Marabout (islam)

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Marabout Serigne Saliou 1915-2007; fils de Cheikh Ahmadou Bamba

Un marabout (arabe : مُرابِط, translittéré : murābiṭ, littéralement « celui qui est attaché / fortifié ») est un chef religieux musulman et un enseignant qui, à l'origine, avait une fonction d'aumônier au sein d'une armée islamique, notamment dans les zones d'influence malékite en Afrique du Nord, au Sahara et en Afrique de l'Ouest. Il revendique son appartenance à la lignée du prophète Mahomet. Le marabout est souvent un érudit du Coran ou un enseignant religieux. D'autres peuvent être des saints errants qui survivent grâce à l'aumône, des murshids (guides spirituels) soufis ou des chefs de communautés religieuses.

Le terme « marabout » est également utilisé pour désigner les mausolées de ces chefs religieux (cf. maqam, mazar, en Palestine également wali ou weli).

Origine du terme

Le substantif masculin, ‹ marabout › est emprunté,, par l'intermédiaire du portugais, marabuto, à l'arabe, murābiṭ qui désignait, à l'origine, l'homme vivant dans un ribat.

Fonctions

Au Maghreb

Les marabouts maghrébins basent leurs techniques sur une lecture ésotérique du Coran. L'attention est portée sur un système de numérologie assez similaire au système de la kabbale, la lecture de certains versets, aux bénédictions (al-Fatiha).

Le terme "marabout" ne désigne pas un sorcier comme cela peut-être le cas en Afrique noire car il ne pratique aucun rite sacrificiel ou animiste au nom d'une quelconque divinité ou esprit. Le terme arabe "marabout" en Afrique correspond en réalité à un saint soufi mystique rattaché (mûra-bet en arabe) à une silsila (chaîne de transmission de la maîtrise spirituelle appelée hekme) qui suit une voie (tariqa) ésotérique de l'islam (voir soufisme). C'est en réalité un maître spirituel qui mène une vie de dévotion, recluse et ascétique. Souvent la population locale arabo-berbère, d'origine paysanne ou montagnarde, lui attribue toutes sortes de "miracles" qui ont donné lieu à de nombreuses croyances populaires. Le saint est généralement enterré dans un sanctuaire appelé qubba en raison de son dôme. Le vert et le blanc, symbole de la paix et de la bénédiction en islam, sont les couleurs qui leur sont toujours associées. Le saint n'a pas de pouvoir politique en général, mais les soufis lui rendent visite (ziyarra) pour le consulter ou s'entretenir sur des problèmes d'ordre spirituel.

Marabouts et saints par pays

Article détaillé : Zaouïa (édifice religieux).

Les zaouïa sont des lieux de visites pieuses autour du personnage d'un saint musulman. Le terme de « pèlerinage » est en principe réservé hajj, le pèlerinage à La Mecque.

Marabout sénégalais (1890), probablement zénaga ?

Algérie

Alger

Sidi Bel Abbés

Mostaganem

  • Sidi Said son mausolée se trouve près du siège de la mairie de Mostaganem
  • Sidi Abdellah dans une hauteur qui surplombe le quartier El-Matmor.
  • Sidi Lakhdar Ben Khlouf. Situé dans la commune portant le même nom distante de 50 km du chef-lieu de la wilaya.
  • Sidi Maazouz El-Bahri (سيدي المعزوز) situé dans le quartier historique de Tijdit, dans un cimetière portant son nom.
    • Sidi Bensaber.
    • Sidi Othman.
  • Sidi Allel El-Ksouri considéré comme l'une des plus anciennes tombes de la ville, anciennement située le long de l'oued de Ain Safra.
  • Sidi Madjdoub.
  • Sidi Belkacem situé dans la commune de Mazagran.
  • Sidi Bendhiba El-Mdjahri.

La ville connue pour ses mille et une coupoles abrite aussi des mausolées (مقام) qui sont décrits dans le folklore local comme étant l'itinéraire de ces saintes personnes ou l'endroit où ils se sont reposés comme :

  • Sidi Abdelkader de El-SAFAH (الصفاح)
  • Sidi Abdelkder de Essebsadjia.
  • Sidi Blel situé dans le quartier de El-Arssa.
  • Sidi El-Mokhfi littéralement et traduit par «le discret» car sa tombe est inconnue.
  • Sidi Maamar quartier de Tijdit.

