| Seigneur de Lusignan |
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| Naissance |
V. 1035 |
|---|---|
| Décès | |
| Surnom |
le Diable le Vieux |
| Époque | |
| Période d'activité |
- |
| Famille | |
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie | Jourdain de Lusignan Guillaume IV de Toulouse Bérenger-Raimond II de Barcelone Agnès de Barcelone Sancie de Barcelone |
| Conjoint |
Audéarde de Thouars |
| Enfants | |
| Statut |
| Grands-parents | |
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| Membre de |
Fideles beati Petri |
| Conflit | |
| Faits d'armes | |
| Héritier |
Hugues VI de Lusignan dit le Diable puis le Vieux,, né vers 1035 et décédé après le mois de , fut seigneur de Lusignan (1060-1110) en Poitou. Il détenait également les châteaux et châtellenies de Frontenay, Chizé et d'Angles. Il contrôla pendant quelque temps, aux dépens de son cousin Hugues de Couhé, la châtellenie du même nom.
Sa participation à la première croisade, où il prend part à de nombreuses batailles, l'auréole d'un grand prestige. Il est le premier seigneur de Lusignan à se rendre en Terre sainte.
Politiquement, Hugues VI est un familier du comte de Poitou, Guillaume IX d'Aquitaine, son suzerain. Religieusement, il appartient à un réseau de nobles aquitains et languedociens qui soutient, à la fin du XIe siècle, le mouvement réformateur impulsé par la papauté visant à restaurer l'ordre et la discipline religieuse,. Hugues VI reçoit l'appellation de fidelis beati Petri ; terme employée par la chancellerie pontificale pour désigner un membre de ce groupe de fidèles.
Hugues VI de Lusignan est le fils d'Hugues V de Lusignan (v. 1021-1060), seigneur de Lusignan et de Couhé (v. 1030-1060), et d'Almodis de la Marche (v. 1023-1071), fille du comte Bernard Ier de la Marche (991-1047) de la maison de Charroux. Leurs descendants ne cesseront de revendiquer, à leurs suzerains Plantagenet, la possession du comté de la Marche après le décès d'Aldebert IV (♰ 1180) dépourvu d'héritier direct,.
Hugues a un frère jumeau, Jourdain (v. 1035-ap. 1078),,, et huit frères et sœurs utérins. Par les trois mariages de sa mère, Almodis, Hugues VI est l'aîné d'un réseau familial important et puissant : il est apparenté aux comtes de Toulouse, les jumeaux Guillaume IV (ap. 1045-1094) et Raymond IV de Saint Gilles, (ap. 1045-1105) et à ceux de Barcelone, les jumeaux Raimond-Bérenger II (1054-1082) et Bérenger-Raimond II (1054-ap. 1097),.
Hugues VI est le cousin du comte de la Marche, Boson III (♰ 1091). Sa nièce, Philippe ou Philippa de Toulouse (♰ 1117), fille de Guillaume IV, est l'épouse de Guillaume IX (1071-1127), comte de Poitou et duc d'Aquitaine (1086-1127). Philippa et Guillaume IX sont les grands-parents d'Aliénor d'Aquitaine.
En 1079, Hugues VI est menacé d'excommunication par l'évêque de Poitiers Isembert II. Il avait spolié son cousin, Hugues de Couhé, chanoine de Saint-Hilaire de Poitiers, de la seigneurie de Couhé héritée de son père Rorgon, frère cadet d'Hugues V. L'action papale, auprès du seigneur de Lusignan, dissipe le conflit entre les deux cousins puisqu'au début du XIIe siècle Hugues de Couhé semble disposer des terres de la seigneurie de Couhé.
Malgré sa piété, Hugues VI est constamment en conflit avec l'Abbaye de Saint-Maixent. Un de ces nombreux litiges est tellement violent que le duc d'Aquitaine, les évêques de Poitiers, et de Saintes, ainsi que le pape Pascal II, menacent à nouveau Hugues VI d'excommunication en 1110. À cause de ces nombreux conflits, il est surnommé le Diable par les moines de Saint-Maixent,.
Le , lors de la Reconquista, l'armée castillane d'Alphonse VI est battue par le sultan almoravide Youssef ben Tachfine à la bataille de Sagrajas. Bérenger-Raimond II, comte de Barcelone, demi-frère d'Hugues VI, est à son tour menacé par les Almoravides.
L'année suivante, en 1087, le réseau des fideles beati Petri est mobilisé et trois d'entre eux : Hugues de Lusignan avec un de ses demi-frère, le comte Raymond IV de Toulouse, et le duc Eudes Ier de Bourgogne organisent une expédition en Espagne pour aider le comte de Barcelone.
Le comte Boson III de la Marche, cousin d'Hugues VI, en guerre contre Guillaume V Taillefer, comte d'Angoulême, décède en 1091 alors qu'il assiège le château de Confolens,. Sans descendance, plusieurs prétendants revendiquent l'héritage de Boson III, dont Hugues VI. Le seigneur de Lusignan assiège Charroux, capitale du comté de la Marche. Guillaume IX d'Aquitaine, allié d'Hugues VI, assiège à son tour le château d'Aixe-sur-Vienne. Guillaume V Taillefer, en conflit avec le duc d'Aquitaine, redoute que le comté de la Marche, frontalier du sien, bascule sous l'influence du seigneur de Lusignan. Il s'allie avec Eudes Ier de la Marche, vient à son secours, lève le siège de Charroux et permet à Eudes d'assoir définitivement ses prétentions sur le comté de la Marche,.
Hugues VI prend la croix et participe à la première croisade sans doute dans le contingent de son demi-frère Raymond IV de Saint-Gilles. Bérenger-Raimond II dit le Fratricide participe également à l'expédition et décède devant Jérusalem.
