Un efrit nommé Arghan Div apporte un coffre d'armures à Hamza
Un éfrit, ifrit ou afrit (arabe: عفريت, ʻifrīt, et عفاريت, ʻafārīt au pluriel) est, dans la mythologie islamique, à la fois une catégorie de djinn et une catégorie d'ange (malāʾika), un type de créature spirituelle faite de feu, à la différence des simples anges qui sont faits de lumière. Ils peuvent être bénéfiques et maléfiques et ne sont plus considérés comme des diables (djinns malfaisants et mécréants, appelés les shayāṭīn) quand ils se convertissent à l'islam mais comme des djinns musulmans.
Selon les trois religions abrahamiques, le roi Salomon (nommé Souleymane dans l'islam) a été le premier humain à être autorisé à employer des démons pour ses besoins par Dieu (Allah). Il fut maître d'un royaume dans lequel il gouvernait les humains et les djinns. Selon l'islam, les Juifs auraient falsifié la Torah (Tawrat) en notant que Salomon serait devenu idolâtre vers la fin de sa vie,.
«Et ils suivirent ce que les diables racontent contre le règne de Salomon. Alors que Salomon n’a jamais été mécréant mais bien les diables: ils enseignent aux gens la magie (sorcellerie) ainsi que ce qui est descendu aux deux anges Hârût et Mârût, à Babylone; mais ceux-ci n’enseignaient rien à personne, avant qu’ils n’aient dit d’abord: "Nous ne sommes rien qu’une tentation: ne soit pas mécréant". Ils apprennent auprès d’eux ce qui sème la désunion entre l’homme et son épouse. Or ils ne sont capables de ne nuire à personne qu’avec la permission d’Allah. Et les gens apprennent ce qui leur nuit et ne leur est pas profitable. Et ils savent, très certainement, que celui qui fait cela n’aura aucune part dans l’au-delà. Certes, quelle détestable marchandise pour laquelle ils ont vendu leurs âmes, si seulement ils savaient.»[réf.nécessaire]
Dans les textes islamiques
Dans la tradition islamique, les éfrits (ou ifrits) sont souvent décrits comme des djinns particulièrement puissants, rusés et redoutables. Certaines interprétations populaires leur attribuent une grande rapidité de déplacement, parfois comparée à une vitesse surnaturelle.
Un ifrit est mentionné dans le Coran, dans la sourate 27, An-Naml (Les Fourmis). Lorsque le prophète-roi Salomon demande à son assemblée royale, composée de djinns et de savants, qui pourra lui apporter le trône de la reine de Saba avant son arrivée:
«38. Il dit: «Ô notables! Qui de vous m'apportera son trône avant qu'ils ne viennent à moi soumis?»
39. Un djinn redoutable [ʻifrīt dans le texte original] dit: «Je te l'apporterai avant que tu ne te lèves de ta place: pour cela, je suis fort et digne de confiance.»»
Les ifrits apparaissent également dans les récits relatifs au voyage nocturne de Muhammad. Selon la tradition islamique, un ifrit tenta de l'attaquer à l'aide d'une torche enflammée. L'ange Gabriel enseigna alors à Muhammad une invocation destinée à repousser la créature; après sa récitation, l'ifrit disparut.
Littérature arabe
L'un des récits des Mille et Une Nuits, intitulé Le Conte du portefaix et des trois jeunes femmes (dans la traduction de Galland), évoque un prince qui, attaqué par des pirates, se réfugie d'abord chez un bûcheron. Il découvre ensuite une chambre souterraine hébergeant une belle femme enlevée par un ifrit. Le prince s'en éprend mais tous deux sont découverts par l'ifrit. Fou de jalousie, ce dernier transforme le prince en singe. Plus tard, une princesse rendra au prince sa forme première avant de livrer combat à l'ifrit. Au cours de ce combat, ce dernier se métamorphose en divers animaux, en fruits, puis en flammes, ce qui lui sera fatal puisqu'il sera réduit en cendres.
Si dans le livre, le mot a généralement le sens de «génie», dans le conte en question, l'ifrit devient malveillant et facilement dupé par les protagonistes.
Dans le folklore primitif, les éfrits sont réputés naître du sang d'un meurtre; tremper un clou jamais utilisé dans ce sang est supposé empêcher la naissance de tout ifrit, qui peut par ailleurs prendre la forme de Satan, de la victime d'un meurtre ou encore d'une tempête de sable.
Dans les œuvres de fiction
Littérature et bande dessinée
Un chapitre d'American Gods de Neil Gaiman (2001) est consacré à un ifrit vivant à New York, que l'on retrouve dans l'adaptation en série.
Ils sont mentionnés dans la série de romans Trinity Blood (à partir de 2001).
Un ifrit est au cœur d'une des intrigues de la cinquième saison de True Blood: il apparaît comme une malédiction à la suite d'exactions d'un des personnages de la série en Irak.
Les ifrits sont au cœur d'une intrigue dans un épisode de la saison 2 de Lost Girl.
Dans l'animé Date A Live, Ifrit y est présent en tant que personnage principal, mais pas dès le début de la série.
Le nom Ifrit revient dans les jeux vidéo Final Fantasy comme une invocation ayant le feu comme élément, et dans Final Fantasy XII en tant que vaisseau. Dans Final Fantasy XIV, il est le primordial du feu, dans Final Fantasy XV, il est l'un des 6 astraux, surnommé le Traître. Ifrit est également un primordial dans Final Fantasy XVI.
Dans le jeu Sonic Rivals 2, Ifrit est une créature inter-dimensionnelle qu'Eggman Nega veut utiliser.
Dans Summoners War, Ifrit est un monstre de niveau 5 étoiles obtenable via le centre de fusion, via le magasin de magie antique ou en utilisant des points de guilde.
Dans Overwatch, Ifrit est le nom d'un modèle légendaire du personnage Zenyatta.
Dans Devil May Cry, le personnage principal (Dante) trouve une arme nommée Ifrit, elle se compose d'une lourde paire de gantelets en métal noir qui génère du feu.
Dans ARMA III, le véhicule d'infanterie du CSAT qui peut être armé d'une tourelle doté d'un camouflage hexagonal.
Dans Rift: Planes of Telara, les efrit sont des créatures hostiles issues du Plan du Feu, vassaux du Dragon du Feu Maëlforge.
Dans Black Desert Online, les efrits sont des créatures hostiles sur les zones de monstres aux alentours d'Heidel et de Velia
Dans Wizard101, l'ifrit est une créature du Feu, malicieuse et puissante, qui a été bannie il y a très longtemps de notre monde.
Notes et références
↑Tom Sleigh, The Land between Two Rivers: Writing in an Age of Refugees, Graywolf Press, , chapter: 1.11 (ISBN978-1-555-97986-7)
↑Jane Dammen McAuliffe, «Introduction», dans The Cambridge Companion to the Qur'an, Cambridge University Press (ISBN978-1-139-00120-5, lire en ligne), p.1–20
↑Brooke Olson Vuckovic Heavenly Journeys, Earthly Concerns: The Legacy of the Mi'raj in the Formation of Islam Routledge 2004 (ISBN978-1-135-88524-3) p. 36