Kabylie

Sidi M'hamed Ouali à Bouzahrir Mekla
  • Sidi Hand Oussaid, ouzellaguen,
  • Sidi Younes, Ouzellaguen,
  • Sidi Omar Ou El Hadj, Bouzguène, Azazga,
  • Sidi Ahmed Ibn Idriss, Bouzguène,
  • Sidi Ali Ouyahya Bni Qoufi, Boghni
  • Sidi Bahloul Cheufa, Azazga,
  • Sidi Abdel Kader Al Oudhi Al Hammami, Bouira
  • Sidi Amar Cherif, Boumerdes
  • Sidi Said Amsisen, Seddouk, Béjaia
  • Sidi Ahmad OuHaddad, Akfadou, Béjaia
  • Sidi Ahmad Ouyahya Oumalou, Béjaia
  • Sidi Adli, Tamokra, Béjaia
  • Abi Kacem Al Husseyni Al Boudjeli, Akbou, Béjaia
  • Yemma Gouraya, sainte patronne de Béjaïa
  • Sidi Boudrahem
  • Sidi El Mouhoub
  • Sidi El Moufak
  • Sidi Mansour, Timizart
  • Sidi Mohand Chrif
  • Sidi Mohand Oulahdir
  • Cheikh Ouboudaoud
  • Sidi Yahia El Aidli
  • Sidi Bahloul Ouassem
  • Sidi Lahlou
  • Sidi Abderahmen (L'Vahloul - Beni Ksila)
  • Sidi Abdelmalek Cheurfa Ouadhias
  • Sidi Ouelhadj Amghar, Ait Ouelhadj Ait Bouaddou Ouadhias.
  • Sidi M’hend G Heddad, saint patron de la région Amacine (Feraoun et Ibarbachen"Tayma N ath Ouhddad") et Sidi-Aich (Hammam Sillal)
  • Yemma Mezghitane, sainte patronne de Jijel
  • Sidi Ahmed Taffer
  • Sidi Ahmed Aqellal
  • Sidi M'hend Amokrane
  • Sidi Merabet Moussa
  • Sidi Lebsir
  • Sidi Boukebrayene Cherif, Ighil Tazert, Larbaa Nath Irathen
  • Sidi Ali Oubou-Issa, Ait Oumalou, Larbaa Nath Irathen
  • Sidi Abdelaziz ou rached Ait oumalou, Larbaa Nath Irathen
  • Sidi Ali acherif Tizi Rached, Larbaa Nath Irathen
  • Sidi Mohamed Chorfi, Ain Tolba (Algérie)
  • Sidi M'hand Oumalek, Ait Oumalek, Tifrit N'ath Oumalek
  • Cheikh Saidi Hocine Bejaïa Aguemoune

Maroc

Tombeau d'un marabout dans le Maroc méridional

Fez - Meknès

Rabat - Salé - Kenitra

Casablanca - Settat

Draa - Tafilalet

Beni-Mellal - Khenifra

Tanger - Oriental

Marrakech - Safi

Guelmim - Oued Noun

  • Sidi Mohamed Ben Abdallah (Mirleft)
  • Sidi Ali Ifni

Sous-Massa

Autres régions du Maroc

  • Lalla Mira Lhartiya
  • Sidi Si-Mohamed Boudargua
  • Sidi Abdelkader Bouderka (Photo)
  • Lalla Aicha Massoud
  • Lalla Kadiria
  • Sidi Fettah

Sahara Occidental

Laayoune - Sakya el Hamra

  • Zaouïa du cheikh Sidi Ahmed Rguibi

Tunisie

Ahmadou Bamba

Dans cette tradition, on trouve notamment les marabouts mourides au Sénégal et en Afrique de l’Ouest, disciples de Cheikh Ahmadou Bamba (1853–1927), fondateur de la confrérie mouride. Ce guide spirituel musulman est reconnu par des millions de fidèles pour sa connaissance profonde du Coran, sa sagesse, son pacifisme et sa piété. Il est aussi réputé pour avoir accompli des miracles selon la tradition populaire, et pour avoir opposé une résistance non-violente à la colonisation française. Son influence dépasse les frontières du Sénégal, et son héritage continue d’inspirer de nombreuses communautés à travers l’Afrique de l’Ouest.

Il ne faut pas le confondre avec certaines figures spirituelles présentes dans d'autres régions d'Afrique qui peuvent également être appelées marabouts, notamment responsable religieux vaudou ou yoruba, ou d'autres pratiques ésotériques qui ne relève pas de la pratique musulmane.

