l'axiome féministe voulant que la domination patriarcale soit l'explication fondatrice de la violence conjugale. Nicola Graham-Kevan a étudié les programmes de traitement destinés aux auteurs de violences domestiques. Selon elle, pour intervenir efficacement, il est nécessaire de connaître la fonction que la violence remplit pour l'auteur, qu'elle soit par exemple utilisée pour forcer un partenaire à accéder à ses désirs, pour résoudre un conflit, pour gérer la peur de l'abandon ou pour gérer des émotions difficiles.
En France, des journalistes, relèvent de nombreux articles de presse avec des titres accrocheurs, des actes mal qualifiés ou minorés, des euphémismes, une mise en avant du contexte décalé, un manque d’analyse. Les violences conjugales y sont traitées dans la rubrique des fait divers et, selon Prenons la Une, elles forment un phénomène de société,. Ces articles peuvent culpabiliser la victime, justifier la violence sous couvert d’amour ou de folie, présenter le partenaire violent avec des commentaires positifs, ou retenir son argumentaire. Ces réflexes journalistiques contribuent selon certaines personnes à banaliser, « à invisibiliser et à légitimer ces violences ». En 2016, le collectif de journalistes Prenons la Une établit des recommandations pour permettre un traitement journalistique le plus juste possible selon elles des violences faites aux femmes, que plusieurs médias signent.
Étude multi-pays de l'Organisation mondiale de la santé sur la santé des femmes, et la violence domestique faite aux femmes
Critique de l'analyse féministe
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.