Ingouches

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Cet article concerne le peuple ingouche. Pour la langue ingouche, voir Ingouche.

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Ingouches
Populations importantes par région
Drapeau de la Russie Russie 517,186
Drapeau de la Turquie Turquie 85,000,
Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan 19,000
Drapeau de la Belgique Belgique 8,000
Drapeau de la France France 3,000
Population totale c. 1 million
Autres
Langues Ingouche
Religions Islam sunnite
Ethnies liées Tchétchènes, Bats, Kistines

Les Ingouches (en ingouche: гIалгIай, en russe: ингуши), sont un peuple de Ciscaucasie habitant majoritairement la République russe d'Ingouchie. Ils parlent ingouche. Les Ingouches se nomment eux-mêmes Ghalghaï (de l'ingouche ghal: forteresse, ghaï: habitants). Dans le monde, on compte environ 1 million d'Ingouches.

Origines

De 10 000 à 8 000 av. J.-C. : migration des proto-Ingouches du croissant fertile, où ils pratiquaient l'élevage et l'agriculture irriguée, vers les montagnes du Caucase.

De 6 000 à 4 000 av. J.-C. : apparition de la poterie. D'anciennes zones de peuplement, près d'Ali-Yurt et de Magas, découvertes à l'époque moderne, révèlent la présence d'outils primitifs comme des haches de pierre, des couteaux de pierre, des pierres percées et des plats en argile. Dans les plaines, des habitations sont fabriquées en briques faites d'argile. Les montagnes voient naître des villages faits de pierre et entourés de murs, certains d'entre eux datent de 8 000 ans av. J.-C..

De 4 000 à 3 000 av. J.-C. : affirmation de la culture dené-caucasienne. Apparition de la roue (3 000 av. J.-C.), domestication du cheval, travail du métal (cuivre, or, argent et fer). De nombreux objets (vaisselle, armures, dagues, couteaux, embouts de flèches) de cette période ont été retrouvés près des villes de Naser-Kort, Muzhichi, Yi-E-Borz (aujourd'hui Surkhakhi (ceb)) et Abi-Goo (aujourd'hui Nazran).

Histoire

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Des montagnards ingouches. Début du XXe siècle.

L'histoire des Ingouches est fortement liée à celle des Tchétchènes ; leurs ancêtres communs sont issus des tribus connues sous le nom de Vainakh qui vécurent dans les régions montagneuses du Caucase. La christianisation s'effectue par l'empire byzantin, puis la Géorgie. Lors des invasions tataro-mongoles et de Tamerlan, une partie significative de la population ingouche est contrainte de se retirer dans les montagnes. Les Ingouches s'installent alors dans les plaines de Ciscaucasie entre le XVe siècle et XVIe siècle.

En 1810, la Russie impose son autorité en partie aux Ingouches. Les essais forcés de restauration d'un christianisme russe se révèlent infructueux. En réaction, on assiste à une islamisation, principalement contre la présence russe, qui fédère les peuples caucasiens (1870-1920). Vers la fin du XIXe siècle, la plus grande partie de la population se convertit à l'islam.

Déportation

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) accuse les Ingouches et Tchétchènes d'avoir collaboré avec le Troisième Reich. L'opération Tchétchévista est lancée, Joseph Staline déporte l'ensemble de la population ingouche de Ciscaucasie au Kazakhstan et en Sibérie où près des deux tiers périrent.

Dans son bilan annuel sur la situation des « déplacés spéciaux » rédigé quelques mois avant la mort de Staline, le 9e département du KGB désigna les Ingouches et Tchétchènes comme étant le peuple le plus « incorrigible qui soit » contaminé par l'oisiveté, le banditisme et le fanatisme panislamique. Se fondant sur le rapport du KGB qui conclut qu'« une seconde déportation ne résoudrait pas le problème », les hauts responsables soviétiques jugèrent « inappropriée et inutile » la proposition en juin 1952 du ministère de l'Intérieur kazakh de « déporter les Ciscaucasiens encore plus loin, vers les zones les plus isolées du Kazakhstan ».

En juin 1956, le nouveau ministre de l'Intérieur kazakh Doudorov adresse un mémorandum à Nikita Khrouchtchev dans lequel il préconise la création d'une région autonome tchétchéno-ingouche située au Kazakhstan ou au Kirghizistan où seraient établis les Ciscaucasiens. Le Présidium rejette la proposition et libère les « déplacés spéciaux » tchétchéno-ingouches à la condition qu'ils signent un engagement stipulant qu'ils renoncent à rentrer chez eux et à demander une compensation. Plus d'un tiers des déplacés refusèrent de signer le document. Finalement, par un décret du 7 janvier 1957, le Præsidium du Soviet suprême restaure la République autonome de Tchétchénie-Ingouchie, plus ou moins dans ses frontières de 1944, et autorisa les déplacés à rentrer chez eux.

Retour

Durant les années d'exil, la république de Tchétchénie-Ingouchie est dissoute et une partie de la population ossète s'installe en Ingouchie ce qui rattacha de facto certaines régions d'Ingouchie à l'Ossétie du Nord tel le district de Prigorodny. Le retour des Ingouches est mal accueilli par les Ossètes et de nombreux troubles en découlèrent, comme le conflit en Ossétie du Nord de 1992 qui vit près de 10 000 Ingouches du district de Prigorodny forcés de quitter leurs maisons.

Culture

Les Ingouches possèdent une culture faite de traditions, légendes, poèmes, contes, chansons et proverbes. La musique, les chansons et la danse sont particulièrement prisées, la danse lezginka est la danse culturelle des Ingouches. Les instruments de musique traditionnels sont le dakhch-pandr (une sorte de balalaïka), le kekhat pondur (un accordéon joué habituellement par des femmes), un violon à trois cordes, la zurna, le tambourin et le tambour.

Panthéon

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Ce panthéon polythéiste ancien a été longtemps vivace.

Notes et références

  1. ↑ (ru) « Russian Census of 2021 »,
  2. ↑ (ru) Anastasia Stepanova, « "Люди башен": Как живут ингуши » [« “Le peuple des tours” : comme les Ingouches vivent »], sur Russia Beyond, Moscou,‎
  3. ↑ Sevryukova 2019, p. 6.
  4. ↑ (en) « Ingush in Kazakhstan », sur Joshua Project (consulté le )
  5. ↑ Sevryukova 2019, p. 37.
  6. 1 2 (ru) Makka Albogachieva, Ислам в Ингушетии: этнография и историко-культурные аспекты, Saint-Pétersbourg, Российская академия наук; Музей антропологии и этнографии им. Петра Великого (Кунсткамера),‎ (ISBN 978-5-88431-349-1, lire en ligne), p. 4
  7. ↑ (en) Bernice Wuethrich, « Peering Into the Past, With Words », Science, no 288, 19 mai 2000.
  8. 1 2 N.D. Kodzoev, Histoire de la nation ingouche.
  9. ↑ Nikolaï Féodorovitch Bougaï, (ru) K voprosu o deportacii narodov SSSR v 30-40ch godakh (« Sur la déportation des peuples d'URSS dans les années 1930-1940 »), rev. Istorija SSSR no 6, Moscou 1989
  10. 1 2 3 4 Nicolas Werth dans Collectif sous la direction de Stéphane Courtois, Le jour se lève : L'héritage du totalitarisme en Europe, 1953-2005, Éditions du Rocher, Mayenne, 2006, pages 139, 140 & 141 (ISBN 978-2268057019).
  11. ↑ (en) Johanna Nichols, The Ingush (with notes on the Chechen): Background information, 1997.

Annexes

Bibliographie

Liens externes

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