Imrabdhen

En Kabylie (Algérie), les Imrabdhen, (pluriel de amrabedh en kabyle) sont les marabouts et saints et plus généralement dans l'Afrique du Nord berbérophone. Les lignages d'imrabden sont souvent des familles d'origine chorfa (pas tous chérifiennes). Imrabden est une dynastie berbère fondée par Yahia Ben Brahim en 1035, à l'origine des Imravdhen en Kabylie reste inconnue (avec manque d'études scientifiques crédibles sur le sujet).

Origine

Le mot amrabed signifie littéralement marabout en français et est un emprunt à l'arabe mrabet, qui signifie : « un soldat ou un enseignant stationné dans un lieu déterminé ».

Les imrabden comme tous les Chérifs, bénéficient du titre honorifique de Sidi qui est traditionnellement utilisé pour se référer aux gens reconnus descendants du prophète de l'Islam. Et les femmes sont appelées généralement Lalla.

La majorité des familles chorfa en Kabylie (Algérie) sont issues de la lignée d'Idriss le Petit, fils d’Idriss le Grand, fils d'Abd Allah Al-Kamil dit « le Parfait », fils d’Al-Hassan Al-Muthanna « le deuxième », fils d'Al-Hassan « Sibt » lui-même fils de l'imam Ali ibn Abi Talib et de Fatima Zahra, fille de Mahomet, prophète de l'Islam.

Histoire

Les marabouts Chorfas du Maghreb se rattachent, pour beaucoup, traditionnellement à une migration venue de l'Oued Draa dans le centre du Maroc, mais aussi de l’Andalousie, en Espagne après la Reconquista à la fin du XVe siècle, et se sont dispersés dans toutes les régions de l’Afrique du Nord, notamment au Maroc, en Algérie (surtout dans l’ouest et en Kabylie), en Tunisie et en Libye.

Le premier arrivé au Maghreb de la descendance de Ali ibn Abi Talib (gendre de Mahomet) est Idriss le Grand, le fondateur du royaume des Idrissides entre 789 et 985. Après la chute de ce royaume au Xe siècle, leur descendance était tuée et pourchassée par le pro-fatimide Moussa ibn Abi Al-Afya el Miknasi. D’après la légende, ceux qui ont survécu aux massacres ont fui vers le désert et les montagnes pour se protéger.

Ils seraient arrivés en Kabylie entre le XIIe et le XVe siècle, se voulant plus instruits que les montagnards et connaisseurs du droit musulman (Fiqh) mais surtout neutres dans les luttes tribales ; ces « nouveaux-venus » ne tardèrent pas ainsi à acquérir la considération générale des habitants.

À l’époque, les conditions exigées pour la prétention au chérifat sont généralement la possession d’un manuscrit de l’arbre généalogique de la famille et le témoignage de quatre personnages eux-mêmes Chorfa, comme le témoigne une attestation qui daterait de la fin du XIVe siècle, appartenant à un chérif andalou, remise à l’historien Ahmed Taoufik al Madani en 1979 à Alger.

Bibliographie

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Notes et références

  1. ↑ Kamel Filali, Sainteté maraboutique et mysticisme, Constantine, Insaniyat, (lire en ligne), p. 1997
  2. 1 2 3 4 5 « Marabout », dans le Dictionnaire de l'Académie française, Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 15 mai 2016).
  3. 1 2 3 4 5 6 Informations lexicographiques et étymologiques de « marabout » (sens I, A) dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 15 mai 2016).
  4. ↑ Kabylie et coutume kabyles, Tome I, Adolph Hanoteau, artiside Horace, Letourneux, imprimerie national
  5. ↑ « LA RÉACTION DES AUTOCHTONES DANS LE CENTRE ET LE SUD TUNISIEN CONTRE L'OCCUPATION FRANÇAISE ENTRE 1881 & 1888 : MOUVEMENT DE RÉSISTANCE OU RÉBELLION PRIMITIVE. », sur Academia.edu (consulté le ).
  6. ↑ Étude sur le passé et l’avenir de Kabylie, les kabyles et la colonisation de l’Algérie, le Baron Henri Aucapitaine.
  7. ↑ « La dynastie Alide des Idrissides 789–985 par Ibn Khaldoun al-Hadrami : », sur Histoire Islamique, (consulté le ).
  8. ↑ Ibn Khaldoun, Al-Muqaddima (Introduction à l'histoire universelle).
  9. ↑ la Kabylie, recherche et observation, Colon, imprimerie librairie et lithographie, juillet 1846
  10. ↑ Poésie berbère et identité : Qasi Udifella, héraut des At Sidi Braham, tassadit yacine, édition de la maison des sciences de l’homme, Paris.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes


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