De retour d'Orient, Hugues VI accompagne le duc Guillaume d'Aquitaine à Saint-Jean-d'Angély, en 1103 ou 1104, où ils assistent, en présence d'Arnaud archevêque élu de Bordeaux et de Ramnulfe de Foucauld évêque de Saintes, à l'élection de l'abbé Henri,. Hugues VI est également présent à Poitiers le ,. Il apparait dans plusieurs actes jusqu'en 1110, année de sa mort.
Audéarde ou Hildegarde de Thouars (v. 1048-av. 1115/1140) est la fille d'Aimery IV (v. 1020-1093), vicomte de Thouars (1056-1093), et d'Aurengarde, sœur des vicomtes Herbert II (♰ 1104) et Geoffroy III de Thouars (♰ ap. 1123), d'Aénor (1055-1093) épouse de Boson II (v. 1055-1101), vicomte de Châtellerault, et nièce de Raoul dit de Mauléon,. Elle est nommée Hildegarde dans une charte de l'église Saint-Nicolas-de-la-Chaise,,.
Hugues VI de Lusignan épouse, vers 1060, Audéarde de Thouars qui apporte possiblement en dot la châtellenie de Soubise.
Hugues et Audéarde ont pour descendance :
Les Salles des Croisades du château de Versailles attribuent à Hugues VI de Lusignan les armoiries suivantes :
| Blasonnement :
Écu fascé d'argent et d'azur de huit pièces
Commentaires : Armoiries [fictives] d'Hugues VI de Lusignan selon les Salles des Croisades, château de Versailles. |
Les auteurs de la Salle des Croisades ont attribué des armoiries aux membres de la première croisade alors que l’héraldique ne s’est développée qu’un demi-siècle plus tard. De plus, les auteurs ne mentionnent pas leurs sources. Il est donc plus que probable que les armoiries Hugues VI de Lusignan soient fictives.
« Hugo filius suus huic successit, natus ex supradicta Aumode, qui Diabolus vocatus est. »
« Vetulus »
« ... Guillaume IX d'Aquitaine, suzerain et ami d'Hugues VI, son demi-frère, le comte de Toulouse Raymond IV de Saint-Gilles, le beau-frère de ce dernier, Pierre II de Melgueil, Bernard II de Besalù, Gaston IV de Béarn, Centulle II de Bigorre et Bertrand de Provence. »
« Comes itaque Audebertus coram Guillermo de Axia Priore Grandimontensi, Engolismensi Episcopo, Isemberto S. Martialis, Raymundo S. Augustini Abbatibus, Bartholomaeo, Petri de Scalanis, terram suam vendidit Henrico regi Anglorum : acceptisque ab ipso quinque mille marchis argenti, abiit Hierosolymam. Sed Gaufredus de Lesigniaco cum fratribus restitit, decens ad se ut haeredem Marchiam pertinere, et obtinuit. »
« Per haec tempora Pontius, comes Tolosanus, acceperat Almodim uxorem, sororem Audeberti comitis de Marcha ; quam dedit ei Hugo Pius de Liziniaco, qui eam reliquerat causa parentelae quique ex ea geminos filios habuit, et post Raimundo Barcinonensi eam dedit in uxorem. »
« Dominus Hugo Lisiniacensis, domini Raimundi comitis Tolosani frater »
« La naissance peut aboutir à une surprise, comme dans le cas d'Almodis de la Marche qui accouche de deux jumeaux, le futur Hugues VI et Jourdain, probablement à la fin des années 1030. La situation se reproduit pour certains enfants de ses deux époux suivants. De Pons de Toulouse, elle enfante les jumeaux Guillaume IV et Raymond IV de Toulouse et de Raymond-Bérenger Ier de Barcelone, les jumeaux Raymond-Bérenger II et Bérenger-Raymond II. »
« Hugo filius suus huic successit, natus ex supradicta Aumode, qui Diabolus vocatus est. »
« Ego Ugo Liziniacensis pro remedio anime mee, contra Saracenos in Hispaniam iturus »
« Boso, comes de Marchia, occisus est Confolento castro. »
« Anno MXC primo, Boso, comes de Marchia, occisus est Confolento castro. »
« Comitatum Marchiæ, quem Hugo de Lezignaco vir prudens et bellicosus occasione juris hæreditarii sibi in proprium vindicare volebat, [ab] assiduis ejusdem Hugonis impugnationibus, multoties ad Karrofum ductis plurimis militibus de terra sua electis, propriis expensis viriliter defendit. Castellum S. Martialis a multis infestationibus et castellum Assiæ a valida obsidione Guillelmi Ducis Aquitaniæ, magnique exercitus oppressione, sua suorumque comitum strenuitate egregie liberavit. »
« Post hanc donationem, paucis interjectis diebus, ego ipse Hugo prefato abbati Cluniacensi, consobrino meo, occurri in villa de qua agitur Sancti Gelasii. »
« Hildegardis uxor domini Hugonis de Leziniaco, pro amore patris sui Aimerici vicecomitis reddet xx. solidos »
« Elle est toujours appelée Audéarde ou Aldéarde dans les chartes de son mari. Mais dans les lettres de fondation du prieuré de St-Nicolas de la Chaise, en bas Poitou, elle figure en tête des nombreux bienfaiteurs de ce monastère, sous le nom d'Hildegarde. »
« Mélisende de Lusignan, sœur d'Hugues VII, est la femme du seigneur de Parthenay, Simon Ier, et la mère de Guillaume et de Simon II. »
« Guillelmo comite impugnante Ugone et Simone nepote suo. »
« Simone de Partiniaco nepote meo »